Lockheed U-2

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir U-2.
Pix.gif Lockheed U-2 Su-27 silhouette.svg
Usaf.u2.750pix.jpg Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : États-Unis Lockheed Corporation
Rôle Avion de reconnaissance
Premier vol
Mise en service 1957
Nombre construits 85
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney J57
Nombre 1
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 76 kN
Dimensions
Envergure 30,9 m
Longueur 19,2 m
Hauteur 4,80 m
Masses
À vide 9 038 kg
Maximale 18 600 kg
Performances
Vitesse maximale 821 km/h (Mach 0,66)
Plafond 27 430 m
Rayon d'action 5 600 km
Armement
Interne Aucun
Externe Équipements de reconnaissance

Le Lockheed U-2 est un avion de reconnaissance qui fut utilisé intensivement durant la Guerre froide par les États-Unis, notamment pour observer les territoires soviétiques.

Description[modifier | modifier le code]

La caractéristique principale de l'U-2 est sa capacité à voler à haute altitude (70 000 pieds, soit environ 21 000 mètres, deux fois plus haut que les avions de ligne) pour être hors de portée des défenses anti-aériennes. Il dispose d'un important rayon d'action, mais d'une vitesse relativement limitée.

Techniquement, l'U-2 pourrait être considéré comme un « planeur propulsé » en raison de ses énormes ailes qu'on retrouve sur les planeurs. Si des rumeurs courent sur une structure en bois de l'aile, Denis Jenkins, dans WarbirdTech volume 16, mentionne une structure monocoque en aluminium pour le fuselage, 3 longerons pour l'aile et un treillis en aluminium. De même, Bernard Millot, dans le Docavia 29 sur les avions Lockheed, évoque une construction entièrement métallique.

L'atterrissage et le décollage de cet avion étaient très délicats : en effet, le Lockheed U-2 dispose d'un train avant et d'un train arrière en tandem (à l'inverse des autres avions qui ont deux trains arrières et un train avant), auxquels sont rajoutées des roulettes de stabilisation aux extrémités des deux ailes. Ces roulettes tombent au décollage, allégeant l'avion mais rendant l'atterrissage d'autant plus difficile et impose que du personnel au sol intervienne à chaque atterrissage.

Comme le B-47, la plage de vol à haute altitude de l'U-2 est très limitée, la VNE (Velocity never exceed ; ou « vitesse maximale » en français) et la vitesse de décrochage n'étant séparées que par 10 nœuds, soit environ 20 km/h. Ce faible différentiel nécessitait une attention continue du pilote, durant des vols pouvant durer jusqu'à neuf heures.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers vols d'espionnage du Lockheed U-2 ont lieu en . Test effectué sur la Zone 51[1]. Le premier objectif était de repérer et de photographier les sites de missiles stratégiques intercontinentaux dans le cadre des programmes de reconnaissance aériennes de l'Office of Special Activities de la Direction de la science et technologie de la CIA.

L'appareil devient célèbre dans le monde entier le lorsqu'un Lockheed U-2 est abattu au-dessus de l'URSS causant, en pleine guerre froide, une tension extrême entre les Américains et les Soviétiques. Son pilote, Francis Gary Powers, est condamné à 10 ans de prison.

Article détaillé : Incident de l'U-2.

On retrouve, à nouveau, le Lockheed U-2 sur le devant de la scène en , lors de la crise des missiles de Cuba, car c'est grâce aux clichés photographiques rapporté par un de ces appareils le qu'est apportée à l'ONU la preuve de la présence de rampes de lancement de missiles sur l'île de Cuba.

Article détaillé : crise des missiles de Cuba.

En , les États-Unis mettent en service le TR-1, dérivé tactique plus grand, plus moderne et mieux équipé en électronique que le Lockheed U-2. En , tous les U-2 et TR-1 reprennent la dénomination commune d'U-2 ou TU-2 (pour les biplaces). Par la suite, et au vu de sa vulnérabilité, son rôle diminue au profit du SR-71 beaucoup plus rapide et, surtout, des satellites espions, plus discrets bien qu'ils soient beaucoup plus chers et moins souples à utiliser. Un satellite dispose de capteurs optiques, électroniques et de radars qui lui permettent d'accomplir sa mission à haute altitude sans franchir la frontière.

Sur le plan administratif, la base aérienne de rattachement des U-2 était Beale Air Force Base depuis . Cependant, un certain nombre d'avions ont été (voire sont toujours) déployés à l'étranger[2],[3]. On citera notamment :

Article détaillé : Black Cat Squadron.

Enfin, quelques exemplaires ont été cédés à Taïwan, en plus des exemplaires utilisés par les Américains depuis ce pays. Au moins cinq avions ont été abattus lors de missions d'espionnage au-dessus de la République populaire de Chine et six autres furent perdus à l'entraînement entre et sur les dix-neuf mis en œuvre par le Black Cat Squadron depuis la Taoyuan Air Base.

Versions[modifier | modifier le code]

Comparaison d'un U-2 de première génération avec un U-2R
Un U-2 de première génération (à gauche) et un U-2R
  • U-2 : entrée en service en
  • U-2R : version agrandie, emportant plus de carburant, et avec des conteneurs de senseurs sous les ailes, entrée en service en
  • U-2S : U-2R remotorisé avec un réacteur General Electric F118, entrée en service en octobre
  • Inventaire : en utilisation active, 37 (4 biplaces d'entraînement, et deux utilisés par la NASA) ; réserve, 0

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Donald (Ed.), Black jets : the development and operation of America's most secret warplanes : U-2 The Second Generation, Norwalk, Conn. Hersham, AIRtime Ian Allan,‎ 2003 (ISBN 1-880-58867-6).
  • (en) Paul Eden (éditeur), Encyclopedia of modern military aircraft, London, Amber Books Ltd,‎ 1er juin 2006, 512 p. (ISBN 978-1904687849).
  • (en) Ken Ellis, Wrecks & relics, Manchester, Crécy,‎ 2010, 22e éd. (ISBN 978-0-859-79150-2).
  • (en) Thomas Fensch, The C.I.A. and the U-2 program, 1954-1974, The Woodlands, Tex, New Century Books,‎ 2001 (ISBN 0-930-75109-4, lire en ligne).
  • (en) Gerard Frawley, The international directory of military aircraft 2002/03, Fishwick, ACT Osceola, WI, Aerospace Publications Motorbooks International,‎ 2002 (ISBN 1-875-67155-2).
  • (en) Chris Hobson, Vietnam air losses : United States Air Force, Navy and Marine Corps fixed-wing aircraft losses in Southeast Asia 1961-1973, Hinckley, England North Branch, MN, Midland Specialty Press,‎ 2001 (ISBN 1-857-80115-6).
  • (en) Dennis Jenkins, Lockheed U-2 Dragon Lady, North Branch, MN, Specialty Press,‎ 1998 (ISBN 1-580-07009-4).
  • (en) Jay Miller, Lockheed Martin's Skunk Works, Leicester, England Midland Pub, North Branch, MN Specialty Press Publishers & Wholesalers,‎ 1995 (ISBN 1-857-80037-0).
  • (en) Gregory W. Pedlow et Donald E. Welzenbach, Central intelligence agency and overhead reconnaissance : the u-2 and oxcart programs, S.l, Military Bookshop,‎ 2013 (ISBN 978-1-782-66459-8).
  • (en) Chris Pocock, 50 years of the U-2 : the complete illustrated history of the "Dragon Lady", Atglen, PA, Schiffer Military History,‎ 2005 (ISBN 0-764-32346-6).
  • (en) Norman Polmar, Spyplane : the U-2 history declassified, Osceola, WI, MBI Pub. Co,‎ 2001 (ISBN 0-760-30957-4).
  • (en) Jeffrey T. Richelson, Spying on the bomb : American nuclear intelligence from Nazi Germany to Iran and North Korea, New York, Norton,‎ 2006 (ISBN 978-0-393-05383-8).
  • (en) Paul Suhler, From RAINBOW to GUSTO stealth and the design of the Lockheed Blackbird, Reston, Va, American Institute of Aeronautics and Astronautics,‎ 2009 (ISBN 1-600-86712-X).
  • (en) FirstName LastName, The world's great stealth and reconnaissance aircraft, New York, Smithmark,‎ 1991 (ISBN 0-831-79558-1).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Aéronefs comparables

Culture populaire[modifier | modifier le code]

L'avion de reconnaissance U-2 est également disponible dans le mode multijoueur de Call of Duty: Black Ops

Liens externes[modifier | modifier le code]