General Atomics MQ-9 Reaper

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MQ-9 Reaper
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Vue de l'avion.
Vue de l'avion.

Constructeur Drapeau : États-Unis General Atomics
Rôle Drone de combat
Statut en production
Premier vol
Coût unitaire 13-16 M€[1]
Équipage
sans (2 contrôleurs au sol)
Motorisation
Moteur Honeywell TPE-331-10T
Nombre 1
Type turbopropulseur
Dimensions
MQ-9 Reaper dimensioned sketch.png
Envergure 20 m
Longueur 11 m
Hauteur 3,56 m
Masses
À vide 2 220 kg
Maximale 4 540 kg
Performances
Vitesse maximale 480 km/h
Plafond 15 200 m
Rayon d'action 1 850 km
Armement
Externe soit : 4 × missiles air-sol AGM-114 Hellfire
2 × missiles air-air AIM-92 Stinger
2 × bombes GBU-12 Paveway II
Avionique
Radar à synthèse d'ouverture (SAR) + tourelle électro-optique

Le General Atomics MQ-9 Reaper (en anglais, reaper correspond ici à « faucheuse », l'allégorie de la Mort) est un drone de surveillance et optionnellement de combat construit par General Atomics pour l'United States Air Force, l'United States Navy, l'Aeronautica Militare, la Royal Air Force et l'Armée de l'air française.

Conception[modifier | modifier le code]

Après le succès du drone RQ-1 Predator, General Atomics a étudié un nouveau modèle de drone, en version combattante, et sur ses fonds propres. Le contrôle du vol peut se faire par liaison hertzienne en visée directe depuis la station de contrôle ("LOS" pour "line of sight") valable jusqu'à une distance de 200 km, ou par l'intermédiaire d'une liaison satellite ("SATCOM")[2].

Ce nouveau modèle constitue un des fers de lance de la stratégie américaine de lutte contre Al-Qaïda et les Taliban, notamment au Pakistan dans les zones tribales.

Fin 2011, 54 Reaper sont en service dans les forces armées des États-Unis[3].

Les prototypes Predator B[modifier | modifier le code]

Le premier prototype "Predator B-001" a fait son premier vol le . Son moteur était un turbopropulseur Garrett AiResearch TPE-331-10T de 950 ch (712 kW), distribué ensuite par la société Honeywell. Les ailes avaient été allongées jusqu'à 20 m, la vitesse portée à 390 km/h, la charge utile à 340 kg, le plafond à 15 200 mètres et l'autonomie à 30 heures[4].

General Atomics a ensuite fait évoluer son concept dans deux directions différentes.

Le prototype "Predator-B002" était équipé d'un turboréacteur Williams FJ44-2A de 10,2 kN de poussée, une capacité d'emport de 215 kg, un plafond de 18 300 mètres et une autonomie de 12 heures. L'US Air Force a commandé deux exemplaires pour évaluation, livrés en 2007[5].

Le prototype "Predator-B003", rebaptisé "Altair", était équipé du même turbopropulseur TP-331-10T. Mais c'était un modèle agrandi avec une envergure de 25,6 m, un poids au décollage de 3 175 kg, une capacité d'emport de 1 360 kg, un plafond de 15 800 mètres et une autonomie de 36 heures[6].

Une nouvelle version nommé Predator-B ER (Extended Range) a volé pour la première fois le 26 février 2016. Son envergure est de 24 m et son autonomie estimé à 40 h de vol. Une autre version est équipé de réservoirs pendulaires montés sous la voilure[7]

La version pour l'US Air Force[modifier | modifier le code]

Le premier MQ-9 arrive sur la base de l'US Air Force de Creech (mars 2007)

En octobre 2001, l'US Air Force signa un contrat avec General Atomics pour l'acquisition de deux Predator B-003 en vue d'évaluation. Le premier fut livré en 2002 et reçut le nom de Reaper. La désignation d'Altair reste pour les deux prototypes initiaux ou une version non armée destinée à la NASA[4].

Le MQ-9 dispose de 6 pylones d'emport de charges. Les pylones intérieurs peuvent emporter une charge de 680 kg chacun, les pylones centraux 270 kg et les pylones extérieurs 90 kg. Un MQ-9 avec deux réservoirs supplémentaires de 450 kg de carburant chacun et 450 kg d'armement peut voler 42 heures[8].

Les munitions emportées sont les bombes guidées laser GBU-12 Paveway II, les missiles air-sol AGM-114 Hellfire et les missiles air-air AIM-92 Stinger. Des tests sont en cours pour l'emport de bombes GBU-38 JDAM

Engagements[modifier | modifier le code]

L'Air Force pense utiliser le MQ-9 en tant que menace permanente, avec un appareil qui vole jour et nuit en attendant qu'une cible se présente. C'est un complément aux avions pilotés qui disposent de davantage d'armes, mais pour des cibles précises[6].

Le l'administration fédérale de l'aviation US a accordé une autorisation de vol des MQ-1 et MQ-9 dans l'espace aérien civil américain pour la recherche de survivants après des catastrophes[9]. En 2005, faute de cette autorisation, les drones n'avaient pu être utilisés après le passage de l'ouragan Katrina.

Décollage d'un MQ-9 en Afghanistan
Contrôleurs de drone sur la base de Balad, Irak, 20/4/2005

En octobre 2007, l'US Air Force dispose de 9 MQ-9[10] et devrait décider d'autres commandes en 2009.

Des MQ-9 sont utilisés en Afghanistan à partir de la base de Balad qui est la plus grande base aérienne américaine dans le pays. La première attaque a eu lieu le avec le tir de missiles Hellfire contre des troupes rebelles[11].

Comme les MQ-9 réalisent des missions en coopération avec des avions pilotés, l'US Air Force cherche à former des pilotes en tant que contrôleurs de ces appareils. Le manque de pilotes suffisamment formés est un obstacle au déploiement sur le terrain[12].

La version pour l'US Navy[modifier | modifier le code]

General Atomics a développé une version pour l'US Navy appelée "Mariner" dans le cadre du programme BAMS (Broad Area Maritime Surveillance, Surveillance maritime à grande distance). L'emport de carburant a été augmenté pour permettre des missions de 49 heures[13]. Cette version a aussi été adaptée aux porte-avions avec des ailes repliables, un train d'atterrissage plus compact et plus solide, une crosse d'appontage, une surface ventrale lisse, six pylônes d'emport pour une charge totale de 1 360 kg. Cependant, c'est le RQ-4 Global Hawk qui a été retenu.

Le service US des douanes et des frontières a commandé une autre version navale du MQ-9[14].

La version pour la NASA[modifier | modifier le code]

Version NASA Altair
Version NASA Ikhana

La NASA a évalué les divers prototypes du MQ-9[6], notamment dans le cadre du programme ERAST[15].

Ikhana est le nom donné à un drone MQ-9 non armé reçu en novembre 2006. Ikhana a été modifié pour diverses missions et expériences, dont des analyses des contraintes mécaniques que subit l'appareil pendant le vol[16]. Il a été pour cela équipé de 3 000 micro-capteurs à fibre optique, dont 2 000 sur les ailes (extrados). Le but premier de ce drone est l'étude du vol suborbital, mais Ikhana a aussi été utilisé pour surveiller les incendies de Californie d'octobre 2007[17],[18].

Version pour la sécurité intérieure des États-Unis[modifier | modifier le code]

Le MQ-9 du département US de surveillance des frontières

Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a commencé à utiliser un « Predator B » pour la surveillance des frontières le . Mais le , l'appareil s'est écrasé dans le désert de l'Arizona à la suite d'une erreur humaine. Dans l'intervalle, il avait réalisé 959 heures de vol et il était partie prenante dans 2 309 arrestations, la saisie de 4 véhicules et de 13 tonnes de marijuana[19]. En raison de ces succès un second appareil est entré en service le

Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis dispose en 2006 de 5 MQ-9 opérationnels. L'un est basé dans le Nord Dakota et les quatre autres dans l'Arizona. Ils sont équipés du radar à synthèse d'ouverture Lynx de General Atomics et de caméras dans les rayonnements visibles et infrarouges de la société Raytheon[20].

Opérateurs étrangers[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

L'Australie à effectué des essais avec ce drone mais ne l'a, en octobre 2015, pas commandé. Cinq membres de la Royal Australian Air Force opèrent à cette date des MQ-9 de l’USAF agissant contre l’État Islamique en Irak et Syrie depuis une base aux États-Unis.

Espagne[modifier | modifier le code]

Le 6 août 2015, les autorités espagnoles annonce le déblocage de vingt-cinq millions d'euros pour acquérir une flotte de quatre drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) destinés à des missions surveillance et de reconnaissance. Le 6 octobre 2015, l'agence américaine d’exportation d’armement ( Defense Security Cooperation Agency (en)) officialise la vente de quatre «drones MQ-9 Reaper Block 5, de leurs équipements associés, des pièces de rechange et du soutien logistique, pour un coût estimé à environ 214 millions d'euros[21].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, la Royal Air Force utilise trois MQ-9 Reaper en Afghanistan[22]. Le , le Royaume-Uni a annoncé son intention d'acquérir 10 appareils supplémentaires. Ils sont exploités au sein de deux escadrons de la Royal Air Force : le 13e et le 39e[23]. Ces appareils sont armés. Ils opérent en 2015 dans le cadre de la Coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie.

France[modifier | modifier le code]

Le ministre de la défense français Jean-Yves Le Drian indique durant l'été 2013 que la France souhaite acquérir 12 exemplaires du drone américain pour 670 millions d'euros[24]. Quelques semaines plus tard, les États-Unis indiquent qu'à long terme, la vente pourrait porter jusqu'à 16 drones et huit stations au sol pour un cout total de 1,14 milliard d'euros[25],[26].

Les deux premiers drones dont la désignation française est Orbites permanentes de surveillance armables et multi-capteurs sont officiellement commandés en août 2013[27] ; l'escadron de drones 1/33 Belfort[28] doit mettre en œuvre, selon les prévisions d'octobre 2013, 6 Reaper et 4 cockpits en 2017 et 12 Reaper et 8 cockpits en 2019. Les deux premiers drones sont arrivés sur la base de Cognac en janvier 2014. Un troisième est arrivé en avril 2015[29].

Engagements opérationnels[modifier | modifier le code]

Les deux premiers drones français ont été dépêchés au Mali dès janvier 2014, leur rôle est uniquement la reconnaissance, n'étant à cette date pas armés [30]. C'est notamment un de ces drones qui a permis de retrouver l'épave de l'avion du vol AH 5017 qui s'est écrasé au Mali le 24 juillet 2014[31]. Un troisième drone est entré en action en mai 2015 au Mali[29],[32].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En février 2015, l'achat de 4 Reaper par les Pays-Bas est annoncé[33].

Italie[modifier | modifier le code]

Le contrat en signé en 2008 et ils opèrent depuis au moins 2011. En février 2015, la Aeronautica Militare dispose de 6 MQ-9 Reaper et de 6 MQ-1C Predator A+ non armés à cette date assigné au 28e Gruppo (Escadron) de la 32e Stormo (Escadre) de la base aérienne d'Amendola[34]. En novembre 2015, les États-Unis autorisent leurs modifications pour qu'ils soient armés[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon l'article du Monde La France “étudie“ l'achat de quatre drones aux États-Unis (11 octobre 2009), l'achat par la France de quatre aéronefs coûterait entre 54 et 67 millions d'euros.
  2. http://lemamouth.blogspot.fr/2014/01/le-reaper-vole-40-minutes-depuis-niamey.html#more
  3. (en) [PDF]Jeremiah Gertler, « US unmanned aerial systems », sur Service de recherche du Congrès,‎ (consulté le 10 janvier 2012)
  4. a et b Le site web officiel du Predator B de General Atomics
  5. air-force-technology.com article Predator RQ-1 / MQ-1 / MQ-9 Reaper - Unmanned Aerial Vehicle (UAV), USA
  6. a, b et c Histoire des drones militaires
  7. Premier vol du Predator-B ER, Air et Cosmos 2490, p. 9, 4 mars 2016
  8. 'Reaper' moniker given to MQ-9 unmanned aerial vehicle
  9. SSgt Amy Robinson, « La FAA autorise les Predators à la recherche de survivants », Air Combat Command Public Affairs,‎
  10. Un drone des l'US Air Force est opérationnel en Afghanistan.
  11. « Frappes du Reaper en Afghanistan », Air Force Times,‎ (consulté le 15 août 2008)
  12. Waterman, Shaun, « Déploiement de drones Reaper en Irak », sur Washington Times,‎
  13. http://www.uav.com/products/mariner.html
  14. http://www.cbp.gov/linkhandler/cgov/newsroom/fact_sheets/marine/uas.ctt/uas.pdf
  15. NASA ERAST Fact Sheet
  16. Ikhana, un drone de la Nasa qui ressent les efforts sur ses ailes
  17. http://ic.arc.nasa.gov/story.php?id=388&sec=
  18. http://www.nasa.gov/centers/dryden/news/NewsReleases/2006/06-45.html
  19. « doc pdf sur les drones », sur Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (consulté le 31 octobre 2006)
  20. « Aperçu des drones du [[Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis]] »,‎ (consulté le 7 février 2009)
  21. Loïc, « Le Pentagone autorise la vente de quatre drones MQ-9 Reaper à l'Espagne », sur Defense Aéro,‎ (consulté le 12 octobre 2015).
  22. http://news.bbc.co.uk/1/hi/sci/tech/7087910.stm
  23. « Les MQ-9 du Royaume-Uni »,‎ (consulté le 2 février 2008)
  24. « Les 12 drones Reaper destinés à l’armée de l’Air coûteront 670 millions d’euros », sur opex360.com,‎ (consulté le 28 juin 2013)
  25. Michel Cabirol, « Achat de drones aux États-Unis : la facture s'envole pour la France »,‎ (consulté le 28 juin 2013)
  26. Jean-Dominique Merchet, « Les États-Unis dévoilent la demande française de drones : 16 Reaper pour plus d'un milliard d'euros »,‎ (consulté le 28 juin 2013)
  27. « Les deux premiers drones Reaper destinés à l’armée de l’Air officiellement commandés », sur Zone militaire,‎ (consulté le 11 octobre 2013)
  28. « Escadron de drones 01.033 « Belfort » », sur Armée de l'Air,‎ (consulté le 11 octobre 2013)
  29. a et b http://www.air-cosmos.com/2015/04/23/32952-la-dga-receptionne-le-troisieme-reaper
  30. http://www.opex360.com/2014/01/17/premier-vol-dun-drone-reaper-francais-au-sahel/
  31. « Les restes du vol AH 5017 retrouvés au Mali », sur Le Monde,‎
  32. http://www.journal-aviation.com/actualites/29661-le-troisieme-reaper-est-arrive-a-niamey
  33. Philippe Chapleau, « Les Néerlandais vont s'équiper en Reaper après le feu vert du Département d'Etat », sur Ouest-France,‎ (consulté le 11 février 2015).
  34. (en) « MQ-1C Predator footage of repatriation of Italian nationals from Libya », sur The Avionist,‎ (consulté le 12 octobre 2015).
  35. « L’Italie va armer ses MQ-9 Reaper », sur Journal-Aviation,‎ (consulté le 4 novembre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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