Opération Aconit

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Opération Aconit

Informations générales
Date -
Lieu Forêt d'Azambara
Issue Victoire française, malienne et nigérienne
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau du Mali Mali
Drapeau du Niger Niger
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'État islamique État islamique dans le Grand Sahara
Commandants
Drapeau de la France Nicolas de Chilly
Forces en présence
Drapeau de la France
400 hommes[1]
100 blindés AMX-10 RC, VAB et VBL[1]
2 hélicoptères Tigre[2]
hélicoptères Gazelle[3]
4 hélicoptères Caïman[4]
2 avions Mirage 2000[4]
1 avion Atlantique 2[1]
drones MQ-9 Reaper[1]

Drapeau du Mali
100 à 200 hommes[1]

Drapeau du Niger
110 hommes[5]

Drapeau du Royaume-Uni
1 hélicoptère CH-47 Chinook[5]
Drapeau de l'État islamique
~ 30 hommes[4]
Pertes
Drapeau de la France
3 blessés[3]
1 hélicoptère Gazelle détruit[6]

Drapeau du Mali
aucune

Drapeau du Niger
aucune[7]

Drapeau des États-Unis
aucune

Drapeau du Royaume-Uni
aucune
Drapeau de l'État islamique
18 morts[7]
5 prisonniers[7]

Guerre du Mali

Coordonnées 15° 21′ 00″ nord, 1° 58′ 00″ est

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Opération Aconit

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Opération Aconit

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Opération Aconit

L'Opération Aconit a lieu du au pendant la guerre du Mali. Elle est menée par les forces armées françaises, maliennes et nigériennes qui livrent un affrontement contre des djihadistes de État islamique dans le Grand Sahara dans la forêt d'Azambara, les et .

Prélude[modifier | modifier le code]

Le 7 juin 2019, les forces armées françaises, maliennes et nigériennes lancent une opération baptisée « Aconit » dans une zone frontalière entre le Mali et le Niger[1]. Selon le ministère français des Armées, l'opération est menée à la demande du président nigérien, Mahamadou Issoufou, en réaction à l'embuscade de Baley Beri[1].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

L'armée française engage plus de 400 hommes du groupement tactique désert (GTD) « Edelweiss », dirigé par le colonel Nicolas de Chilly, du 4e régiment de chasseurs, ainsi qu’un sous-groupement logistique chargé du ravitaillement des forces basés à Gao et Ménaka, et près d'une centaine de véhicules, dont des chars AMX-10 RC, tandis que les Maliens et le Nigériens déploient chacun une compagnie et une section sur leurs territoires respectifs[1],[8]. Les Nigériens engagent 110 hommes, épaulés par une quarantaine de commandos parachutistes français[5]. Les États-Unis fournissent également un appui technique[9],[10] et le Royaume-Uni des hélicoptères de transport CH-47 Chinook[10].

Selon l'armée française, le groupe de djihadistes attaqué lors de l'opération est « clairement identifié » et appartient à l'État islamique dans le Grand Sahara[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Pendant douze jours, les militaires ratissent les villages d'Akabar, In Taglal, Kosseye, Tongo Tongo, Tabarkone, Zongo Dey, In Foukareteine et leurs environs[1]. Une zone où sont actifs les djihadistes de l'État islamique dans le Grand Sahara[1]. Un Atlantique 2 et des drones MQ-9 Reaper assurent la surveillance aérienne[1].

Le soir du 13 juin, à 21h00, sur la base de renseignements fournis par les Nigériens, le commandement français donne l'ordre au groupement tactique désert aérocombat (GTD-A) « HOMBORI 22 » d'aller effectuer une mission de reconnaissance dans la forêt d'Azambara, au nord-est de la localité d'Akabar, en territoire malien[1],[2],[11],[12],[4]. Dans l'après-midi, un drone MQ-9 Reaper avait également repéré une moto suspecte dans cette zone[4]. Des hélicoptères Tigre arrivent les premiers sur les lieux, puis quatre hélicoptères Caïman déposent des commandos montagne sur deux positions différentes[4],[10]. Un des deux groupes est attaqué dés sa mise à terre[4]. Les commandos font alors face à une trentaine de djihadistes répartis sur différentes positions, « entraînés, expérimentés, bien équipés » et cherchant « à combattre à très courte distance » selon le chef du GTD-A[12]. Dans l'obscurité, les commandos parviennent à neutraliser un petit groupe repéré par un drone MQ-9 Reaper dissimulé dans un bosquet[4]. Ils lancent ensuite l'assaut sur le bois mais buttent à sa lisière sur une position défensive dans une zone marécageuse[4]. Ils en viennent à bout grâce aux tirs des hélicoptères Tigre[4]. Les commandos reprennent leur progression, puis se heurtent à une nouvelle position défensive avec une arme lourde en batterie[4]. Cette fois, deux Mirage 2000 interviennent en menant une frappe aérienne[4]. Les commandos peuvent ensuite achever la conquête du bois, après de nombreuses heures d'affrontements[4].

Le matin du 14 juin, alors que les combats se poursuivent dans la forêt d'Azambara, un hélicoptère Gazelle est touché par des tirs de mitrailleuse Kalachnikov PKM qui provoquent un incendie et contraignent l'appareil à faire un atterrissage d'urgence[2],[6]. Les trois militaires à bord, un pilote, un chef de bord et un commando tireur d'élite sont blessés, mais le troisième, plus légèrement touché, parvient à extraire ses camarades du Gazelle avant qu'un hélicoptère Tigre n'arrive à leur secours[6]. Le crash ayant eu lieu non loin de la zone des combats et le Tigre étant une machine biplace, les deux blessés les plus graves sont évacués selon une procédure d'« immédiate extraction » (IMEX) en étant sanglés à l'extérieur de l'appareil, près du train d'atterrissage[6],[13]. Le commando tireur d'élite fait ensuite sauter le Gazelle à l'explosif, avant d'être évacué à son tour par un autre appareil[6].

Les combats dans la forêt d'Azambara s'achèvent quant à eux après avoir duré quinze heures[12]. Les hélicoptères Tigre repèrent et tuent également quelques djihadistes en fuite[4]. Les commandos font leur jonction avec un sous-groupement blindé du GTD « Edelweiss » et des militaires maliens[4],[2],[1]. Les commandos adoptent alors un dispositif défensif et fouillent la zone[4]. Ils sont ensuite exfiltrés au complet dans l'après-midi par les hélicoptères Caïman[4].

Au Niger, les 110 militaires nigériens et les commandos parachutistes mènent pendant dix jours une patrouille de reconnaissance[5]. Ils sont ravitaillés par un hélicoptère CH-47 Chinook britannique et par un avion de transport tactique[5]. Aucun affrontement n'a lieu en territoire nigérien[5].

L'opération Aconit s'achève le 19 juin[1].

Pertes[modifier | modifier le code]

Le soir du 15 juin, l'armée malienne annonce la « neutralisation » d'une vingtaine de djihadistes dans la région de Ménaka[11].

Les 17 et 20 juin, l'armée française annonce à son tour que « plus d'une vingtaine de terroristes » ont été « neutralisés » lors de l'opération Aconit[1]. Des armes de petits calibre, un lance-roquette, une vingtaine de motos et des moyens de communication ont également été capturés[2],[1].

Le 20 juin, le Ministère nigérien de la Défense donne pour sa part un bilan plus précis de « 18 terroristes neutralisés », de « 5 terroristes, dont trois Nigériens, faits prisonniers » pendant l'opération Aconit et assure qu'aucune perte humaine ou matérielle n'est à déplorer dans les rangs des forces armées nigériennes[7],[9],[10].

Selon l'armée nigérienne, du matériel capturé par les djihadistes lors de l'embuscade de Baley Beri est également récupéré[7]. D'après l'armée française, il s'agit de moyens optiques[1].

Les trois militaires français blessés lors de l'atterrissage d'urgence de l'hélicoptère Gazelle sont évacués vers la France après avoir été pris en charge par l'antenne médicale de Gao[6],[3]. Ils appartiennent au 3e régiment d'hélicoptères de combat[14]. Le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le général Patrik Steiger, déclare le 17 juin que « leurs jours ne sont pas en danger »[3]. Il annonce également que l'hélicoptère Gazelle a été « récupéré et extrait de la zone » mais qu'il sera difficilement réparable[3]. Le 24 juin, RFI indique que l'hélicoptère a en fait été abattu[6].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r BARKHANE : Aconit - opération conjointe dans le Liptako avec les forces armées maliennes et nigériennes, Ministère des Armées, 20 juin 2019.
  2. a b c d et e Barkhane : succès d’une opération conjointe contre un groupe armé terroriste de l’EIGS, Ministère des Armées, 17 juin 2019.
  3. a b c d et e Mali : un hélicoptère de l'armée française endommagé, trois soldats blessés, Franceinfo avec AFP, 17 juin 2019/
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p et q BARKHANE : Au cœur d’ACONIT avec les commandos montagne, Ministère des Armées, 27 juin 2019.
  5. a b c d e et f BARKHANE : Opération Aconit - les GCP maintiennent la pression sur les groupes armés terroristes dans le Liptako, Ministère des Armées, 1er juillet 2019.
  6. a b c d e f et g Olivier Fourt, Hélicoptère français abattu au-dessus du Mali: récit d’un sauvetage audacieux, RFI, 26 juin 2019.
  7. a b c d et e 18 combattants du groupe EI tués lors d'une opération Niger-France-USA, AFP, 20 juin 2019.
  8. BARKHANE : Aconit – Le colonel de Chilly, commandant le GTD-2 Edelweiss rend hommage au courage des militaires de son groupement tactique, Ministère des Armées, 26 juin 2019.
  9. a et b Terrorisme: opération militaire conjointe nigérienne, française et américaine, RFI, 21 juin 2019.
  10. a b c et d Philippe Chapleau, Ops Aconit: soldats français, maliens et nigériens traquent les groupes armés terroriste, Lignes de défense, 24 juin 2019.
  11. a et b Mali : les forces françaises et maliennes neutralisent plusieurs djihadistes, Le Point avec AFP, 16 juin 2019.
  12. a b et c BARKHANE : Aconit - Les capacités 3D de la force en action, Ministère des Armées, 28 juin 2019.
  13. Mali: un hélicoptère français aurait été abattu par des djihadistes mi-juin, L'Express avec AFP, 25 juin 2019.
  14. Philippe Marque, Trois militaires d’Étain blessés lors d’un violent combat, Le Républicain Lorrain, 18 juin 2019.