AMX-10 P

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AMX-10 P
AMX 10 P de la 2e brigade blindée française
AMX 10 P de la 2e brigade blindée française
Caractéristiques générales
Équipage 3 + 8 passagers
Longueur 5,98 m
Largeur 2,83 m
Hauteur 2,80 m
Masse au combat 14 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type protection frontale contre les obus perforants de 23 mm
Armement
Armement principal canon automatique de 20mm M693 F1, magasin de 800 obus
Armement secondaire mitrailleuse coaxiale AANF1 de 7,62 mm
Mobilité
Moteur Hispano-Suiza HS 115
Puissance 260 ch à 3000 tours par minute (205,9 kW)
Suspension barre de torsion
Vitesse sur route 65 km/h
Puissance massique 19,7 ch/tonne
Autonomie 600 km sur route et 18 heures en tout terrain

L'AMX-10 P est le véhicule de combat, de transport et d'appui adopté par l'infanterie française en 1973 et construit par GIAT. Il est remplacé à partir de 2008 par le Véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI).

Description[1][modifier | modifier le code]

Caisse[modifier | modifier le code]

La caisse blindée est formée de plaques d'aluminium corroyé et soudé. Elle est de forme rectangulaire, avec un glacis incliné et pointu. Un écran pare-vague de forme rectangulaire recouvre la partie avant du glacis. Le poste de pilotage est situé sur la gauche du glacis et comporte trois épiscopes, dont un adapté à la vision nocturne et une trappe d'accès. Le moteur est placé à sa droite, sous des grilles de refroidissement. L'habitacle est situé en arrière et peut accueillir huit combattants ou diverses armes et munitions. L'accès s'effectue par l'arrière de la caisse, à l'aide d'une rampe relevable, percée de deux portes et de meurtrières. Des trappes sont présentes sur le toit du véhicule et permettent le tir pour les passagers.

Armement[modifier | modifier le code]

La tourelle Toucan II[2] est située en position centre gauche. Elle est biplace, équipée de deux épiscopes (chef de bord et tireur) adaptés à la vision nocturne, d'une couronne de sept meurtrières d'observation et de deux trappes d'accès. Elle pointe en site de - 8° à + 50° et tourne sur 360°.
La tourelle porte un tube de calibre 20 mm à double alimentation (projectiles explosifs et perforants) produit par Nexter (anciennement GIAT), ainsi qu'une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm et quatre lance-pots fumigènes. Le canon de 20 mm a une portée maximale contre les blindés légers de 1 000 m, contre les aéronefs de 1 500 m et le personnel de 2 000 m[3].
Huit cents coups de 20 mm et deux milles cartouches de mitrailleuse sont en dotation.

Motorisation et train de roulement[modifier | modifier le code]

Le moteur est un engin Hispano-Suiza HS 115 diesel turbocompressé doté d'un réservoir de carburant de 528 l. Il anime un train de roulement à chenilles, constitué sur chaque côté de la caisse de cinq galets porteurs, trois galets de support, un barbotin à l'avant et une poulie de renvoi à l'arrière. De fines plaques de blindage masquent les galets supports.

Mobilité[modifier | modifier le code]

Le véhicule se déplace à une vitesse maximale de 65 km/h sur route, passe des pentes de 60%, des dévers de 30%, des obstacles verticaux de 0,7 m et des coupures larges de 1,6 m. Il est amphibie et navigue en rivière à une vitesse maximale de 7 km/h, sous l'action d'hydropropulseurs. Il roule dans l'obscurité à l'aide d'un dispositif de vision nocturne et en ambiance NBC.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue arrière d'un AMX-10P trappe ouverte, celle ci dispose de deux portes.

Origines et construction[modifier | modifier le code]

L'AMX-10 P est conçu en remplacement de l'AMX-13 VCI, avec la capacité de franchir des coupures humides et de combattre dans un contexte de conflit NBC. Il est doté d'une mobilité comparable celle du char AMX 30, pour appuyer ses déploiements.

Le blindé est développé au milieu des années 1960 par le GIAT, sur le site de l'AMX/APX au plateau de la Minière à Satory (Versailles).

Il est fabriqué en série à partir de 1973 par l'Atelier de Construction de Roanne (ARE aujourd'hui Nexter Systèmes)[4], pour l'armée française, puis avec succès pour l'exportation.

Essais[modifier | modifier le code]

Les premiers tests en condition de combat avec un équipage complet ont été réalisés en juillet 1972 sur le terrain de manœuvres de Poigny-la-Forêt, appartenant au 501e régiment de chars de combat basé à Mourmelon-le-Grand. L'équipage du char Longumeau (AMX-13) du 5e escadron au 501 a été désigné pour effectuer ces tests. Chaque personnel a été équipé de capteurs cardiaques, pour étudier les réactions de l'organisme humain dans ce blindé.

Livraisons[modifier | modifier le code]

Les livraisons à l'armée de terre française commencent en 1973. Un total de 1 810 engins sont produits jusqu’en 1994.

Engagements[modifier | modifier le code]

L'AMX-10 P est engagé à plusieurs reprises sur des théâtres extérieurs.

Il équipe le bataillon français de la KFOR engagé en 1999 au Kosovo[5].

Neuf exemplaires de ce blindé sont déployés en Côte-d'Ivoire en octobre 2005, pour appuyer la Force Licorne dans une démonstration de force[6].

À la suite du conflit israélo-libanais de 2006, la FINUL voit ses moyens d'actions renforcés par une résolution de l'ONU. L'armée française envoie en conséquence deux compagnies d'infanterie mécanisée du régiment de marche du Tchad[7]. Les AMX-10 P sont remplacés dans cette mission en septembre 2010 par des VBCI[8].

Modernisation et retrait[modifier | modifier le code]

Cent-huit AMX-10 P français ont été revalorisés entre 2006 et octobre 2008 pour un coût de 50 millions d'euros[9].

La Délégation Générale pour l'Armement (DGA) a passé contrat en septembre 2005 avec Nexter, et le dernier exemplaire est livré le 23 octobre 2008 au 92ème Régiment d'Infanterie de Clermont-Ferrand[10].

L' AMX-10 P revalorisé est modernisé au niveau des moyens de commandement et communication avec un système d’information terminal et de navigation (SIT) et des postes radio de dernière génération. La mobilité est augmentée avec l'amélioration de la boîte de vitesses, l'installation d’une assistance au passage de vitesses et le renforcement des suspensions. La protection est revue avec des blindages en acier rapportés sur l'avant, les côtés et le toit, un fumigène large bande (système de défense rapprochée GALIX) et des moyens de détection et d'extinction rapides des incendies et explosions. L'armement reçoit un moyen de visée tout temps. Des kits d’installation sont implantés pour le missile Eryx, le lance-roquette AT4CS et le groupe de combat FÉLIN.

Cette version rénovée devait rester en service jusqu'au moins 2020, mais le retrait semble effectif en 2015[11].

Au sein des forces françaises, l'AMX-10 P a été remplacé à partir de 2008 par le Véhicule blindé de combat d'infanterie[12].

Versions[modifier | modifier le code]

AMX-10 P PAC 90 de l’armée de Singapour.
  • AMX 10 P : version de base (P pour personnel)
  • AMX 10 PH : version modifiée du P dans les années 1980 (place des pots fumigènes)
  • AMX 10 P Milan : équipé de deux lanceurs Milan
  • AMX 10 HOT : lance-missiles antichar HOT (appelé aussi AMX Lancelot)
  • AMX 10 M ou AMX 10 ACRA : projet de chasseur de char armé d'un canon de 142 mm lançant le missile Anti-Char Rapide Autopropulsé qui n'a existé qu'à l'état de prototypes[13]
  • AMX 10 TM : équipé d'un mortier de 120 mm
  • AMX 10 PAC 90 : canon antichar GIAT de 90 mm
  • AMX 10 P Marine : capacités amphibies améliorées
  • AMX 10 PC : char de commandement
  • AMX 10 VOA : observateur d'artillerie
  • AMX 10 ECH : Véhicule de dépannage équipé d'une petite grue sur le toit.
  • AMX 10 SAO : Véhicule d'Observation d'artillerie conçu pour l'export.
  • AMX 10 THS : Prototype équipé d'une transmission hydrostatique qui lui donnait une mobilité remarquable, resté à l'état de prototype.
  • AMX 10 AMB: Version ambulance développée pour l'exportation.
  • AMX 10 T40: Prototype équipé d'une tourelle armée du canon Bofors de 40 mm (Au musée des blindés de Saumur, comme le THS, le SAO et l'AMB).

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chant 2014 : p. 44-45 ; AMX-10P Véhicule blindé de combat d'infanterie, Published: Friday, 15 February 2008, www.armyrecognition.com et AMX-10P, www.army-guide.com (voir liens externes)
  2. tourelle développée par la Manufacture Nationale d’Armes de Saint-Etienne, Lesavre et Launet 2007 : p. 53-54 et planche 18 ; Chant 2014 : p. 44
  3. « Canon de 20 mm », sur Armée de Terre,‎ (consulté le 9 février 2016).
  4. Barras 1998, p. 242
  5. www.ecpad.fr, Activités des militaires du Bataillon français de la KFOR au Kosovo à la fin de l’été 1999. Septembre 21, 2010 - 11:56, Patrouilles de militaires du 1er Régiment de Tirailleurs en AMX-10 P dans la région de Velika Reka. [1]
  6. Côte-d'Ivoire. Le calme avant la tempête, Le Télégramme, 30 octobre 2005 [2]
  7. Finul : 900 soldats français et des armes lourdes envoyés d'ici mi-septembre, Le Monde, 29 août 2006 [3] ; Patrouille sur AMX 10 P au Sud Liban, www.defense.gouv.fr -[4]
  8. Des VBCI au Liban, Laurent Lagneau, 23 septembre 2010 [5]
  9. Projet de loi de finances pour 2008 : Défense - Equipement des forces, senat.fr [6]
  10. Giat Industries, « La valorisation de 108 véhicules blindés AMX 10P est terminée », sur Milinfo,‎ (consulté le 26 octobre 2015)
  11. a et b Jean-Dominique Merchet, À quoi ressemblera l'armée de terre en 2020 ? Secret Défense, 28 mai 2015 [7] ; Projet de loi de finances pour 2008 : Défense - Equipement des forces, senat.fr [8]
  12. « AMX 10 P »,‎ (consulté le 12 octobre 2015)
  13. « 1970 AMX 10 M ACRA », sur www.chars-français.net (consulté le 18 avril 2015).
  14. « Les chiffres-clés de la Défense – édition 2011 », sur Ministère français de la Défense,‎ (consulté le 3 octobre 2011)
  15. Nesme 2011 ; Razoux 2013, L'assistance militaire étrangère au profit des belligérants. Au profit de l'Irak.
  16. Haidar Sumeri‏@IraqiSecurity, Iraqi engineers have refurbished AMX-10P and Panhard IFVs/APCs in Basra, southern #Iraq. For security forces, 25 novembre 2015
  • Chris Bishop, Tony Cullen, Ian Drury, The Encyclopedia of World Military Weapons, ed. Crescent Books, 1988, ISBN 0517653419, 9780517653418, 318 p. (p. 76).
  • Barras 1998 : Michel Barras, Histoire de l'arsenal de Roanne: 1916-1990, éd. lyonnaises d'art et d'histoire, 1998, ISBN 2841470733, 9782841470730, 350 p.
  • Lesavre et Launet 2007 : René Lesavre et Michel de Launet (ingénieurs généraux), Les armements de défense antiaérienne par canons et armes automatiques, COMHART t. 8-3 (Comité pour l’histoire de l’armement terrestre), ed. Centre des hautes études de l’armement Division Histoire de l’armement, Paris, 2007, 113 p.
  • Razoux 2013 : Pierre Razoux, La guerre Iran-Irak: Première guerre du Golfe 1980 -1988, Synthèses Historiques, EDI8, 2013, ISBN 2262043558, 9782262043551, 616 p.
  • Chant 2014 : Christopher Chant, A Compendium of Armaments and Military Hardware, Routledge Revivals, ed. Routledge, 2014, ISBN 1134646682, 9781134646685, 578 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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