Peugeot P4

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Peugeot P4
Peugeot P4
P4 du 54e régiment d'artillerie

Marque Drapeau : France Peugeot
Années de production 1982 - 1992
Production 13 500 exemplaire(s)
Classe 4x4 militaire
Moteur et transmission
Énergie Essence
Diesel
Moteur(s) Essence
1971 cm³ / 79 ch – 3 l / 170 ch

Diesel
2 498 cm3 (atmo) 70,5/76 ch (suralimenté) 79/82,5 ch
(2,5 l suralimenté refroidi) 110/150 ch
Puissance maximale 70,5 ch
Boîte de vitesses manuelle (4 AV + 1 AR)
Poids et performances
Poids à vide 1 750 kg
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Pick-up avec pare-brise rabattable
Dimensions
Longueur 4 200 /4 650 (châssis long) mm
Largeur 1 700 mm
Hauteur 1 800 mm
Chronologie des modèles

Le Peugeot P4 est un véhicule léger à quatre roues motrices produit par Peugeot, présenté en mars 1981 à Satory et utilisé par l'armée française sous la désignation de Véhicule léger tout-terrain. Bien qu'équipé et motorisé par Peugeot, ce véhicule est une variante du Mercedes-Benz Classe G. Le remplacement de la Peugeot P4 a été entamé depuis quelques années par l'acquisition de PVP[1], Land Rover Defender[2], Ford Ranger et de véhicules légers tactiques polyvalents non protégés produits par Renault Trucks Defense.

Historique[modifier | modifier le code]

Le contexte[modifier | modifier le code]

Depuis 1944, l’armée française a toujours été équipée en Jeep, d’origine américaine tout d’abord, avant d’être petit à petit remplacées par les Jeep fabriquées en France sous licence par Hotchkiss. Après avoir usé ses Jeep devenues très obsolètes car poussées dans leurs derniers retranchements, l'armée française a demandé leur remplacement au cours des années 1960. Il lui faudra attendre les années 1970 pour obtenir un accord du pouvoir politique à la condition que ce soit un véhicule français puisque la volonté politique de cette époque, et encore aujourd'hui, est d’avoir une armée équipée en matériel français. Si cette volonté peut sembler louable, elle peut aussi coûter très cher. L’armée française a gardé à tout jamais le souvenir de la Delahaye VLR qui fut un échec cuisant, que l'on a aussi qualifié d'erreur stratégique grossière, au début des années 1950, car trop sophistiquée et peu fiable.

Dans les années 1960, et durant la dizaine d'années qui ont suivi, l’armée a cherché un constructeur qui puisse produire une remplaçante à la Jeep, car le 4×4 était une catégorie de véhicules qui semblait oubliée par les constructeurs nationaux. Des contacts sont pris avec les différents constructeurs français pour concevoir un tel véhicule. L'armée fait miroiter un besoin de 10.000 exemplaires pour inciter les constructeurs à lancer le développement d’un véhicule de reconnaissance. Les grands constructeurs refusent très diplomatiquement, invoquant tous que le volume de la commande est trop faible pour concevoir un nouveau véhicule. Les petits constructeurs étaient tous en voie de disparition durant cette décennie et aucun n’avait la surface industrielle et financière suffisante pour mener à bien une telle entreprise.

Face à ces problèmes et pour trouver urgemment une solution, la France propose une alliance à l’Allemagne et l’Italie pour fonder le projet « Europa Jeep » avec, à la clé, un volume potentiel de 50.000 véhicules à fournir à ces trois armées. Le projet, énième tentative de l’Europe de la Défense, combattu par la France depuis toujours, sombre rapidement. Les états-majors de chaque pays expriment des besoins différents et souvent contradictoires, si bien que l’on tombe rapidement dans une impasse, avant même de résoudre l’épineuse question du lieu de production. Chaque pays assurera donc de son côté ses propres besoins. L'Italie disposait depuis 1974 de la Fiat Nuova Campagnola et l'Allemagne avait en projet le Mercedes-Benz Classe G.

En France, la solution choisie fut d’acquérir en catastrophe 9.000 Citroën Méhari pour "soulager" les Jeep et faire patienter quelque temps les militaires condamnés à marcher à pied ou en camion en attendant un véhicule léger. Après avoir du accepter cette solution temporaire, l’armée reprend contact avec Citroën, Peugeot et Renault en fin d'année 1976 pour leur demander d'accepter de concevoir la future "Jeep". Les deux constructeurs refusent catégoriquement. L’armée est donc contrainte d'accepter que les constructeurs français aillent chercher à l'étranger un partenaire pour construire un nouveau 4X4.

Chez Renault, c’est du côté de l’Italie que l’on trouve le meilleur partenaire, avec Fiat et son 4X4 Campagnola de seconde génération apparu en 1974. Le contrat de licence négocié permet de franciser la Campagnola en d'intégrer un moteur de Renault 20TS, si celui-ci était préféré aux moteurs Fiat, et même d’assembler une partie des caisses en France. Les prototypes baptisés Renault TRM 500 sont réalisés en 1978 et l’armée les teste avec ses concurrents la Citroën C44 et la Peugeot P4. Pour des raisons purement politiciennes, le modèle Peugeot-Mercedes sera choisi alors que le modèle Renault-Fiat était favori. Les esprits chagrins feront noter qu'il aura fallu quatre ans pour passer du stade du modèle de pré série à la mise en production, alors que le TRM 500 était déjà prêt à sa mise en fabrication puisque déjà utilisé par de nombreuses armées et dont la fiabilité était avérée.

Le Peugeot P4 / Mercedes Classe G[modifier | modifier le code]

La P4 répond au besoin, formulé dès la fin des années 1960 par l'armée française, de remplacer ses 10 000 Jeeps. Les caractéristiques du nouveau véhicule devaient répondre aux contraintes suivantes : transporter 4 personnes avec leur paquetage et un poste radio et avoir une aptitude au transport aérien et au parachutage.

Après de nombreux retards, ce n'est qu'à la fin des années 1970 que la conception d'une remplaçante de la Jeep Hotchkiss est lancée. Un accord de licence est conclu entre Peugeot et Mercedes-Benz afin de répartir à parts égales la construction du nouveau véhicule militaire. Des prototypes sont testés en 1980 par le 15e RCS à Limoges.

À partir de fin 1982[3], l'usine de Sochaux commence à assembler la P4[4]. Peugeot installe alors sur le Classe G le moteur à essence de sa 504, la boîte de vitesses de sa 604, s'occupe des circuits électriques, réalise le soudage de la caisse et assure le traitement en cataphorèse. Tout le reste est fabriqué par le constructeur allemand.

Un premier prototype roule dès 1978 et commence une longue série d'essais, notamment lors d'un rallye dans le Sud algérien avec deux P4, l'un à essence et l'autre à moteur diesel.

En 1981, l'armée française commande 15 000 exemplaires de la P4 (essence et diesel confondus), ramenée finalement à 13 500 unités à la suite de la baisse des effectifs de l'armée de terre. À partir de 1985, la production est transférée à l'usine Panhard de Marolles-en-Hurepoix, où 6 000 véhicules sont produits.

Une version civile est proposée sous la même appellation mais ne rencontre pas un franc succès à la vente en raison d'un prix élevé et d'un rapport poids/puissance défavorable. De plus, Mercedes-Benz n'accorde pas à Peugeot la possibilité d'exporter la voiture ailleurs que vers les pays d'Afrique liés par un accord de défense avec la France.

Fin 2015, l'armée française compte encore moins de 2.500 exemplaires en service et ce nombre continue à baisser à hauteur de plusieurs centaines par an[5]. En 2016, dans le cadre de la coopération militaire avec le Cameroun qui vise à lutter contre le terrorisme, l'État français fait don à l'armée camerounaise de 21 P4[6],[7].

Après une commande 1.000 Ford Ranger en 2015 pour remplacement des P4 les plus anciennes, en décembre 2016, une commande de 3700 véhicules est passé pour remplacer le restant du parc de P4. Le véhicule est une base Ford Everest, militarisé par Renault Trucks Defense en France. Lors de la commande du 8 décembre 2016, aucune date de mise en service n’a été communiqué[8].

Versions[modifier | modifier le code]

La P4D[modifier | modifier le code]

En 1992, l'armée de terre décide de doter ses P4 essence de moteurs diesel 2,5 litres. La transformation des P4 en P4D (diesel) est confiée à Panhard (1300 VLTT) et aux Établissements régionaux du matériel. Le moteur choisi est le même que celui de la 505.

La P4P[modifier | modifier le code]

P4 P (pour P4 Protégé) est une version blindée produite à 80 exemplaires dans les années 1990. Une version blindée a été fabriquée à la demande de Peugeot par les établissements CBH (Constructions Blindées d'Hardricourt).

Cette version a été évaluée par l'armée française et commandée par la Marine nationale pour la protection des sites sensibles. Cinq versions différentes ont été fabriquées.

  • P4 CBH AKIS 2400
  • P4 CBH SUPER AKIS 2850
  • P4 CBH 3120

Les dénominations "2400", "2850" et "3120" correspondent à la longueur des châssis. Des P4 Blindés CBH ont été fabriqués pour une utilisation au Liban.

La P4 VPS[modifier | modifier le code]

La P4 VPS (Véhicule de patrouille spéciale) dit aussi véhicule de patouille SAS construit, selon quelques sources, à 41 unités et est destinée aux Forces spéciales dont le 1er RPIMa. Elle est équipée de plaques de blindages, d'une grande puissance de feu et une grande autonomie : une mitrailleuse Browning M2 (MIT50) (calibre 12,7 mm), une mitrailleuse de type ANF1 (calibre 7,62 mm) et du matériel de franchissement[9].

La P4 V6 PRV[modifier | modifier le code]

Prélevées sur la production des P4D et modifiées par les Automobiles Peugeot ces versions dont on ne connait pas exactement le nombre (20 environ) ont été équipées du moteur V6 PRV de 3.0 litres de cylindrée et developpent 170cv pour les besoins d'assistance du rallye Paris Dakar dans les années 1990.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La P4 est présente dans un certain nombre de films, tels The Expendables 2 et 3.

Remplacement[modifier | modifier le code]

Un PVP de l'armée de terre.
Land Rover Defender de l’armée de Terre.

Petit Véhicule Protégé[modifier | modifier le code]

Pour les liaisons au sein des zones de combat, les P4 ont été, entre 2004 et 2012, supplantés par les 1 133 PVP dans l'armée de terre[1].

Land Rover Defender[modifier | modifier le code]

L’entretien de la P4 étant de plus en plus coûteux, l’armée de terre a choisi de remplacer les P4 servant aux déplacements en dehors des zones de combat. En 2009, l'armée de terre a ainsi commandé 334 Land Rover Defender 4×4 non militarisés[2], avant de porter la commande à plus de 550 exemplaires[10]

Ford Ranger[modifier | modifier le code]

Toujours dans le cadre du renouvellement de sa flotte de Peugeot P4, l'armée commande, en mai 2015, 1 000 exemplaires du Ford Ranger[11].

Véhicule léger tactique polyvalent[modifier | modifier le code]

Pour remplacer les P4 restantes, un programme nommé Véhicule léger tactique polyvalent (VLTP) a été lancé par la DGA[12]. En , Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense annonce que le choix se porte sur Renault Trucks Defense pour un contrat pour 3 700 véhicules légers tout-terrain[13]. Le véhicule choisi est un Ford Everest militarisé par Renault Trucks Defense[14].

Technamm Masstech T4[modifier | modifier le code]

En 2017, un contrat est signé avec la société française Technamm pour la militarisation de 500 Toyota HZJ76. Le cout unitaire serait de 70000€. La livraison des véhicules sera terminée en mai 2018[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le nouveau 4x4 de l'armée française », sur www.caradisiac.com,
  2. a et b « L'armée de terre acquiert plusieurs centaines de Land Rover », sur Lepoint.fr,
  3. Source : L'argus de l'automobile, 31 mars 1983.
  4. http://m.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/le-renouvellement-des-vehicules-tout-terrain
  5. Laurent Lagneau, « Le parc de véhicules P4 de l’armée de Terre fond à vue d’œil »,
  6. « Cadeaux français pour le Cameroun - FOB - Forces Operations Blog », FOB - Forces Operations Blog,‎ (lire en ligne)
  7. « Essentielles donations - FOB - Forces Operations Blog », FOB - Forces Operations Blog,‎ (lire en ligne)
  8. Alain-Gabriel Verdevoye, Vincent Lamigeon, « Le futur 4X4 de l’armée française sera un Ford Ranger militarisé »,
  9. Henri-Pierre Grolleau, Les matériels de l’armée de Terre, Marines Éditions, 127 p. (ISBN 978-2-35743-029-7), p. 26.
  10. « Defender : le véhicule polyvalent de l'armée de Terre », (consulté le 25 janvier 2013)
  11. D. L., « Quand l'armée française préfère rouler américain »,
  12. Vincent Lamigeon, « Un 4X4 américain pour l’armée française : scandale, vraiment ? », sur challenges.fr, (consulté le 17 avril 2017)
  13. Comment Le Drian ancre Renault Trucks Défense en France, Challenges, 8 décembre 2016
  14. Le futur 4×4 de l’armée française sera un Ford Ranger militarisé
  15. « Technamm Masstech T4: des Toyota Land Cruiser pour l’Armée Française », (consulté le 10 mars 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliograhie[modifier | modifier le code]

  • MAT 2750 "Guide Technique V.L.T.T PEUGEOT P4 DIESEL", Section technique de 'armée de Terre, centre d'information et de communication.