Pont flottant motorisé

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Module de pont flottant motorisé
Image illustrative de l’article Pont flottant motorisé
Caractéristiques de service
Type Pont
Utilisateurs Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la Malaisie Malaisie
Production
Constructeur CNIM
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes :
1 chef de module
1 conducteur SPL
2 propulsistes.
Longueur 10,10 m
Largeur 4 à 4,3 m
Hauteur 2,16 m
Masse au combat 11 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage aucun
Mobilité
Moteur Yamaha
3 cylindres essence, mélange 2 temps (1 140 cm3)
Puissance 75 ch (×2) 55,2 kw
Vitesse sur route
Puissance massique
Autonomie 24 L (par nourrice) conso : 32 L/heure

Rampe de pont flottant motorisé
Image illustrative de l’article Pont flottant motorisé
Ensemble PFM
Caractéristiques de service
Type Pont
Utilisateurs Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la Malaisie Malaisie
Production
Constructeur CNIM
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes :
1 chef de rampe
1 conducteur SPL
2 rampistes.
Longueur 12,50 m
Largeur m
Hauteur 1,7 m
Masse au combat 7,38 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage aucun
Mobilité
Moteur Moteur Bernard BM07-11/1520 1 cylindre essence de 161 cm3
Puissance 3 ch 2,2 kw
Vitesse sur route
Puissance massique
Autonomie 2,8 L conso: 1L/heure

Le pont flottant motorisé ou PFM, fabriqué par le groupe CNIM, déploie un pont logistique. C'est un équipement de l'armée de terre française permettant de déployer rapidement un pont mobile ou fixe sur une coupure humide. Mis en service en 1985 pour succéder au matériel d’origine américaine (M4 T6, US 60 t, etc.) qui équipait les compagnies de pont lourd d’équipage, le pont flottant motorisé (PFM), de par sa grande vulnérabilité et sa capacité à faire franchir tous les véhicules (y compris civils) en dotation dans l’armée de terre, a pour vocation première d’être employé dans un environnement tactique sécurisé, c’est-à-dire en 2e échelon comme pont logistique.

Toutefois, sa mise en œuvre rapide avec peu de personnel, sa capacité à faire franchir des véhicules lourds (MLC 70) ainsi que son aptitude à travailler en portière permettent, en cas d’ultime recours, d’envisager son emploi tactique en zone divisionnaire. La conception du pont flottant motorisé lui permet d’être mis en œuvre rapidement, sans aménagement particulier du terrain et sans renfort en personnel ou en matériel. Le tracteur et la semi-remorque spécialisée motorisée donnent toute autonomie à l’équipage pour la mise à l’eau du module, la dépose et la reprise des rampes. Le pont flottant motorisé est un pont du type poutre flottante barrant le courant. Il permet le franchissement des cours d'eau aux véhicules à roues et à chenilles, soit par pont, soit par portière.

Ce matériel de pontage est de classe nominale 70 et autorise le franchissement des cours d’eau aux véhicules à roues des gammes tactique et logistique et à tous les engins à chenilles, sans précaution particulière de passage dans des courants jusqu’à 2,5 mètres par seconde.

Historique[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale a fait avancer à grands pas la technique militaire et en particulier dans le domaine du franchissement de coupures humides. Les moyens sont efficaces mais restent longs à mettre en œuvre et gourmands tant en personnel qu'en matériel.

La guerre froide faisant planer le spectre de l'invasion des pays de l'Europe de l'Ouest par ceux du bloc de l'Est, il apparaît qu'un maintien de ponts sur les grands fleuves coupant les axes de progression est nécessaire. Le défi à relever n'est pas aisé, il faut être rapide, discret et avoir un gros débit de franchissement.
Le premier matériel rapide fut le pont Gillois, décrit largement dans Les Engins amphibies Gillois ou l'idée d'un génie (François Quiri).

Une idée nouvelle vit le jour dans les années 1980 : créer un matériel pouvant avoir des capacités identiques à celles du "Gillois", tout en prévoyant des éléments facilement interchangeables (ou récupérables par n'importe quel semi PFM) en cas de destruction partielle. Le PFM est né.

Le 4e régiment du génie de La Valbonne fut le régiment testeur/essayeur de ce matériel. Très rudimentaire sur les premières ébauches, l'expérience des sapeurs fera modifier de façon profonde cet équipement. Après de nombreuses modifications et améliorations sur les modules et les rampes, c'est au tour des tracteurs. En premier lieu, les tracteurs Berliet équipant le parc de l'armée feront l'affaire. Les GBC 8 KT utilisés en version tracteur TBC 8 KT(125 ch) se révéleront toujours aussi fiables, mais leur manque de puissance fera qu'ils seront remplacés par les TBU (200 ch), bien plus puissants. En 1985, le pont flottant motorisé sera mis en service au sein de nombreux régiments du génie. Au plus fort des livraisons, une section complète se rendait aux usines Renault pour prendre possession de TRM 10000 (260 Ch) avant de partir vers La Seyne-sur-Mer afin de récupérer le restant de l'ensemble PFM. Au milieu des années 1990, le 1er régiment du génie effectuera des manœuvres avec le 2e Reggimento Genio Pontieri. À la suite des divers livres blancs, de nombreuses dissolutions feront que ce matériel sera, soit vendu aux domaines (voir à l'export), remisé en « stock de guerre » à Saint-Astier, ou transféré vers le régiment successeur. En 2013, 70 PFM sont disponibles dans l'armée française, d'une moyenne d'âge de 25 ans[1].

Régiments Génie Français équipés.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le pont flottant motorisé est composé de plusieurs matériels, un module, une rampe et une semi-remorque spécialisée.

Module[modifier | modifier le code]

Un module déplié.

Les ponts et les portières sont constitués de modules possédant leur propre autonomie de propulsion, verrouillés les uns aux autres, et d’une rampe d’accès à chaque extrémité. Les ponts peuvent s’adapter à toutes les largeurs de brèche pour une capacité de débit de 250 véhicules par heure. Le module PFM constitue un élément de pont de 10 mètres avec une voie de roulement de 4 mètres. Il se compose essentiellement d’un caisson central, de deux caissons latéraux et de deux ballasts. Il est équipé de deux propulseurs de 75 ch orientables à 360 degrés. Il est transporté sur sa semi-remorque spécialisée. Celle-ci est équipée d’une télécommande permettant le déploiement, la mise à l’eau et la reprise du module par le conducteur seul. Le module est mis en œuvre par un équipage constitué d’un sous-officier chef de module, d’un conducteur super poids lourd (SPL) et de deux pilotes appelés « propulsistes ».

Rampe[modifier | modifier le code]

La rampe est un élément du pont flottant motorisé assurant la continuité de passage entre la berge et le module de rive, la rampe d’accès a une voie de roulement de 4 mètres de large. Elle est équipée d’élargisseurs de voie et de garde-corps. Afin de s’adapter à la hauteur des berges, elle est manœuvrable en site grâce à un groupe hydraulique alimentant deux vérins. La rampe est mise en œuvre par un équipage constitué d’un sous-officier chef de rampe, d’un conducteur super poids lourd et de deux hommes d’équipages appelés « rampistes ». La rampe peut être utilisée seule en ponceau, pour un passage d'une coupure humide ou sèche d'une largeur max de 8 m.

Semi-remorque spécialisée[modifier | modifier le code]

L'ensemble de transport est composé d'un tracteur TRM 10000 et d'une semi-remorque spécialisée servant au transport, à la mise à l'eau et à la sortie d'eau d'un module, ainsi qu'à la mise en place de la rampe sur une partie de pont. Elle sert également au transport des lots d'accessoires de module ou de rampe et des nourrices à carburant nécessaires aux propulseurs. Les énergies (hydraulique et électrique) nécessaires aux différentes manœuvres sont fournies par le tracteur. De plus, les roues de la semi-remorque peuvent devenir motrices (commandées depuis le tableau de bord du tracteur).

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Suisse : un tracteur Steyr 6x6 tractant un module du Pont flottant 95 (2006)

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Autres moyens de franchissement de l'Armée de terre française[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Quiri, Les poseurs de ponts terrestres français, Génie Édition, , 200 p. (ISBN 978-2-9551743-0-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]