Engin de franchissement de l'avant

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Un EFA replié.

L'EFA ou Engin de Franchissement de l'Avant est un engin de franchissement de rivières utilisé par les unités du génie de l'armée française. On peut l'utiliser comme pont (au besoin en en déployant plusieurs en série) ou comme bac. Il est construit depuis 1989 par la Chaudronnerie et Forges d'Alsace (Cefa) situé à Soultz-sous-Forêts dans le Bas-Rhin[1]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Un EFA en formation pont.

L'EFA comprend une coque contenant la cabine de l'équipage, la salle des machines, les essieux et un compartiment arrière, 2 rampes articulées, 2 volets supports de flotteurs et un poste de pilotage aquatique amovible.

Un seul EFA, en version bac avec une longueur de 34,55 sur une surface de chargement de 96 m2 est prêt en moins de 5 min pour le transbordement d'un char de combat de 70 tonnes ou deux chars moyens. Il est en mesure d'effectuer en une heure 10 à 12 traversées pour une coupure de 100 m et 8 à 10 traversées pour une coupure de 200 m. 2 EFA accouplés en portière permettent l'emport d'un véhicule de classe 150, un pont flottant avec 4 EFA par exemple offre en moins de 10 min une capacité de franchissement de 100 m de long[2] avec un débit estimé de 200 véhicules/h.

L'EFA a la particularité d'être à la fois "ambidrome" - chargement et déchargement du véhicule s'effectuant en marche avant - et polyvalent - pouvant être utilisé en moyen discontinu (bac) ou continu (pont).

L'équipage est composé de 4 personnes :

  • 1 chef d'engin
  • 1 conducteur
  • 1 pilote
  • 1 homme d'équipage

Prédécesseur[modifier | modifier le code]

L'EFA est l'héritier du premier bac automoteur: le Pont Gillois inventé en 1955 par le général et ingénieur militaire français Jean Gillois (né à Châteaubriant en 1909) qui peut, par accouplement, former un pont flottant. Le bac Gillois, qui est entré en service dans l'armée française à partir de 1965, a été successivement adopté par les armées américaine, britannique et allemande, dans une version modifiée outre-Rhin par la société EWK.
À l'époque de son apparition, le bac Gillois est sans aucun doute un matériel sans équivalent dans le monde, capable de transborder des engins d'une masse de 25 tonnes maximum. En version pont, il supporte des charges de l'ordre de 50 tonnes. Pour passer de la version route à la version bac, il lui faut 45 minutes, et 65 minutes pour constituer un pont de 100 mètres de long. Le bac Gillois (l'invention du colonel est tellement exceptionnelle que l'engin portera, fait rarissime, le nom de son inventeur) évite les lourds et encombrants convois de portiques, grandes barges amenées par route, si sensibles aux attaques de l'ennemi. Il faut compter de l'ordre d'une demi-journée pour installer un pont d'une centaine de mètres, à l'aide de portiques qui sont joints par des portières.
Dans les années 1970, le bac Gillois est idéal pour transborder des engins non amphibies comme l'EBR ou l'AMX 30.

Vedette de pontage[modifier | modifier le code]

Les vedettes de pontage sont utilisées pour assurer la sécurité lors des manœuvres. Dix vedettes F2 construites par la société CEFA sont perçues à partir de décembre 2014[3].

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Les trois sections EFA sont dotées en théorie de de 4 groupes de 2 engins soit 8 EFA par régiment. Dans la pratique, il semblerait en 2014 qu'il n'y ait que 4 EFA par régiment, le reste étant réparti entre l'École du génie, le Parc d'Entraînement et le Maître d'Ouvrage Industriel du contrat de mise en condition opérationnelle[8].

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Franchissement », sur Chaudronnerie et Forges d'Alsace (consulté le 7 décembre 2014).
  2. « EFA », sur Chaudronnerie et Forges d'Alsace (consulté le 7 décembre 2014).
  3. Philippe Chapleau, « Le Génie va percevoir ses nouvelles vedettes de pontage F2 », sur Ouest-France, (consulté le 7 décembre 2014).
  4. « Commission de la défense nationale et des forces armées Mardi 16 décembre 2008 Séance de 16 heures 30 Compte rendu n° 22 », sur Assemblée nationale, (consulté le 7 décembre 2014).
  5. « EFA X1 Engin de Franchissement de l'Avant », sur CEFA, (consulté le 7 décembre).
  6. Antoine Latham, « Les engins amphibies Cefa débarquent dans le Golfe », (consulté le 7 décembre 2014).
  7. « Assemblée nationale Question écrite 47351 de M. François Cornut-Gentille », sur François Cornut-Gentille, (consulté le 17 mai 2014)
  8. Jean-François Brillant, « EFA : Engin de Franchissement de l'Avant », sur Servir & Défendre, (consulté le 7 décembre 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Quiri, Les poseurs de ponts terrestres français, Génie Édition, , 200 p. (ISBN 978-2-9551743-0-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]