Steven Guilbeault

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Steven Guilbeault
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Steven Guilbeault

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Steven Guilbeault (1970, La Tuque - )[1] est un écologiste, conférencier et écrivain canadien. Cofondateur d’Équiterre, la principale organisation environnementale québécoise, il a travaillé dix ans chez Greenpeace Canada en tant que directeur et responsable de campagne au Québec. Il est actuellement et depuis 2008 directeur principal et porte-parole d’Équiterre [2].   

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et parcours de militant[modifier | modifier le code]

Dès l’âge de cinq ans, dans sa ville natale de La Tuque en Haute-Mauricie, Steven Guilbeault refuse de quitter un arbre dans lequel il a grimpé afin d’interrompre les travaux d'un promoteur immobilier qui abattait un boisé derrière chez lui. L’arbre est finalement abattu dans les jours suivants. L’évènement est la première manifestation publique de Steven Guilbeault, qui en parle comme les origines de son militantisme écologique[3]. Il s’agit de la première - et certainement pas de la dernière – fois qu’il saura tenir tête pour ses idées.

Après des études collégiales en informatique qui l’intéressent peu, il s’inscrit tout d’abord en relations industrielles à l’Université de Montréal en 1989, puis migre l’année suivante en sciences politiques. Attiré par les relations internationales et l’étude des systèmes politiques, il s’intéresse également à la religion. Cela le pousse à effectuer une mineure en théologie, où il aborde les questions de morale internationale, de théologie de la libération, de pauvreté et d’environnement.

Le militantisme et l’engagement citoyen de Steven Guilbeault se cristallisent durant ses études universitaires. Il devient président de l’association étudiante de sa faculté et participe aussi aux activités d’Equitas (alors appelé Fondation canadienne des droits de la personne). Il participe également aux activités de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Il fait la rencontre de François Rebello et de Nicolas Girard, qui deviendront des hommes politiques. Il se joint au Groupe de recherche en intérêt public (GRIP) issu du mouvement contestataire piloté par Ralph Nader, célèbre écologiste américain. Il y fait aussi la connaissance de Laure Waridel, de Sidney Ribaux et de François Meloche, avec qui il fondera l’organisme Équiterre [1] quelques années plus tard.

Fondation canadienne des droits de la personne[modifier | modifier le code]

Alors qu’il poursuit ses études, il travaillera pendant deux ans (1992-1993) pour la Fondation canadienne des droits de la personne, organisation vouée à l’éducation et la formation des enjeux entourant les droits de la personne ici et ailleurs.

Équiterre[modifier | modifier le code]

C'est à la suite du Sommet de la Terre de Rio de Janiero en 1993, auquel François Meloche a participé, que l’idée de créer une organisation citoyenne est née parmi son groupe d’amis. Steven Guilbeault, Laure Waridel, Elizabeth Hunter, Patrick Henn, François Meloche et Sidney Ribaux fondent en 1993 l’Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement (ASEED), qui obtient le statut d’organisme à but non lucratif en 1995 et prend officiellement le nom d’Équiterre en 1998[4]. Leur but est de proposer des solutions concrètes pour faire du Québec une société où le développement durable et l’économie sociale sont au cœur des actions et des préoccupations des citoyens, des organisations et des gouvernements. Steven Guilbeault fait partie du conseil d’administration d’Équiterre durant plusieurs années.

Greenpeace[modifier | modifier le code]

En 1997, Steven Guilbeault se joint à Greenpeace Canada en tant que responsable du dossier des changements climatiques. Il est nommé responsable de la campagne « Climat et énergie », puis directeur du bureau de Greenpeace au Québec en 2000. Il coordonnera aussi la campagne climat pour Greenpeace International en 2005.

Il réalisera quatre coups d’éclats pour Greenpeace. Son action la plus connue consiste en l’ascension de la tour du CN à Toronto en 2001 en compagnie du militant anglais Chris Holden. À l’époque, il s’agissait de la plus haute tour au monde. Après avoir gravi 340 m, ils y ont déroulé la banderole « Canada and Bush Climate Killers ». L’action visait à attirer l’attention de la planète une semaine avant la sixième conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, où serait joué le sort du protocole de Kyoto[5].

Homme de terrain, il a aussi participé en 2005 à une expédition au Groenland, où il a pu constater l'important retrait des glaciers. En 2006, affirmant que le plan de lutte contre les gaz à effet de serre du gouvernement du Québec était excellent, il propose au gouvernement d'effectuer une tournée pancanadienne en compagnie de l'écologiste David Suzuki afin d'en faire la promotion et de contrer les « mensonges » et « demi-vérités du gouvernement Harper sur la question du Protocole de Kyoto et des changements climatiques » [6].

Selon le journaliste Éric Moreault, il fait partie « sur la planète, du cercle restreint de ceux dont l'opinion compte sur les changements climatiques» [1].

Steven Guilbeaut reste porte-parole de Greenpeace au Québec jusqu'au 8 juin 2007, date à laquelle il annonce sa démission. En 2007, il revient chez Équiterre, organisme qu’il a cofondé 15 ans plus tôt, afin de travailler sur la question des changements climatiques. Il y travaille depuis en tant que directeur principal et porte-parole.

Steven Guilbeault a assisté à la grande majorité des conférences climatiques internationales.

Autres activités écologistes[modifier | modifier le code]

Apprécié et reconnu pour ses talents de vulgarisateur, Steven Guilbeault donne régulièrement des conférences au Québec et au Canada. Il est aussi très présent dans les médias, étant sollicité pratiquement toutes les semaines pour partager son opinion sur divers enjeux en environnement. Il a notamment été chroniqueur pour Radio-Canada, La Presse et le magazine Corporate Knights, et a aussi tenu une chronique dans le journal Métro pendant près de 10 ans. Au début de l’année 2017, son compte Twitter comptait près de 18 000 abonnés et sa page Facebook plus de 13 000.

Steven Guilbeault a été consultant senior pour Deloitte et Touche, ainsi que coprésident du Réseau Action Climat international pendant 5 ans.

Il a également présidé le Comité sur le développement durable de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain de 2007 à 2010.

Mandats gouvernementaux[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2009, il a siégé sur le Conseil d'administration de l'Agence de l'efficacité énergétique et a présidé le comité sur les énergies renouvelables émergentes de 2009 à 2011 pour le compte du gouvernement du Québec.

Il a fait partie du comité aviseur (ou comité conseil selon les gouvernements) sur les changements climatiques sous trois gouvernements du Québec successifs, soit ceux de Jean Charest (Libéral), de Pauline Marois (Parti Québécois) et coprésidera celui mis sur pied par le gouvernement de Philippe Couillard (Libéral) à partir de 2014.

« Steven Guilbeault est parmi les rares personnalités du monde environnemental avec qui il est important de rester en contact et dont il faut prévoir les réactions, parce qu’on sait que son opinion va compter », s’exprimait à son égard Stéphane Dion, ancien ministre fédéral de l’Environnement et des changements climatiques (2004-2006), des Affaires intergouvernementales (1995-2003) et des Affaires étrangères (2015-2017). Selon Kalee Kreider, anciennement chez Greenpeace et directrice des communications d’Al Gore, Steven Guilbeault « (…) a gagné le respect à la fois des gouvernements, des ONG et de l’industrie ».

En 2015, le magazine L’Actualité l’a nommé l’une des 25 personnes les plus influentes au Québec[7]. Dans la section de l'article sur ce « pape vert » du Québec, on y mentionne que le cabinet du premier ministre parle de lui comme « l’environnementaliste le plus crédible, calme et aimé des Québécois. On doit être attentif à ce qu’il dit. » [8]

Steven Guilbeault a été courtisé par de nombreux partis politiques. Il reconnaît l’importance du travail politique et ne ferme pas la porte à une implication au niveau municipal, provincial ou fédéral, peut-être plus tard dans sa carrière[9].

Loisirs, intérêts et personnalité[modifier | modifier le code]

Son amour de la nature s’exprime notamment par la pratique de sports de plein air. Messager à vélo pendant ses études, il se déplace sur deux roues été comme hiver, et ce depuis 1989. Sportif invétéré, il a pratiqué le ski alpin et différents sports collectifs de manière compétitive durant sa jeunesse. Il effectue aujourd’hui des courses à obstacles et des marathons. Il est aussi adepte de science-fiction.

Sur son choix de carrière, il s’exprime ainsi : « Je me vois difficilement faire autre chose, ce n'est pas un travail, c'est une façon d'être, de vivre »[3]

On le décrit souvent comme un personne modeste, calme et empreinte d’une grande sagesse.

Il est l’heureux père de quatre enfants. 

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Steven Guilbeault est élu militant de l’année par le magazine Ici en 2008.

En 2009, il est nommé membre du prestigieux Cercle des Phénix de l’environnement du Québec[10], en plus d’être identifié comme l’un des 50 acteurs mondiaux du développement durable par le magazine français Le Monde[2]. Il est également admis membre honoraire de la Société géographique royale du Canada[11]

Il est reconnu comme l’un des 35 influenceurs pour les 35 ans par la Fondation Marie-Vincent en 2010 et comme l’un des leaders des Amériques [12] par le magazine américain Americas Quaterly.

En 2012, l’Université de Montréal lui remet la Médaille de l’Université pour son parcours professionnel exceptionnel[13]. Il s’agit d’une distinction rare accordée notamment à Christopher Reeves et Oliver Jones[14].

En 2014, il reçoit le prix Blanche-Lemco-Van-Ginkel de l’Ordre des urbanistes du Québec pour sa contribution significative au développement de l’urbanisme au Québec[15].

Finalement, il reçoit le prestigieux prix Impératif français 2016[16]. Ce prix est remis annuellement pour souligner une contribution exceptionnelle à la vitalité de la langue et de la culture d’expression française.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Steven Guilbeault, Alerte! : Le Québec à l'heure des changements climatiques, Montréal, (Québec), Canada, Éditions du Boréal, , 248 p. (ISBN 978-2-7646-0696-4)
  • Steven Guilbeault et François Tanguay, Le prochain virage, Montréal, (Québec), Canada, Éditions Druide, , 304 p. (ISBN 978-2-89711-099-4, 978-2-89711-100-7 et 978-2-89711-101-4)
  • Guilbeault, Steven et Jean-Guy Vaillancourt, « Changements climatiques, protocole de Kyoto et le rôle des organisations non gouvernementales dans le cadre de ces grandes questions internationales », dans Gendron Corinne et Jean-Guy Vaillancourt, Développement durable et participation démocratique : De la contestation écologiste aux défis de la gouvernance, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2003.
  • Guilbeault, Steven et Jean-Guy Vaillancourt, « Protocole de Kyoto : économie, politique et efficacité environnementale », dans Actes de colloque Sociologie, économie et environnement, ACFAS, Québec, mai 2002, p. 223-239.
  • Regroupement montréalais pour la qualité de l’air, « Pollution atmosphérique et impacts sur la santé et l’environnement dans la grande région de Montréal », Chapitre 3 : « Les effets néfastes de la pollution atmosphérique d’origine anthropique sur l’environnement de la grande région de Montréal », p. 155-173, Éditeur Direction régionale de la santé publique, Montréal, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Moreault, Éric, Au service de la cause, journal Le Soleil (Québec), 3 mars 2007, p. 29.
  2. a et b « Steven Guilbeault | equiterre.org - Pour des choix écologiques, équitables et solidaires », sur equiterre.org (consulté le 7 juin 2017)
  3. a et b ICI Radio-Canada Première - Radio-Canada.ca, « Steven Guilbeault : l'écologie, sa religion | Les grands entretiens », Les grands entretiens | ICI Radio-Canada Première, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  4. « 20 ans... déjà! | equiterre.org - Pour des choix écologiques, équitables et solidaires », sur equiterre.org (consulté le 7 juin 2017)
  5. « Escalade spectaculaire de la tour du CN : Canada et Bush - assassins du climat », Greenpeace Canada, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  6. Presse Canadienne, Steven Guilbeault veut sensibiliser les gens aux mensonges du fédéral, 3 juillet 2006, Consulté sur Matinternet le 18 mars 2007
  7. <a href=\, « Le palmarès du pouvoir : les 25 qui dirigent le Québec », L’actualité, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  8. <a href=\, « Le palmarès du pouvoir : les 25 qui dirigent le Québec », L’actualité, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  9. « Steven Guilbeault: «Devenir maire de Montréal? Je me suis posé la question» », Métro, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  10. « Les Phénix de l'environnement », sur Phénix de l'environnement (consulté le 7 juin 2017)
  11. « Sidney Ribaux et Steven Guilbeault d’Équiterre admis au Collège des fellows de la Société géographique royale du Canada | equiterre.org - Pour des choix écologiques, équitables et solidaires », sur equiterre.org (consulté le 7 juin 2017)
  12. « Voices from the New Generation | Americas Quarterly », sur www.americasquarterly.org (consulté le 7 juin 2017)
  13. « Steven Guilbeault, l'éminence verte! », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  14. « Steven Guilbeault honoré par l’Université de Montréal | equiterre.org - Pour des choix écologiques, équitables et solidaires », sur equiterre.org (consulté le 7 juin 2017)
  15. Super Utilisateur, « Prix "Blanche Lemco van Ginkel" », OUQ - L'Ordre des urbanistes du Québec, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  16. « Impératif français | Prix Impératif français 2015-2016 », Impératif français, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]