Pierre Poilievre

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Pierre Poilievre
Illustration.
Pierre Poilievre en 2022.
Fonctions
Chef de l'opposition officielle
En fonction depuis le
(4 mois et 27 jours)
Monarque Charles III
Premier ministre Justin Trudeau
Législature 44e
Prédécesseur Candice Bergen
Chef du Parti conservateur du Canada
En fonction depuis le
(4 mois et 27 jours)
Élection 10 septembre 2022
Prédécesseur Candice Bergen
Député à la Chambre des communes
En fonction depuis le
(18 ans, 7 mois et 9 jours)
Élection 28 juin 2004
Réélection 23 janvier 2006
14 octobre 2008
2 mai 2011
19 octobre 2015
21 octobre 2019
20 septembre 2021
Circonscription Carleton (depuis 2015)
Nepean—Carleton (2004-2015)
Législature 38e, 39e, 40e, 41e, 42e, 43e et 44e
Prédécesseur David Pratt
Ministre fédéral des Ressources humaines et du Développement social

(8 mois et 26 jours)
Premier ministre Stephen Harper
Gouvernement 28e conseil des ministres
Prédécesseur Jason Kenney
Successeur Jean-Yves Duclos
Ministre d'État des Institutions démocratiques

(2 ans, 3 mois et 20 jours)
Premier ministre Stephen Harper
Gouvernement 28e conseil des ministres
Prédécesseur Tim Uppal
Successeur Maryam Monsef
Biographie
Nom de naissance Pierre Marcel Poilievre
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Calgary, Alberta, Canada
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti conservateur du Canada
Diplômé de Université de Calgary
Profession Expert-conseil en communications
Homme d'affaires

Pierre Marcel Poilievre, né le à Calgary (Alberta), est un expert-conseil en communications, homme d'affaires et homme politique canadien. Il est actuellement chef du Parti conservateur du Canada et chef de l'opposition officielle depuis le . Il est aussi député à la Chambre des communes de la circonscription ontarienne de Carleton depuis 2015.

Auparavant, il occupe les fonctions de député pour la circonscription de Nepean—Carleton de 2004 à 2015, ministre d'État des Institutions démocratiques de 2013 à 2015 et ministre des Ressources humaines et du Développement social en 2015 dans le cabinet de Stephen Harper.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Adopté dans une famille franco-saskatchewanaise, il étudie en relations internationales à l'Université de Calgary et participe aux forums de débat du campus pendant ses études.

Avant de se lancer en politique, il est copropriétaire et opérateur de 3D Contact Inc., une firme de sondage et de consultants, l'autre partenaire étant Jonathan Denis, avocat à Calgary. Il travaille également pour Magna International, se concentrant sur les communications et fait du travail de relations publiques à Toronto. Avant son élection en tant que parlementaire, il travaille comme assistant pour les députés Stockwell Day et Jason Kenney de l'Alliance canadienne. En 1999, il contribue à un essai sur les politiques publiques pour le livre At Stake, une collection d'essais du programme As Prime Minister Awards de Magna International.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Il remporte la nomination du Parti conservateur dans la circonscription de Nepean—Carleton pour les élections fédérales de 2004, à l'âge de 25 ans, après que le député provincial ontarien John Baird décide de ne pas se présenter. Dans une course très observée, Poilievre défait le ministre David Pratt, candidat à sa réélection pour le Parti libéral du Canada, par près de 4 000 voix, soit 5,5 % du total des suffrages. Les libéraux sont réduits à un gouvernement minoritaire lors des élections.

Lors des élections fédérales de 2006, il est réélu avec 55 % des voix, défaisant le candidat libéral par plus de 19 000 voix. Les conservateurs peuvent former un gouvernement minoritaire à l'échelle nationale. Le , il est nommé secrétaire parlementaire de l'honorable John Baird, le président du Conseil du Trésor. Réélu en 2008 avec 55,8 % des voix et en 2011 avec 55,4 % des voix, il se présente dans la nouvellement rétablie circonscription de Carleton en 2015, à la suite de l'abolition de Nepean—Carleton. Il est réélu avec 46,8 % des voix.

Nommé ministre d'État des Institutions démocratiques le par le premier ministre Harper, il devient ministre des Ressources humaines et du Développement social le en remplacement de Jason Kenney. Poilievre quitte ses fonctions le , lors de l'entrée en fonction du cabinet de Justin Trudeau.

Course au leadership du Parti conservateur[modifier | modifier le code]

L'un des co-présidents de la campagne de Pierre Poilievre est John Baird, un ancien ministre du gouvernement Harper que Pierre Poilievre considère comme l'un de ses mentors. Une controverse sur le choix de Baird éclate lorsque Poilievre déclare "qu’aucun membre d’un gouvernement Poilievre ne participerait au Forum économique mondial à Davos"[1] alors que John Baird aurait assisté à quatre reprises à ce forum lorsqu'il était ministre dans le gouvernement de Stephen Harper[2].

Une autre controverse sur le choix de Leo Housakos à titre de co-président de la campagne de Pierre Poilievre fait surface durant la course au leadership du Parti conservateur. Le nom de Housakos est mentionné à maintes reprises durant la Commission Charbonneau et plusieurs allégations qui n'ont jamais pu être prouvées le lient à des activités de financement douteuses durant les années où Leo Housakos était impliqué avec l'Action démocratique du Québec et avec Union Montréal, le parti de l'ancien maire de Montréal, Gérald Tremblay[3]. Leo Housakos a également décidé de rembourser 6 710 $ en dépenses considérées comme illégitimes par le vérificateur général du Canada[4].

Le , Pierre Poilievre, l'un des aspirants chefs du Parti conservateur du Canada, annonce qu'il refuse de participer à un troisième débat dans la course à la chefferie alors que la très grande majorité (64 %) des membres du parti qui ont participé à un sondage souhaitait la tenue d'un tel débat. Poilievre et Leslyn Lewis ont tous deux refusé de participer,[5] s'exposant ainsi à une amende de 50 000 $ imposée par le parti;[6] cette amende étant financée par les fonds (plus de 4 millions de dollars canadiens) qu'il a récoltés auprès de ses partisans.[réf. nécessaire]

Il est largement élu à la tête du parti, obtenant 68,15 % des voix sur 400 000 votants, loin devant son principal concurrent, l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest (16,07 %)[7]. Cependant, selon un sondage Abacus tenu en , 34 % des répondants au Canada ont une impression négative et 29 % une impression positive de Poilievre (37 % sont indécis)[8].

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Pierre Poilievre est proche de la droite libertarienne[9]. Hélène Jouan de Le Monde décrit Poilievre comme appartenant à la frange la plus radicale du Parti conservateur[10]. Son soutien au Convoi de la liberté et au mouvement de lutte contre les mesures sanitaires lui a permis de gagner fortement en popularité, alors qu'Erin O'Toole, le chef du parti, s'était montré des plus tièdes dans son soutien aux camionneurs[10]. Il lui a été reproché de flirter avec des théories complotistes et leurs auteurs[9].

Lui-même se présente comme candidat « antiwoke »[9]. Il est cependant pro-choix concernant l'avortement et soutient la reconnaissance du mariage homosexuel, bien qu'il se soit opposé à sa légalisation en 2005[11],[12].

En 2021, Poilievre soutient que les déficits, la création monétaire, les taux d'intérêt très bas et la taxe sur le charbon sont les principales raisons qui expliquent l'inflation[13]. Il plaide pour la normalisation des cryptomonnaies comme moyen de sortir de l'inflation[14],[15]. Critique féroce de la Banque du Canada, il promet, s’il devient premier ministre, de lui retirer notamment son pouvoir d’imprimer les dollars canadiens[9]. Il souhaite couper le financement de la plupart des médias publics, ce qui conduirait à leur disparition ou à leur privatisation.

Il est pro-pétrole, déclarant vouloir augmenter la production canadienne en développant les moyens de transport du pétrole d’un bout à l’autre du pays, et abolir la taxe carbone, censée réduire l’impact sur l'environnement[9]. Il souhaite aussi relancer GNL Québec, le projet ayant été suspendu en 2021 suite à un rapport très critique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)[16]. Il prévoit de lutter contre le réchauffement climatique avec des technologies vertes. Ces technologies incluent le séquestration géologique du dioxyde de carbone et les voiture électriques[17],[18].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc-André Leclerc, « Pierre Poilievre est son principal adversaire », sur Le Journal de Québec (consulté le )
  2. (en-CA) Campbell Clark, « The WEF conspiracy theory is in the Conservative leadership race, and Canada’s main streets », The Globe and Mail,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) « Conservative Senator Leo Housakos denies involvement in questionable fundraising »
  4. Hélène Buzzetti, « Housakos et Cowan rembourseront », sur Le Devoir, (consulté le )
  5. « Un troisième débat, un grand absent », sur La Presse,
  6. « Campagne à la direction conservatrice | Pierre Poilievre déclare forfait pour le troisième débat », sur La Presse, (consulté le )
  7. « Au Canada, le populiste Pierre Poilievre nouveau chef du parti conservateur », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  8. Marie Vastel, « Pierre Poilievre sera-t-il son pire ennemi? », sur Le Devoir,
  9. a b c d et e « Canada : qui est Pierre Poilievre, le nouveau chef du Parti conservateur ? », sur TV5MONDE,
  10. a et b « Pierre Poilievre, un ultra à la tête du Parti conservateur du Canada », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  11. « Débat des aspirants-chefs conservateurs: Charest attaque Poilievre sur l'avortement », Le Soleil,‎ (lire en ligne) :

    « Des membres de l’audience ont aussitôt hué M. Charest. Un peu plus tôt, M. Poilievre avait dit qu’un gouvernement dont il serait à la tête «ne présenterait pas ou n’appuierait pas une législation restreignant l’avortement». Ce n’est que bien plus tard dans le débat que le favori dans la course à la succession d’Erin O’Toole a affirmé qu’il était pro-choix. »

  12. « «Le mariage gai est un succès», dit Pierre Poilievre », La Presse,‎ (lire en ligne) :

    « «Je suis favorable aux mariages gais. Point final. J’ai voté contre il y a 15 ans. Mais j’ai beaucoup appris, comme des millions et des millions de gens partout au Canada et à travers le monde. Je constate que le mariage gai est un succès. L’institution du mariage doit être ouverte à tous les citoyens, peu importe leur orientation sexuelle », affirme d’emblée le volubile député dans une entrevue à La Presse. Et sur l’avortement, il déclare qu’un éventuel gouvernement conservateur qu’il dirigerait ne présenterait jamais un projet de loi sur cet enjeu. Mais il irait plus loin en s’assurant qu’aucun projet de moi, même privé, ne soit adopté non plus.» »

  13. Aaron Wherry, « L'argument de l'inflation des conservateurs est erroné — mais il pourrait encore fonctionner », CBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Au Canada, le populiste qui veut remplacer le dollar par le bitcoin », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  15. Qmi Agence, « Cryptomonnaie: Poilievre détient des actifs tout en faisant sa promotion », sur Le Journal de Montréal (consulté le )
  16. Élizabeth Ménard, « Voici pourquoi les promesses environnementales de Pierre Poilievre ne tiennent pas la route », sur 24 heures,
  17. (en) Valdes-Carletti Mariam, « Pierre Poilievre promises to scrap carbon tax at Saskatoon campaign stop », sur CTV News (consulté le ) : « Carbon capture and storage, putting the carbon right back under the ground where it came from [Capture et stockage du carbone, en remettant le carbone sous le sol d'où il vient] »
  18. (en) Zinchuck Brian, « Pierre Poilievre is the new Conservative Party of Canada Leader. His acceptance speech said a lot about energy », sur Pipeline Online : « We will greenlight mining and manufacturing of minerals like lithium, cobalt and copper to make our electric cars and batteries [Nous donnerons le feu vert à l'extraction et à la fabrication de minéraux comme le lithium, le cobalt et le cuivre pour fabriquer nos voitures électriques et nos batteries] »
  19. Élections Canada, « Résultats Élection fédérale canadienne de 2021 », sur https://enr.elections.ca/ElectoralDistricts.aspx?lang=f (consulté le )
  20. Élections Canada, « Résultats Élection fédérale canadienne de 2019 », sur https://enr.elections.ca/ElectoralDistricts.aspx?lang=f (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]