Parti communiste du Canada

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Parti communiste du Canada
(en) Communist Party of Canada
Image illustrative de l'article Parti communiste du Canada
Logo officiel
Présentation
Secrétaire national Miguel Figueroa
Fondation 28 Mai 1921
Siège 290A Danforth Ave.
Toronto, Ontario
Drapeau du Canada Canada
Niveau de gouvernement Fédéral
Aile jeunesse Ligue des jeunes communistes du Canada
Idéologie Communisme, Socialisme
Affiliation internationale Conférence internationale des partis communistes et ouvriers
Couleurs Rouge et jaune
Site web http://www.communist-party.ca
Représentation
Députés
0 / 308
Sénateurs
0 / 105

Le Parti communiste du Canada (en anglais : Communist Party of Canada) est une organisation et un parti politique fédéral communiste du Canada. Deuxième plus ancien parti politique fédéral canadien toujours inscrit, le parti communiste est sans représentation au Parlement depuis 1946. Il fut déclaré illégal par le Gouvernement du Canada en 1921, 1932 et 1940 ; il fut connu comme le Parti ouvrier progressiste de 1940 à 1959.

Principes fondamentaux et positions politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Communisme.
Karl Marx, sociologue et philosophe à l'origine du Matérialisme historique

Les principes et positions politiques du parti sont basés sur le socialisme (communisme) principalement tel que défini par les théories de Karl Marx et Vladimir Lenin; c'est-à-dire le pouvoir aux travailleurs et l’avènement du socialisme au Canada et dans le monde et la mise en commun des moyens de production et d'échange[1]. Le parti est également anticapitaliste, altermondialiste, pro-démocratie et reconnaît les « défaillances sérieuses » des états communistes du passé[1].

Anticapitalisme[modifier | modifier le code]

Le Parti Communiste du Canada adopte une position anticapitaliste dans l'optique de la lutte des classes qu'il désigne comme le conflit fondamental entre le capital et le travail. Le parti dénonce la propriété privée des moyens de production, des banques, des ressources naturelles et l'exploitation des travailleurs salariés en mettant l'emphase sur la classe ouvrière et ses alliés: les chômeurs, les travailleurs indépendants et les familles[2].

Le parti considère le Canada comme un pays capitaliste monopoliste d'État, c'est-à-dire un état instrumentalisé par la classe capitaliste, et impérialiste dans la mesure où le pays est membre de l'OTAN et participe, via ses multinationales à l'exploitation des travailleurs d’autres pays[2].

Le parti insiste également que le capitalisme génère, par sa nature, des crises économiques et que le keynésianisme et sa doctrine opposée, le néolibéralisme, sont inefficace et, dans le cas du néolibéralisme, constitue une attaque envers les droits humains et sociaux. Il considère également que la technologie combinée à la propriété intellectuelle ne permet pas, en soi, d'émanciper la classe ouvrière ; elle accélère l'accumulation du capital, crée le chômage et la précarité.

Protection de l’environnement[modifier | modifier le code]

Pour les communistes, la dégradation de l'environnement et l'épuisement des ressources naturelles des conditions du capitalisme. Les catastrophes environnementales, le réchauffement de la planète et la diminution de la diversité biologique participent à l'accroissement des disparités et à la détérioration des conditions de vie partout sur la planète[2]. La propriété intellectuelle de la vie, comme dans le cas des organisme génétiquement modifiée en agriculture, participe à la création de monopoles alimentaires[2].

Sur l'égalité entre les hommes et les femmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Féminisme.

Sur le Québec[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts et formation (1921-1929)[modifier | modifier le code]

Le 28 et 29 mai 1921, une délégation du Comintern rencontre un groupe de marxiste canadiens dans la grange du 257 rue Metcalfe[3], à Guelph en Ontario pour créer le Communist Party of Canada[A 1]. La plupart de ces premiers membres, principalement des syndicalistes et des militants contre la guerre proviennent de groupes tel que le Parti socialiste du Canada, la One Big Union, le Parti ouvrier socialiste d'Amérique, la Industrial Workers of the World et autres groupes, organisations et partis socialistes, marxistes et travaillistes. Ces premiers membres sont influencés par la révolution d'octobre en Russie et sont radicalisés par les conséquences de la Première Guerre mondiale et la lutte pour améliorer les conditions de travail et de vie. Le Comintern en Russie accepte la création du parti le 28 décembre 1921; le parti adopte la structure dicté par la Troisième Internationale communiste[A 2].

La légalité du parti est à plusieurs reprises mise en doute par les autorités pendant les années 1920 et 1930. La Loi des mesures de guerre en vigueur au moment de sa création le contraint le parti à se présenter comme le Workers' Party of Canada en février 1922[4] puis commencer en mars la publication de son journal The Worker. Avec le retrait de la loi des mesures de guerre en 1924, le parti changea son nom officiellement pour le Parti communiste du Canada[5].

L'une des premières actions entreprises par le parti fut la création d'une aile jeunesse, Ligue de la jeunesse communiste du Canada, puis d'établir un soutien à l'Union soviétique naissante. Dès 1923, le parti amasse plus de 64 000 dollars pour la Croix-Rouge russe[réf. souhaitée]. Le parti communiste du Canada est aussi à l'origine de la branche canadienne de la Ligue d'éducation syndicale dans des camps de bûcherons et dans les mines. En 1925, le parti compte 4500 membres[6]; principalement des bûcherons, des mineurs et des travailleurs agricoles, ferroviaires et du textile. La plupart, immigrants récents, proviennent d'Ukraine et de Finlande.

De 1927 à 1929, le parti tient une série de révision de ses politiques, de débats et de divisions idéologiques internes qui entraînent l'expulsion des militant trotskiste et des membres qui appuyait l'idée d'un exceptionnalisme nord-américain. Deux sympathisant trotskiste, Maurice Spector, président du parti, et Jack MacDonald, secrétaire général du Parti, sont expulsés respectivement en 1928 et 1930[7]; ils seront parmi les membres fondateur de l'Opposition internationale de gauche (trotskiste) du Canada. Le parti expulsa également William Moriarty pour son soutient à l'Opposition communiste internationale sympathique à Jay Lovestone et. Ces militants était en désaccord sur les positions stratégiques, tactiques et socialistes de l'Union Soviétique et de la situation du Canada à titre de puissance impérialiste[8]. Même si certain communistes, comme J. B. Salsberg, on initialement exprimés leur appui à ces postions, après plusieurs débats qui ont dominés les convention du parti, au début des années 1930, une large majorité des membres sont restés membres du parti.

En juin 1929, Tim Buck est élu secrétaire-général du Parti. Il conservera cette position jusqu'en 1962.

Grande Dépression (1930-1935)[modifier | modifier le code]

Le krach boursier d'octobre 1929 marque le commencement d'une crise économique prolongée au Canada et à l'internationale. Cette crise mène rapidement au chômage, à la pauvreté, au dénuement et à la souffrance des familles ouvrières et agricoles. L'élection fédérale canadienne de 1930 amène les conservateurs de Richard Bedford Bennett, adents critiques du mouvement travailliste et instigateur des « camps d'aide aux sans-emploi » pour les jeunes hommes.

Dès les années 1930 le parti communiste du Canada appelle à la création de l'assurance emploi, l'assurance maladie universelle, la gratuité scolaire, l'aide sociale et l'aide à l'emploi pour les jeunes, des législations de santé et sécurité au travail, des législations pour les heures de travail et les congés, un salaire minimum pour les femmes et les enfants et un prix de base et une assurance-récolte gouvernementale pour les fermiers.

À partir du 8 août 1931, huit dirigeants du parti communiste du Canada sont emprisonnés sous la section 98 du code criminel du Canada[A 3]. Le parti survécu, comme organisation secrète, mais fut sous la menace constante d'harcèlement judiciaire. En 1934, une importante mobilisation contre la répression policière parvient à faire libérer les dirigeant communistes. À l'occasion de la libération de Tim Buck, le parti tient une grande assemblée au Maple Leaf Gardens ou s'entassent 17000 partisans et sympathisants; faute de place 8000 personnes sont refoulés à l'extérieur[9].

Même si le parti est interdit, il parvient à organiser la Ligue d'unité ouvrière et la Ligue de défense ouvrière qui jouent un rôle clef dans la grève des mineurs à Estevan en Saskatchewan. De 1933 à 1936, la Ligue d'unité ouvrière mène 90 pourcent des grèves au Canada. En 1934, le parti adopte la stratégie du Comintern du front uni contre le fascisme.

Dans les Prairies, les communistes organisent un regroupement d'une centaine d'agriculteurs mobilisé contre les évictions qui entament des « marches de la faim » malgré la brutalité policière. Les membres du parti lutte pour la syndicalisation au sein du Congrès des organisations industrielles de l'industrie de l'automobile, la métallurgie, du Syndicat canadien des marins, de l'Union internationale des travailleurs de mines, bocards et fonderies, du Syndicat international des travailleurs du bois d'Amérique et des Travailleurs unis de l'électricité, de la radio et de la machinerie.


Résultats[modifier | modifier le code]

Élections # de candidats # de voix % des voix # d'élus
1930 6 4 557 0,12 % 0
1935 12 20 140 0,46 % 0
1940 8 8 699 0,19 % 0
1945 68 111 892 2,13 % 1
1949 17 32 623 0,56 % 0
1953 100 59 622 1,06 % 0
1957 10 7 760 0,12 % 0
1958 18 9 769 0,13 % 0
1962 12 6 360 0,08 % 0
1963 12 4 234 0,05 % 0
1963 12 4 234 0,05 % 0
1965 12 4 285 0,06 % 0
1968 14 4 465 0,05 % 0
1968 14 4 465 0,05 % 0
1974 69 12 100 0,13 % 0
1979 71 9 141 0,08 % 0
1980 52 6 022 0,06 % 0
1984 51 7 479 0,06 % 0
1988 51 7 066 0,05 % 0
1988 51 7 066 0,05 % 0
2000 52 8 776 0,07 % 0
2004 35 4 568 0,03 % 0
2006 21 3 022 0,02 % 0
2008 24 3 572 0,03 % 0
2011 20 2 925 0,02 % 0

Secrétaires généraux du CPC[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (en) J. L. Black, Canada in the Soviet mirror ideology and perception in Soviet foreign affairs, 1917-1991, Ottawa, Carleton University Press
  1. p. 30
  2. p. 352
  3. p. 94

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Chapter 1: OUR AIM IS SOCIALISM », sur Communist-party.ca
  2. a, b, c et d « Chapter 2: CAPITALISM IN CANADA », sur Communist-party.ca
  3. (en) « Guelph cultural mapping project - Founding of The Communist Party of Canada », sur Culturemap.guelph.ca
  4. « Encyclopédie canadienne - Parti communiste du Canada », sur Encyclopediecanadienne.ca
  5. (en) Tim Buck, Canada and the Russian Revolution — The impact of the world's first socialist revolution on labor and politics in Canada. Progress Books, 487 Adelaide W., Toronto 2B. p. 93
  6. (en)Worley, Matthew. In search of revolution international communist parties in the third period. London New York: I.B. Tauris, 2004. p. 221
  7. Busky, Donald F. Communism in history and theory. Westport, Conn: Praeger, 2002. p. 150
  8. Tim Buck, Thirty Years 1922—1952: The Story of the Communist Movement in Canada, Toronto: Progress Books, 1952
  9. Khouri, Malek. Filming politics : communism and the portrayal of the working class at the National Film Board of Canada, 1939-46. Calgary, Alberta, Canada: University of Calgary Press, 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]