Bloc québécois

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Bloc québécois
Image illustrative de l'article Bloc québécois
Logo officiel
Présentation
Chef Rhéal Fortin (par intérim)
Fondation
Siège 3750, boul. Crémazie Est
Montréal QC H2A 1B6
Niveau Fédéral
Personnalités marquantes Lucien Bouchard
Gilles Duceppe
Président Mario Beaulieu
Vice-présidente Kédina Fleury-Samson
Idéologie Nationalisme québécois
Indépendantisme
Social-démocratie
Couleurs Bleu
Site web http://www.blocquebecois.org
Représentation
Chambre des communes
10 / 338
Sénat
0 / 105

Le Bloc québécois est un parti politique fédéral du Canada fondé en 1991. Il s'agit du seul parti représentant les indépendantistes du Québec sur la scène politique fédérale. Parti indépendantiste et social-démocrate, il est implanté exclusivement au Québec et s'est donné pour mission de mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de la souveraineté du Québec. Ainsi, il souhaite défendre les intérêts des Québécois au parlement canadien tout en faisant la promotion de l'indépendance.

Le Bloc québécois travaille en étroite collaboration avec le Parti québécois, également souverainiste. Les membres et sympathisants du Bloc québécois sont habituellement appelés « bloquistes ».

En raison de la nature du parti politique, les candidats du Bloc québécois se présentent uniquement dans les circonscriptions fédérales québécoises, car son objectif premier est de faire la promotion de l'indépendance du Québec. Le Bloc est le seul parti politique fédéral représenté à la Chambre des communes du Canada à être actif dans une seule province. Il est aussi le seul des partis politiques qui ne peut mathématiquement pas former un gouvernement, ni ne souhaite y parvenir.

Au cours des six élections fédérales de 1993 à 2011, le Bloc québécois a toujours remporté la majorité des 75 sièges impartis au Québec. Toutefois, aux élections de 2011, il obtient seulement quatre sièges. À la suite de cette élection, le Bloc québécois perd son statut de parti officiel à la Chambre des communes, qui lui garantissait un budget de recherche et un droit de parole minimal[1].

Le parti réussi malgré tous les obstacles à redorer son blason aux élections fédérales de 2015 en faisant élire cette fois 10 députés dans un contexte où Gilles Duceppe effectuait alors un retour en force en politique[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Précurseurs[modifier | modifier le code]

L'idée d'un parti nationaliste québécois avec des candidats se présentant aux élections de la Chambre des communes a débuté bien avant la création du Bloc québécois. Le terme Bloc québécois est apparu dès 1926 dans le magazine L'Action française (qui devint l'Action nationale en 1933), dans lequel un article demandait un parti de Québécois pour défendre les intérêts des Québécois à Ottawa.

De mars à mai 1941, le magazine L'Action nationale a renouvelé sa demande pour un parti de ce genre, spécialement pour s'opposer à la conscription de 1944. En , le Bloc populaire canadien a été créé avec ces objectifs très précis.

En septembre 1971, il y a une demande similaire dans L'Action nationale, cette fois pour s'opposer au fédéralisme du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Un an après la Crise d'Octobre, il y a eu un désir d'exprimer la frustration à travers des voies démocratiques : « Le temps est venu de jouer dur ; et il faut que cela puisse avoir lieu sur le plan parlementaire pour éviter les autres formes de violence… »[citation nécessaire].

Le Ralliement créditiste, dirigé par Réal Caouette, était l'aile québécoise du Parti Crédit social du Canada. Elle s'était toutefois séparé du reste du parti et avait remporté de grands succès dans les régions rurales durant les années 1960. Les créditistes québécois ont éclipsé le reste du Parti Crédit social du Canada ; même après la refusion du parti avec son aile québécoise en 1971, il ne parvient pas à faire élire de députés dans le reste du Canada. Même si le parti était considéré comme étant plutôt de droite et conservateur, contrairement à l'approche social-démocrate du Bloc québécois, et même si Réal Caouette était résolument fédéraliste contrairement au Bloc, le parti a été le principal véhicule d'expression du mécontentement et du nationalisme des Québécois pendant des décennies.

L'Union populaire était un parti politique mineur qui a essayé de se bâtir autour du succès du Parti québécois au niveau provincial en présentant des candidats souverainistes aux élections fédérales de 1979 et de 1980. Le Parti québécois, toutefois, a rejeté toute participation aux élections fédérales et n'a offert aucune aide au parti qui n'a eu qu'un succès médiocre.

Le Parti nationaliste du Québec a été fondé dans les années 1980 comme une alternative aux partis fédéralistes (ceux opposés à l'indépendance du Québec) et peut être vu comme un modeste prédécesseur.

Finalement, le Parti Rhinocéros, fondé en 1963 par le docteur Jacques Ferron, un auteur renommé du Québec, a gagné beaucoup de votes de personnes désapprouvant les politiciens fédéralistes. Jacques Ferron, le poète Gaston Miron et le chanteur Michel Rivard se sont opposés au premier ministre Pierre Elliott Trudeau dans son propre comté du Mont-Royal, sans grand succès cependant eu égard au poids politique important et à la grande influence de Trudeau.

Guy Bertrand, ancien candidat péquiste, a eu l'idée de créer un parti politique fédéral en faveur de l'indépendance du Québec, un Bloc québécois, dans les années 1970. René Lévesque, fondateur et chef du Parti québécois, a écrit dans son autobiographie qu'il était opposé à ce projet, jugeant l'époque peu propice.

Après plusieurs décennies de réflexion et d'échecs pour lancer un parti souverainiste au niveau fédéral, des députés souverainistes ont été élus pour la première fois dans les années 1990.

Création[modifier | modifier le code]

Lors de sa création en 1990, le Bloc québécois était une coalition informelle des membres québécois du Parti progressiste-conservateur du Canada (PC) et du Parti libéral du Canada qui avaient quitté leur parti respectifs en raison du débat sur l'accord du lac Meech. L'existence du parti ne devait être que temporaire, et il s'était donné pour but de promouvoir la souveraineté au niveau fédéral. Le parti était destiné à être dissous après la victoire à un référendum sur la souveraineté. Le terme « temporary ad hoc rainbow coalition » est maintenant utilisé par le Parti libéral du Canada pour faire référence au groupe de députés qui ont fondé le Bloc québécois. Ceci fait principalement référence à Jean Lapierre, qui était jadis membre de ce groupe, mais qui a depuis renoncé au souverainisme et rejoint les libéraux sous la tutelle de Paul Martin.

La coalition initiale qui a mené à la création du Bloc était dirigée par Lucien Bouchard, ministre de l'Environnement jusqu'à ce qu'il présente sa démission au premier ministre de l'époque, Brian Mulroney. La coalition a été formée de deux élus libéraux, Gilles Rocheleau et Jean Lapierre, et des élus conservateurs, Nic Leblanc, Louis Plamondon, Benoît Tremblay, Gilbert Chartrand et François Gérin. Le premier candidat bloquiste à être élu fut Gilles Duceppe dans la circonscription de Laurier—Sainte-Marie, lors de l'élection partielle du .

Le Bloc québécois devient un parti officiel lors de son congrès de fondation le 15 juin 1991.

Opposition officielle[modifier | modifier le code]

En 1996 le Bloc Québécois devient l'Opposition loyale de sa Majesté au Canada, première voix séparatiste au pays depuis 1759.

Durant les élections fédérales de 1993, le Bloc remporte 54 sièges au Québec. Les partis politiques qui siégeaient à l'opposition dans le reste du Canada étaient divisés entre le Parti réformiste, le Parti progressiste-conservateur et le Nouveau Parti démocratique. Le Bloc réussit ainsi à avoir assez de sièges pour devenir le deuxième parti en nombre de sièges à la Chambre des communes, devenant ainsi l'opposition officielle. Le Bloc a toujours insisté sur le fait qu'il s'agissait alors du premier parti séparatiste canadien a former l'Opposition loyale de sa Majesté ce qui est une autre façon de désigner l'opposition officielle au Canada[3]. L'élection d'un si grand nombre de bloquistes constituait le premier des trois points d'un plan censé mener à l'indépendance du Québec. Ce plan avait été mis sur pied par celui qui devait devenir premier ministre du Québec lors de l'élection québécoise de 1994, Jacques Parizeau.

Photographie en gros plan du visage de Gilles Duceppe.
Lucien Bouchard chef du Bloc en 1995.

À la suite du référendum québécois de 1995, Lucien Bouchard, alors chef du Bloc, quitte le parti pour remplacer Jacques Parizeau comme chef du Parti québécois et Premier ministre du Québec. La direction du Bloc québécois est alors assumée par Michel Gauthier. Son règne sera toutefois de courte durée. À la suite de la défaite du référendum de 1995, Gauthier est incapable de maintenir l'unité du caucus de députés bloquistes et démissionne de la chefferie du Bloc québécois une année plus tard.

Gilles Duceppe. Chef du Bloc de 1997 à 2011. Chef du Bloc en 2015.

Son remplaçant, Gilles Duceppe, prend la relève en 1997. Il demeurera à la tête du parti jusqu'en .

Recul[modifier | modifier le code]

Durant l'élection de 1997, le Bloc québécois perd le statut d'opposition officielle à la Chambre des communes au profit du Parti réformiste. Le Bloc québécois ne fait élire que 44 sièges. Les années 1997-2000 ont été marquées par la lutte du Bloc contre la Loi sur la clarté référendaire, tentative du premier ministre Jean Chrétien et Stéphane Dion, un ministre québécois de son cabinet, de s'assurer qu'il soit impossible pour une province d'accéder unilatéralement à la souveraineté.

Durant l'élection de 2000, le Bloc descend à 38 sièges, bien qu'il ait obtenu plus de votes qu'au cours de l'élection précédente. Le Bloc a continué toutefois d'être le parti qui obtient le plus de sièges au Québec. Toutefois, le Parti libéral du Canada réussit à gagner plusieurs sièges dans des élections partielles, sièges qui lui ont permis d'obtenir la majorité des sièges du Québec pour la première fois depuis 1982, année du rapatriement unilatéral de la Constitution par les libéraux[4]. Par la suite, le Bloc a continué à dénoncer les interventions du gouvernement fédéral dans la juridiction exclusive des provinces.

Scandale des commandites[modifier | modifier le code]

Plusieurs sondages d'opinion au Québec ont continué à indiquer le déclin du Bloc en 2003 après la victoire de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec à l'élection générale québécoise de 2003. Mais les choses commencent à changer durant l'hiver 2003, alors que le gouvernement Charest est nettement impopulaire au Québec[réf. nécessaire], ce qui fait remonter la « fièvre souverainiste » (49 % d'opinions favorables en mars[réf. nécessaire]). Cette situation favorise la popularité du Bloc québécois. C'est toutefois en que le Bloc confirme sa remontée lorsque le scandale des commandites est découvert par la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, frappant de plein fouet le gouvernement libéral à Ottawa.

Lors de l'élection fédérale canadienne de 2004, le Bloc a utilisé le slogan : « Un parti propre au Québec ». Le bloc a remporté 54 sièges à la Chambre des communes, arrivant à égaler son record précédent de la campagne de 1993.

En , le Bloc québécois s'allie avec les partis d'opposition (le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique) pour faire tomber le gouvernement minoritaire de Paul Martin. Toutefois, en raison de certains procédures parlementaires, la motion de défiance échoue. Le gouvernement survivra aux mois suivants en raison de l'appui du Nouveau Parti démocratique. Cette alliance prend fin à l'automne 2005 et le gouvernement est dissous au mois de décembre.

Face au gouvernement conservateur[modifier | modifier le code]

Pour l'élection fédérale canadienne de 2006, les bloquistes adoptèrent le slogan de campagne : « Heureusement, ici, c'est le Bloc. » Le début de campagne fut exceptionnel pour Gilles Duceppe. Il était de toutes les tribunes (ex. Tout le monde en parle) et de tous les rassemblements populaires. Les sondages le donnaient gagnant presque partout au Québec et lui permettaient même d'espérer obtenir la proportion de 50 % + 1 (au suffrage universel) des votes québécois.

Toutefois, Gilles Duceppe n'a pas fait bonne figure lors du premier débat des chefs (en français), à la mi-décembre. Les règles des débats de cette campagne interdisaient aux chefs de partis de se couper la parole. Par contre, le deuxième débat des chefs en anglais a permis à Gilles Duceppe de gagner des points, même dans le Canada anglais. Séduits par le chef du Bloc québécois, certains Canadiens anglophones hors-Québec ont affirmé qu'ils voteraient volontiers pour le Bloc si le parti abandonnait la souveraineté.

Début janvier, deux scandales libéraux ont éclaté. Le 28 décembre 2005, le ministre des finances, Ralph Goodale, a été mis sous enquête par la GRC à la suite d'allégations de délit d'initié. Goodale a par la suite été blanchi. Le deuxième scandale a concerné Option Canada, un groupe de pression ayant opéré en violation des lois québécoises pendant le référendum sur la souveraineté de 1995. Gilles Duceppe ne manqua pas de s'appuyer sur ces deux événements lors du deuxième débat des chefs.

Durant la fin de campagne, les sondages suggèrent la possibilité pour les Conservateurs de former un gouvernement majoritaire, et même de remporter quelques sièges au Québec.

Les partis fédéralistes, quant à eux, ont constamment remis en question la légitimité du Bloc au niveau fédéral.

Le résultat de la campagne de 2006 a été moins bon que prévu pour le Bloc. Malgré quelques percées historiques sur l'île de Montréal, où il s'est notamment approprié les comtés de Pierre Pettigrew (Papineau) et de Liza Frulla (Jeanne-Le Ber), deux comtés libéraux, huit circonscriptions sont allées au Parti conservateur de Stephen Harper dans la région de Québec et au Saguenay. L'appui populaire du Bloc est descendu de 48,8 % à 42,1 % au Québec.

Face au gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper de 2006 à 2011, le Bloc québécois modifie sa mission; d'un parti visant à préparer la souveraineté du Québec, il se transforme de plus en plus en défenseur des intérêts du Québec au Parlement fédéral. Il appuie à plusieurs reprises le gouvernement en échange de concessions favorisant les intérêts québécois.

Le , Gilles Duceppe annonce son intention de se porter candidat à la succession d'André Boisclair, à la tête du Parti québécois. Il se rétracte aussitôt, réalisant le peu d'appui qu'il avait au sein de ce parti.

Le Bloc a fait de légers gains après les élections fédérales 2008 comme ils ont remporté 49 sièges, soit un de plus que le montant qu'ils avaient avant la précédente législature a été dissoute. Lors de cette élection, ils ont utilisé le slogan « Présent verser le Québec» ( Présent pour le Québec ). Bien qu'ils ont fait des gains modestes par rapport à la quantité de sièges à la dissolution, ils ont chuté de 2 places à 49 par rapport à la 51 ont reçu en 2006 . En outre, la proportion de votes populaires dans la province a diminué de 4 points à 38,1 %, score le plus bas du Bloc depuis 1997.

Dans un discours devant ses partisans après l'élection, le chef du BQ Gilles Duceppe a affirmé avoir atteint ses objectifs, en ajoutant : « sans le Bloc québécois ce soir, M. Harper aurait formé un gouvernement majoritaire[5]. »

À la fin de novembre 2008, le Bloc a indiqué qu'il soutiendrait une éventuelle motion de méfiance contre les conservateurs au pouvoir par les deux autres partis d'opposition, et soutiendrait le gouvernement de coalition libéral -néo-démocrate issu au moins jusqu'en juin 2010, sans pour autant être part du gouvernement[6].

Entre 2006 et 2011, le Bloc québécois, tout comme les autres partis d'opposition, dispose d'un pouvoir accru à la Chambre des communes face au gouvernement minoritaire. Cette situation se termine avec l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire lors de l'élection de 2011.

En effet le Bloc québécois vote en 2011 en faveur d'une motion d'outrage au Parlement contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper, ce qui a pour effet de déclencher les élections du 2 mai 2011, qui donnent au Bloc québécois le pire résultat de son histoire.

Vague orange de 2011[modifier | modifier le code]

Maria Mourani députée élue du Bloc en 2011.
Daniel Paillé devient le nouveau chef du Bloc après Gilles Duceppe.

Lors de l'élection fédérale qui se déroule dans cette période le Bloc est presque rayé de la carte électorale en faisant élire seulement 4 députés au profit du NPD qui devient la nouvelle opposition au parlement du Canada grâce à une priorisation économique que le Bloc ne peut se permettre en investissant dans la souveraineté du Québec. Monsieur Duceppe démissionnera alors de son poste de chef de parti et Vivian Barbot prendra l'intérim jusqu'à l'élection de Daniel Paillé comme nouveau chef. Les députés du Bloc élus lors de cette vague orange étaient : Maria Mourani, Louis Plamondon, André Bellavance et Jean-François Fortin[7].

Retour de Gilles Duceppe et élection de 2015[modifier | modifier le code]

L'élection fédérale canadienne de 2015 est présentée par le Bloc comme l'élection de la reconquête. À l'issue de la mandature, et malgré le ralliement de Claude Patry, le Bloc n'a plus que deux députés. Mario Beaulieu, élu chef en juin 2014, a cependant des difficultés à s'imposer dans le débat médiatique et le Bloc passe difficilement les 15%. Le , il quitte ses fonctions de chef à la surprise générale et laisse la place à Gilles Duceppe, qui fait son retour en politique[8]. Les sondages sont alors un peu plus favorables et laissent espérer un possible caucus bloquiste, mais les appuis s'effritent légèrement au fil de la campagne.

Le Bloc privilégie certaines circonscriptions ciblées où les moyens sont particulièrement afin de pouvoir obtenir des élus. Le soir de l'élection, le Bloc obtient une demi-victoire : leur score est légèrement en baisse par rapport à 2011, mais ils obtiennent dix députés, soit six de plus que lors de la dernière élection. C'est un progrès notable mais insuffisant pour obtenir une reconnaissance officielle (12 élus) et Gilles Duceppe n'est pas élu. Il démissionne d'ailleurs quelques jours plus tard. Le Bloc aura malgré tout repris des forces dans cette performance électorale qui respecte les prédictions que Gilles Duceppe avait faites lui-même sur la nature des résultats[9].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le Bloc québécois a été créé aux débuts des années 1990 pour préparer l'accession à la souveraineté du Québec à la suite du référendum québécois de 1995. Il est résolument un parti souverainiste, toutefois, depuis les années 2000, il s'est de plus en plus présenté comme étant le défenseur de l'ensemble des québécois au niveau fédéral sans idéologie particulière. Par contre, sous le règne de Gilles Duceppe, le Bloc québécois a tenu un discours fermement social-démocrate. Sans s'identifier clairement comme étant à gauche du spectre politique, il promeut les valeurs québécoises plus progressistes.

Ainsi, le Bloc appuie le Protocole de Kyoto, le mariage entre personnes de même sexe, la décriminalisation de la marijuana et est contre le financement du bouclier antimissile américain. Il a appuyé la participation canadienne à l'invasion de l'Afghanistan en 2001, mais n'a pas appuyé l'invasion de l'Irak en 2003, s'opposant au fait qu'elle n'avait pas été menée sous l'égide de l'ONU ou de l'OTAN. En 2006, il a voté au Parlement contre le prolongement de la mission des soldats canadiens en Afghanistan jusqu'en 2009, mais parce que le gouvernement conservateur Harper n'avait accordé que quelques heures pour débattre de cette question.

Dans un long discours qu'il a prononcé en janvier 2007 devant le CÉRIUM à Montréal, Duceppe levait toute ambiguïté sur le fait que le Bloc québécois appuie la guerre en Afghanistan[10]. Il a réitéré que « le Bloc québécois a appuyé cette intervention internationale depuis le début et continue de l’appuyer[11] », concluant son discours en déclarant « que l’intervention internationale en Afghanistan est une noble cause[12] ».

La présence de Duceppe à une marche organisée pour la paix au Liban a soulevé la controverse, en raison de la présence dans la foule de manifestants brandissant des drapeaux du Hezbollah et scandant des slogans en appui à ce groupe officiellement classé comme organisation terroriste. Une chroniqueuse du National Post, Barbara Kay, a signé un texte intitulé The Rise of Quebecistan (La montée du Québecistan) dans lequel elle accusait les Québécois souverainistes et leurs représentants politiques d'être antisémites. Pourtant, des politiciens fédéralistes avaient également participé à la marche, dont Denis Coderre du Parti libéral. L'ambassadeur israélien au Canada, Alan Baker, a accusé Gilles Duceppe d'avoir causé « un tort irréparable à Israël » en participant à la manifestation.

En 2013, le bilan de la session parlementaire du Bloc soulève des thèmes tels la fraude et la faillite éthique du gouvernement Harper, la loi sur la clarté et la garantie financière fédérale du projet hydro-électrique du Bas-Churchill (lequel inclut un câble sous-marin servant à contourner Hydro-Québec). Ces thèmes donnent une idée des orientations actuelles du parti[13].

Résultats électoraux lors des élections fédérales[modifier | modifier le code]

Graphique démontrant l'évolution des voix obtenues par le Bloc québécois aux élections générales depuis 1993.
Évolution des voix obtenues par le Bloc québécois aux élections générales depuis 1993.
Élection Chef Voix % Sièges Rang Gouvernement
Canada Québec
1993 Lucien Bouchard 1 846 024 13,5 49,3
54 / 295
2e Opposition
1997 Gilles Duceppe 1 385 821 10,7 37,9
44 / 301
3e Opposition
2000 Gilles Duceppe 1 377 727 10,7 39,9
38 / 301
3e Opposition
2004 Gilles Duceppe 1 680 109 12,4 48,9
54 / 308
3e Opposition
2006 Gilles Duceppe 1 553 201 10,5 42,1
51 / 308
3e Opposition
2008 Gilles Duceppe 1 379 628 10,0 38,1
49 / 308
3e Opposition
2011 Gilles Duceppe 889 788 6,0 23,4
4 / 308
4e Opposition
2015 Gilles Duceppe 818 652 4,7 19,3
10 / 338
4e Opposition
Source : Élections Canada

Députés du Bloc[modifier | modifier le code]

41e législature du Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 41e législature du Canada.

À la suite de l'élection fédérale de 2011, le Bloc québécois fait élire quatre députés à la Chambre des communes du Canada :

Le 28 février 2013 Claude Patry, député de Jonquière—Alma élu en 2011 sous la bannière du Nouveau Parti démocratique, décide de quitter son Parti en raison de divergences sur la question de la reconnaissance éventuelle d'un référendum sur la souveraineté du Québec. Il rejoint alors Bloc québécois[14], faisant passer le caucus à cinq membres.

Le 12 septembre 2013, en réaction à ses propos concernant la Charte des valeurs, Maria Mourani est expulsée du parti[15], le caucus retrouve alors son nombre initial.

Le , Jean-François Fortin annonce qu'il quitte son parti pour siéger comme indépendant, dénonçant l'« intransigeance » de Mario Beaulieu, nouveau chef du Bloc[16]. La caucus tombe alors à trois membres, son plus faible niveau historique.

Le , André Bellavance annonce aussi qu'il quitte le parti pour siéger comme indépendant, ayant sensiblement les mêmes griefs que Jean-François Fortin[17]. La caucus tombe alors à deux membres, battant son plus faible niveau historique en moins de deux semaines.

À la fin de la législature, le caucus du Bloc Québécois ressemblait à ceci :

42e législature du Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 42e législature du Canada.
Rhéal Fortin, au micro, élu en 2015.

Lors de l'élection du 19 octobre 2015, le Bloc Québécois a réussi à faire élire 10 députés. Le doyen et député sortant Louis Plamondon est réélu, c'est le seul des élus à avoir une expérience parlementaire fédérale (Luc Thériault a été élu provincial). Gilles Duceppe, redevenu chef du Bloc durant la campagne est battu et annonce sa démission au poste de chef le 22 octobre 2015. Rhéal Fortin, nouveau député de Rivière-du-Nord, devient le chef intérimaire de la formation politique la même date. Le président et ancien chef Mario Beaulieu est élu. Avec dix députés le Bloc obtient un bien meilleur résultat qu'en 2011 malgré un score en voix légèrement inférieur. Il leur manque cependant deux sièges pour retrouver le statut de parti officiel et les moyens afférant. Les députés élus en 2015 sont les suivants : Xavier Barsalou-Duval, Mario Beaulieu, Michel Boudrias, Rhéal Fortin, Marilène Gill, Simon Marcil, Monique Pauzé, Louis Plamondon, Gabriel Ste-Marie et Luc Thériault.

Chefs et présidents[modifier | modifier le code]

Liste des chefs du Bloc québécois
Chef Président Dates Chef de l'opposition officielle
1- Lucien Bouchard Lucien Bouchard - 1993-1996
2- Gilles Duceppe (interim) -
3- Michel Gauthier Michel Gauthier - 1996-1997
4- Gilles Duceppe Gilles Duceppe - 1997
5- Vivian Barbot (interim) -
6- Daniel Paillé Daniel Paillé - -
7- André Bellavance (interim) -
8- Jean-François Fortin (interim) -
9- Mario Beaulieu Mario Beaulieu - -
10- Gilles Duceppe Mario Beaulieu[18] - -
11- Rhéal Fortin[19] (interim) Mario Beaulieu Depuis le -

Course à la chefferie 2011[modifier | modifier le code]

Résultats de la course 2011[20]
Nom 1er tour 2e tour
Daniel Paillé 44,5 % 61,3 % (7 868)
Maria Mourani 28,1 % 38,7 % (4 972)
Jean-François Fortin 27,8 % -
Participation : 38,7 % (14 039 / 36 341 membres)

Course à la chefferie 2014[modifier | modifier le code]

Résultats de la course 2014
Nom 1er tour
Mario Beaulieu 53,5 % (5 947)
André Bellavance 46,5 % (5 168)

Course à la chefferie 2017[modifier | modifier le code]

À la suite d'une rencontre du parti à Trois-Rivière en février 2016[21], l'année 2017 a été désignée pour l'élection d'un nouveau chef du Bloc québécois. De plus, certains membres du Bloc sont pressentis comme des candidats potentiels tels : le député de Pierre-Boucher-Verchères, Xavier Barsalou-Duval, l'économiste Catherine Fournier, 24 ans, candidate défaite dans Montarville aux dernières élections et le comédien Denis Trudel, défait dans Longueuil—Saint-Hubert lui aussi. Mario Beaulieu a pour sa part écarté définitivement le retour à la chefferie[22].

Forum jeunesse du Bloc québécois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forum jeunesse du Bloc Québécois.
Logo du Forum.

Le Bloc québécois possède une aile jeunesse, le Forum jeunesse du Bloc Québécois, chargée de représenter les membres âgés de 16 à 30 ans.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Radio-Canada
  2. « Le retour en force de Gilles Duceppe », sur Le Journal de Montréal (consulté le 11 janvier 2016)
  3. « Qui a encore besoin du Québec ? », sur Courrier international (consulté le 11 janvier 2016)
  4. Lors de la dissolution du Parlement en mai 2004, le Bloc québécois n'avait plus que 33 sièges sur les 75 au Québec
  5. « Harper 'very pleased' with stronger minority », Canadian Broadcasting Corporation,‎ (lire en ligne)
  6. « Liberals, NDP, Bloc sign deal on proposed coalition », Canadian Broadcasting Corporation,‎ (lire en ligne)
  7. http://elections.radio-canada.ca/elections/federales2011/les_resultats/
  8. « Bloc québécois: Duceppe redevient chef, Beaulieu sera président », La Presse, 10 juin 2015, consulté le 23 octobre 2015.
  9. « Gilles Duceppe part avec le sentiment du devoir accompli », publié et consulté le 22 octobre 2015.
  10. Voir Conférence de Duceppe devant le CÉRIUM : L’Afghanistan ne doit pas devenir un autre Irak
  11. Ibid, p. 2
  12. Ibid. p. 15.
  13. https://www.youtube.com/watch?v=5IqAiIPJLNI&feature=c4-overview&list=UU9kQxq8qwveazNyuTN3r9hA
  14. La Presse canadienne, « Claude Patry du NPD passe au Bloc québécois », Métro, 28 février 2013 [texte intégral [archive] (page consultée le 28 février 2013)]
  15. Radio-Canada, « Mourani expulsée du Bloc pour ses propos contre la charte », sur www.radio-canada.ca,‎ (consulté le 12 septembre 2013)
  16. « Jean-François Fortin quitte le Bloc québécois », La Presse, publié et consulté le 12 août 2014
  17. « André Bellavance quitte le Bloc québécois », Radio-Canada, publié et consulté le 25 août 2014
  18. C'est la première fois que les postes de chef et de président sont occupés par deux personnes différentes. La décision est entérinée le 1er juillet 2015 par un vote à 99,7% du conseil général.
  19. « Gilles Duceppe annonce sa démission | Philippe Teisceira-Lessard | Politique canadienne », sur La Presse (consulté le 22 octobre 2015)
  20. « Bloc québécois : Daniel Paillé élu haut la main », sur La Presse,‎ (consulté le 14 mars 2016)
  21. http://www.sympatico.ca/actualites/nouvelles/regions/mauricie-centre-du-quebec/retour-sur-les-dernieres-elections-au-conseil-national-du-bloc-quebecois-1.1663471
  22. http://www.msn.com/fr-ca/actualites/quebec-canada/vers-une-course-%c3%a0-la-chefferie-du-bloc-qu%c3%a9b%c3%a9cois-en-2017/ar-BBpKNwS

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martine Tremblay, La Rébellion tranquille: une histoire du Bloc québécois, Québec/Amérique, 2015, 550 p.
  • Marie-France Charbonneau et Guy Lachapelle, Le Bloc Québécois : 20 ans au nom du Québec, Montréal, Richard Vézina, éditeur, (ISBN 978-2-923788-03-6, lire en ligne).
  • Pierre Serré, « Le Bloc québécois et les élections fédérales de 2008 », L'Action nationale,‎ , p. 64-106.

Liens externes[modifier | modifier le code]