Famille du Plantadis

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du Plantadis
Armes de la famille.
Armes de la famille : du Plantadis

Période XVe siècle au XIXe siècle
Pays ou province d’origine Haute Marche
Allégeance Blason Bourbon-La Marche.svg Comté de la Marche
Blason de la famille Lévis-Ventadour.svg Duché de Ventadour
Royaume de France Royaume de France
Flag of France (1790-1794).svg Royaume de France
Flag of France.svgPremière République française
Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille du Plantadis.

La Famille du Plantadis est une famille noble originaire de la Creuse. Elle se divisa en plusieurs branches, dont une branche qui s'établit au XVIIe siècle à Aubusson et fit fortune en s'alliant avec des familles de maîtres tapissiers d'Aubusson et en dirigeant elle-même des fabriques de tapisserie. Cette famille s'éteignit à la fin du XIXe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après la généalogie de la famille du Plantadis rédigée au XIXe siècle par Ambroise Tardieu, cette famille de noblesse d'extraction tire son origine d'un fief appelé "Le Plantadis" qui existait à Saint-Agnant (Creuse). Toujours d'après Ambroise Tardieu, Hugues du Plantadis, chevalier, se fixa à la fin du XIVe siècle non loin de là, au château du Bost à Magnat l'Etrange[2].

Le château du Bost

Un chercheur contemporain, Pierre Charbonnier, est d'un avis différent quant à l'ancienneté de la noblesse de cette famille. Dans Une autre France : la seigneurie rurale en Basse Auvergne, du XIVe au XVIe, il écrit : « On a admis que la famille du Plantadis était une famille d'officiers enrichis. Tardieu avait prétendu trouver de lointaines origines nobles à la famille du Plantadis qui possédait divers biens dans ce mas. Mais il semble s’agir d’une famille roturière qui s’élève socialement et qui crée au XVIe siècle une seigneurie. »[3].

La filiation suivie par Tardieu commence à Pierre du Plantadis, seigneur du Bost au XVe siècle, marié à Marie de Lestrange. Le château du Bost, construit par Hugues et Laurent du Plantadis[4], serait le "berceau historique" de la famille du Plantadis que l'on retrouve, deux siècles plus tard, à Mérinchal. La famille du Plantadis se divisa ensuite en trois branches principales, fixées à Aubusson, Jouhet[5] et Ussel. La branche fixée au XVIIe siècle à Aubusson s'était alliée avec des familles de tapissiers de cette ville et un Plantadis, fils du seigneur de La Vernède, est maître tapissier en 1670[6].

Légende[modifier | modifier le code]

Une légende[7]veut qu'un chevalier du nom de Plantadis ait été miraculeusement guéri de ses paralysies par Étienne de Muret, fondateur de l'Ordre de Grandmont, dans la région d'Ambazac.

Le miracle se serait produit lorsque le chevalier, venu prier, heurta accidentellement avec le pied la dalle sous laquelle reposait la dépouille d'Étienne de Muret. Alors que la nouvelle du miracle commençait à se répandre dans la campagne limousine et que les premiers malades faisaient procession en direction de la dalle miraculeuse, le prieur Pierre de Limoges se serait rendu devant la dernière demeure d'Étienne de Muret, prononçant les phrases suivantes [8] :

"Serviteur de Dieu, vous nous avez enseigné le chemin de la pauvreté et l'esprit de solitude. Prenez garde que ce concours de peuple ne nous fasse perdre l'un et l'autre. C'est pourquoi nous vous prions, très humblement, de cesser de faire des miracles. Si vous continuez, je vous déclare et vous jure, sur l'obéissance que je vous ai vouée, que je ferai prendre votre corps et que je le ferai jeter dans l'eau".

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Pierre du Plantadis, seigneur en partie du Bost, servit dans les armées du roi Louis XI. Premier auteur de la filiation suivie de la famille, il vivait encore en 1490.
  • Antoine du Plantadis, chevalier puis commandeur de l'Ordre de Malte (1560), petit-fils du précédent.
  • Antoine du Plantadis, neveu du précédent, docteur en droit, lieutenant-général du comté de la Marche (de 1581 à 1588), conseiller du roi et de la reine Isabelle sous Charles IX, maître des requêtes ordinaires du roi, député de la Marche aux États généraux de 1588-1589.
  • Jean du Plantadis, écuyer, seigneur de Jouhet, de Luchat et de Boisfranc, élu en l'élection de la Marche (1605-1606), vivait encore en 1618. Il mourut président de l'élection de la Marche. Il épousa Jeanne Tixier qui vivait encore en 1656 et demeurait en son château de Jouhet.
  • Guy du Plantadis, licencié en lois, nommé par le roi Henri II et la reine douairière Isabelle, châtelain d'Aubusson (1550-1566) puis d'Ahun (1566-1583) et de Chénérailles (1583).
  • Guy du Plantadis, seigneur du Baneix, il se prépare à devenir lieutenant-général de la Marche quand il succombe à une infection, à Paris, en novembre 1610. Il est inhumé en l'église Saint-Jacques-la-Boucherie.
  • Jean Charles du Plantadis, écuyer, né en 1663, seigneur de La Vernède, mousquetaire du roi en 1700, capitaine puis lieutenant-colonel dans le régiment du Vexin en 1705.
  • Alix du Plantadis, religieuse bénédictine au couvent de Pontgibaud où elle mourut le 29 décembre 1661.
  • Magdeleine du Plantadis, nommée en 1614, par brevet du roi, abbesse du monastère de Sainte-Claire à Clermont-Ferrand, qu'elle gouverna jusqu'en 1644. Elle est au centre du violent conflit qui oppose Joachim d'Estaing aux pères Cordeliers de Bourgogne. L'abbesse est déposée par les pères Cordeliers pour avoir pris le parti de l'évêque de Clermont. Elle est ensuite rapidement rétablie dans ses fonctions. À Felletin, elle fonde un couvent de Clarisses.
  • Claire du Plantadis, qui épouse en 1703, à Versailles, Jean Pierre Galigny de Bonneval, chevalier et garde du corps du roi. Le couple est à l'origine d'une famille fixée à Marie-Galante, en mer des Caraïbes[9].
  • Pierre du Plantadis, seigneur de Cherboucheix, lieutenant-général du duché de Ventadour (1629).
  • Étienne du Plantadis, son fils, avocat, lieutenant-général du duché de Ventadour (1654-1680).
  • Pierre du Plantadis, son fils, avocat du roi à Ussel.
  • Étienne du Plantadis, son fils, lieutenant-général du duché de Ventadour (1757-1772).
  • Gabriel du Plantadis, troisième enfant d'Antoine, seigneur de La Vernède et de Gilberte de la Souche, vint s'établir à Aubusson où il épousa le 8 mars 1653 Gabrielle de Vitract, fille d'un riche maître tapissier de cette ville. Il est considéré par Tardieu comme l’auteur des Plantadis qui, pendant plusieurs générations, seront tapissiers à Aubusson.
  • Léon Léonard du Plantadis, descendant au 5e degré du précédent, né en 1816, châtelain de Saint-Maixant, décédé à la fin du XIXe siècle, dernier représentant en ligne directe de cette famille.

Période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Ambroise Tardieu précise qu'Annet du Plantadis, l'oncle de Léon Léonard du Plantadis, combat pendant la Révolution dans l'armée de Sambre-et-Meuse.

Généalogie[modifier | modifier le code]

La généalogie des Plantadis tapissiers est fournie par Ambroise Tardieu[10].

  • Pierre du Plantadis, co-seigneur du Bost, vivant en 1490, marié à Marie de Lestrange.
    • Leur fils, Durand du Plantadis, seigneur en partie du Bost, vivant en 1495, épouse Jeanne de Bonneval.
      • Leur fils, Gabriel du Plantadis, seigneur du Bost et du Leyrit, de La Gorse, du Baneix, de Fernoël et de Chaumes en partie, résidait à Magnat, en 1534. Il épouse Magdeleine de Melhonnel. Il meurt en 1560.
        • Leur fils, Louis du Plantadis († 1586), écuyer, seigneur du Leyrit et de Mérinchal, gendarme dans la compagnie du duc de Longueville, épouse Anne de Bosredon en 1570.
          • Leur fils, Antoine du Plantadis, seigneur de La Vernède (à Mérinchal), épouse Gilberte de La Souche en 1623.
            • Leur fils, Gabriel du Plantadis, quitte Mérinchal et s'installe à Aubusson où il épouse en 1653 Gabrielle de Vitract, descendante de tapissiers. Il est désigné comme l'auteur des Plantadis tapissiers[11].

Fiefs et seigneuries[modifier | modifier le code]

Fiefs et seigneuries tenus par la famille du Plantadis en pays marchois[12] : Boisfranc, Cherboucheix, Jouhet, La Mothe, La Vernède, Le Baneix, Le Bost, Le Leyrit, Le Reymondet, Luchat, Mérinchal, Paneyreix, Saint-Alvard, Sermur.

Armes[modifier | modifier le code]

  • "D’argent au chêne de sinople glanté d’or; au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent accosté de deux étoiles d’or".
  • L’écu timbré d’un casque de chevalier.
  • Devise : "Fructum dabit in tempore suo."

Ces armes se voient sur la porte d’entrée du château de Bost avec la date (incertaine) de 1379[13]. Pour certains auteurs, les armes de la ville d'Aubusson seraient difficiles à distinguer de celles des Plantadis[14].

Alliances[modifier | modifier le code]

La famille du Plantadis s'est alliée aux familles[15] : de Bonneval, de Lestrange, Andrieu, de Melhonnel, Bonet, Faure, de Blanchefort, Doumy, Tixier, de Miomandre, du Chastenet, Morin d’Arfeuille, de La Rochebriant, de Bosredon, de Langeac, Motier de La Fayette, de Veyny d’Arbouse, de Fricon, de Salvert de Montrognon, du Peyroux, de Cordeboeuf, Valette, de Bort, de La Souche, Guillouet, de Villars, de Chateaubodeau, Thomassin, Seguin, de Jarrier.

Première branche (fixée à Aubusson) : de Vitract, Mazetier, Deyrolle, Tailland, Bellat.

Deuxième branche (seigneurs de Jouhet, de Luchat) : Giraud, Tixier, de Seiglière, de Bachelier, de Barbançois.

Troisième branche (fixée à Ussel) : Tixier, de Chaslus, de Bonnet, Glandier, d’Esparvier, Andrieu du Teil, de Sarrazin, Brival.

Extinction de la famille du Plantadis[modifier | modifier le code]

Léon Léonard du Plantadis, dernier des Plantadis de la branche des tapissiers fixés à Aubusson, est né en 1816 et mort sans descendance à la fin du XIXe siècle. Il était propriétaire du château de Saint-Maixant[16] qu'il sauva de la ruine, par une restauration énergique entreprise à la fin des années 1860[17]. Il fit également diverses donations au musée d'Aubusson. Il transmit par adoption son nom à son neveu Joseph Boithier qui porta alors le nom "Boithier du Plantadis"[18].

Château de Saint-Maixant

Dans sa Généalogie de la maison du Plantadis, Ambroise Tardieu a dressé en 1882 un portrait de Léon Léonard du Plantadis [19] :

"Établi à Paris, dès sa jeunesse, il s'y est occupé, avec une intelligence et une énergie rares à refaire, dans la finance, la fortune de ses ancêtres ; et, chose plus rare encore, est arrivé à être entouré, au milieu des financiers de notre époque, d'une réputation de probité qui est bien connue de tous ses compatriotes ; aussi ces derniers lui ont-ils accordé une grande affection. M. du Plantadis est revenu au milieu d'eux, afin de finir, dans le repos, une vie remplie par le travail et l'intelligence. Dans le château de Saint-Maixant, magnifique forteresse féodale du temps des croisades, il s'occupe, depuis 1867, à réparer cette épave merveilleuse du passé ; il le fait avec le goût qui le caractérise et qui lui procure l'admiration de ses nombreux amis. Là, les pauvres ne sont pas oubliés et sont assurés de rencontrer un cœur d'une générosité extrême qui a pour guide les sentiments les plus délicats et vient en aide à bien des misères.".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


  1. Revue de l'art chrétien, 1883, vol. 26, p. 579.
  2. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison Du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, p. 5.
  3. Pierre Charbonnier, Une autre France : la seigneurie rurale en Basse Auvergne, du XIVe au XVIe siècle, Clermont-Ferrand : Institut d'études du Massif central, 1980, p. 1235.
  4. http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateau-du-bost-magnat-etrange_a.jpg,« Le château du Bost », notice no IA00030673, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Cette branche comprend un certain nombre d'officiers, comme par exemple le vice-sénéchal décrit par l'intendant de Moulins dans son procès-verbal de la généralité de Moulins dressé en 1686 : "Le vice-sénéchal de Guéret se nomme Plantadis. C'est un homme vif, alerte, toujours prêt à monter à cheval. Il a sous lui un assesseur, un procureur du Roi, un greffier, un commissaire à faire les montres et dix archers. C'est la compagnie que j'ai trouvée la mieux dans l'ordre et où l'officier soit plus appliqué. Il m'a représenté que son ressort est d'une grande étendue, dans des pays fort rudes et difficiles, et qu'il aurait besoin d'une augmentation de dix archers. Il m'a proposé de lever les charges et d'en payer jusqu'à six mille livres ; et si le Conseil écoutait sa proposition, je saurais placer ces officiers en des lieux très utiles pour le service du Roi et l'intérêt des peuples." (Moulins, Librairie historique du Bourbonnais, 1892).
  6. Cyprien Pérathon, « Notice sur les manufactures de tapisseries d'Aubusson, de Felletin et de Bellegarde » (version de 1882 in Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, p. 91) ; Paul Ducourtieux, 1894, in Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t.42, p. 440.
  7. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, page 4.
  8. Abbayes et monastères de la France et de ses régions et Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, v.57, 1907.
  9. G.H.C., numéros 57, 58, 63, 88 (ghcaraibe.org).
  10. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison Du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, tableau généalogique en introduction.
  11. Cependant, certaines bases généalogiques donnent pour auteur de la branche aubussonnaise des Plantadis un autre membre de cette famille, Jean du Plantadis (époux de Catherine Guilhon), écuyer, proche du conseiller du roi Gabriel Garreau de La Villatte et d'une vieille famille de tapissiers, les Barraband. Quant à la famille Guilhon, elle compta aussi bien des détenteurs de seigneuries ("Javaillac", par exemple) que des patrons tapissiers (à Felletin). Enfin, Gabriel, le fils de Jean du Plantadis, épousera une demoiselle issue de la famille Mazetier, des tapissiers de Bellegarde-en-Marche.
  12. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, pages 13 à 17.
  13. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, page 8.
  14. Dans un article intitulé « Les Armes de la Ville d'Aubusson », De Chaumont précise : « Une confusion devait fatalement s'établir entre les armes de la ville et celles de la famille du Plantadis. », M.S.S.N.A.C., 1922 (BNF, Gallica).
  15. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882, pages 19 à 51.
  16. Saint-Maixant et son château.
  17. GenDep23 : notice de l'abbé Lecler (1902) sur Saint-Maixant, liste des monuments historiques de la Creuse.
  18. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1883, p. 383.
  19. Ambroise Tardieu, Généalogie de la maison du Plantadis, dans la Marche et en Auvergne, Impr. de C. Desrosiers, 1882.