Patinage artistique

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Patinage artistique

Description de l'image  Figure skating pictogram.svg.
Fédération internationale ISU (fondée en 1892)
Sport olympique depuis 1908
Description de cette image, également commentée ci-après

Angela Nikodinov (É.-U. en pirouette cambrée et incliné vers l'arrière

Yu-Na Kim à Skate Canada 2006.

Le patinage artistique est un sport et un art exécuté sur la glace avec des patins à lames ou sur un sol dur (« parquet », surface de « glace synthétique », etc.) avec des patins à roulettes traditionnels (quad) ou des patins en ligne (inline).

Ce sport est particulièrement populaire en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. D'après Médiamétrie, c'est le seul sport à être davantage regardé par les femmes que par les hommes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « patin » vient du grec πᾰτεῖν [patein] qui signifie « marcher ». Le mot anglais skate vient du néerlandais schaats, qui veut dire « os de la jambe ».

Historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du patinage artistique.
Premiers patins hollandais

Les premiers patins à glace sont constitués d'os de bœuf ou d'autre animal en lame mince et polie, utilisés comme moyen de locomotion. Apparaissent ensuite les premières lames en acier permettant au patinage de devenir un véritable divertissement, comme en témoigne la peinture hollandaise.

Scène de patinage en Hollande

1813 : publication à Paris de l’ouvrage de Jean Garcin : « Le vrai patineur ou les principes sur l’art de patiner avec grâce », qui pose les premières bases du patinage dit « artistique ».

1879 : la première édition des championnats de Grande-Bretagne de patinage artistique se tient le 8 décembre.

1882 : à l’occasion de la première compétition de patinage artistique à Vienne, le patineur Norvégien Axel Paulsen invente la figure de l’axel.

1891 : première édition des championnats d’Europe de patinage artistique et de patinage de vitesse à Hambourg.

1892 : fondation de l'Union internationale de patinage (UIP), également appelée ISU (International Skating Union), en juillet. Suite à l'invitation des Pays-Bas, 15 délégués des pays européens se réunissent à Scheveningen pour établir les règles du sport. Paris attendra jusqu'à cette date avant de se doter d'une patinoire artificielle : le « Pôle Nord ».

1894 : le Canada rejoint les rangs de l'Union internationale de patinage.

Le couple britannique Edgar et Madge Syers, Jeux olympiques 1908

9-10 février 1896 : première édition des championnats du monde de patinage artistique à Saint-Pétersbourg.

1898 : le Suédois Ulrich Salchow reste dans les mémoires en passant sa figure, le «Salchow».

1906 : les femmes entrent en compétition en individuel.

1908 : les couples apparaissent en compétition à l'occasion des débuts olympiquesOlympic flag.svg du patinage artistique. La grande figure du patinage de l'entre-deux-guerres est justement une femme, Sonja Henie (trois titres olympiques et dix fois championne du monde), qui révolutionne la discipline.


1950 : début de la danse sur glace en compétition officielle aux championnats du monde de Londres.

1976 : début officiel de la danse sur glace aux Jeux olympiques à Innsbruck, Autriche.

1986 : Naissance de Patinage Magazine, le seul magazine français consacré au patinage artistique.

1995-1996 : début de la série du Grand Prix ISU.

1999 : création des premiers Championnats des Quatre Continents pour l'Amérique, l'Asie, l'Afrique et l'Océanie.

2000 : premier championnat du monde de patinage synchronisé à Minneapolis, États-Unis.

2002 : scandale lors de la compétition en couple lors des Jeux olympiques de Salt Lake City. Deux médailles d'or attribuées pour la première fois de l'histoire du patinage olympique aux couples Salé/Pelletier (CAN) et Berezhnaya/Sikharulidze (RUS). Cet événement précipita la mise en place d'un nouveau système de pointage qui était en ébauche.

2003 : test du nouveau système de pointage CoP pour les compétitions du Grand Prix ISU seniors.

Équipement[modifier | modifier le code]

  • La lame de patinage est courbée de l'avant vers l'arrière, créant ainsi un arc de cercle dont le rayon principal, appelé berceau, varie entre 1,83 m et 2,94 m. Récemment, des lames paraboliques ont été conçues pour augmenter la stabilité du patineur sur la glace. La lame a aussi une coulisse/un creux au centre sur sa longueur; un creux sur le dessous de la lame la divise en deux carres distinctes, l'extérieur (dehors) et l'intérieur (dedans).
  • L'aisance et la facilité, regroupés avec la puissance de poussées et de glisse démontrés par les patineurs d'élite viennent en fait de l'utilisation adéquate des carres afin de générer de la vitesse à moindre effort. Les patins de patinage artistique diffèrent des patins de hockey en ayant un arsenal de dents de pointe (improprement appelées griffes) de forme et de dimensions diverses à l'avant de la lame. Les dents sont utilisées principalement pour les sauts et ne devraient pas être utilisées durant les poussées ou les pirouettes. Le design des dents a beaucoup évolué au cours des dernières années et inclut une rangée de dents additionnelles sur chacun des côtés de la lame, appelées K-Pick et inventées par Pieter Kollen.
  • Les bottines de patinage sont fabriquées traditionnellement à la main à partir de plusieurs couches de cuir. Depuis quelques années, les bottines faites à partir de matériaux synthétiques se moulant à la chaleur sont devenues très populaires auprès de plusieurs patineurs. Combinant solidité et légèreté, ces bottes sont plus faciles à « casser ». Les derniers développements en matière de chaussures reposent sur l'utilisation d'une bottine articulée à la cheville (modèle Proflex conçu par la compagnie Jackson Ultima), procurant un support latéral tout en permettant plus de flexibilité et d'amplitude de mouvement. Les lames sont montées sur la semelle, fixée sur la plaquette avant et sur la plaquette arrière par des vis. Habituellement, les patineurs de haut niveau utilisent des patins faits sur mesure pour eux par des spécialistes de renommée mondiale.
  • Les coussins fessiers (pads) sont d'autres pièces d'équipement utilisés en patinage. Ces rembourrures sont placées à l'intérieur des collants ou des pantalons afin d'amoindrir l'impact des chutes durant la période d'apprentissage de nouveaux sauts.
  • Des protège-lames sont installés sur les lames, quand le patineur doit marcher avec ses patins en dehors de la glace. Les protège-lames protègent contre la poussière et/ou la surface du plancher qui pourrait abîmer l'aiguisage ou faire des encoches.
    • Des protège-lames en linge (parfois appelés pantoufles ou crevettes) sont utilisés après les entraînements pour absorber la condensation et protéger les lames de la rouille.
  • L'habillement porté lors des pratiques varie de pantalons, jupes, collants, robes, vêtements une-pièce, pirouettes, tous flexibles afin de modeler les lignes du patineur et permettre toute l'amplitude de mouvement.
    • Lors des compétitions, les vêtements doivent être sportifs et de bon goût, les costumes de type théâtral étant proscrits (entraînant une déduction). De nos jours les tenues (bien que de plus en plus originales) n'entrainent plus aucunes déductions et les filles peuvent porter des pantalons depuis la saison 2005 - 2006.
  • Quelques patinoires possèdent un harnais afin d'aider les patineurs à apprendre de nouveaux sauts dans un environnement sécurisé. L'entraîneur assiste le saut du patineur en le soulevant de terre à l'aide d'un système de poulies (fixées au plafond ou à l'aide d'un harnais mobile).

Patinoires et glaces[modifier | modifier le code]

Les premières patinoires furent naturellement les étangs et les rivières. La préparation de la surface était parfois difficile et soumises aux conditions météorologiques, ce qui explique les débuts du patinage dans les régions plus adaptées à la formation de glace de qualité. Par exemple, dans les annales de 1844 du club de Philadelphie, on peut y lire que l'équipement de sauvetage devait être présent sur les lieux en cas de trous dans la glace. Au Canada, l'épaisseur de la glace n'était pas un problème; c'était plutôt la neige qui encombrait les surfaces. Alors en 1860 fut inaugurée en grande pompe la première patinoire au monde. Le Glacarium, la première patinoire avec surface artificielle vit le jour à Londres en 1876, à Chelsea. Le développement d'autres patinoires s'avérait crucial pour l'expansion de ce sport.

  • Le plus gros stade jamais construit : Tokyo, Japon (1960). Superficie : 4 000 mètres2.
  • Plus grande surface glacée au monde : Japon (1967). Superficie : 15 400 mètres2.

De nos jours, on retrouve des patinoires non seulement au Canada, États-Unis, Suède ou autres pays européens adeptes du hockey ou du patinage, mais aussi en Espagne autant qu'en Afrique noire (en Côte d'Ivoire).

Les compétitions[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses compétitions dont les championnats nationaux, mais également les compétitions internationales, généralement endossées par l'ISU dont les Grand Prix ISU, les championnats d'Europe, des Quatre Continents, du monde et les Jeux olympiques.

La notation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jugement du patinage artistique.

L'« ancien » système de jugement mis en place en 1905, nommé 6.0, ayant essuyé de nombreuses critiques, notamment lors du scandale des Jeux olympiques d'hiver de 2002, un nouveau système de jugement nommé CoP (Code of Points) a été mis en place pour toutes les compétitions ISU à la saison 2004 - 2009 et utilisé lors des Jeux olympiques d'hiver de Turin en 2006.

Les figures[modifier | modifier le code]

Les sauts[modifier | modifier le code]

  • Les combinaisons de sauts

Une combinaison de sauts est un enchaînement de deux ou trois sauts consécutifs, avec prise d'appel du deuxième saut sur la carre de réception du premier saut et ainsi de suite. On peut combiner le premier saut avec un saut de boucle, ou avec un boucle piqué.

  • Les séquences de sauts

Une séquence de sauts est un enchaînement de sauts (2 ou plus) liés par des petits pas, tout en gardant un rythme. Il ne peut y avoir plus de 360 degrés de rotation entre l'atterrissage du premier saut et l'appel du deuxième saut pour que la séquence soit valable. Les croisés, mocs et virages 3 sont interdits.

  • Les mouvements de sauts

Ce sont des « petits » sauts, non considérés comme éléments, mais plutôt comme mouvements de liaison :

    • Sauts écartés (demi-flip écarté, flip écarté)
    • Saut à la russe (russian split)
    • Saut de biche (stag)
    • Walley
    • Tour jeté (improprement appelé Feuille qui tombe) (calque du mot anglais falling leaf)
    • Saut de lapin/pas de géant
    • Saut de trois

Les pirouettes[modifier | modifier le code]

  • Les trois pirouettes de base :
    • La pirouette debout (incluant la cambrée)
    • La pirouette assise
    • La pirouette allongée ou pirouette arabesque
  • Les pirouettes sautées
    • Toute pirouette de base incluant un saut à l'entrée.
  • Les combinaisons de pirouettes

Les pirouettes combinées incluent au minimum un changement de position et/ou de pied et/ou de carre.

Les pas et retournements[modifier | modifier le code]

  • Les retournements
    • Le trois
    • Le double-trois
    • L'accolade (bracket)
    • Le mohawk
    • Le choctaw
    • La contre-accolade (rocker)
    • Le contre-trois (counter)
    • La boucle
    • La volte (twizzle)
    • Le pivot
  • Les pas
    • Le croisé
    • Le chassé
    • Le roulé
    • Le progressif
    • Le pas de valse
  • Il existe trois dessins de suites de pas (jeu de pieds) :
    • en ligne droite (médiane, diagonale)
    • en serpentin (deux ou trois lobes)
    • circulaire

Les attitudes & mouvements de transition[modifier | modifier le code]

  • La fente / La fente cambrée
  • La fente électrique (popularisée par Ivan Lopchenko)
  • L'arabesque
  • La fenêtre
  • Le tir au canard/la chaise
  • La royale
  • L'aigle - royal
  • Le Besti-squat
  • La fente Ina Bauer
  • La dedans Gilletti ou cygne
  • La Biellman
  • Le Y / Le Y inversé
  • La canadienne

L'hydroblading ou l'araignée se réfère à des positions exécutées sur une carre profonde avec le corps le plus près de la glace que possible dans le plan horizontal.

Les portés ou levées[modifier | modifier le code]

L'ISU a regroupé les types de portés ou levées en 5 différents groupes, selon le niveau de difficulté :

  • Groupe 1 – Portés/levées avec prise sous les bras
  • Groupe 2 – Portés/levées par la taille
  • Groupe 3 – Portés/levées par la hanche
  • Groupe 4 – Portés/levées main dans la main
  • Groupe 5 – Portés/levées lasso main dans la main

Les spirales[modifier | modifier le code]

Le partenaire exécute un pivot tout en tenant sa partenaire qui tourne autour de lui. Il existe plusieurs figures spiralées en couple, dont quatre spirales « classiques », popularisées par le couple russe des Protopopov. Ces figures sont classées ici en ordre de difficulté :

  • avant intérieure = spirale de la vie ;
  • arrière intérieure = spirale cosmique ;
  • arrière extérieure = spirale de la mort ;
  • avant extérieure = spirale de l'amour.

Athlètes marquants[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sports dans lesquels des patins sont utilisés
Autres sports de glace
Hors glace

Lien externe[modifier | modifier le code]