Joséphine Bacon

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Joséphine Bacon
Description de cette image, également commentée ci-après
Joséphine Bacon au festival Manitou 2017, Mont-Tremblant
Naissance (72 ans)
nutshimit (à l'intérieur des terres)
Activité principale
poète, réalisatrice documentaire
Distinctions
Compagne/Compagnon de l'Ordre des arts et des lettres du Québec, docteur honoris causa de l'université Laval
Auteur
Langue d’écriture français, innu-aimun

Joséphine Bacon, née le , est une poétesse, parolière et réalisatrice innue originaire de Pessamit au Canada[1]. Elle écrit en français et en innu-aimun. Elle est considérée comme une auteure phare du Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joséphine Bacon naît le dans une communauté innue autrefois nommée Bersimis, puis Betsiamites, avant de devenir Pessamit, située à 50 kilomètres à l'ouest de Baie-Comeau. Elle vit les cinq premières années de sa vie en semi-nomadisme dans le Nutshimit, à l’intérieur des terres de son peuple.

Elle est envoyée au pensionnat à Maliotenam, à 16 km à l'est de Sept-Îles, mais réussit à éviter un déracinement complet en côtoyant les jeunes des communautés environnantes, ce qui lui permet de converser dans sa langue maternelle. Début vingtaine, Joséphine quitte Maliotenam en direction de Québec pour suivre des cours en secrétariat. Elle parle alors surtout en français, quelques fois en anglais. Elle continue de discuter en innu-aimun avec ses quelques amis qui ont fait le chemin avec elle. Joséphine se rend à Ottawa pour six mois afin de participer à une formation offerte par le Bureau des affaires autochtones. En 1968, elle se rend à Montréal pour trouver du boulot. Après quelques tentatives infructueuses, elle se retrouve à la rue. Elle survit grâce à quelques emplois avant de rencontrer des anthropologues, Rémi Savard, Sylvie Vincent et José Mailhot, pour qui elle deviendra traductrice. Elle travaille comme traductrice-interprète auprès des aînés du Innus du Labrador et du Québec, détenteurs des traditions orales et transcrit pour eux de nombreux mythes fondateurs. Elle se réapproprie ainsi la langue du Nutshimit.

En plus de son travail de transcription et d’assistante de recherche, elle travaille aussi avec des linguistes, devient traductrice et collabore avec des cinéastes, dont Gilles Carle et Arthur Lamothe. Grâce à une formation de l'office national du film du canada, elle acquiert les connaissances nécessaires afin de devenir elle-même documentariste. Sa première réalisation, aujourd’hui introuvable, nous raconte la rencontre d’aînés innus et de mères de clan de Kahnawake. Joséphine Bacon réalise Tshishe Mishtikuashisht, Le petit grand européen, Johan Beetz en 1997 et Ameshkuatan, Les sorties du castor en 1978.[2] Elle participe aux treize émissions de la série télévisée Mupu (2002), la série Carcajou Mikun, Finding our talk, avec les productions Mushkeg Nutaq, et Innu-Assi – avec les productions Manitu.

En 2009, c'est chez Mémoire d’encrier qu'elle publie son premier recueil Bâtons à message/Tshissinuatshitakana. Il fut écris en pensant à ces nomades amoureux des grands espaces, et a reçu le Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal en 2010 pour son poème « Dessine-moi l’arbre ».

Continuant sa collaboration avec la maison d'édition Mémoire d’encrier, elle a publié en duo avec José Acquelin Nous sommes tous des sauvages publié en 2011 et Un thé dans la toundra/Nipishapui nete mushuat sorti en 2013 qui fut finaliste au Prix du Gouverneur général et finaliste au Grand Prix du livre de Montréal. Sa plus récente publication, le recueil Uiesh • Quelque part (2018), lui a valu le Prix des libraires 2019.

Joséphine Bacon a été invitée en Colombie, en France, en Russie, en Arménie et en Haïti afin de participer à divers événements de poésie.

Elle enseigne la langue Innu-aimun depuis une quarantaine d'année et donne de nombreux ateliers d’écriture et conférences dans les universités, les cégeps et dans plusieurs communautés autochtones du Québec comme dans son village natal Pessamit ou ailleurs comme à Les Escoumins, Mashteuiatsh, Natashquan, Obedjiwan, Sept-îles et Odanak. Elle travaille également à la traduction de divers écris en innu-aimun vers le français[3].

Collaboration[modifier | modifier le code]

Elle fut parolière et auteure des textes d’enchaînement du spectacle de Chloé Sainte-Marie : Nitshisseniten e tshissenitamin[4].

Exposition[modifier | modifier le code]

Elle a monté une exposition à la Grande Bibliothèque du Québec : Matshinanu – Nomades[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Joséphine Bacon est l'auteur des ouvrages[6] :

  • Uiesh / Quelque part, Mémoire d'encrier, 2018.
  • Un thé dans la toundra / Nipishapui nete mushuat, édition bilingue innu/français, Mémoire d'encrier, 2013[7].
  • Nous sommes tous des sauvages, recueil écrit à quatre mains par Joséphine Bacon et José Acquelin, Mémoire d'encrier, 2011[8]
  • Bâtons à message / Tshissinuashitakana, édition bilingue innu/français, Mémoire d'encrier, 2009[9]

Elle a également collaboré aux ouvrages[6] :

  • Femmes rapaillées, Mémoire d'encrier, 2016.
  • Bonjour voisine, Mémoire d'encrier, 2013.
  • Les Bruits du monde, Mémoire d'encrier, 2012.
  • Aimititau ! Parlons-nous !, Mémoire d'encrier, 2008 ; réédité en format poche, 2017.

À la demande de l'auteur, elle a écrit la préface de Premières Nations : Essai d'une approche holistique en éducation supérieure d'Emmanuel Colomb, PUQ, 2012[10],[11].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Joséphine Bacon a participé comme traductrice et narratrice à des documentaires du cinéaste Arthur Lamothe[12] :

  • Mishtikuashisht - Le Petit Grand Européen : Johan Beetz (1997)[13],[14]
  • Ameshkuatan - Les sorties du castor (1978)

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

La poète innue Joséphine Bacon a remporté le quatrième Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal, pour son recueil de poésie Bâtons à message, publié aux éditions Mémoire d'encrier en . Elle détient un doctorat honoris causa de l’Université Laval. Elle a remporté le prix international Ostana pour écritures en langue maternelle[6]. De plus, pour son ouvrage Un thé dans la toundra, elle est finaliste du Prix du gouverneur général et du Grand prix du livre de Montréal en 2014[7]. En 2018, elle est nommée Compagne de l'Ordre des arts et des lettres du Québec.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]