Germains

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Thing germanique (assemblée de gouvernement), d'après un relief de la colonne de Marc-Aurèle, 193 ap. J.-C.

Les peuples germaniques, ou Germains (également appelés Tudesques, Suèves ou Gaut dans la littérature ancienne) constituent un groupe ethnolinguistique indo-européen originaire d'Europe du Nord, identifié par leur utilisation des langues germaniques[1]. Leur histoire s'étend du IIe millénaire av. J.-C. à nos jours[2].

On pense que les peuples proto-germaniques ont émergé au cours de l'âge du bronze nordique, qui s'est développé hors de la culture des haches de combat dans le sud de la Scandinavie[3]. Au cours de l'âge du fer, diverses tribus germaniques ont commencé une expansion vers le sud aux dépens des peuples celtes, ce qui a entraîné des siècles de violents conflits sporadiques avec la Rome antique. La victoire décisive d'Arminius lors de la bataille de la forêt de Teutobourg en l'an 9 de l'ère chrétienne aurait empêché l'éventuelle romanisation des peuples germaniques et a donc été considérée comme un point tournant dans l'histoire mondiale[4]. Des tribus germaniques se sont installées sur toute la frontière romaine le long du Rhin et du Danube, et certaines ont établi des relations étroites avec les Romains, servant souvent de tuteurs royaux et de mercenaires, atteignant même parfois les plus hautes fonctions de l'armée romaine. Entre temps, les tribus germaniques se sont étendues en Europe de l’Est, où les Goths ont maîtrisé les nomades iraniens locaux et sont parvenues à dominer la steppe pontique, lançant simultanément des expéditions maritimes dans les Balkans et l’Anatolie jusqu’à Chypre[5],[6],[7].

L'expansion vers l'ouest des Huns en Europe à la fin du ive siècle a poussé de nombreuses tribus germaniques dans l'Empire romain d'Occident. Leurs terres vacantes ont été occupées par les Slaves. Une grande partie de ces territoires ont été récupérés au cours des siècles suivants. D'autres tribus se sont installées en Grande-Bretagne et sont connues sous le nom d'Anglo-Saxons. Avec la chute de l'Empire romain d'Occident, une série de royaumes barbares germaniques ont émergé, parmi lesquels la Francie a acquis une position dominante. Ce royaume forme le Saint-Empire romain germanique sous la direction de Charlemagne, officiellement reconnu par le pape Léon III en 800 de notre ère. Dans le même temps, les marins germaniques du Nord, plus communément appelés Vikings, se sont lancés dans une expansion massive qui a conduit à l’établissement du duché de Normandie, de la Rus' de Kiev et la colonisation des îles Britanniques et de l'océan Atlantique nord jusqu’en Amérique du Nord. Avec l'abandon par les Germains du Nord de leur religion autochtone au XIe siècle, presque tous les peuples germaniques ont été convertis au christianisme[8]. Avec la réforme initiée par Martin Luther au xvie siècle, de nombreuses nations germaniques ont adopté le protestantisme. La division religieuse qui s'ensuivit aboutit à la fragmentation politique d'une grande partie de l'Europe germanophone[9].

Les peuples germaniques ont contribué à façonner une grande partie de l'histoire de l'Europe occidentale depuis le haut Moyen Âge jusqu'à nos jours[10],[11].

Origines[modifier | modifier le code]

Foyer proto-germanique, Ier âge du fer : groupe nordique au nord (rouge) et la culture de Jastorf au sud (magenta).

L'origine des peuples germaniques étant probablement liée à la culture rubanée et à la culture de la céramique cordée.

Après avoir étudié la toponymie et l'hydronymie du Nord de l'Europe, Jürgen Udolph, spécialiste en onomastique, conclut que l'ancienne zone de peuplement proto-germanique se situe approximativement entre les monts Métallifères, la forêt de Thuringe, l'Elbe, l'Aller et une frontière ouverte vers la Westphalie[12]. Selon lui, l'étude détaillée des noms géographiques ne permet plus d'assumer une patrie scandinave aux tribus germaniques, ni même pour le Schleswig-Holstein ou pour le Danemark, régions qui ne sont pas impliquées dans les formations de noms de lieux en vieux germanique. Selon lui, il est beaucoup plus probable de supposer une première migration vers le nord. L'inventaire de la toponymie indique clairement que l'ouest du Schleswig-Holstein et le Jutland occidental ne doivent pas être considérés comme des zones de peuplement germanique ancien. Le Jutland oriental et les îles danoises ont été atteints plus tôt par des tribus germaniques. Les tribus germaniques auraient également atteint relativement tôt la côte est suédoise[12].

C'est à partir de l'âge du bronze danois, d'après l'archéologie allemande et scandinave, que des cultures du Sud de la Scandinavie se diffusent progressivement vers le sud. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique (civilisation de La Tène) : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. Il est courant d'attribuer un caractère germanique à la culture de Jastorf (Sud du Danemark et Nord de l'Allemagne) bien que l'espace recouvert par cette culture ne corresponde pas nécessairement à des frontières linguistiques[13].

Au phénomène de diffusion correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Il est possible qu'une expansion démographique y contribua également, engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Les Grecs ou les Romains n'en ont laissé aucun témoignage écrit. En effet, ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains, puisqu'ils en étaient séparés par les Celtes. Les Germains sont cependant souvent confondus avec les Celtes par les historiens de l'Antiquité, ce qui fait dire que l'ancien nom des Germains pouvait être celui des Celtes, les Germains n'ayant été mentionnés que tardivement[14]. En tous cas, à partir du IIIe siècle av. J.-C., a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire.

Contextualisation[modifier | modifier le code]

Alors que la tradition historiographique française confine les peuples germaniques à des tribus inconnues réfugiées dans des forêts humides au-delà du limes en Germanie (jusqu'à l'Antiquité tardive), puis à l'emploi systématisé du terme barbare lors du haut Moyen Âge, il est possible de décrire une civilisation germanique unifiant les traits des anciens peuples d’Europe du Nord précédant leur christianisation.

Cette description n'a donc de sens que dans la situation de l'âge du fer germanique, antérieur à l'âge des Vikings selon les découpes de l'historiographie anglo-saxonne. Compte tenu des trajets des peuples, les Germains de la mer du Nord émanent d'une culture scandinave à compter du IIe siècle — il s'agit de la culture des Scandinaves du futur âge des Vikings.

Des découvertes récentes réalisées depuis les cinquante dernières années et prises en charge par des universités allemandes dans les sections archéologiques permettent d'en révéler les traits, ce qui bouscule la manière dont cette civilisation était présentée jusqu'alors à partir des chroniques rédigées par ceux que ces peuples avaient envahis[note 1].

Les divers peuples germaniques migrent progressivement sur les territoires des Celtes et entrent en contact avec les Romains, qui nomment cette terre la Germanie (d'après Tacite). Cette carte compare chronologiquement leur expansion, jusqu'en 300, avec celle de l'Empire romain, jusqu'en 117.

Le contexte de ce paragraphe est donc chronologiquement du IIe au Ve siècle apr. J.-C. ; il commence par l'arrivée de peuples en Germanie provenant de Scandinavie ou d'îles hypothétiquement originelles (Bornholm, Gotland) situées en mer Baltique. Géographiquement, il comprend la Germanie connue des Romains étendue jusqu'à la Pologne et les limites primitives de la Russie historique (Novgorod était connue des Svears[15], voire fut développée par eux).

Leurs emplacements en Germanie sont aujourd'hui reconstitués par le relevé des cultures archéologiques, travail plutôt ardu attendu que les traces d'une hutte en bois et pierres ne permettent pas de distinguer si elle fut bâtie par des Burgondes ou des Alamans. On peut éventuellement parler de protohistoire pour décrire leurs implantations précédant leur contact avec la civilisation romaine, dans la mesure où après 325 les annalistes de Rome n'ont plus d'éléments pour les relater dans leurs écrits.

La dynamique d'expansion du monde latin sous l'égide de l'Empire n'a pas fonctionné pour ces peuples, là où elle avait marché pour les Celtibères et les Gaulois, pour ne citer qu'eux ; les provinces taillées au-delà des frontières naturelles que forment le Rhin et le Danube telles que la Rhétie ne se sont pas stabilisées et ont été régulièrement ravagées.

Le nom des Germains[modifier | modifier le code]

L'origine du nom des Germains a toujours divisé les spécialistes, et la question n'est pas résolue à ce jour. Une seule chose semble sûre : c'est en latin que le mot apparaît pour la première fois, sous le stylet de César[note 2], lorsque ce dernier évoque, au tout début de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, les différents peuples d'Europe occidentale en 58 av. J.-C. : « Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux »[16]. Ce nom est repris sous la même forme dans le traité que Tacite consacra aux Germains vers l'an 98, De Origine et Situ Germanorum (La Germanie). César crée également le concept géographique de Germania[13].

Comme le font justement remarquer les auteurs du Chambers Dictionary of Etymology[17], les peuples germaniques eux-mêmes n’ont jamais employé à date ancienne le nom de Germani pour s’auto-désigner (ce terme, avant d’être emprunté par d’autres langues, ne se rencontre qu’en latin) : ils ont généralement utilisé pour ce faire le produit du germanique commun *þeudiskaz « du peuple », adjectif formé sur *þeudō « peuple », lui-même issu de l’indo-européen *teut-eh₂- « tribu » : de ce terme procèdent, par exemple, l’allemand deutsch « allemand », le néerlandais Duits « allemand », Diets « néerlandais médiéval » et le gotique þiudiskō « païen »[18],[19],[20]. Il est aussi indirectement à l’origine de l’ancien français tieis, tiois (féminin tiesche), qui a désigné de manière générale toute personne ou tout peuple de langue germanique[21],[22], ainsi que du français tudesque et de l'italien tedesco « allemand », par l’intermédiaire du latin médiéval theudiscus[23]. Le germanique commun *ϸeudō « peuple » est par ailleurs apparenté au dérivé *ϸeudanōz (de l’indo-européen *teutonōs « ceux de la tribu »), nom tribal passé en celtique puis latinisé en Teutoni. Le français en a tiré le nom des Teutons et l’adjectif teutonique, souvent employé par le passé (comme en anglais, d’ailleurs) au sens de « germanique »[18],[19],[20]. La forme singulière de ce mot en indo-européen, *teutonos, « celui de la tribu », est en outre à l'origine du mot gotique *ϸiudans « roi », littéralement « (chef) de la tribu », par l'intermédiaire du germanique commun *ϸeudanaz[24].

L'hypothèse germanique[modifier | modifier le code]

La plupart des spécialistes actuels rejettent implicitement une étymologie germanique du mot latin Germanus. Ils font état, selon les cas, soit d'une origine inconnue[17],[25] ou du moins très controversée[26],[27], soit d'une étymologie celtique ou latine. Néanmoins, il a été fait par le passé diverses tentatives dans ce sens, en dépit du fait que le nom ait été inconnu des langues germaniques à date ancienne.

La plus fréquente consiste à y voir un composé des éléments germaniques gair- > gēr- « lance » et man « homme », qui fait du Germain un « homme à la lance ». Cette étymologie populaire est au mieux qualifiée de « traditionnelle » dans les ouvrages de référence[28]. Elle est formellement infirmée par la phonétique : en effet, la première attestation connue du nom des Germani datant du Ier siècle av. J.-C., sa création se situerait nécessairement à l'époque du germanique commun, où le mot pour « lance », *gaizaz, a encore sa diphtongue ai qui n'évoluera en ē que bien plus tard. Il ne peut en aucun cas être transcrit par Ger- à cette date[29],[30],[31],[note 3]. André Cherpillod[note 4] rapporte également diverses interprétations hautement fantaisistes telles que ger-man « main avide » ou encore « chef des hommes »[32], mentionnées ici pour mémoire seulement.

L'hypothèse celtique[modifier | modifier le code]

L'idée que César, en citant les Germānī, ne fait que reprendre un terme employé par les Gaulois pour désigner leurs voisins les Germains cisrhénans (terme ensuite appliqué à l'ensemble des peuples de langue germanique) a séduit plusieurs auteurs. C'est l'explication que l'on voit le plus régulièrement évoquée, parfois en alternance avec la suivante, dans bon nombre de dictionnaires étymologiques. Il est à noter cependant qu'elle n'est pas envisagée par la majorité des spécialistes du gaulois[33],[34],[35],[36],[37].

Dans la plupart des cas, le mot est rapproché avec prudence du vieil irlandais gair « voisin » + maon, man « peuple »[38],[32],[39],[28] : avec prudence, car l'équivalent de ces mots n'est pas attesté en gaulois[37]. Dans cette hypothèse, les Gaulois auraient nommé leurs voisins germaniques de la rive droite du Rhin de la manière la plus simple qui soit : « les hommes voisins, le peuple voisin ». Le nom des Germānī a également été interprété, toujours de manière hypothétique, par « ceux qui crient », « les hurleurs », étymologie suggérée par le vieil irlandais gáirm et le gallois garm « crier, hurler »[40]. Dans ce second cas, le terme est bien attesté en gaulois par le radical garo- et le substantif garman « cri »[41]. Cependant, ces deux explications sont réfutées de manière assez convaincante par le Chambers Dictionary of Etymology[17] pour des raisons phonétiques (quantité des voyelles ; évolution des groupes consonantiques). Les auteurs de cet ouvrage considèrent plus prudent de laisser Germānī inexpliqué.

L'hypothèse latine[modifier | modifier le code]

La solution alternative consiste à penser que Jules César, en parlant des Germānī, a tout simplement employé le mot latin germanus, dont les sens sont multiples : « naturel, vrai, authentique ; de la (même) race », et aussi « germain, de frère germain », puis « frère ». Dans cette optique, César décide d'appeler Gallia et Germania deux régions qu'il sépare plus ou moins arbitrairement par le Rhin, ainsi que l'a présenté par exemple Christian Goudineau[42],[43]. Étant donné qu'aux yeux du proconsul, il n'y avait pas de différence fondamentale entre Germānī et Galli (sinon, pour ces derniers, un contact plus poussé avec la civilisation romaine), certains auteurs ont choisi d'interpréter le nom des Germains par « (le peuple) frère »[40],[44].

Une analyse différente, proposée entre autres par Louis Deroy et Marianne Mulon[45], s'appuie sur le fait que ces derniers, plus belliqueux et réfractaires, étaient restés davantage à l'écart de la civilisation méditerranéenne, et donc fidèles à leurs propres origines : de ce point de vue, les Germains étaient « les vrais », « les authentiques », « les naturels »[note 5], par opposition aux Gaulois déjà partiellement colonisés et romanisés. Les auteurs mettent ce sens de l'adjectif germanus en parallèle avec son emploi chez divers écrivains latins, tels que Plaute évoquant les femmes ex germana Græcia[46], « de la Grèce propre » (et non de l'une de ses colonies), ou encore Cicéron parlant de illi veteres germanique Campani[47], « ces anciens et authentiques Campaniens »[45]. Si cette dernière explication ne fait pas plus l'unanimité que les autres, elle a l'avantage de ne poser aucun problème phonétique.

Principales branches linguistiques[modifier | modifier le code]

Les langues germaniques sont généralement divisées en germanique occidental, nordique et oriental (voir la classification détaillée ci-dessous).

Voici une liste de ces principaux peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.

Germains septentrionaux ou Scandinaves[modifier | modifier le code]

Les Germains du Nord vivant dans la péninsule du Jutland et en Scandinavie - Tacite nomme une tribu les Suiones - sont regroupés pour des raisons linguistiques. Sur le plan archéologique, les Germains septentrionaux sont divisés en un groupe nord-est et nord-ouest. Une zone de transition vers les Germains de la mer du Nord est formée par les Angles et les Jutes.

Germains occidentaux[modifier | modifier le code]

Paradoxalement, c'est un groupe linguistique dont la préhistoire et la protohistoire supposées sont les moins bien cernées à cause des mouvements de population dont il a été question précédemment et des brassages de population que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et la Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources qu'il est possible de relier ou non à ces groupes sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.

Germains orientaux[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un groupe linguistique supposé le plus homogène qui aurait réuni les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiæ à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie. Il semble que dans les sources antiques le terme de Germani n'ait jamais été appliqué aux Germains orientaux[13]. Si l'on relie ce groupe linguistique aux sources antiques, on a:

Données géographiques, linguistiques et culturelles[modifier | modifier le code]

D’après Régis Boyer, les Germains ont, à partir du moyen-âge, un alphabet en partie fondé sur le latin, souvent utilisé pour des offices religieux ou sur les armes.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

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Gouvernement[modifier | modifier le code]

Il est propre à chaque peuple. Il n'y a pas d'administration, éventuellement un conseil des sages sur le mode scandinave, mais cette assertion provient plus d'une déduction propre à l'origine de certains des peuples.

La manière d'élire les chefs des tribus et peuples est très différente de celle issue de l'Empire romain, et forme la base des futures structures monarchiques et de l'aristocratie en expérience lors du haut Moyen Âge qui va s'ouvrir. La transmission héréditaire d'un titre n'est absolument pas un trait identifié à ce moment, ceci relevant vraisemblablement d'une construction ultérieure par dévoiement des titres de l'administration romaine.

Il n'y a pas à proprement parler de roi avant l'existence des premiers royaumes sédentaires.

Les chefs conduisent leur peuple (lire dux) parce qu'ils sont les plus aptes (braves) pour le faire, et reconnus par l'aristocratie dominante de ce peuple.

Droit germanique[modifier | modifier le code]

C'est un droit de tradition orale sur le mode scandinave, propre à l'identité de chaque peuple.

Dans les royaumes sédentarisés du Ve siècle, il fusionne peu à peu avec certains concepts du droit romain en passant par des édits rédigés et s'inspirant du Code théodosien (lire droit des royaumes barbares).

Structure sociale[modifier | modifier le code]

Les sociétés du groupe linguistique germanique, jusqu'à la période des Grandes Invasions, ont une structure sociale assez souple. Les rois, les chefs de guerre, les prêtres n'ont qu'un pouvoir de circonstance fondé sur le consensus. L'instance supérieure est l'assemblée des hommes libres, autour d'un sanctuaire commun, où les décisions se prennent à l'unanimité par acclamations. Le groupe familial est très solidaire et collectivement responsable, notamment pour l'exercice de la vengeance et le paiement du wergeld (prix du sang).

La coutume reconnaît une stratification hiérarchique fondée sur la liberté : les nobles (vx. sax. aðali) (ceux qui, probablement, fournissent les rois et les chefs de guerre), les simples hommes libres (baro), les lètes (m. nl. læt, anc. fr. culvert) (affranchis ou demi-affranchis) et les serfs (vx. h. all. dio). Le tarif du wergeld et les autres pénalités sont déterminés en fonction du rang social. Les esclaves n'ont aucune personnalité juridique, ils n'ont ni biens ni liens familiaux et sont une simple propriété de leurs maîtres. Dans les royaumes germaniques du haut Moyen Âge, les rois s'efforcent de maintenir l'identité légale du peuple conquérant, considéré comme la classe guerrière qui élit le roi et l'accompagne au combat. En fait, il y a une fusion sociale progressive entre les descendants des Goths, Burgondes, Lombards, etc., et ceux des peuples conquis.

L'esclavage n'est pas étranger aux sociétés germaniques. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves.

Pratiques guerrières[modifier | modifier le code]

Lire armement des Germains.
L'Homme d'Osterby, découvert dans une tourbière près d'Osterby, dans le Schleswig-Holstein. Ses cheveux sont attachés en un nœud connu sous le nom de chignon suève.

Les descriptions historiques des tribus germaniques situées à l'est du Rhin et à l'ouest du Danube ne commencent pas avant la fin de la période antique, de sorte que seule la période postérieure à 100 ans avant notre ère peut être examinée. Ce qui est clair, c’est que l’idée germanique de la guerre était tout à fait différente des batailles rangées menées par Rome et la Grèce. Au lieu de cela, les tribus germaniques se concentraient sur les raids.

Ceux-ci ne visaient généralement pas à gagner du terrain, mais à capturer des ressources et à assurer le prestige des combattants. Ces raids ont été menés par des troupes irrégulières, souvent formées de groupes de 10 à 1 000 personnes environ. Les dirigeants dotés d'un magnétisme personnel plus important pouvaient rassembler plus de soldats pendant de plus longues périodes, mais il n'existait aucune méthode systématique pour rassembler et former des hommes. Par conséquent, la mort d'un dirigeant charismatique pouvait signifier la destruction d'une armée. Les armées sont souvent composées à plus de 50 % de non-combattants, les personnes déplacées voyageant avec de grands groupes de soldats, des personnes âgées, des femmes et des enfants. Les chefs de guerre qui ont pu obtenir suffisamment de butin pour leurs assistants ont pu grandir en conséquence en attirant des groupes de guerriers des villages voisins.

Les grands corps de troupes étaient l'exception plutôt que la règle de la guerre antique. Ainsi, une force germanique typique pourrait être composée de 100 hommes avec pour seul objectif de faire des raids sur un village germanique ou étranger situé à proximité. De cette façon, la plupart des combats ont eu lieu chez leurs voisins barbares. Selon des sources romaines, lorsque les tribus germaniques se livraient à des batailles organisées, l'infanterie adoptait souvent des formations en coin, chaque coin étant dirigé par une tête de clan. La légitimité des chefs réside dans leur capacité à mener avec succès les armées à la victoire. La défaite sur le champ de bataille aux mains des Romains ou d'autres barbares signifiait souvent la fin d'un dirigeant et, dans certains cas, être absorbée par une autre confédération victorieuse.

Bien que souvent défaites par les Romains, les tribus germaniques étaient considérées dans les archives romaines comme des combattants valeureux, dont le principal défaut était de ne pas s'unir pour former une force de combat collective sous un commandement unifié, ce qui permit à l'empire romain d'employer une stratégie de diviser pour vaincre contre eux. Néanmoins, la défaite infligée par Arminius lors de la bataille de Teutobourg en l'an 9 de notre ère aura pour conséquence que les Romains ne tenteront plus jamais de conquérir les territoires germaniques situés à l'est du Rhin.

Habitat[modifier | modifier le code]

Jernalderhus, Reconstruction d'une maison de l'âge du fer vers 400 ans au musée Moesgaard à Aarhus au Danemark
Village germanique reconstruit à Geismar (Fritzlar), basé sur des fouilles locales

Les Germains vivaient dans des colonies relativement petites. D'après la taille des lieux de sépulture (tombes à crémation), les archéologues concluent que la taille des colonies de peuplement était d'environ deux cents personnes. Les colonies se sont rarement développées d'après un plan : là où habitait déjà quelqu'un, d'autres personnes venaient s'agréger. Un héritage de ce type de peuplement est constitué par les soi-disant villages en grappes d’Allemagne et d'autres pays de culture germanique. Les villages étaient souvent entourés d'une sorte de clôture, rarement d'une palissade proprement dite. Uniquement dans les régions frontalières de l'Empire romain, avec le début des hostilités et des empiétements mutuels, des villages ont été protégés par des remparts ou des palissades.

On sait par les fouilles que les Germains vivaient dans des maisons en bois avec un procédé de construction en « squelette ». Etant donné que, contrairement aux maisons en pierre, le bois pourrit au fil du temps, seuls les trous des poteaux visibles sur le plan archéologique fournissent des informations sur la structure exacte des maisons. Le type le plus répandu était une longue maison à trois nefs, de six à huit mètres de large et souvent plus de deux fois plus longue, parfois plus de 60 mètres. Son toit abritait à la fois la famille, tous les semi-libres et les esclaves et les animaux, qui n'étaient séparés que par un mur. Cela présentait l'avantage particulier que les animaux aidaient à chauffer la maison durant les mois d'hiver les plus froids. L'espace d'habitation n'avait pas d'autres cloisons, au milieu se trouvait une cheminée. La fumée pourrait s'échapper par une ouverture dans le toit. Les maisons germaniques n'avaient probablement pas de fenêtres.

Bien que la méthode funéraire la plus courante au début du siècle fût l'incinération avec enfouissement des urnes, on connaît également de nombreux corps de tourbière, associés à des circonstances de mort très différentes. À partir d’environ 300, la proportion d'inhumation augmente fortement, bien que l'incinération reste courante chez certains peuples.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les Germains sont principalement des agriculteurs sédentaires, à bien distinguer des nomades des steppes avec qui ils sont en contact. Ils pratiquent une agriculture extensive avec de longues jachères, qui leur permettent d'entretenir un bétail nombreux. En plus de l'agriculture, il y a des artisans tels que forgerons, potiers et charpentiers. Les dialectes germaniques ont deux mots pour désigner la roue, connue depuis les temps indo-européens. Les Germains ne connaissent pas l'argent, le commerce est limité à l'échange de produits naturels. Le bien principal est constitué comme pour les Romains par le bétail. Ainsi la signification du mot anglais fee « frais (à payer) » provient précisément du vieil anglais feoh « bovins ; biens meubles ».

Parmi les cultures, l'orge tient un rôle particulier. Diverses espèces de blé, de seigle, d'avoine et de millet le complètent selon des différences régionales. Surtout sur les côtes de la mer du Nord, la fève a été cultivée. On cultive le petit pois, le lin et le chanvre. L'horticulture est bien exploitée, mais probablement pas l'arboriculture. On cueille les fruits sauvages, les glands, diverses baies (framboises, mûres) et des herbes sauvages telle que la spergule. Le miel des abeilles sauvages est recueilli. L'apiculture dans le sens moderne n'existe pas encore. Les Germains réalisent certains progrès techniques comme la culture du seigle, mieux adapté que le blé aux climats frais.

Sont élevés principalement les bovins, également les moutons, les porcs, les chèvres et de la volaille, ainsi que les chevaux, les chiens et les chats. Les Germains savent comment fabriquer du fromage. Les langues germaniques ont un mot pour le fromage à pâte fraîche, non-affiné, qui survit dans les langues nordiques ; cf. suéd. ost « fromage ». Pour le fromage affiné, à pâte dure, ils ont emprunté le mot latin cāseus ; cf. néerl. kaas, all. Käse « fromage ».

L'araire est connu depuis l'avent de l'agriculture ; la charrue est d'usage sporadique à la veille des migrations. De même, la herse est connue ainsi que la bêche, la houe, le râteau, la faucille et la faux. Ils laissent les terres en jachère régulièrement connaissant les avantages de la fertilisation. Le grain est mangé principalement sous la forme de bouillie, le pain étant réservé à la classe supérieure jusqu'au Moyen Âge.

La productivité est significativement plus faible que chez les Romains. Il y a des famines et de nombreux Germains souffrent de malnutrition, résultant en une espérance de vie considérablement réduite. L'état de santé des Germains est souvent médiocre ; les troubles articulaires et les troubles de disques intervertébraux sont monnaie courante.

Tacite nous apprend que chaque tribu créent autour d'elle de vastes espaces déserts, afin d'assurer sa propre sécurité.

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Le traitement du cuir est le fait des hommes, tandis que les textiles (filature et tissage) sont produits par les femmes. Les manufactures ne dépassent habituellement pas le stade local. Inversement, les objets de luxe romain peuvent être trouvés partout sur le territoire germanique. Sont exportés ambre, fourrures et les cheveux des femmes blonde très appréciés par les femmes romaines. La monnaie romaine est en possession de beaucoup, mais elle ne sert pas pour des transactions.

Selon les dernières découvertes, dans le voisinage de l'actuelle Berlin, une sorte de métallurgie est déjà développée. L'acier produit devait être de grande qualité et a été principalement exporté vers l'Empire romain. La construction navale (Hjortspring, bateau de Nydam…) est déjà très développée.

Religion germanique primitive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mythologie germanique.

Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite[48]. Le paganisme norrois des années 1 000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains. Le chamanisme et les pratiques divinatoires sont le fait de certaines femmes, les völvas.

Jules César réduit la religion des Germains au culte des éléments naturels, mais c'est plutôt une vision philosophique. Tacite a une information plus précise, et certains éléments, comme les sacrifices humains dans les marécages, sont confirmés par l'archéologie. Comme dans d'autres religions indo-européennes, elle est polythéiste, avec une complémentarité entre les divinités chtoniennes (Nerthus/Erda, la Terre) et les divinités célestes. Celles-ci sont connues par les jours de la semaine, usage romain adopté probablement vers le IVe siècle :

Lundi (jour de la lune) = Monday, Montag (même sens) ; mardi (jour de Mars) = Dienstag, Tuesday (jour de Tyr/Tuiston, dieu des assemblées) ; mercredi (jour de Mercure) = Wednesday (jour de Wotan/Woden/Odin, dieu suprême) ; jeudi (jour de Jupiter) = Donnerstag, Thursday (jour de Donner/Thor, dieu de la foudre) ; vendredi (jour de Vénus) = Freitag, Friday (jour de Freya, déesse de l'amour) ; samedi de *sambati dies (hébreu sabbat), anciennement dies Saturni (jour de Saturne) sans équivalent germanique : l'allemand Samstag présente la même mutation phonétique /b/ > /m/ à partir du mot sabbat que le français et l'anglais Saturday est un calque du latin saturni (dies) ; dimanche de dies domenicus, anciennement dies solis (jour du soleil) = Sonntag, Sunday (même sens).

Certaines dynasties royales des Grandes Invasions font remonter leur lignée à Wotan.

Arts[modifier | modifier le code]

Bijoux germaniques

Le monde culturel germanique était relativement pauvre en images. Il a fallu attendre le Ve siècle de notre ère pour que des scènes et des figures de la mythologie soient représentées sur des disques de bijoux en or. À la fin de la période impériale, les fibules ont été adaptées à partir de modèles romains en fonction des formes animales. Les sangliers et les cerfs étaient particulièrement populaires. Des figurines de bétail entièrement en bronze sont également connues, bien que rares. Bien sûr, on ne peut rien dire de la sculpture sur bois. Les imitations d’images animalières romaines ont été développées au fil du temps pour devenir une ornementation animale germanique indépendante.

Physionomie[modifier | modifier le code]

Différents auteurs décrivent l'aspect et les caractéristiques physiques des Germains tel leurs contemporains Tacite, Suétone, et Sénèque. Il s'agit la plupart du temps de topos littéraires qui ne doivent pas être strictement pris au pied de la lettre[réf. souhaitée].

  • Tacite, Germanie : « IV. Du reste je me range à l'avis de ceux qui pensent que le sang des Germains ne fut jamais altéré par des mariages étrangers, que c'est une race pure, sans mélange, et qui ne ressemble qu'à elle-même. De là cet air de famille qu'on remarque dans cette immense multitude d'hommes : des yeux bleus et farouches ; des cheveux roux ; des corps d'une haute stature et vigoureux pour un premier effort, mais peu capables de travail et de fatigues, et, par un double effet du sol et du climat, résistant aussi mal à la soif et à la chaleur qu'ils supportent facilement le froid et la faim »[49],[50].
  • : « XI. 1. Quant aux premiers occupants de l'île, on ne peut savoir avec certitude, comme toujours dans le cas de peuples barbares, s'ils s'agit d'autochtones ou s'ils sont venus d'ailleurs. 2. Les Bretons présentent plusieurs types physiques, ce qui permet d'étayer autant d'hypothèses. Par exemple, les cheveux roux des Calédoniens et leurs membres allongés attestent une origine germanique. Basanés et souvent crépus, les Silures, dont le territoire est opposé à l'Espagne, donnent à penser qu'autrefois des Ibères ont traversé la mer et se sont fixés sur leurs terres. Ceux qui vivent le plus près de la Gaule ressemblent à ses habitants : soit l'origine ethnique reste marquante, soit le climat a conditionné le type humain dans ces régions qui se font face. 3. En examinant la question dans ses grandes lignes, on peut, malgré tout, concevoir que des Gaulois ont occupé l'île du fait de sa proximité : 4. On peut y retrouver les rites et les croyances religieuses propres à la Gaule ; la langue n'est pas très différente ; aussi téméraires que les Gaulois, les Bretons aiment prendre des risques, mais devant le danger ils paniquent tout autant et fuient. Toutefois, on trouvera plus combatifs les Bretons qu'une pacification de longue date n'a pas encore amadoués. Nous savons que les Gaulois, eux aussi, étaient de brillants guerriers. Par la suite, la paix les rendit nonchalants, car ils avaient perdu leur bravoure avec leur liberté. 5. Il en va de même pour les Bretons vaincus de longue date, alors que tous les autres sont encore comme les Gaulois d'autrefois »[51].
  • Suétone, Vie des douze Césars : « (1) Occupé ensuite du soin de son triomphe, il ne se contenta pas d'emmener les prisonniers et les transfuges barbares, il choisit les Gaulois de la taille la plus haute, et, comme il le disait, la plus triomphale, quelques-uns même des plus illustres familles, et les réserva pour le cortège. Il les obligea non seulement à se rougir les cheveux, mais encore à apprendre la langue des Germains et à prendre des noms barbares. (2) »[52].
  • Sénèque, De la colère : « XXVI. ... et ce serait juger bien mal que de reprocher aux individus les torts de l'espèce. Un teint noir ne singularise point l'homme en Éthiopie, non plus qu'une chevelure rousse et rassemblée en tresse ne messied au guerrier germain. Tu ne trouveras étrange ou inconvenant chez personne ce qui est le cachet de sa race. Chacun des exemples que je cite n'a pour lui que l'habitude d'une contrée, d'un coin de la terre... »[53].

Génétique[modifier | modifier le code]

Les généticiens suggèrent que les mouvements des peuples germaniques ont eu une forte influence sur la répartition moderne de la lignée masculine représentée par l'haplogroupe I1 (Y-ADN), qui proviendrait d'un homme, qui a vécu il y a environ 4 000 à 6 000 ans quelque part en Europe du Nord, peut-être au Danemark moderne. Il est prouvé que les descendants de cet homme se sont installés dans toutes les régions où des tribus germaniques auraient émigrées par la suite. L'haplogroupe I1 est plus ancien que les langues germaniques, mais il est possible qu'il ait été présent parmi les premiers germanophones. Parmi les autres lignées mâles susceptibles d’être présentes lors du développement et de la dispersion des populations germaniques, on peut citer : R1a1a, R1b-P312 et R1b-U106, une combinaison génétique des haplogroupes fortement représentés parmi les peuples germanophones actuels, sont probablement également présents au cours du développement et de la dispersion des populations germaniques. Avec un pic dans le nord de l'Europe, le marqueur R1b-U106 semble particulièrement intéressant en termes de distribution et fournit quelques indices génétiques utiles concernant le parcours historique réalisé par le peuple germanique.

Postérité[modifier | modifier le code]

Conquérants de l'Empire romain au Ve siècle, les Germains sont « conquis par leur conquête ». Ils adoptent progressivement la religion des vaincus, le christianisme et leur langue écrite, le latin (sauf en Bretagne romaine où les peuples anglo-saxons conservent leurs langues germaniques). Leurs structures politiques et leur droit sont profondément modifiées au contact du modèle romain. L'expansion de l'Empire carolingien vers la Saxe, l'action des missionnaires chrétiens dans les royaumes anglo-saxons puis en Scandinavie, font tomber dans l'oubli une grande partie de la civilisation germanique primitive, sans l'effacer tout à fait.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  • Tacite, Origine et territoire des Germains, dit La Germanie (latin Germaniæ - édition électronique commentée avec cartes disponible sur Bibliotheca Classica Selecta).
  • Tacite, La Germanie, Paris, trad. annoté et présenté par Patrick Voisin, Arléa, 2009

Études[modifier | modifier le code]

  • (de) Bruno Bleckmann, Die Germanen. Von Ariovist zu den Wikingern, Munich, C. H. Beck, 2009, (ISBN 978-3-406-58476-3).
  • Jan de Vries, Die Geistige Welt der Germanen, Halle a.d. Saale: Niemeyer, 1943 (2e éd. 1945, 3e éd. Darmstadt, 1964). Traduction française : L'univers mental des Germains, Paris, éd. du Porte-glaive, 1987. (ISBN 9782906468078).
  • Georges Dumézil, Les Dieux des Germains, essai sur la formation de la religion scandinave, Paris, Presses universitaires de France, 1959.
  • (de) Alberto Jori, Hermann Conring (1606-1681) : Der Begründer der deutschen Rechtsgeschichte, Tübingen, 2006. (ISBN 3-935625-59-6).
  • (de) T. E. Karsten, Die Germanen, eine Einführung in die Geschichte ihrer Sprache und Kultur, Wiesbaden, Marix-Verlag, 2004, nach der Ausgabe Berlin/Leipzig, 1928, (ISBN 3-937715-65-7).
  • (de) Arnulf Krause, Die Geschichte der Germanen, Francfort-sur-le-Main, Campus, 2005, (ISBN 3-593-36885-4).
  • (de) Ernst Künzl, Die Germanen (Theiss WissenKompakt), Stuttgart, Konrad Theiss, 2006, (ISBN 3-8062-2036-0).
  • Karol Modzelewski, L'Europe des Barbares, Aubier, 2005.
  • Gontran Munier et Pierre-André Kanape, Les Germains : De la conquête romaine aux grandes invasions, Errance, Paris, 2013.
  • (de) Walter Pohl, « Die Germanen », dans Enzyklopädie deutscher Geschichte, 2e éd., t. 57, Munich, 2004, (ISBN 3-486-56755-1).
  • (de) Rudolf Simek, Die Germanen, Stuttgart, Reclam Verlag, 2011, (ISBN 978-3150187722).
  • (de) Herwig Wolfram, Die Germanen, 9e éd., Munich, Beck'sche Reihe, 2009, (ISBN 978-3-406-59004-7).
  • (en) Carl Waldman et Catherine Mason, Encyclopedia of European peoples, New York, Facts On File, (ISBN 978-0-8160-4964-6)
  • (en) Christopher I. Beckwith, Empires of the Silk Road: A History of Central Eurasia from the Bronze Age to the Present, Princeton University Press, , 472 p. (ISBN 9780691135892, lire en ligne)
  • (en) Herwig Wolfram, History of the Goths, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, (ISBN 0-520-05259-5)
  • (en) James Minahan, One Europe, Many Nations: A Historical Dictionary of European National Groups, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0313309841, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • (en) Malcolm Todd, The early Germans, Malden, Blackwell Publishing, coll. « Peoples of Europe », , 2e éd., 266 p. (ISBN 978-1-4051-1714-2).
  • J. P. Mallory, À la recherche des Indo-Européens : Langue, archéologie, mythe, trad. de l'anglais par Jean-Luc Giribone, Paris, Seuil, 1997, 363 p.
  • Michel Balard et Jean-Philippe Genêt, Des Barbares à la Renaissance, t. 20, Paris, Hachette, coll. « Initiation à l'Histoire », , 280 p. (ISBN 978-2-010-06274-2).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Germanie de Tacite en est un ouvrage fondateur, puis les écrits de Grégoire de Tours polissent les Francs et les distinguent des autres présentés comme des barbares, lire aussi Sidoine Apollinaire qui fut manifestement au contact des Burgondes.
  2. Certains indices suggèrent cependant que le premier utilisateur du mot pourrait avoir été Posidonios d'Apamée dans son Histoire en 52 livres. La disparition quasi totale de l'œuvre de ce savant grec, rédigée au début du Ier siècle av. J.-C., ne permet pas de lui attribuer avec certitude la paternité du terme.
  3. Cette étymologie est cependant invoquée par certains ouvrages, contre toute évidence, pour expliquer par exemple le prénom frison German considéré comme un nom germanique; cf. dr J. van der Schaar et dr. Doreen Gerritzen, Voornamen, Prisma woordenboek, Utrecht, 2002, p. 166b.
  4. Cet auteur n'est pas un linguiste, mais un simple amateur. Ses ouvrages étymologiques ne font que recenser les diverses hypothèses recueillies, malheureusement sans citer aucune source, ni fournir aucune analyse critique des données.
  5. On notera l'emploi, à l'époque coloniale française, de ce même terme de naturels, pour désigner, avec primitifs, natifs, indigènes ou aborigènes, diverses populations autochtones.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Germanic peoples », Encyclopædia Britannica,‎ (lire en ligne)
  2. Waldman et Mason 2006, p. 296.
  3. (en) Richard J. Mayne et Donald Weinstein, « History of Europe : The Germans and Huns », Encyclopædia Britannica,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Peter S. Wells, The Battle That Stopped Rome: Emperor Augustus, Arminius, and the Slaughter of the Legions in the Teutoburg Forest, W. W. Norton & Company, , 272 p. (ISBN 9780393352030, lire en ligne), p. 35
  5. Beckwith 2009, p. 82-83.
  6. Wolfram 1988, p. 86-89.
  7. (en) E. Badian et Ramsay MacMullen, « The barbarian invasions », Encyclopædia Britannica,‎ (lire en ligne)
  8. (en) E.O.G. Turville-Petre et Edgar Charles Polomé, « Germanic religion and mythology », Encyclopædia Britannica,‎ (lire en ligne)
  9. Waldman et Mason 2006, p. 311-312.
  10. Waldman et Mason 2006, p. 330-331.
  11. Minahan 2000, p. 288.
  12. a et b (de) Jürgen Udolph, Namenkundliche Studien zum Germanenproblem, de Gruyter, 1994
  13. a b et c Henri Levavasseur, « Aux origines du monde germanique », La Nouvelle Revue d'histoire, hors-série, no 11H, automne-hiver 2015, p. 36-39.
  14. Christian Goudineau, « Antiquités nationales ».
  15. Svears : zone originelle Gamla Uppsala, voir aussi Varègue.
  16. Jules César, Guerre des Gaules, livre I, 1.
  17. a b et c Robert Barnhart (sous la dir. de), Chambers Dictionary of Etymology, Chambers, Edinburgh, 2008 (réimpr. H. W. Wilson, 1988), p. 429a.
  18. a et b Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Francke Verlag, Berne, t. 2, 1969, p. 1 080.
  19. a et b Calvert Watkins, The American Heritage Dictionary of Indo-European Roots, Houghton Mifflin Company, Boston, 1985, p. 71a.
  20. a et b Gerhard Köbler, Indogermanisches Wörterbuch, 3e éd., 2000, p. 221-225.
  21. Algirdas Julien Greimas, Dictionnaire de l’ancien français, Larousse, Paris, 1980.
  22. Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe s. au XVe s., Bouillon, Paris, 8 vol., 1881-1902 (réimpression Kraus, Vaduz, 1965).
  23. Paul Robert, Alain Rey, Josette Rey-Debove, Le Petit Robert — Dictionnaire de la langue française, Société du nouveau Littré, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1967.
  24. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2003, p. 294.
  25. Calvert Watkins, The American Heritage Dictionary of Indo-European Roots, Houghton Mifflin Company, Boston, 1985.
  26. Serge Losique, Dictionnaire étymologique des noms de pays et de peuples, Klincksieck, Paris, 1971, p. 106.
  27. « […] in spite of repeated efforts it still has no accepted etymology », dit Benjamin W. Forston IV au sujet du latin Germani dans Indo-European Language and Culture, Blackwell Publishing, 2004, p. 300.
  28. a et b John Everett Heath, World Place Names, Oxford University Press, Oxford, 2005, p. 185a.
  29. Calvert Watkins, The American Heritage Dictionary of Indo-European Roots, Houghton Mifflin Company, Boston, 1985, p. 20b.
  30. Don Ringe, From Proto-Indo-European to Proto-Germanic, Oxford University Press, Oxford, 2006, p. 145 et suiv., § 3.2.7.
  31. Jay H. Jasanoff, « Germanic (Le Germanique) », dans Langues indo-européennes, sous la direction de Françoise Bader, CNRS Éditions, 1997, p. 262 et suiv.
  32. a et b André Cherpillod, Dictionnaire étymologique des noms géographiques, Masson, Paris, 1986, p. 188.
  33. Georges Dottin, La langue gauloise, Paris, 1920.
  34. Pierre-Henry Billy, Thesaurus Linguæ Gallicæ, Hildesheil / Zürich / New-York, Olms-Wiedmann, 1993.
  35. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Errance, Paris, 1997.
  36. Jacques Lacroix, Les noms d’origine gauloise I, La Gaule des combats, Errance, Paris, 2003.
  37. a et b Xavier Delamarre, op. cit.
  38. T. F. Hoad, The concise Oxford dictionary of English etymology, Oxford University Press, Oxford, 1986, p. 192b.
  39. Alain Rey (sous la dir. de), Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2e éd., 1998, p. 1 582a/b.
  40. a et b P. A. F. van Veen et Nicoline van der Sijs, Etymologisch woordenboek : De herkomst van onze woorden, Van Dale Lexicografie, Utrecht / Antwerpen, 1997, p. 330a.
  41. Xavier Delamarre, op. cit., p. 175.
  42. Christian Goudineau, César et la Gaule, Seuil, coll. « Points »,
  43. Christian Goudineau, Par Toutatis ! que reste-t-il de la Gaule ?, Seuil, coll. « L'Avenir du passé », (ISSN 1631-5510).
  44. Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, Belles lettres, 2005.
  45. a et b Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire de noms de lieux, Robert, Paris, 1992, p. 194a/b.
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  47. Cicéron, De lege agraria, 2, 97.
  48. Tacite.
  49. « TACITE, MŒURS DES GERMAINS. », sur remacle.
  50. Anthony Birley 1937-, Agricola ; and Germany, Oxford University Press, (ISBN 9780199539260, OCLC 496160622, lire en ligne).
  51. Tacite, « Agricola - Traduction », sur bcs.fltr.ucl.ac.be (consulté le 8 mars 2017).
  52. Suétone, « Vie des douze Césars : Caligula », sur remacle.org (consulté le 8 mars 2017).
  53. Sénèque, « De la colère : livre III », sur remacle.org (consulté le 8 mars 2017).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]