Bataille de Teutobourg

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Bataille de la forêt de Teutobourg
Description de cette image, également commentée ci-après
Tableau de la bataille de Teutoburg par Paja Jovanović (1889).
Informations générales
Date ap. J.-C.
Lieu Comté Osnabrück, dans l'actuelle Basse-Saxe, en Allemagne
Casus belli Politique d'intégration des espaces germaniques à l'Empire romain
Issue Victoire germaine décisive - coup d'arrêt dans l'expansion romaine en Germanie
Changements territoriaux Retrait partiel des troupes romaines de certaines bases de Germanie
Belligérants
Tribus germaniques :
Chérusques
Marses
Chattes
Bructères
Chauques,
Sicambre
Vexillum de l'Empire romain Empire romain
Commandants
ArminiusPublius Quinctilius Varus (légat d'Auguste propréteur) †
Forces en présence
Inconnues, mais estimées à 15 000 hommes[1]Legio XVII
Legio XVIII
Legio XIX)
6 cohortes d'auxiliaires
3 ala

Total : 14 000–22 752 hommes [2]
Nombre inconnu de non-combattants[2]
Pertes
Inconnues, mais minimes16 000[3] à 20 000[4] morts
Quelques autres réduits en esclavage

Conquête augustéenne de la Germanie

Coordonnées 52° 24′ 29″ nord, 8° 07′ 46″ est
Géolocalisation sur la carte : Allemagne
(Voir situation sur carte : Allemagne)
Bataille de la forêt de Teutobourg

La bataille de la forêt de Teutobourg (en allemand : Schlacht im Teutoburger Wald, Hermannsschlacht, ou Varusschlacht, en italien : Disfatta di Varo), ou bataille de Teutobourg, qualifiée de « désastre de Varus » (en latin : Clades Variana) par les historiens romains antiques, est le nom donné à un affrontement s'étant déroulé dans la forêt de Teutobourg, en Allemagne actuelle, au cours du mois de de notre ère, lorsqu'une alliance de tribus germaniques prit en embuscade et détruisit de manière décisive une force composée de trois légions romaines et de leurs auxiliaires, menée par le légat d'Auguste propréteur de Germanie, Publius Quinctilius Varus. L'alliance anti-romaine à laquelle Varus fait face au cours de la bataille est dirigée par Arminius, un officier germanique issu des auxiliaires de Varus. Arminius avait acquis la citoyenneté romaine et reçu une formation militaire romaine lui permettant de tromper méthodiquement le commandant romain et d'anticiper les réponses tactiques de l'armée romaine.

Malgré plusieurs campagnes et raids réussis de la part des armées romaines au cours des années qui suivirent la bataille, à la suite de ce désastre, les Romains abandonnent en réalité durablement leur tentative d'expansion vers les territoires germaniques situés à l'est du Rhin.

La victoire des tribus germaniques contre les légions de Rome dans la forêt de Teutobourg eut ainsi des répercussions profondes sur l'histoire longue des territoires germaniques et de l'Empire romain. Les historiens contemporains et modernes ont généralement considéré la victoire d'Arminius sur Varus comme « la plus grande défaite de Rome[5] », et - fait rare - une bataille véritablement décisive[6],[7],[8],[9],[10] et un « point tournant dans l'histoire mondiale[11] », en ce qu'elle changea durablement la trajectoire historique et économique de l'espace germanique, indépendant du pouvoir romain.

Les sources historiques[modifier | modifier le code]

Auteurs et fiabilités diverses[modifier | modifier le code]

La mention de l'événement se retrouve dans de nombreuses sources antiques, contemporaines et postérieures :

Les sources historiques proviennent exclusivement d'historiens romains de langue latine et de langue grecque, en l'absence de sources germaniques ou tierces. Parmi les historiens romains, le plus détaillé est usuellement considéré comme peu crédible (Dion Cassius), tandis que le plus fiable est malheureusement fragmentaire sur le sujet (Tacite). D'autres auteurs se contentent de simplement citer l'événement (à l'instar d'Ovide, de Manilius, ou de Strabon) et les derniers ne le décrivent pas avec précision (Velleius Paterculus, qui mentionne cependant vouloir traiter le sujet dans un ouvrage à part, Suétone, et Florus). La relecture des auteurs fiables permet aux historiens moderne de conclure assurément à la disparition de trois légions plus qu'à la défaite militaire d'une armée en campagne.

Il semble qu'Auguste ait commis l'erreur de confier à son proche parent Varus une mission d'intégration de la Germanie à l'Empire, alors que le territoire n'était en réalité pas encore pacifié. Il semble également que Varus ait commis l'erreur de débuter l'administration fiscale et judiciaire du territoire, sans réellement mobiliser ses trois légions en terrain hostile. Il est enfin surprenant de mal connaître l'histoire des trois légions avant leur destruction. Cette situation aurait entraîné les historiens romains, craignant d'encourir les foudres du pouvoir, à pratiquer l'auto-censure (mollesse de Varus, traîtrise d'Arminius, terrain défavorable), voire à imaginer des détails exonérant Auguste de ses responsabilités (comme c'est le cas chez Dion Cassius).

Une source historique remarquable : Velleius Paterculus[modifier | modifier le code]

Contemporain des faits, chargé de commandement militaire en Germanie, Velleius Paterculus est l'auteur d'une Histoire romaine. Né vers 19 av. J.-C. et mort vers 31 ap. J.-C., Velleius Paterculus est tribun militaire, puis légat dans l'armée de Tibère, en particulier en Germanie, puis préteur. Il est un grand admirateur de la toute récente première dynastie impériale, notamment d'Auguste, et est un fidèle serviteur de son fils adoptif et successeur, Tibère, envers qui il manque tout autant d'impartialité. Velleius Paterculus fournit de précieuses indications sur « la mort de Varus, le massacre de trois légions, de trois corps de cavalerie et de six cohortes ». De façon étonnante, il refuse de donner des détails sur les « circonstances de cet affreux désastre » (se proposant « de les exposer en détail dans un ouvrage plus étendu », mais inconnu des historiens), et il loue les remarquables qualités de l'armée « la plus courageuse » et qui « se distinguait par sa discipline, sa vigueur, et son expérience de la guerre ». Il dénonce avec force « la perfidie de l'ennemi », la traîtrise d'Arminius ainsi que les faibles qualités militaires de Varus : son « imprévoyance », son « apathie », son « manque de discernement » et sa faible combativité. Cette source historique la plus proche des faits est compatible avec les autres sources historiques, sauf avec Dion Cassius. L'analyse de cette source révèle le caractère anormal de l'événement, la difficulté de l'historien à le décrire et donc la probable censure.

Une source épigraphique : le cénotaphe du centurion Marcus Caelius[modifier | modifier le code]

Cénotaphe de Marcus Caelius

Les mentions non-littéraires de l'événement sont rares. On en retrouve cependant une trace sur une inscription funéraire, rédigée en langue latine, découverte à Xanten. Il s'agit de la stèle funéraire d'un certain Marcus Caelius, centurion de premier rang de la legio XVIII Augusta. Sa pierre tombale, trouvée à Castra Vetera (Xanten), célèbre camp légionnaire romain du limes germanique, indique sa mort à la bataille de Teutobourg. Pendant longtemps, cette pierre tombale fut d'ailleurs la seule trace archéologique de la bataille. Caelius est représenté en uniforme de parade, portant ses insignes honorifiques d'officier : phalères (plaques de métal), armillae (colliers) et couronne civique. De la main, il tient son bâton de commandement (un cep de vigne). Il est entouré du portrait de ses deux affranchis, qui ont vraisemblablement trouvé la mort avec lui pendant la bataille.

L'inscription dit ainsi :

« M(arco) Caelio T(iti) f(ilio) Lem(onia tribu) Bon(onia)
[I] o(rdini) leg(ionis) XIIX ann(orum) LIII
[ce]cidit bello Variano ossa
[lib(ertorum) i]nferre licebit P(ublius) Caelius T(iti) f(ilius)
Lem(onia tribu) frater fecit

Traduction :
À Marcus Caelius, fils de Titus, de la tribu Lemonia, de Bononia (Bologne), Centurion d'ordre 1, 18e Légion, âgé de 53 ans. Tombé pendant la guerre de Varus. Les corps de nos affranchis pourront reposer ici. Publius Caelius, fils de Titus, de la tribu Lemonia, son frère, a fait (cette tombe). »

La pierre tombale est aujourd'hui exposée au Rheinisches Landesmuseum de Bonn.

La conquête romaine de la Germanie et son contexte depuis César[modifier | modifier le code]

César en Germanie[modifier | modifier le code]

Les contacts entre monde romain et monde germanique ne sont pas nouveaux à l'époque d'Auguste. Outre le grand commerce avec le monde celtique et les circulations militaires (notamment au IIe s. av. J.-C. dans le sud de la Gaule, mettant parfois aux prises Rome et des peuples germaniques), c'est la présence de Jules César en Gaule qui permet à Rome de faire entrer dans son giron d'influence le glacis que constitue la Germanie.

À deux reprises, en 55 et en 53 av. J.-C., Jules César avait en effet franchi le Rhin. Les troupes romaines s'étaient ainsi aventurées pour la première fois dans ce que César nomme la Germanie et tentèrent d'occuper ces terres boisées. Du même coup, il trace, dans ses commentaires sur la Guerre des Gaules, une frontière linguistique qui ne correspond cependant à aucune réalité ethnique, car des Germains vivent sur la rive gauche du fleuve et des Celtes sur la rive droite. Les incursions césariennes en Germanie restent très ponctuelles, et constituent avant tout des exploits militaires et techniques destinés à mettre en valeur le génie des ingénieurs romains, capables de jeter un pont sur le Rhin en quelques semaines. On ne discerne alors aucune volonté propre de conquête de la Germanie.

La conquête augustéenne[modifier | modifier le code]

En 19 av. J.-C., le fils adoptif de César, devenu entre temps Auguste et premier empereur romain, achève la conquête et la pacification de la péninsule Ibérique. Désormais, Auguste entend étendre le pouvoir de Rome sur les deux rives du Rhin. Il commence donc par déporter les Ubiens de la rive droite à la rive gauche, puis mène une politique guerrière offensive. Malgré une lourde défaite à la bataille de Lollius, en 16 av. J.-C., contre les Sicambres et leurs alliés, les légions romaines prennent pied sur la rive droite du Rhin et fortifient la frontière pour éviter les incursions germaniques. En 12 av. J.-C., après un grand tour de la Gaule destiné à réorganiser administrativement la région, Auguste ordonne aux légions romaines, commandées par divers membres de sa famille, dont Drusus, d'attaquer la Germanie indépendante. Cette date marque le début de quatre longues années de campagne.

Légat en Gaule en , Drusus commande à partir de cette date les opérations militaires contre les tribus du Rhin, qui s'étaient rebellées contre les actions des précédents gouverneurs, et qui avaient poussé jusqu'à l'Ems, la Weser et l'Elbe, construisant un imposant réseau de fortifications défensives. En 12 av. J.-C., il commence la première campagne de Germanie, repoussant d'abord une nouvelle invasion des Usipètes, des Tenctères et des Sicambres, la terminant par une expédition navale sur la terre des Frisons et des Chauques.

En 11 av. J.-C. Drusus, nommé l'année précédente préteur urbain, après être retourné à Rome pour l'hiver, opère plus au sud, battant les peuples limitrophes aux confins de l'Empire, comme les Usipètes et les Sicambres, qui se trouvaient en face de Castra vetera. Il parcourt encore le fleuve Lippe, construit quelques forteresses entre le Rhin et la Weser (y compris la fameuse Aliso), et en battant des peuples germaniques, les Marses et les Chérusques. Ces exploits lui valent de recevoir les honneurs du triomphe (ou bien les ornamenta triumphalia), de célébrer l'ovatio et d'exercer le pouvoir proconsulaire à l'expiration de sa charge de préteur, tandis que ses soldats le saluent du titre d'Imperator.

Après les succès des années précédentes, il reçoit d'Auguste l'Imperium proconsulaire ; et en 10 av. J.-C., il recommence une nouvelle campagne en territoire germanique en opérant encore plus au sud. Depuis la nouvelle forteresse légionnaire de Mogontiacum (aujourd'hui Mayence), il combat les peuples chatte, tenctère et mattiace. À la fin de l'année, il rencontre Auguste et Tibère à Lugdunum (Lyon, où Claude était né) et il revient avec eux à Rome.

En 11 av. J.-C. a lieu la bataille d'Arbalo, selon Pline l'Ancien (Nat XI, XXVIII, 55), Obsequens et Florus (II 30 BG 24), au retour de la deuxième campagne de Drusus vers l'Elbe. Cette embuscade tendue par les Chérusques à proximité de la Weser cause d'importantes pertes romaines.

Drusus est élu consul en 9 av. J.-C., à l'âge de 28 ans (avec cinq ans à l'avance sur le cursus honorum), mais encore une fois il quitte la ville avant d'avoir assumé officiellement ses fonctions. Il combat d'abord contre les Marcomans (qui à la suite de ces événements décident de migrer en Bohême), puis les puissantes tribus chattes et quelques populations suèves limitrophes (probablement les Hermundures) et les Chérusques, rejoignant l'Elbe. Mais il meurt peu après des suites d'une chute de cheval, après avoir survécu pendant un mois à ses blessures, et comme nous le rapporte Suétone, refusant d'être ramené à Rome[12].

Son corps est porté à Rome par son frère Tibère qui était venu à son chevet depuis l'Illyrie, et qui suivit à pied la civière, de Trèves à Rome, refusant de monter à cheval. Les cendres de Drusus sont déposées dans le mausolée d'Auguste, tandis qu'on lui attribue tous les honneurs qui convenaient au fils d'un souverain. Drusus, en effet, est salué comme imperator et le titre de Germanicus lui est attribué à lui et à ses descendants. Il reste populaire et aimé de ses légions gauloises. En son honneur, un monument funèbre est érigé à Moguntiacum.

C'est à son frère Tibère que revient ensuite le commandement de la campagne germanique. Au cours des années 8-7 av. J.-C., Tibère se rend en Germanie, envoyé par Auguste, pour continuer le travail commencé par son frère Drusus et combattre les populations locales. Il traverse donc le Rhin[13], et les tribus barbares, à l'exception des Sicambres, font, par peur, des propositions de paix qui reçoivent un net refus de la part du général, car il est inutile de conclure une paix sans l'adhésion des dangereux Sicambres. Quand ceux-ci envoient des hommes, Tibère les fait massacrer ou déporter[14]. Pour les résultats obtenus en Germanie, Tibère et Auguste obtiennent encore l'acclamation d’imperator[15], et Tibère est nommé consul en 7 av. J.-C.[16]. Il peut donc terminer les travaux de consolidation du pouvoir romain dans la région par la construction de plusieurs ouvrages, y compris les camps romains de Oberaden (de) et Haltern[N 1], élargissant l'influence romaine jusqu'au fleuve Weser.

En 8 av. J.-C., les troupes romaines atteignent la Weser et l'Elbe. Des camps permanents sont construits au-delà du Rhin[17]. Du Rhin à l'Elbe, la soumission des tribus autochtones semble acquise. Un triomphe est célébré à Rome, sur la Germanie, le 1er janvier 7 av. J.-C., marquant également la fin des opérations militaires dans cette zone.

Un embryon de province pacifiée[modifier | modifier le code]

Une partie des troupes se trouve toutefois maintenue sur le Rhin, une autre partie étant chargée d'assurer la sécurité de cette nouvelle province. Pour gagner la fidélité politique des tribus germaines, la citoyenneté romaine est accordée à certains membres des élites locales et, pour attacher ces peuples à Rome, on reprend un procédé qui avait bien fonctionné en Gaule : chaque année à Condate, dans un acte politique et religieux, les 60 peuples des Trois Gaules (Gaule cisalpine, narbonnaise et transalpine) se rassemblaient, élisaient un grand prêtre qui rendait hommage à la déesse Rome et à l'empereur au nom de tous. Un autel provincial et fédéral est donc édifié au centre de la nouvelle ville fondée sur le territoire des Ubiens, l'oppidum Ubiorum, la future Cologne, une ville de près de 96 hectares circonscrite par des murailles et appelée à devenir la capitale de la nouvelle province. Une administration financière est alors mise en place et, à 120 kilomètres à l'est de Cologne, un gisement de plomb est exploité[18]. Une implantation civile est fondée dans la vallée de la Lahn près de Waldgirmes, à 40 km au nord de l'actuelle Francfort. Rome quadrille le pays très rapidement, afin de le sécuriser et d'y établir des structures qui permettent de le gérer comme une province de l’imperium romanum.

À cet effet, courant 7 ap. J.-C., le sénateur Publius Quintilius Varus est nommé gouverneur de la Germanie. Il la dirige comme une province pacifiée, multiplie à la hâte les réformes, lève les impôts, perçoit les tributs, rend la justice, effectue le recensement, recrute des soldats… Ces tâches qu'il remplit avec rudesse, autoritarisme et maladresse, sont inconvenantes et insupportables pour les tribus germaines qui considèrent ces pratiques humiliantes.

Parmi les conseillers du gouverneur Varus, se trouve un Germain devenu citoyen romain, Caius Julius Arminius, fils de Ségimerus, chef des Chérusques. Arminius assure au gouverneur romain que ses nouveaux administrés sont heureux de sa nomination et des réformes qu'il mène. Mais, en secret, Arminius, alors âgé de vingt-cinq ans, et les tribus germaniques ont constitué secrètement une alliance (Chérusques, Marses, Chattes et Bructères), et décident de tendre une embuscade à un moment propice.

L'embuscade de Teutobourg[modifier | modifier le code]

La bataille[modifier | modifier le code]

Arminius, jeune chef des tribus germaniques (monument achevé en 1875)

À l'automne de l'an 9 apr. J.-C., le gouverneur Publius Quintilius Varus part inspecter l'est de la province sans aucun incident. Sa mission terminée, il rentre vers sa capitale par une route familière et, malgré les renseignements qui lui parviennent indiquant qu'une attaque se prépare contre lui, il n'y prend garde. D'ailleurs, Arminius et une forte armée, qui comprend les XVIIe, XVIIIe et XIXe légions ainsi que trois ailes de cavalerie et six cohortes de troupes auxiliaires, soit au total environ 20 000 à 25 000 hommes, sont à ses côtés[pas clair].

Lors du retour, il n'hésite pas à se détourner de son itinéraire pour aider un peuple germanique qui lui demande de l'aide. Son armée se trouve alors relativement étirée, et en désordre dans des contrées qui lui paraissent peu à peu inconnues, découvrant des forêts, marais et broussailles, mais également des colonnes de civils accompagnés de chariots et d'animaux qui ralentissent l'avance de son armée. Par ailleurs, le temps d'automne est exécrable, la pluie succède au brouillard et au vent.

L'armée romaine s'engage sur une bande de terre étroite, longue de six kilomètres et de un de large. À droite des marais, à gauche des collines boisées. L'attaque est soudaine, brutale, une embuscade géante où les Germains lancent toutes leurs forces. La violence de l'attaque et la configuration géographique empêchent les Romains de se regrouper, de manœuvrer, de se mettre en position de combat. Les combattants romains pensent que les cohortes d'auxiliaires germains sont parties chercher des renforts. Il n'en est rien : ils ont rejoint les assaillants, germains, comme eux.

Le premier jour de la bataille, les pertes sont élevées. Tant bien que mal, un camp est construit. Pour alléger la colonne qui recule, qui fuit, les chariots sont abandonnés, détruits ou brûlés.

Le second jour de l'affrontement, les attaques se poursuivent avec une terrible intensité, si bien qu'au soir, il est impossible aux Romains de construire un campement.

Au troisième jour, les blessés sont nombreux du côté romain. La pluie et la boue alourdissent les vêtements et rendent inutilisables les arcs et les boucliers. Du côté germain, le nombre des assaillants ne cesse d'augmenter. Leur connaissance du terrain et la légèreté de leur armement sont de grands avantages. Les Romains, qui attaquent une fortification de terre sur une colline, voient leur assaut totalement anéanti, les Germains faisant s'écrouler le mur de terre sur les assaillants. En fin de journée, l'avantage est largement aux Germains, qui attaquent sans cesse. Pour les Romains c'est l'hallali, quelques-uns parvenant toutefois à percer les lignes ennemies se réfugient dans le camp romain proche d'Aliso. Des légionnaires sont capturés, certains pendant 30 ans, les autres soldats romains sont exterminés, et les trois aigles emblématiques des légions sont capturées. Numonius Vala tente de s'enfuir à la tête de la cavalerie mais en vain. Ceionius se rend. Lucius Eggius, préfet du camp romain, meurt à la tête de ses troupes, et Varus se suicide sur son épée.

Tous les camps romains de la rive droite du Rhin sont pris par les Germains, à l'exception de celui d’Aliso commandé par Lucius Caedicius qui résiste jusqu'à une sortie des survivants vers Castra Vetera (Xanten) sur le Rhin.

La tête de Varus est envoyée aux Marcomans par les Chérusques, pour les entraîner dans le soulèvement. Ceux-ci refusent et transmettent la tête de Varus à Rome où elle est inhumée.

Cette défaite traumatise l’empereur. Suétone écrit : « À ce qu’on raconte enfin, Auguste fut tellement abattu par ce désastre que, plusieurs mois de suite, il ne se coupa plus la barbe ni les cheveux, et qu'il lui arrivait de se frapper de temps en temps la tête contre la porte, avec ce cri : « Quintilius Varus, rends-moi mes légions ! » ». C'est le coup d'arrêt à l'expansion romaine en Grande Germanie (Germania Magna) durant son règne ; plusieurs siècles plus tard, l'armée romaine n'avait toujours pas reconstitué les légions XVII, XVIII et XIX.

Il s'avère que les trois légions perdues en 9 ap. J.-C. par Varus, Legio XVII, Legio XVIII et Legio XIX, sont très mal connues des historiens, à l'inverse des autres légions romaines, laissant planer des doutes sur la nature de leur existence en 9 ap. J.-C. La lugubre lamentation d'Auguste demandant à Varus, décédé, de « rendre les légions » (ou de rendre compte de l'utilisation des ressources), accrédite l'hypothèse d'une existence plus administrative que militaire. La non-reconstitution définitive des trois légions détruites, décision unique dans l'histoire militaire romaine, confirme le caractère anormal de la situation.

Les pertes[modifier | modifier le code]

Dans ce que Tacite nomme le Saltus Teutoburgiensis, la forêt de Teutobourg, trois légions furent massacrées ; la XVIIe, la XVIIIe et la XIXe, ainsi que trois unités de cavalerie, six cohortes d'auxiliaires et des civils. Au total, plus de 20 000 tués ; deux aigles, emblèmes en or des légions, sont capturées, le troisième est brisé par son aquilifer qui réussit à le cacher.

Les représailles romaines[modifier | modifier le code]

De 10 à 14 apr. J.-C., Auguste fait renforcer la frontière du Rhin, les limes, par Tibère puis par Germanicus.

De 14 à 16 apr. J.-C., Tibère, devenu empereur, ordonne des représailles et confie à Germanicus huit légions soutenues par une flotte de mille navires. En 14, selon Tacite[19], à la suite des mutineries des légions du Rhin au retour d'un raid de représailles contre les Marses, Germanicus et ses quatre légions sont attaqués dans la vallée de la Lippe par une coalition de Bructères et d'Usipètes qui est repoussée.

En 15 ap. J.-C., bataille de Pontes Longi. Selon Tacite[20], au retour de la campagne de Germanicus contre les Bructères et les Chérusques (libération de Segeste, capture de Thusnelda, visite de Teutoburg), les quatre légions (I Germanica, V Alaudae, XX Valeria Victrix, et XXI Rapax) du général Caecina sont attaquées par les Chérusques d'Arminius, qui sont mis en fuite mais infligent des pertes aux Romains. Selon Tacite, ce Pons Longus (pluriel Pontes Longi, chaussée de madriers confectionnée pour traverser les marécages) avait été construit par Ahenobarbus en l'an 2 av. J.-C. au sein du pays des Chérusques.

Germanicus visite le site de la bataille de Teutobourg, et récupère deux des trois aigles emblématiques chez les Bructères et les Marses. En 16, il bat Arminius à Idistaviso, sur la Weser, et capture son épouse Thusnelda[21]. Une seconde bataille a lieu au mur angrivarien (de), à proximité d’une fortification et d’un fleuve séparant les Angrivariens (ou Ampsivariens) des Chérusques. Les Germains essuient de lourdes pertes. Mais pour les Romains, le retour est difficile par la voie fluviale et par la mer du Nord[22].

En 37 ap. J.-C., Lucius Pomponius bat les Chattes et délivre des légionnaires prisonniers depuis la bataille[23]. Enfin, en 41 ap. J.-C., la troisième aigle emblématique est récupérée par Publius Gabinius chez les Chauques.

Bilan[modifier | modifier le code]

Six ans plus tard, en l'an 15, les Romains revenus sur les lieux du massacre découvrent un spectacle effroyable. Tacite décrit la scène :

« Au milieu de la plaine, des ossements blanchis, épars ou amoncelés selon qu'on avait fui ou tenu ferme gisaient à côté d'armes ; des membres de chevaux ; à des troncs d'arbres étaient clouées des têtes. Dans les bois voisins, s'élevaient des autels barbares, près desquels avaient été immolés le tribun et les centurions du premier rang. »

— Tacite

Jamais Rome n'avait connu un pareil carnage, depuis la bataille de Cannes contre les Carthaginois d'Hannibal Barca en 216 av. J.-C..

Auguste proclama toutefois sur son testament : « J'ai pacifié la Germanie ». Toutefois, la ville de Waldgirmes est démantelée, l'exploitation du gisement de plomb arrêtée et le rêve d'une grande Germanie abandonné.

Arminius quant à lui, fédéra les peuples germains et constitua un royaume. Mais il fut trahi par les siens, et la Germanie retourna à ses divisions et ses combats fratricides.

Localisations possibles[modifier | modifier le code]

Carte de la Germanie antique

La localisation de la bataille de Teutobourg est rendue possible par la citation de Tacite[24] : « ductum inde agmen ad ultimos Bructerorum, quantumque Amisiam et Lupiam amnis inter vastatum, haud procul Teutoburgiensi saltu in quo reliquae Vari legionumque insepultae dicebantur » (« ensuite l'armée s'avança jusqu'aux dernières limites des Bructères, et tout fut ravagé entre l'Ems et la Lippe, non loin de la forêt de Teutobourg où, disait-on, gisaient sans sépulture les restes de Varus et de ses légions »).

Plus de 700 localisations furent proposées. La traduction, controversée sur les noms des rivières et sur le mot saltus, aboutit à plusieurs centaines de thèses de localisation, dont les principales sont les suivantes :

La thèse de la localisation à Detmold dans l'Osning[modifier | modifier le code]

Cette thèse a pour origine la redécouverte des écrits de Tacite en 1505. Au XVIe siècle, dans le cadre du pangermanisme et de la création du mythe du héros Arminius, renommé Hermann, le site de la bataille est officiellement localisé dans la région de l'Osning, à proximité de Detmold.Depuis 1669, l'Osning fut rebaptisé forêt de Teutoburg. Un mémorial Hermannsdenkmal controversé est érigé en 1875 (photo ci-dessus). C'est quasiment le pendant allemand de la Statue de Vercingétorix sur le site du siège d'Alésia.

La thèse de la localisation à Hildesheim[modifier | modifier le code]

Cette thèse est étayée par le butin romain trouvé à proximité d'Hildesheim en 1868. Jürgen Regel et Marianne Zocher défendent l'hypothèse que Drusus aurait franchi la Weser très tôt, avant d'atteindre l'Elbe. Cette thèse situe Arbalo, Teutoburg, Aliso et Idistaviso à proximité de Hildesheim[25].

La thèse de la localisation à Paderborn[modifier | modifier le code]

La récente théorie de Peter Oppitz[26], situe la défaite de Varus à l'intérieur d'un camp d'été ; ce camp d'été serait situé au centre-ville de Paderborn, lieu des sources de la rivière Pader, affluent de la Lippe ; la défaite de Varus serait intervenue en deux temps : d'abord, une attaque surprise des Chérusques d'Arminius, en période de paix, à l'issue d'un repas et d'une assemblée, réunissant l'état-major des trois légions et les Germains dans le camp d'été ; ensuite, les défaites successives des cohortes réparties dans les camps militaires le long de la rivière Lippe, occupées à des travaux quotidiens, non mobilisées et privées d'encadrement. La théorie de Paderborn est issue de la relecture critique de Florus, de Velleius Paterculus et de Tacite, ainsi que de l'abandon de Dion Cassius. Cette théorie de légions démobilisées explique enfin comment la redoutable force de trois légions a pu être totalement défaite. Par ailleurs, cette théorie situe le camp mythique d'Aliso à proximité immédiate de Paderborn, sur l'importante route militaire ouverte par Drusus, de Xanten à la Weser puis à l'Elbe.

La thèse de la localisation à Kalkriese[modifier | modifier le code]

Reconstitution du site hypothétique de la bataille à Kalkriese

Depuis 1885, l'historien allemand Theodor Mommsen situe la bataille de Teutobourg au Kalkrieser Berg, une colline au sud-est de Bramsche et nord du Wiehengebirge. Le site de fouille archéologique de Kalkriese (de), situé à 16 km au nord d'Osnabrück, Land de Basse-Saxe, a révélé depuis le XVIIIe siècle des monnaies romaines datées de l'époque d'Auguste (collection Familie von Bar). À partir de 1987, l'archéologue amateur Tony Clunn utilise un détecteur de métaux et découvre d'autres monnaies et trois plombs de fronde attribués à des troupes auxiliaires romaines. Dans cette zone de 300 hectares, située entre un marais asséché et la colline de Kalkriese, des fouilles systématiques ont exhumé plus de 6 000 objets parmi lesquels : des pièces de monnaie portant les lettres VAR, abréviation du nom de Varus, un masque de casque cérémonial d'officier romain de cavalerie (en 1990) et un fourreau d'épée identifié en 2007 comme appartenant à la LPA - Legio Prima Augusta (Legio I Germanica) [27][réf. nécessaire] (en 1992). À une distance de 10 km du site des fouilles, ont été découverts les restes d'une chaussée en bois (pontes longi) datée de 15 ap. J.-C. par dendrochronologie[réf. nécessaire]. À la suite de ces découvertes, une majorité d'historiens et d'archéologues considèrent que la Kalkriese est bien le lieu de la défaite de Varus.

Ainsi dans son ouvrage Renseignement et espionnage dans la Rome antique, paru en 2009, Rose Mary Sheldon situe la bataille dans la passe de Kalkriese[28]. On citera ce passage : « Les pièces de monnaie, en revanche, apportent un témoignage définitif sur la date et sur l'identité des victimes de la passe. Sur les cinq cent cinquante pièces de bronze (asses) trouvées depuis 1987, quatre-vingt-treize pour cent sont de la série Lugdunum I, frappée entre 8 av. J.-C. et 3 apr. J.-C. C'est le type de pièce qui était utilisé pour payer les troupes romaines. Sur ces pièces de la série Lugdunum I, quatre-vingt-seize-pour cent sont contremarquées avec AVG (Auguste), IMP (Imperator), C-VAL (C. Numonius Vala) ou VAR (Varus) »[29].

Toutefois, une minorité de chercheurs refusent de voir dans le site de la Kalkriese le lieu de la défaite de Varus.

Selon Reinhard Wolters[30],[31], plusieurs éléments récents pourraient désigner Kalkriese comme site de la bataille de Pontes Longi, de préférence à celui de la bataille de Teutoburg : découverte des restes d'une chaussée en bois, participation attestée par Tacite de la Legio I Germanica commandée par Caecina à la bataille de Pontes Longi en 15 ap. J.-C., présence attestée par Tacite[32] d'auxiliaires frondeurs au sein de l'armée de Germanicus, et analyse fine de l'origine des monnaies par légion. L'économiste Siegfried Schoppe, de l'Université de Hambourg, et ses fils contestent radicalement le site de la localisation de la défaite de Varus à Kalkriese[33].

Protagonistes de la bataille de Teutoburg[modifier | modifier le code]

Les peuples germains[modifier | modifier le code]

La plupart de ces peuples germains se regrouperont aux IIe et IIIe siècles, et formeront la confédération des Francs de la rive droite du Rhin (ou Francs Ripuaires). Ultérieurement, ils s'allieront aux Francs de la rive gauche du Rhin (ou Francs saliens), et formeront la souche des deux dynasties des Mérovingiens puis des Carolingiens.

Les principaux acteurs[modifier | modifier le code]

D'autres légions romaines défaites par les Germains[modifier | modifier le code]

Pendant les campagnes de César[modifier | modifier le code]

L'affrontement de Teutobourg n'est pas le premier mettant aux prises l'armée romaine avec les forces de peuples germaniques. Quelques décennies auparavant, dans le cadre de la Guerre des Gaules, la XIVe légion, placée sous les ordres de César, avait été détruite en 54 av. J.-C. lors de la bataille d'Aduatuca, à proximité de Tongres (dans l'actuelle Belgique), par l'armée des Éburons commandée par Ambiorix. Cette humiliation romaine avait été suivie de très lourdes représailles dirigées par César à l'encontre des Éburons, Ambiorix se réfugiant chez les Germains. La Légion XIV, créée en 57 av. J.-C., fut immédiatement reconstituée, et est par la suite présente à Alésia en 52 av. J.-C. ; on en trouve la trace sur le limes danubien jusqu'en 430.

Sous Auguste[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'organisation de la conquête de la Gaule par Auguste, la Legio V Alaudae (Alouette) avait perdu son aigle en 16 av. J.-C. à la bataille dite clades Lolliana[34], à proximité de Tongres ou de Maastricht, alors qu'elle affrontait une coalition de Germains : Sicambres, Tenctères et Usipètes. Venus de la rive droite du Rhin, les Germains s'étaient heurtés au gouverneur romain Marcus Lollius, qu'ils défont avant de s'emparer (provisoirement) de l'aigle, insigne sacré de la légion romaine. Cette humiliante défaite déclenche la visite d'Auguste en Gaule, en 16 av. J.-C., pour une durée de trois ans, consacrée à la réorganisation administrative de la Gaule en trois provinces distinctes, et à la mise en place du projet de conquête de la Germanie jusqu'à l'Elbe. La Légion V, créée en 52 av. J.-C., continue d'exister au moins jusqu'à la révolte des Bataves en 70 ap. J.-C.

Sous les julio-claudiens[modifier | modifier le code]

La révolte des Bataves débute en septembre 69 ap. J.-C. par le siège de Castra Vetera (Xanten) défendu par la Legio V Alaudae et par la Legio XV Primigenia. À la suite du suicide de Néron et de la guerre civile (Année des quatre empereurs), les cohortes d'auxiliaires germains Bataves se rebellent, commandées par Civilis, leur prince héréditaire, par ailleurs officier romain. Après la reddition de Castra Vetera en 70 ap. J.-C., les deux légions sont anéanties par les Bataves. Une armée de huit légions finit par venir à bout de la rébellion et détruisit la ville de Noviomagus (Nimègue). Par ailleurs, suspectées d'infidélité, la Legio I Germanica est par la suite démantelée, et la Legio XVI Gallica est remaniée.

Influences[modifier | modifier le code]

« Germania » devant le monument à Arminius (carte postale, 1909)

Musique classique[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

La bataille de la forêt de Teutobourg a déjà été représentée trois fois au cinéma :

  • La première fois dans les années 1922 et 1923, comme film muet, sous le titre Die Hermannschlacht (de). La réalisation de Leo König était tournée non loin du monument d'Arminius et des Externsteine. Cette version, que la critique a considérée comme une œuvre nationaliste, fut projetée au théâtre régional de Lippe, à Detmold, le 27 février 1924. Elle a longtemps passé pour disparue, et c'est seulement après la chute de l'Union soviétique qu'on l'a redécouverte dans une filmothèque de Moscou.
  • La deuxième adaptation cinématographique porte en allemand le titre de Hermann der Cherusker – Die Schlacht im Teutoburger Wald. Il s'agit d'une coproduction italo-germano-yougoslave qui a été réalisée à Zagreb en marge d'autres péplums , sous la direction de Freddy Baldwin (pseudonyme de Ferdinando Baldi). Bien que cette œuvre eût été réalisée dès les années soixante avec Hans von Borsody dans le rôle d'Hermann, il fallut attendre dix ans pour qu'elle fût présentée pour la première fois en Allemagne, le 3 février 1977.
  • Dans les années 1993-1995 a paru la troisième version cinématographique, Die Hermannsschlacht. Les producteurs et auteurs étaient Christian Deckert, Hartmut Kiesel, Christoph Köster, Stefan Mischer et Cornelius Völker. La bataille a été tournée dans la forêt de Teutobourg et en Rhénanie. À côté des acteurs principaux et de centaines de figurants, les artistes Markus Lüpertz, Tony Cragg et Alfonso Hüppi , ainsi que l'historien de l'art Werner Spies jouent dans ce film comme acteurs. La première de Die Hermannsschlacht a eu lieu en mai 1995 à Düsseldorf et est sortie sur DVD en 2005, dans une édition accompagnée d'une notice sur le tournage et commentée par Werner Broer, spécialiste de philologie classique, et l'archéologue Martin Schmidt.

En 2019, le groupe de métal allemand Rammstein évoque de nombreuses références historiques dans le clip vidéo du morceau Deutschland réalisé par SpecterBerlin, dont la fameuse bataille de Teutobourg.

En 2020, Netflix sort la série Barbares relatant l'histoire du désastre de Varus[35].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LIV, 33, les deux castra sont fondées par Drusus en 11 av. J.-C.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Powell 2014, p. 35.
  2. a et b Powell 2014, p. 28.
  3. Wells 2004, p. 187.
  4. (en) Kevin Sweeney, « Scholars look at factors surrounding Hermann’s victory », Nujournal,‎ (lire en ligne).
  5. Murdoch 2012.
  6. Tucker 2010, p. 75.
  7. Cawthorne 2012.
  8. Davis 1999, p. 68.
  9. Durschmied 2013.
  10. Creasy 2007, p. 104.
  11. Wells 2004, p. 35.
  12. Renucci 2012, p. 28.
  13. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 6 (1).
  14. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 6 (3).
  15. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 6 (4).
  16. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LV, 6 (5).
  17. L'un d'eux a été découvert en 2004 sur la Werra au sud-ouest de Göttingen.
  18. Des lingots poinçonnés ont été retrouvés en Méditerranée.
  19. Annales I, 51.
  20. Annales I,63.
  21. Tacite, Annales II,16.
  22. Tacite, Annales II, 19.
  23. Tacite, annales, xii 27.
  24. Annales I 60.
  25. (de) Jürgen Regel: site de la thèse d'Hildesheim.
  26. Peter Oppitz, Das Geheimnis der Varusschlacht, Zadara-Verlag, 2006.
  27. (en) Tony Clunn, Quest for the Lost Roman Legions : Discovering the Varus Battlefield, Savas Beatie, , 414 p. (ISBN 978-1-61121-008-8, présentation en ligne).
  28. Voir le chapitre 10 Un échec des systèmes de renseignement le massacre de Varus dans le Teutobuger Wald, p. 241 à 265, avec 92 appels de notes, p. 429 à 440, qui donnent de très nombreuses références.
  29. Rose Mary Sheldon, Renseignement et espionnage dans la Rome antique, p. 253.
  30. « SEHEPUNKTE - Rezension von: Römische Präsenz und Herrschaft im Germanien der augusteischen Zeit - Ausgabe 8 (2008), Nr. 9 », sur www.sehepunkte.de (consulté le 13 mars 2020)
  31. (de) « Die Schlacht im Teutoburger Wald: Arminius, Varus und das roemische Germanien – Bryn Mawr Classical Review » (consulté le 13 mars 2020)
  32. Annales II, 20.
  33. (de) Site de S. Schoppe et ses fils.
  34. Velleius Paterculus, 2, 97, 1 ; S. Ratti, « À propos de quelques difficultés gromatiques : sur la datation d'Hygin le Gromatique, d'Hygin et sur les mots decuria et pittacium (Hygin 73 Th.) », DHA, 1998, 24-1, p. 125-138 ici p. 125-129.
  35. (en) « Barbarians | Netflix Official Site », sur www.netflix.com (consulté le 23 octobre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Reddé, Siegmar von Schnurbein (Hg.): Alésia et la bataille du Teutoburg. Un parallèle critique des sources. Jan Thorbecke Verlag, Ostfildern 2008 (Beihefte der Francia, hrsg. vom Deutschen Historischen Institut Paris, Bd. 66), (ISBN 978-3-7995-7461-7)
  • (de) Peter Oppitz, Das Geheimnis der Varusschlacht, Zadara-Verlag, 2006, (ISBN 3-00-019973-X) : thèse de Paderborn comme site de la bataille.
  • Yann Le Bohec, La "bataille" du Teutoburg 9 après J.-C (Biographie), Nantes, Les Éd. Maison, coll. « Illustoria » (no 3), , 59 p. (ISBN 978-2-917-57503-1).
  • Rose Mary Sheldon (trad. de l'anglais américain par Alexandre Hasnaoui), Renseignement et espionnage dans la Rome antique [« Intelligence activities in ancient Rome »], Paris, Les Belles lettres, coll. « Histoire » (no 101), , 519 p. (ISBN 978-2-251-38102-2).
  • Luc Mary, Rends-moi mes légions!" le plus grave désastre de l'armée romaine, Paris, Larousse, coll. « L 'histoire comme un roman », , 204 p. (ISBN 978-2-035-84842-0).
  • Werner Eck, La romanisation de la Germanie, Paris, Éd. Errance, , 102 p. (ISBN 978-2-877-72366-4)
  • (en) Spencer Tucker, Battles That Changed History : An Encyclopedia of World Conflict, ABC-CLIO, , 655 p. (ISBN 978-1-59884-429-0 et 1-59884-429-6, présentation en ligne)
  • (en) Adrian Murdoch, Rome's Greatest Defeat : Massacre in the Teutoburg Forest, History Press, , 300 p. (ISBN 978-0-7524-9455-5 et 0-7524-9455-4)
  • (en) Nigel Cawthorne, Battles That Changed History : An Encyclopedia of World Conflict, Arcturus Publishing, , 208 p. (ISBN 978-1-84858-954-4 et 1-84858-954-9, présentation en ligne)
  • (en) Paul K. Davis, 100 Decisive Battles : From Ancient Times to the Present, Oxford University Press, , 462 p. (ISBN 0-19-514366-3, présentation en ligne)
  • (en) Erik Durschmied, The Weather Factor : How Nature Has Changed History, Hachette UK, , 324 p. (ISBN 978-1-4447-6965-4 et 1-4447-6965-0, présentation en ligne)
  • (en) E. S. Creasy, The Fifteen Decisive Battles from Marathon to Waterloo, Wildside Press LLC, , 300 p. (ISBN 978-1-4344-8442-0 et 1-4344-8442-4)
  • (en) Peter S. Wells, The Battle That Stopped Rome : Emperor Augustus, Arminius, and the Slaughter of the Legions in the Teutoburg Forest, W. W. Norton & Company, , 272 p. (ISBN 978-0-393-35203-0, lire en ligne)
  • (en) Lindsay Powell, Roman Soldier versus Germanic Warrior 1st Century AD., Oxford, Osprey, , 80 p. (ISBN 978-1-4728-0349-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]