Quades

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Répartition des peuples germaniques au Ier siècle ap. J.-C.

Les Quades (latin m. Quadi) sont un peuple germanique occidental, peut-être d'origine germano-celtique, connu notamment grâce à l'historien romain Tacite.

Origine[modifier | modifier le code]

Les Suèves ont longtemps été confondus avec les Quades, en raison d'une confusion avec le terme « souabe ». En réalité, les Quades sont surtout à rapprocher de leurs plus proches voisins germaniques, les Marcomans, avec lesquels ils partagèrent nombre de combats contre Rome.

L'origine exacte des Quades est inconnue. Ils s'établirent très tôt dans l'actuelle Moravie. Tacite (La Germanie, XLII, 1), les situe ainsi :

« À côté des Hermundures, vivent les Naristes et, à leur suite, les Marcomans et les Quades. La gloire et la puissance des Marcomans font leur supériorité, tout comme leur territoire qu'ils ont acquis par leur bravoure en expulsant autrefois les Boiens. Les Naristes et les Quades les valent bien. Ils forment en quelque sorte le front de la Germanie de bout en bout sur toute la rive du Danube. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Rapidement, ils devinrent semble-t-il des alliés récalcitrants de Rome. Ainsi, à l'époque augustéenne, le futur roi des Marcomans, Marobod, avait été otage à Rome dans sa jeunesse. Du roi des Quades cité par Tacite, Tuder, on ignore tout. En tous cas, ils entretenaient une « alliance » malaisée avec Rome sous Domitien, vers 80. À ce dernier, ils refusèrent de fournir des auxiliaires contre les Daces. Vers la même période (la date est incertaine), ils détruisirent une légion romaine. Ils affrontèrent également les troupes de l'Empereur dans une campagne qui s'avéra désastreuse pour Rome, en 89.

Au IIe siècle, les Quades chassèrent du Sud-Est de l'actuelle Slovaquie les Daces qui s'y étaient établis à l'époque de leur roi Burebista, mais avaient été soumis par Rome à la fin du siècle précédent. Les Quades exercèrent alors une pression constante sur le limes danubien avec leurs voisins Marcomans).

Ayant franchi le Danube en 167, puis se heurtant aux armées romaines, ils repassèrent le fleuve en 168, après avoir demandé la paix à Rome. Menaçant à nouveau les frontières de l'empire, sous la conduite de leur roi Ariogaesus, ils furent défaits sur leur propre territoire par Marc Aurèle en 169, dans une coalition malheureuse avec les Marcomans. Soumis pendant un temps, ils se révoltèrent en 177. Cela entraîna le retour de Marc Aurèle dans les régions danubiennes pour une nouvelle guerre qui vit l'installation provisoire de camps militaires romains en territoire barbare.

Inscription latine commémorant l'installation de troupes romaines en territoire barbare sous Marc Aurèle (Leugaricio, aujourd'hui Trenčín)

Au IIIe siècle, les Quades sont à nouveau défaits par Philippe l'Arabe en 247, aux côtés des Carpes, un peuple dace.

À l'été 375, ils sont battus par Valentinien Ier qui, d'ailleurs, serait mort d'un accès de colère contre leurs ambassadeurs, en novembre de la même année.

C'est à la fin du IVe siècle qu'une nouvelle menace apparaît : l'empire hunnique soumet ou disperse les Quades, comme de nombreux autres peuples germaniques, entraînant la phase majeure des Grandes invasions portant sur l'Empire d'Occident. Ainsi, en 406-407, la majorité des Quades, chassée des Carpates de l'actuelle Slovaquie par les Huns, franchit le Rhin en se joignant aux Vandales[1]. Ils suivent ces derniers au-delà des Pyrénées en 408, avant de conquérir l'actuelle province de León et de fonder un royaume en Galice : le royaume suève. Une minorité reste sur place jusqu’en 568 quand ils se joignent aux Lombards pour envahir l'Italie[1].

Finalement, éclipsée au temps de l'empire d'Attila (jusqu'en 453), la présence des Quades, et plus généralement des Germains, sur le Danube, s'achève lorsqu'ils passent le fleuve vers le domaine de Rome, laissant place aux Slaves qui le passeront à leur tour jusqu'aux portes de l'Italie et jusqu'en Grèce.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ľubomír Lipták, Petite histoire de la Slovaquie, Institut d'études slaves, (ISBN 9782720403170, présentation en ligne)