Sicambres

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Sicambres ou Sugambres
Image illustrative de l’article Sicambres
Répartition des peuples germaniques au Ier siècle.

Période Ier – IIe siècles
Ethnie Germains
Langue(s) vieux bas francique
Religion Paganisme.
Villes principales Pagus Amavorum
Région d'origine Germanie, aux bouches du Rhin.
Région actuelle Allemagne, Pays-Bas
Rois/monarques Francus, Baetorix, Deutorix.

Les Sicambres ou Sugambres (var. Sicambri, Sicambers, Sigambrer, Sugumbrer, Sugambri ou Sicambriens) constituaient, selon Jules César, un peuple germanique établi, au Ier siècle av. J.-C., sur la rive droite du Rhin, entre les rivières Ruhr et Sieg, cette dernière rappelant leur nom. Séparés par le Rhin, ils étaient voisins des Aduatuques avant la conquête romaine. Leur nom pourrait provenir des Cimbres ou des Ambrons, d'où l'origine des noms peut-être celtisés de leurs chefs tels Deudorix et Baetorix.

Descriptif[modifier | modifier le code]

Ils sont à l'origine des Francs saliens qui ont migré depuis la Sicambrie sur la rive droite du Rhin, puis en Gaule où, sous le commandement de leur roi Clodion le Chevelu, ils ont battu les Romains et conquis Cambrai et le Cambraisis. Leurs rois sont à l'origine de la dynastie des Mérovingiens.

Après le transfert des Ubiens (alliés des Romains) du côté de l'Empire, causé par le harcèlement des Sicambres, ces derniers occupent les territoires délaissés par la tribu ubienne. César, lors de la guerre des Gaules, ravage leurs terres lors de sa première traversée du Rhin car ils ont recueilli ses ennemis, mais ne peut combattre leur armée[1]. Le peuple germanique, deux ans plus tard, traverse le Rhin lors de l'extermination des Éburons et surprend le camp de Quintus Cicero, qui s'en sort à grande perte. L'arrivée de César fait se replier les Sicambres sur leurs terres outre-Rhin[2].

En 8 ap. J.-C., Tibère déporte une grande partie des Sicambres, vaincus, en Gaule, sur la rive gauloise du Rhin[3]. Suétone affirme qu'ils s'étaient donnés aux Romains, en tant que dediticii, ce qui leur avait permis d'obtenir des terres[3]. L'historien romain parle de 40 000 Sicambres déportés, chiffre invérifiable[3]. En 26 ap. J.-C. certains Sicambres auxiliaires alliés de Rome sont impliqués dans la répression d'un soulèvement de tribus thraces[4].

« Dépose tes colliers, fier Sicambre ! » (Depone colla, Sicamber !), aussi souvent traduit « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou » est, selon l'Histoire des Francs, de Grégoire de Tours, la phrase prononcée par Remi, alors évêque de Reims, lors du baptême de Clovis en 496 dans cette même ville. Le terme de « Sicambre » désignait alors les Francs, puisque les premiers avaient rejoint la Germanie inférieure (Toxandrie) et s'étaient peu à peu confondus avec des tribus belges pour former les Tongres. Ils deviennent plus tard les Francs saliens en compagnie d'autres peuples germaniques ayant envahi le territoire au cours des IIIe et IVe siècles.

Le plus ancien roi Sicambre connu est Francus des Sicambres, né en 70 av. J.-C., mort en l'an 5 du calendrier julien.

Dans le livre page 10 de titre : "Aquincum : Les fouilles et le musée", par Val Kuzsinszky, il y est mentionné que le nom d'Aquincum fut abandonné. Dans les milieux savants eux-mêmes, Aquincum fut longtemps connu sous le nom de Sicambria[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules César, Guerre des Gaules, IV, 16-19
  2. Jules César, Guerre des Gaules, VI, 35-42
  3. a b et c A. Barbero, (2006), Barbares. Immigrés, réfugiés et déportés dans l'Empire romain (éd. Tallandier, 2009 et 2011 pour la version française, p. 33-34).
  4. Maurice Sartre, « Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères », dans Le Haut-Empire romain, p. 32.
  5. « Aquincum fut longtemps connu sous nom de Sicambria » (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]