Procès de Cannstatt

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Le Procès de Cannstatt, ou Jugement de Cannstatt (en allemand Blutgericht zu Cannstatt) est une assemblée de justice réunie par les Francs à Cannstatt, près de Stuttgart, en 746. L'assemblée mit fin à la rébellion des Alamans contre les Francs et permit l'intégration du duché d'Alémanie aux possessions franques.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Carte des royaumes francs; les conquêtes en Germanie sont datées.

Après une nouvelle incursion des Alamans en Alsace (742-744), territoire franc depuis Clovis, le carolingien Carloman, maire du palais d'Austrasie, convoque une assemblée de justice, ou plaid, à Cannstatt, près de Stuttgart. Ces plaids, appelés aussi Champ de mars à l'époque mérovingienne, étaient des réunions solennelles où tous les hommes libres devaient venir rendre hommage à leur chef, et où se traitaient les affaires publiques relevant du pouvoir royal. L'assemblée se tient à Cannstatt[1], car c'est alors l'un des principaux fiefs du duché d'Alémanie.

Déroulement des événements[modifier | modifier le code]

Au cours du plaid, Carloman met en cause la loyauté des princes Alamans, en accusant la noblesse alémanique d'avoir participé aux soulèvements des ducs Theudebald de Bavière et Odilon de Bavière. Le jugement étant sans appel, il fait exécuter une partie de la noblesse, et dépossède l'autre partie, dans des circonstances assez troubles. On ignore si la noblesse alémanique fut vaincue par ruse, ou jugée pour trahison lors d'une audience régulière, puis exécutée. Les sources annalistiques anciennes, comme les Annales de Metz, qui mentionnent des milliers d'exécutions, sont sujettes à caution et appellent un examen critique.

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Les conséquences sont d'ordre politique et territoriale. D'une part, le procès de Cannstatt met fin à la rébellion des Alamans contre les Francs et, plus généralement, met fin aux incursions récurrentes de ces derniers en territoire franc[2],[3]. D'autre part, les possessions alémaniques passent sous le contrôle des Francs, qui étendent ainsi leur domaine. Ce royaume alaman, qui comprenait la majeure partie de l'Alsace, de la Suisse alémanique, du Bade-Wurtemberg en Allemagne et du Vorarlberg en Autriche, fera plus tard partie intégrante de l’empire carolingien.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Wolfgang Müller : Zur Geschichte der Alemannen, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 1975.
  • Rainer Christlein : Die Alamannen. Archäologie eines lebendigen Volkes, Theiss, Stuttgart, 1978.
  • Rudolf Rohrbach : Die Untat von Cannstatt und andere Ergänzungen des Geschichtsbildes, Reimer Verlag, Berlin, 1983.
  • Dieter Geuenich : Geschichte der Alemannen, Kohlhammer, Stuttgart, 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De nos jours Cannstatt est un quartier de Stuttgart.
  2. Madeleine Châtelet : Le haut Moyen Âge en Alsace, in Bilan scientifique de la région Alsace, Hors série 2/2, Service régional de l'archéologie, DRAC Alsace, 2006 (p 93).
  3. Büttner Heinrich : Geschichte des Elsass I. Politische Geschichte des Landes von der Landnahmezeit bis zum Tode Ottos III., Junker und Dünnhaupt, Berlin, 1939 (rééd. Thorbecke, Sigmaringen, 1991).

Voir aussi[modifier | modifier le code]