Bataves

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Bataves
Image illustrative de l'article Bataves
Révolte des Bataves conduite par Iulius Civilis, en 69 sur le Rhin. Huile sur bois (38 × 52 cm) d'Otto van Veen exécutée en 1613 et intitulée .

Période Ier – IVe siècle[1],[2],[3]
Ethnie Chattes[1]
Langue(s) germanique occidental
Villes principales Ulpia Noviomagus Batavorum
Région d'origine Batavia ou Insula Batavorum - Delta de la Meuse et du Rhin[4],[5]
Région actuelle Région naturelle de Betuwe (ouest de la province de Gueldre)[6],[7]
Rois/monarques Chariovalde ; Caius Julius Civilis ; Claudius Labeo (en)[8]
Frontière Du nord au sud et d'est en ouest : Frisons ; Chauques ; Ampsivariens ; Chamaves ; Empire romain ; Cananefates[9]

Les Bataves sont un ancien peuple germanique implanté à l'embouchure du Rhin. Avant et après la conquête romaine, ils peuvent être aussi décrits en tant que Belges des bords du Rhin, ainsi que le suggèrent leurs liens avec les Trévires lors de la révolte dite des Bataves conduite par Gaius Julius Civilis ou leurs constantes implications dans le maintien de l'ordre en Bretagne romaine[réf. nécessaire].

Leur germanisation culturelle est indéniable après le IIIe siècle.[réf. nécessaire]


Territoires[modifier | modifier le code]

Répartition des peuples germaniques au Ier siècle apr. J.-C.

Ils étaient établis sur les deux bras et îles de l’embouchure du Rhin, en particulier sur l'insula Batavorum (île de Betuwe). Selon Tacite[10], ils étaient établis sur ce territoire depuis longtemps et faisaient anciennement partie du peuple des Chattes[11],[12]. Des fouilles ont révélé un petit village de 6 à 12 maisons qui vivait probablement de cueillette (ramassage de coquillages) et agriculture et maîtrisaient l'usage du cheval. Le village comptait des écuries.

Un centre batave a aussi été trouvé sur la rive sud du Waal, qui semble avoir été rasé lors de la « révolte batave ».

Ce peuple établi sur la rive droite du Rhin a été déplacé vers l'actuelle Belgique et Nord de la France par les Romains et aurait été chassé de la rive droite du Rhin par les Francs vers 300[13] apr. J.-C.

La Notitia Dignitatum signale encore une garnison romaine composée de Batavi à Bayeux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Détail de la Conjuration des Bataves de Rembrandt, 1662.
Tombe d'un membre batave de la garde impériale de l'empereur Néron.

Les Bataves ont été des auxiliaires des Romains. Ils leur ont notamment fourni un contingent de cavaliers. Ils se révoltent cependant contre Rome en 6970 (insurrection demeurée dans l'historiographie comme la révolte des Bataves), sous la conduite de Gaius Julius Civilis, pour être finalement soumis sous le règne de l'empereur Vespasien.

La découverte d'écritures sur des tablettes en bois montre que certains d'entre eux maîtrisaient le latin.

Envahis par les Francs à la fin du IIIe siècle, ils se mélangent à eux.

Étymologie et usages du mot[modifier | modifier le code]

Le peuple des « Bataves », Batāvi en latin, a engendré Batāvia, soit la Batavie nom du territoire que les Romains donnaient à la région de l'estuaire du Rhin dont ils contrôlaient les meilleures passes. Leur nom pourrait s'expliquer par le superlatif bata, meilleur (beter en néerlandais) appliqué, soit à l'eau ou aux voies d'eaux de l'estuaire qu'ils habitent, soit à eux-mêmes en tant que navigateurs.

Les Bataves sont vus à tort comme les ancêtres des Néerlandais.

Au XVIIIe siècle, l'adjectif « batave » tend à supplanter le terme « néerlandais » chez les partisans des Lumières, en souvenir de ces lointains ancêtres. Après la chute de Guillaume V d'Orange-Nassau, les Provinces-Unies deviennent la République batave.

Lorsque l'Indonésie était une colonie des Pays-Bas, l'actuelle capitale, Jakarta, s'appelait « Batavia ».

Quand il est utilisé en référence aux Néerlandais actuels, ce mot est considéré comme familier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Todd 2004, p. 30.
  2. (nl) P. Geyl, « 1. Volksverhuizing en kerstening », dans P. Geyl, Geschiedenis van de Nederlandse stam (1948-1959) : De Germaanse stammen, vol. 1, (lire en ligne).
  3. (nl) C.G.N. de Vooys, « Hoofdstuk I - De periode voor pl.m. 400. De Nederlanden bewoond door Kelten, Germanen en Romeinen. De Middeleeuwen tot pl.m. 1200 », dans C.G.N. de Vooys, Geschiedenis van de Nederlandse taal, (lire en ligne).
  4. (en) Donathan Taylor, « Batavia », dans Donathan Taylor, Roman Empire at War : A Compendium of Roman Battles from 31 B.C. to A.D. 565, Pen and Sword, , 224 p. (lire en ligne), page 67.
  5. (en) Donathan Taylor, « Insula Batavorum », dans Donathan Taylor, Roman Empire at War : A Compendium of Roman Battles from 31 B.C. to A.D. 565, Pen and Sword, , 224 p. (lire en ligne), page 67.
  6. (en) Ton Derks et Nico Roymans, Ethnic Constructs in Antiquity : The Role of Power and Tradition, Amsterdam University Press, , 344 p. (lire en ligne).
  7. (en) Willem Wrijhoff, « Church and state in the Dutch Republic », dans James D. Tracy et Marguerite Ragnow, Religion and the Early Modern State : Views from China, Russia, and the West, Cambridge University Press, , 415 p. (lire en ligne), page 92.
  8. (en) Hugh Elton, « The consolidation of the rhine frontier : The Batavians and the Rhineland », dans Hugh Elton, Frontiers of the Roman Empire, Routledge, , 150 p. (lire en ligne), pages 48 à 51.
  9. (en) Thomas Grünewald et Hans-Joachim Schalles, Germania Inferior, Walter de Gruyter, , 572 p. (lire en ligne).
  10. Tacite, La Germanie, Livre XXIX, 1, édition de La Pléiade, p. 52.
  11. Hartmut Galsterer, « Des Éburons aux Agrippiniens. Aspects de la romanisation en Rhénanie. », Cahiers du Centre Gustave Glotz, vol. 3,‎ , p. 107-121 (DOI 10.3406/ccgg.1992.1350, lire en ligne).
  12. Chantal Grell, « L'historiographie en quête de vérité », dans Chantal Grell, Les historiographes en Europe de la fin du moyen âge à la révolution, Presses Paris Sorbonne, , 428 p. (lire en ligne), pages 302 à 308.
  13. Grégoire de Tours, Histoires, Livre II.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Michel Balard et Jean-Philippe Genêt, Des Barbares à la Renaissance, vol. 14/456/9, t. 20, Paris, Hachette, coll. « Initiation à l'Histoire », , 280 pages et 42 cartes p. (ISBN 978-2-010-06274-2).

(en) Malcom Todd, The Early Germans : The peoples of Europe, Oxford, Blackwell Publishing, 2004 (deuxième édition revue et augmentée), 266 pages p. (ISBN 978-1-4051-1714-2).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]