Carpes

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Les Carpes ou Carpiens (latin: Carpii) sont une partie des Daces ou Gètes (Thraces du Nord), vivant pendant l'Antiquité sur le territoire de la future Moldavie.

Description[modifier | modifier le code]

Restant au IIe et au IIIe siècles en dehors du contrôle de l'Empire romain, ils représentent alors pour celui-ci un ennemi. Des empereurs romains reçoivent de leur combat contre eux le titre honorifique de « Carpicus Maximus » (Philippe l'Arabe, Aurélien, Dioclétien, Maximien, Constance Chlore et Constantin le Grand).

Selon les études linguistiques sur l'origine du roumain et de l'albanais, la la romanisation des Daces s'est faite à cheval sur le bas-Danube (zone violette), la romanisation des Thraces et des Illyriens au sud du Danube est un processus séparé qui a donné respectivement les Aroumains (seconde zone violette) et des Dalmates (zone rose), tandis que les Daces non-romanisés (Carpes : zones bleues) migrèrent vers la péninsule des Balkans lors des invasions des Goths, des Huns et des Gépides, devenant les ancêtres des Albanais (zone orange), ce qui expliquerait le lexique commun au roumain et à l'albanais.

Malgré cela, entre les Carpes et les Romains il y a aussi de nombreuses relations commerciales, comme en témoignent les nombreux objets retrouvés par l'archéologie (par exemple la camée trouvée en 2003 près de Chişinău, représentant l'empereur Constantin Ier: probablement un cadeau donné par l'empereur lors d'un accord de paix et de collaboration).

Influence tardive[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle, ils contribuent avec les Goths à chasser les Romains hors de Dacie, et ils prennent (seuls ou avec les Goths, on ne le sait pas) le contrôle de toute la Dacie au nord du Danube. Les Goths attaqueront ensuite la province de Mésie.

L'historien grec Zosime mentionne pour la dernière fois les Carpes en 381 sous le nom de « Carpodaces ». Les Carpes (ou une partie) ont probablement suivi les Wisigoths et d'autres peuples comme les Alains et les Taïfales dans l'Empire romain. Il disparaissent des chroniques, soit, selon une hypothèse, en fusionnant avec les Goths et en les suivant vers l'Italie et l'Hispanie, soit, selon une autre théorie, en s'installant dans les Balkans centraux où ils seraient les ancêtres des Albanais (ce qui expliquerait le lexique commun entre l'Albanais, l'Aroumain et le Roumain)[1].

Cette tribu a donné son nom aux montagnes Carpates (Carpaţi: en roumain, où la terminaison aţi est similaire à la terminaison ées en français - comme dans carpées - et représente un adjectif formé à partir d'un substantif - dans ce cas utilisé comme substantif sous une forme d'adjectif).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Eqrem Çabej, Eric Hamp, Georgiev, Kortlandt, Walter Porzig, Sergent et d'autres linguistes considèrent, dans une perspective paléolinguistique ou phylogénétique, que le proto-albanais s'est formé sur un fond thraco-illyrien vers le VIe siècle, à l'intérieur des terres, subissant un début de romanisation encore sensible dans la langue moderne, tandis que les emprunts les plus anciens de l'albanais aux langues romanes proviennent du diasystème roman oriental et non de l'illyro-roman qui était la langue romane anciennement parlée en Illyrie après la disparition de l'illyrien (pendant l'occupation romaine, l'illyro-roman a remplacé l'illyrien à la manière du gallo-roman remplaçant le celtique en Gaule). Comme les lieux albanais ayant conservé leur appellation antique, ont évolué selon des lois phonétiques propres aux langues slaves et que l'albanais a emprunté tout son vocabulaire maritime au latin et au grec, ces auteurs pensent que les ancêtres des Albanais ont vécu à l'est de l'actuelle Albanie et que régions côtières de ce pays (thème du Dyrrhacheion) étaient initialement gréco-latines. De nos jours, l'existence en albanais de mots empruntés au roman oriental balkanique et en roumain de mots de substrat apparentés à des mots albanais corrobore cette manière de voir.