Aller au contenu

Limes de Germanie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Carte de la province romaine de Germanie

Le limes de Germanie (ou Limes Germanicus[1]), désigne de nos jours une ligne de fortifications frontalières (limes) qui délimitait les anciennes provinces romaines de Germanie inférieure, de Germanie supérieure et de Rhétie, séparant l'Empire romain des tribus germaniques insoumises de 83 à environ 260 apr. J.-C. Cette frontière était constituée soit d'une limite naturelle, comme un cours d'eau, soit, plus généralement, d'un remblai de terre et d'un fossé, avec une palissade en bois et des tours de guet à intervalles réguliers. Un système de forts reliés entre eux était construit derrière ces limites.

Description

[modifier | modifier le code]

Le tracé du limes a évolué au fil du temps, au gré des avancées et des reculs dus aux pressions extérieures. À son apogée, le Limes Germanicus s'étendait de l'embouchure du Rhin, en mer du Nord, jusqu'aux abords de Ratisbonne (Castra Regina), sur le Danube. Ces deux grands fleuves offraient une protection naturelle contre les incursions massives en territoire impérial, à l'exception d'une zone s'étendant approximativement de Mogontiacum (aujourd'hui Mayence) sur le Rhin à Castra Regina.

Limes de Germanie inférieure

Le Limes Germanicus était divisé en :

Limes de Germanie supérieure et de Rhétie

Sa longueur totale était de 568 km. Elle comprenait au moins 60 forts et 900 tours de guet. La partie potentiellement la plus vulnérable, et donc la plus lourdement gardée, du Limes était le passage entre le coude ouest du Rhin, à Mayence, et le cours principal du Danube, à Ratisbonne. Ce corridor terrestre de 300 km de large, entre les deux grands fleuves, permettait le déplacement de populations importantes sans avoir recours au transport fluvial. D'où la forte concentration de forts et de tours à cet endroit, disposés en profondeur et sur plusieurs niveaux le long des cours d'eau, des gués, des routes et des sommets.

Les fortifications frontalières romaines sont bien mieux connues grâce aux fouilles systématiques financées par l'Allemagne et aux autres recherches qui s'y rapportent. En 2005, les vestiges du limes de Germanie supérieure et de Rhétie ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sous la rubrique Frontières de l'Empire romain[2]. En 2021, le limes de Germanie inférieure a été inscrit séparément sur la liste du patrimoine mondial[3]. Le Saalburg est une fortification reconstituée et un musée du limes situé près de Francfort.

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) « Limes Germanicus », sur Encyclopaedia Britannica.
  2. (en) « Frontiers of the Roman Empire », sur whc.unesco.org.
  3. (en) « Frontiers of the Roman Empire – The Lower German Limes », sur whc.unesco.org.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • (de) uch as Klee, M., quoted in Schmid, A., Schmid, R., Möhn, A., Die Römer an Rhein und Main (Frankfurt: Societäts-Verlag, revised edition 2006). (ISBN 3-7973-0985-6).
  • (en) D.J. Woolliscroft, Roman Military Signalling. Stroud and Charleston: Tempus Publishing, 2001. (ISBN 0-7524-1938-2).
  • (en) H.Schonberger, The Roman Frontier in Germany, in Archaeological Survey, in Journal of Roman Studies N.59, Exeter 1969, p. 149-170.
  • (de) Dr. Vojislav Vujovic, Marlies Vujovic, Der Limes, Limes - Von der Nordsee bis zum Schwarzen Meer, Wieser Verlag, 2008 Klagenfurt, (ISBN 978-3-85129-582-5).