Francie orientale

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Francie orientale
Ostfrankenreich (de)

843962

Description de cette image, également commentée ci-après

La Francie orientale est le territoire en vert sur la carte.

Informations générales
Statut Royaume
Religion Christianisme
Histoire et événements
843 Traité de Verdun
962 Sacre de Otton Ier en tant qu'empereur des Romains
Rois
(1er) 843-876 Louis II le Germanique
(Der) 936-973 Otton Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Francie orientale est la partie orientale de l'empire carolingien partagé lors du traité de Verdun en 843. Elle échoit à Louis le Germanique. Ce royaume comprenait la part orientale de l'ancienne Austrasie, la Saxe, la Thuringe et la Bavière.

Le royaume des Francs orientaux ne gardera que sous les Carolingiens le nom de Francie qui sera dès l'origine également utilisé pour désigner deux régions : l'une originellement peuplée de Francs, la Francie du Rhin ou Lotharingie (« Rheinfranken »), l'autre colonisée par eux, la Francie du Main, ou Franconie (« Mainfranken »)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors du traité de Verdun en 843, les fils de Louis le Pieux († 840), Lothaire Ier, Charles le Chauve et Louis le Germanique mettent fin à la guerre qui les oppose et se partagent le pouvoir. Lothaire obtient le titre d'empereur et la partie centrale de l'empire, Charles la partie occidentale et Louis la partie orientale. Après la mort du dernier roi de Francie orientale d'origine carolingienne en 911, le choix de Conrad Ier comme roi fut un pas important vers l'individualisation du royaume. Ce développement s'acheva en 962 lorsque Otton Ier se fit couronner empereur du nouveau Saint-Empire romain germanique.

Le déclin du royaume des Francs[modifier | modifier le code]

Le partage de 843 était principalement un partage du pouvoir. Il correspondait aux coutumes franques et n'était pas compris comme la fin de l'empire des Francs. Louis Ier avait essayé, par l'Ordinatio Imperii de 817, de consolider l'unité de l'empire. Mais ses projets furent contrariés dès 829 pour satisfaire les ambitions du fils de son second mariage, Charles. Il s'ensuivit des luttes qui ne prirent fin qu'avec le traité de Verdun. À partir de là, les parties occidentales et orientales de l'empire se développèrent de façon séparée. Cela fut particulièrement renforcé :

  • d'une part, par les luttes internes à la dynastie carolingienne pour acquérir le pouvoir, qui opposèrent les parties occidentale et orientale de l'empire.
  • d'autre part, les attaques des Normands, des Sarrasins et des Hongrois, qui menèrent à une perte de prestige de la dynastie carolingienne et à la recherche dans chacun des royaumes de nouveaux chefs locaux.

Les Carolingiens de Francie orientale[modifier | modifier le code]

Louis le Germanique fit de Ratisbonne et Francfort-sur-le-Main les centres principaux de son pouvoir. Par sa politique de mariages, il chercha à se lier avec la noblesse de Francie orientale.

L'élection de Conrad Ier[modifier | modifier le code]

Voir Conrad Ier de Germanie

Henri Ier[modifier | modifier le code]

Voir Henri Ier de Germanie

Otton Ier[modifier | modifier le code]

Voir Otton Ier du Saint-Empire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mot Francie ne fut utilisé pour désigner le royaume des Francs orientaux que tant que le trône est occupé par des Carolingiens[2] mais cet emploi du terme cohabite avec une acception plus restrictive correspondant aux zones peuplée ou colonisées par des Francs : ainsi, les actes de Charles III et d’Arnulf de Carinthie appellent Francie la seule partie alémanique du royaume oriental ou bien l’ensemble de cette dernière quand l’unité est refaite[3]. Le royaume des Francs de l'est est appelé Francie dans les Annales de Fulda, dans la continuation du Breviarum Erchanberti composée à l’abbaye de Reichenau, dans les Annales de Xanten.

Au IXe siècle, dans le royaume de l'est, Francia peut donc désigner soit l’ensemble du royaume, soit une partie de celui-ci, auquel cas le terme renvoie à la Francie du Main ou Franconie (« Mainfranken ») et la Francie du Rhin ou Lotharingie (« Rheinfranken »), par opposition aux territoires des peuples germaniques soumis par les Francs : Alemania, Baioaria, Frisia, Saxonia[4].

En effet, le terme de Francie orientale est antérieur au royaume confié à Louis le Germanique : en 805, les Annales de Metz parlent des orientales Franci, comme les Annales royales[5], les Annales dites d'Éginhard, ce dernier dans sa Vita Karoli[6]. Le terme de Francie orientale désigne avant 843, les zones peuplées de Francs ethniques à savoir la Francie du Main ou Franconie (« Mainfranken ») et la Francie du Rhin ou Lotharingie (« Rheinfranken »). Vers 840, la Passio Kiliani situe Wurzbourg dans le territoire des australes Franci[7].

Charles III sera le dernier roi de l’est à désigner son royaume sous le nom d’orientalis Francia et les souverains de la dynastie saxonne abandonnent toute référence à la Francie pour désigner leur royaume[2]. Ils emploient que très rarement le titre de roi des Francs contrairement à leurs homologues de l'ouest, par exemple lors du traité de Bonn de 921 qui cite les rex occidentalium Francorum (roi des Francs occidentaux) et rex orientalium Francorum (roi des Francs orientaux)[8]. Otton de Freising affirme que la Francia Orientalis ou Francie orientale s'appelle désormais Teutonicum regnum, qui sera traduit en Français par royaume de Germanie, et il lie le changement de terminologie avec l’arrivée au pouvoir de la dynastie saxonne[9],[10].

Le terme, parfois employé au fil des actes, ne désigne alors plus que la Francie du Main, ce que, dès le milieu du XIe siècle peut-être et sûrement dès le premier quart du XIIe siècle, on commence à appeler Franconie[2]. On retrouve la même spécialisation du terme Francie dans des sources historiographiques comme la vie d’Henri II par Adalbert, les Gesta des archevêques de Magdebourg, la biographie d’Otton de Bamberg par Herbord[11]. D'ailleurs, l'opposition entre Francia occidentalis et Francia orientalis ne sert plus qu’à opposer Francie du main (Franconie) et Francie du Rhin (Lotharingie) dans un diplôme d’Otton Ier[11], le mot Franc conservant en Germanie une acception essentiellement ethnique par analogie avec le nom d'autres peuples germaniques. De fait, dans le royaume de l'ouest qui recouvre le territoire originel du royaume des Francs, dès le VIIe siècle, le terme « Franc » a perdu toute connotation ethnique du fait des mariages mixtes entre Gallo-romains et Francs et de l'enrôlement dans l'armée de non-Germains[12]. Seul le royaume de l'ouest conservera le nom de Francia ou France[13].

La non-utilisation du mot Francie pour désigner le royaume de l'est s'explique par la distinction faite entre Franc au sens ethnique du terme à l'est et Franc au sens politique du terme à l'ouest : Liutprand de Crémone oppose ainsi les Franci Teutonici de la Francie orientale à la Francie occidentale, Francia quam Romanam dicunt, expression qui a son pendant au XIe siècle dans la Latina Francia de Wipo et de Brunon de Merseburg[10].

De même, au Xe et au XIe siècles l'idée que les Francs de l'est germaniques doivent être distingués des Francs de l'ouest ou Français apparaît dans l'espace germanique chez Lampert de Hersfeld qui évoque la Francia Theutonica et Ekkehard d’Aura qui distingue nettement les Franci ou Francs des Francigenae ou Français[14],[15],[16]. Des clercs du XIIe siècle prirent soin de distinguer Francs de Français : ainsi, pour Geoffroi de Viterbe, la vera Francia est la région d’entre Meuse et Main[17]. Et Guillaume de Malmesbury note que les habitants de la Lotharingie, ceux de l’Alémanie et « autres peuples transrhénans » veulent se faire appeler Franci ou Francs pour être distnigués des Galli ou Français[18].

Composition[modifier | modifier le code]

La Francie orientale était divisée en quatre duchés :

À ces territoires s'ajoutaient les parties orientales de la Lotharingie, réunies après la mort de Lothaire II en 869.

Ces séparations territoriales persistèrent dans le Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1268, ce qui correspond au terme de la dynastie Hohenstaufen.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 70 et suivantes.
  2. a, b et c Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 74.
  3. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 69.
  4. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 70.
  5. Annales royales, s.a., éd. Kurze, p. 160.
  6. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 72.
  7. Passio Kiliani, 6, éd. Levisson, p. 724.
  8. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 75-76.
  9. Otton de Freising, Chronica, VI, 11 éd. Hofmesiter p. 272.
  10. a et b Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 76.
  11. a et b Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 75.
  12. Gabriel Fournier, Les Mérovingiens, Presses universitaires de France, collection Que sais-je ?, juin 1987, p. 107.
  13. Hervé Pinoteau, La Symbolique royale française, Ve -XVIIIe siècles, PSR éditions, p. 115.
  14. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 77.
  15. Lampert de Hersfeld, Annales, 1076, éd. Pertz, p. 91.
  16. Ekkehard d’Aura, Chronica, éd. Schmale, 1104, p. 184 et 1105, p. 190.
  17. Geoffroi de Viterbe, Speculum regum, II, 4, éd. Waitz, p. 66.
  18. Carlrichard Brühl, Naissance de deux peuples, Français et Allemands (IXe-XIe siècle), éd. Fayard, août 1996, p. 77-78.