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Syndicat du travail sexuel

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Syndicat du travail sexuel

Cadre
Forme juridique association loi de 1901
But Défendre les intérêts collectifs, professionnels et moraux des travailleurs du sexe, lutter pour la reconnaissance du travail sexuel
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 2009
Origine Assises européennes de la prostitution
Identité
Siège c/o Acceptess-T
88 rue Philippe de Girard
75018 Paris
Structure Syndicat
Secrétaire générale Amar Protesta
Affiliation européenne International Committee for the Rights of Sex workers in Europe
Affiliation internationale Global Network of Sex Work Projetcs
Méthode autogestion, féminisme pro-sexe
Financement cotisations des membres
Membres 500 adhérents[1]
Site web www.strass-syndicat.org

Le Syndicat du travail sexuel (acronyme STRASS) est un syndicat qui existe en France depuis le [2]. Il défend les droits des travailleurs du sexe, c'est-à-dire principalement des prostitués mais aussi des acteurs pornographiques ou encore les opérateurs de téléphone rose[3].

Le STRASS a été créé en tant qu'association loi de 1901 lors des assises de la prostitution qui se sont tenues en au théâtre de l'Odéon, à Paris[4].

Le syndicat, dont certains représentants affirmaient quelques jours après sa création que ses fédérations comptaient en France entre cent[2] et deux cents adhérents[3], a été conçu comme un outil au service de l’auto-organisation des travailleurs du sexe. Sa principale priorité, d'après Malika Amaouche, membre du collectif Droits et prostitution et coordinatrice des Assises de la prostitution de 2009, était alors l'abrogation de la loi pour la sécurité intérieure de 2003, qui interdisait le racolage passif[5],[6].

Il a également pour objectif de lutter contre la discrimination et la marginalisation dont souffrent les travailleurs du sexe, en revendiquant notamment des statuts professionnels permettant d'assurer leur protection sociale et leur retraite[3].

Il cherche aussi à permettre aux travailleurs du sexe de reprendre la parole dans le débat public sur leur activité professionnelle, selon son trésorier Maîtresse Nikita[2].

Interventions

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En 2017, le STRASS annonce la mise en place d’une mutuelle pour les prostituées en partenariat avec la Mutuelle de Prévoyance interprofessionnelle[7],[8],[9]. « C'est un geste politique qui nous ancre dans la société », s'est réjouie Axelle de Sade, porteuse de ce projet au sein du syndicat[10].En 2021, le partenariat est rompu et c'est la PMIF qui devient le partenaire du STRASS.

Loi de pénalisation des clients

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Membre du STRASS, tenant une pancarte défendant les droits des travailleurs du sexe, lors de la marche des fiertés à Paris en 2014.

Le STRASS prend position contre le projet de loi de pénalisation des clients de prostitués[11], appelant ainsi à la manifestation du , qui a rassemblé environ 200 prostitué(e)s[12]. Sa secrétaire générale en , Morgane Merteuil avait par avance écrit : « Nous sommes prosexe, proporno, proputes, et pour la liberté de porter le voile[13] », tout en jugeant abject et antiféministe le « Manifeste des 343 salauds »[14].

Le [15], une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est déposée par le STRASS et huit autres associations (dont Médecins du monde) et cinq travailleuses du sexe, contre la loi visant à pénaliser les clients de la prostitution. Selon leur avocat Patrice Spinosi : « Notre objectif est de démontrer que la loi qui devait davantage protéger les prostituées n'a pas rempli ses objectifs, bien au contraire, elle est contre-productive[16]. »

En , le Conseil constitutionnel ne censure pas la loi contre la prostitution, jugeant qu'elle n'est pas contraire à la liberté d'entreprendre et au droit au respect de la vie privée[17].

En juillet 2020, un texte collectif publié dans le journal L'Humanité dénonce le STRASS en le décrivant comme une instance corporatiste confondant défense des droits des prostituées et intérêts des proxénètes éventuels. Ce texte est entre autres cosigné par des syndicalistes de la Confédération générale du travail, des représentants du Parti communiste français, du Parti de gauche, Nathalie Arthaud, ainsi que des membres d'organisations féministes abolitionnistes[18].

Notes et références

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  1. Nombre revendiqué d'après le journal Le Matin.
  2. a b et c « Les prostitués fondent leur syndicat et défilent pour la "Pute pride" », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. a b et c « "STRASS", premier syndicat du travail sexuel! », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Avec le Strass, le travail du sexe a désormais son syndicat » L’Obs, 26 mars 2009.
  5. Audrey Dreillard, « Prostitution - Un syndicat pour les travailleurs du sexe », France-Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Cette disposition est en cours d'abrogation (décembre 2013) dans la loi en débat sur la pénalisation des clients de prostitués.
  7. « Les prostituées peuvent souscrire à leur propre mutuelle de santé », sur Franceinfo, (consulté le ).
  8. Anaïs Moran, « Santé : les travailleurs et travailleuses du sexe seront enfin couverts », sur Libération (consulté le ).
  9. « En France, une mutuelle pour les prostituées », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  10. « Les travailleurs du sexe vont pouvoir bénéficier d'une mutuelle », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  11. Le Drenche, Prostitution : faut-il pénaliser les clients ?
  12. Le Monde, Les prostituées manifestent contre la pénalisation des clients
  13. Morgane Merteuil, Libérez le féminisme !, L'Éditeur, 2012.
  14. Express yourself, 30 octobre 2013.
  15. Conseil constitutionnel.
  16. Des associations et des travailleuses du sexe déposent une QPC contre la loi prostitution, Europe 1, septembre 2018
  17. Le Conseil constitutionnel ne censure pas la loi contre la prostitution Le Figaro, .
  18. « Prostitution. Sous le Strass, le corporatisme d’un monde libéral et antiféministe », sur L'Humanité.

Articles connexes

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Lien externe

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