Vis (rivière)

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la Vis
la Vis en aval de la Foux
la Vis en aval de la Foux
Caractéristiques
Longueur 57,8 km [1]
Bassin 481 km2 [1] ou 499 km2[2]
Bassin collecteur l'Hérault
Débit moyen 10 m3/s (Saint-Laurent-le-Minier) [2]
Régime pluvial cévenol
Cours
Source au lieu-dit les Liquières dans la forêt domaniale de L'Aigoual
· Localisation Arrigas
· Altitude 1 300 m
· Coordonnées 44° 01′ 08″ N 3° 28′ 28″ E / 44.0188, 3.4745 (Source - la Vis)  
Confluence l'Hérault
· Localisation Cazilhac
· Altitude 143 m
· Coordonnées 43° 56′ 23″ N 3° 41′ 23″ E / 43.9396, 3.6897 (Confluence - la Vis)  
Perte au moulin de Larcy
· Localisation Alzon
· Altitude 570 m
· Coordonnées 43° 57′ 31″ N 3° 26′ 18″ E / 43.95861, 3.43833 (Perte - la Vis)  
Résurgence Résurgence de la Vis ou résurgence de la Foux
· Localisation Vissec
· Altitude 356 m
· Coordonnées 43° 53′ 58″ N 3° 28′ 59″ E / 43.89944, 3.48306 (Résurgence - la Vis)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche la Crenze
· Rive droite La Virenque
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Gard, Hérault
Régions traversées Languedoc-Roussillon

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Vis est une rivière française, important affluent cévenol de l'Hérault en rive droite, qui coule dans les départements du Gard et de l' Hérault en région Languedoc-Roussillon. La Vis est gérée par l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Vis provient de la racine d'origine Indo-européenne war et de sa variante Vir qui signifie « eau ». D'autres cours d'eau ont la même étymologie : la Vire rivière de Belgique affluent du Ton, la Vire fleuve de Normandie, la Vie affluent de la Dives, le Vistre rivière du Gard et la Virenque affluent de la Vis.

Un bout de rivière qui a changé de nom[modifier | modifier le code]

Le cartulaire de ND de Nîmes de 1084 décrit au ch. 169 l'église de Vissec (Gard) comme « ecclesia que vocant Viro-Sicco,... in valle que vocant Virenca.. », soit : une église qu'on appelle de Vis-Sec (les hydronymes sont masculins en occitan) ... dans la vallée qu'on appelle Virenque. Jusqu'à la fin de l'ancien régime, le nom de Vis désigne en amont du confluent de Vissec la rivière connue aujourd'hui sous le nom de Virenque tandis que celle appelée Vis actuellement se nommait alors Alzon (prononcer alzou). Virenque est la vallée et non le cours d'eau.

Son parcours[modifier | modifier le code]

La Vis, rivière d'une longueur de 57,8 km[1], prend sa source dans le Parc national des Cévennes, près du col de l'Homme-Mort dans le département du Gard. Elle traverse notamment Alzon où les eaux s'infiltrent au moulin de Larcy. Ensuite son lit reste sec dans de profondes gorges entourant le causse de Blandas, le séparant du causse de Campestre puis du causse du Larzac. Le village de Vissec est traversé par une rivière sèche. La rivière ressurgit à la résurgence de la Foux où les eaux infiltrées sous le Larzac méridional, le causse de Campestre et le causse de Blandas viennent compléter celles qui se sont perdues à Alzon. La Vis traverse ensuite le cirque de Navacelles puis Saint-Laurent-le-Minier après avoir formé de nombreux méandres et se jette dans l'Hérault en amont de Ganges.

Article détaillé : Résurgence de la Vis.

Communes traversées[modifier | modifier le code]

le lit sec de la Vis à Vissec

La Vis traverse onze communes[1] :

Affluents[modifier | modifier le code]

La Vis reçoit 18 affluents[1] qui sont de l'amont vers l'aval :

  • Le ruisseau de Sarméjane, (rd) 1,9 km
  • Le ruisseau de Valcroze, (rd) 4,3 km
  • Le ruisseau d'Airoles, (rg) 4,6 km
  • La Virenque, (rd) 24,6 km. La confluence est juste un peu en aval du Camp d'Altou, 1 km en amont de Vissec, lieu-dit les deux rivières.
  • Le ravin de Bergougnous, (rd) 1,1 km dont la confluence est après la résurgence de la Vis
  • Le valat de la Rouveyrolle, (rg) 1,4 km
  • Le ruisseau de Fontenilles, (rd) 2 km)
  • Le valat des Combals, (rg) 2,8 km
  • Le ruisseau du Saut du Loup, (rd) 1,1 km
  • Le Valat de Combe Caude (rd) 3 km)
  • Le ruisseau de Chaumes, (rg) 1,8 km
  • Le ruisseau de Calavon, (rg) 3,9 km
  • Le ruisseau des Euzes, (rd) 2 km
  • Le ruisseau de Gasson, (rg) 4 km
  • Le ruisseau de l'Escudelle, (rg) 1,3 km
  • Le valat de Cornier, 1,2 km
  • la Crenze, (rg), 5,4 km). La confluence est à Saint-Laurent-le-Minier sous le Château.
  • Le ruisseau de Maudesse, (rg), 3,6 km
Vallée de la Vis : vue du canyon vers l'aval depuis la route de Saint-Maurice-de-Navacelles, en descendant vers Ganges

Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Vis est une rivière typiquement cévenole et donc très irrégulière mais abondante, à l'instar de ses voisines de la région des Cévennes, et avant tout de l'Hérault. Son débit a été observé durant une période de 53 ans (1961-2013), à Saint-Laurent-le-Minier, localité du département du Gard située au niveau de son confluent avec le fleuve [2]. La surface ainsi étudiée est de 332 km2, soit la quasi-totalité du bassin versant de la rivière.

Le module de la rivière à Saint-Laurent-le-Minier est de 10 m3/s.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Y2035010 La Vis à Saint-Laurent-le-Minier pour un bassin versant de 499 km2 à l'altitude de 149 m[2]
(le 08-04-2013 données calculées sur 53 ans de 1961 à 2013)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,970 m3/s (970 litres), en cas de période quinquennale sèche, ce qui ne peut être considéré comme sévère pour un cours d'eau de cette taille.

la cascade sur la Vis à Saint-Laurent-le-Minier

Les crues peuvent être extrêmement importantes compte tenu de la taille assez modeste du bassin versant, et, comme toutes les rivières cevenoles, tout à fait « hors-norme » en France. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 320 et 460 m3/s. Le QIX 10 est de 550 m3/s, le QIX 20 de 630 m3/s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 740 m3/s. Ce dernier chiffre est égal à deux fois et demi le débit moyen de la Seine à Paris, mesuré au pont d'Austerlitz, ou encore à la moitié du débit moyen du Rhône à Valence, presque en fin de parcours.

Le débit instantané maximal enregistré à Saint-Laurent-le-Minier a été de 542 m3/s le 8 novembre 1982, tandis que la valeur journalière maximale était de 513 m3/s le 18 décembre 1997. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue était à peine d'ordre décennal et donc tout à fait banale et nullement exceptionnelle.

La Vis est une rivière très abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 953 millimètres annuellement, ce qui est près de trois fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France (320 millimètres), et dépasse largement la moyenne du bassin de l'Hérault (543 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 30,1 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Confluence[modifier | modifier le code]

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Sur une superficie de 5 590 ha le site Natura 2000 des gorges de la Vis et de la Virenque a été proposé comme Site d’intérêt communautaire (directive Habitats) en décembre 1998[3].

Les poissons présents sont :

Les invertébrés présents sont : La cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii), la cordulie splendide (Macromia splendens), le damier de la Succise (Euphydryas aurinia), l'ecaille chinée (Callimorpha quadripunctaria), le grand capricorne (Cerambyx cerdo), la laineuse du prunellier (Eriogaster catax), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus), la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), la Nymphale de l'arbousier (Charaxes jasius), le Scarabée rhinocéros (Oryctes nasicornis).

Les mammifères présents sont : La barbastelle (Barbastella barbastellus), le grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrum-equinum), la loutre (Lutra lutra), le minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersi), le petit Murin (Myotis blythii), le petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), le rhinolophe Euryale (Rhinolophus euryale), le vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et le vespertilion de Capaccini (Myotis capaccinii).

Sur une superficie de 20 321 ha le site Natura 2000 des gorges de la Vis et cirque de Navacelles a été classé comme Zone de protection spéciale en avril 2006[4].

Les oiseaux présents sont : L'aigle royal (Aquila chrysaetos), l'alouette lulu (Lullula arborea), le bruant ortolan (Emberiza hortulana), le busard cendré (Circus pygargus), le busard Saint-Martin (Circus cyaneus), le circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus), le crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), l'engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus), le faucon pèlerin (Falco peregrinus), la fauvette pitchou (Sylvia undata), le grand-duc d'Europe (Bubo bubo), le martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), l'œdicnème criard (Burhinus oedicnemus), le pic noir (Dryocopus martius), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le pipit rousseline (Anthus campestris), le vautour fauve (Gyps fulvus), le vautour moine (Aegypius monachus), le Cincle plongeur (Cinclus cinclus).

Elle abrite de nombreux reptiles et amphibiens (rainette, couleuvre à collier....).

Histoire de la vallée de la Vis[modifier | modifier le code]

Une grotte en aval de la résurgence de la Vis

Les premiers habitants de la vallée de la Vis ont été les chasseurs du paléolithique qui, abrités dans des grottes bien exposées au soleil, purent s'adonner à la chasse, à la cueillette et à la pêche.

Les agriculteurs du néolithique ont eux aussi utilisé les grottes de la vallée de la Vis proches des zones cultivables du Causse comme habitat.

A l'âge du bronze la totalité des grottes ainsi que des abris sous roches biens exposés sont occupés.

Les moulins[modifier | modifier le code]

La force hydraulique de la Vis a très tôt été utilisée par les caussenards pour moudre les céréales dans des moulins à eau. Les plus connus sont les moulins maintenant restaurés situés à la résurgence de la Vis. Ces moulins existaient au XIe siècle. Leur exploitation a été abandonnée en 1907 suite à une crue dévastatrice de la rivière. Les moulins de Navacelles sont eux aussi antérieurs au XIe siècle. Trois moulins existaient à Madières où déjà au IXe siècle un excellent moulin y était mentionné. Le moulin de Gorniès transformé en usine fonctionna jusqu'en 1939.

Activités[modifier | modifier le code]

Production hydroélectrique[modifier | modifier le code]

Deux installations hydroélectriques fonctionnent sur la Vis : la microcentrale du Martinet commune de Saint-Laurent-le-Minier et l'usine hydroélectrique EDF de Madières commune de Saint-Maurice-Navacelles. La première est une installation de basse chute (5 mètres de hauteur de chute après une dérivation de quelques centaines de mètres) alors que la seconde est une installation de haute chute (105 mètres de hauteur de chute après une dérivation de 10 km qui longe la Vis sur 12 km sur la rive droite). L’installation est soumise à un débit réservé de 700 litres par seconde du 1er juin au 30 septembre et de 500 litres par seconde du 1er octobre au 31 mai[5].

Piscicultures[modifier | modifier le code]

L'eau de la Vis est employée depuis les années 1925-1930 pour élever des truites en viviers. La pisciculture du Grenouillet sur la commune de Gorniès a été créée en 1963. L'exploitation de la pisciculture de la papeterie sur la commune de Saint-Laurent-le-Minier a débuté en 1979. Sa production annuelle est actuellement d'environ 150 tonnes de truites arc en ciel.

Patrimoine - Curiosités - Tourisme[modifier | modifier le code]

Baignades[modifier | modifier le code]

le pont sur la Vis à Navacelles

Bien que l'eau de la Vis soit relativement fraîche, sa remarquable limpidité et ses paysages spectaculaires dans des gorges provoquent à la belle saison un afflux vers les nombreuses baignades qui agrémentent son cours.

La qualité des eaux de baignade est analysée en 4 points[6]:

  • Cascade de Navacelles, 5 prélèvements en 2008. Baignade de bonne qualité,
  • Aire aménagée de Gorniès, 5 prélèvements en 2008. Baignade de bonne qualité,
  • Cascade de Saint-Laurent-le-Minier, 5 prélèvements en 2008. Baignade de qualité moyenne,
  • Cascades de Cazilhac, 5 prélèvements en 2008. Baignade de bonne qualité.

Les baignades de bonne qualité et les baignades de qualité moyenne sont conformes aux normes européennes.

Le cirque de Navacelles[modifier | modifier le code]

la cascade et le cirque de Navacelles

Pour de nombreux visiteurs la Vis est cette rivière, aperçue d'un point de vue, qui au fond des gorges a coupé un de ses méandres. Un Cirque naturel spectaculaire s'est ainsi formé il y a environ 6000 ans. L'attrait touristique du cirque de Navacelles, le paysage exceptionnel et la fragilité du milieu ont permis l'inscription du cirque de Navacelles au réseau des Grand Site de France.

Article détaillé : cirque de Navacelles.

La pêche[modifier | modifier le code]

La Vis est un cours d'eau de première catégorie sur la totalité de son parcours d'un grand intérêt piscicole où l'on trouve des truites fario de souche sauvage, des vairons et des blageons.

Certains pêcheurs reconnaissent la Vis comme la plus belle rivière d'Europe[7]

Cependant, la pêche à la truite n'y est autorisée qu'en amont des gorges.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(noms de lieux anciens et modernes), Paris 1868

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]