Antonio de La Gandara

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Antonio de la Gandara

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Antonio de La Gandara: Autoportrait[1], collection privée.

Nom de naissance Antoine Henri Pierre de La Gandara
Naissance 16 décembre 1861
Paris
Décès 30 juin 1917 (à 55 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Activités Peintre, dessinateur, pastelliste
Formation École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
Maîtres Alexandre Cabanel, Jean-Léon Gérôme, Auguste Boulard
Élèves Mary Swanzy, Anselme Mortreuil, Fernand Durozé, Romaine Brooks
Influencé par Théodule Ribot, Jean Siméon Chardin, Diego Vélasquez, Francisco Goya, Thomas Gainsborough

Antonio de La Gandara[2], né le 16 décembre 1861 dans le 9e arrondissement de Paris[3] et mort le 30 juin 1917 dans le 6e arrondissement, est un peintre, graveur, lithographe, dessinateur et pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Montgomery S. Roosevelt, Portrait d'Antonio de La Gandara, Salon de 1909.

La Gandara, dont le père était espagnol originaire de San Luis Potosí au Mexique et la mère française, éduquée en Angleterre, est influencé par trois cultures. En mars 1878, lorsqu'il est admis à l'âge de 17 ans à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il est élève d'Alexandre Cabanel, l'assiduité de son travail attire l'intérêt du prestigieux Jean-Léon Gérôme.

On le retrouve proche de Rodolphe Salis, fondateur du cabaret Le Chat Noir, et contribuant au Salon des Incohérents. C'est alors qu'il se lie d'amitié avec Théodore Rivière, Émile Goudeau, Steinlen, Caran d'Ache et Adolphe Willette.

Il expose pour la première fois au Salon des Champs-Élysées de 1883. L'année 1884 lui accorde la mention honorable du jury du Salon pour son Portrait de Saint-Sébastien. En 1885, peu fortuné et toujours inconnu, Gandara rencontre le comte Robert de Montesquiou, dont il fait un portrait[4] qui plaît au mécène, pourtant exigeant. celui-ci le présente à quelques amis, parmi lesquels la comtesse Jean de Montebello, dont il reproduit l'image gracieuse vêtue de mousseline blanche, la taille petite, la tête couverte d'un chapeau qu'une main légère semble protéger du vent. Puis la baronne Adolphe de Rothschild, la comtesse Greffulhe, Anna de Noailles, et même madame Gautreau, le modèle du tableau Madame X de Sargent, s'intéressent à lui.

La Gandara côtoie Edmond de Goncourt dont il fréquente le « Grenier », Anatole France, Alphonse Daudet, Mécislas Golberg, Jean Moréas, et d'autres auteurs menant une vie moins conventionnelle : Paul Verlaine, Jean Lorrain et Colette.

Des musiciens, aussi : Reynaldo Hahn, Paderewski, Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré. Mais aussi la grande-duchesse de Mecklembourg, le prince Edmond de Polignac, Leconte de Lisle, le prince de Sagan, Jean Moréas, Jean-Joseph Carriès, Sarah Bernhardt, Romaine Brooks, et tant d'autres personnages célèbres et moins connus de cette époque riche en création artistique.

Madame Pierre Gautreau (1898), Gibbes Museum of Art (en), Charleston (Caroline du Sud).

Vers 1900, Antonio de La Gandara est au sommet de sa gloire, recherché en Europe et aux États-Unis, où il expose, et en Argentine. Émile Verhaeren le dit influencé par Jean Siméon Chardin, et Whistler par lui-même. Le Larousse mensuel illustré d'octobre 1917 le rapproche de Zurbarán et de Diego Vélasquez. D'autres croient reconnaître dans sa technique le reflet de son admiration pour Francisco Goya. William B. Denmore du Metropolitan Magazine, au contraire, insiste sur l'individualisme de son style.

Il se fait des ennemis parmi ses rivaux jaloux ou, selon la rumeur[réf. nécessaire], les maris dépités. On le voit souvent en compagnie de l'actrice Polaire, de l'épouse de Gabriele D'Annunzio, de Liane de Pougy, ou d'Ida Rubinstein.

Peu à peu la critique souligne son attachement à la mode du jour (il collabore notamment avec La Gazette du Bon Ton) et le conservatisme des traits tandis que d'autres, comme Giovanni Boldini, font preuve de plus de nervosité, ou expérimentent, comme le jeune Pablo Picasso.

Pourtant, la renommée est loin de l'abandonner. La Gazette des beaux-arts estime, en 1910, que « M. de La Gandara atteint cette année la perfection que son art peut donner ». Le Figaro illustré lui fait l'honneur de sa première page. Le journal de la Buffalo Fine Arts Academy le décrit comme l'un des peintres contemporains les plus recherchés et les plus remarquables. L'Écho de Paris qualifie son portrait d'Ida Rubinstein de « rare et parfait ».

Plaque commémorative du 22 rue Monsieur-le-Prince à Paris.

Vient la Première Guerre mondiale. Des amis lui écrivent du front, racontant les horreurs des tranchées. La Gandara se montre généreux envers les œuvres de soutien aux combattants et à leurs familles. Mais le dernier jour de juin 1917, son ami André Rouveyre annonce à Serge de Diaghilev, Michel Fokine, Tamara Karsavina, Picasso et Marcelle Meyer la mort de La Gandara.

Surnommé le « peintre-gentilhomme »[5], Antonio de La Gandara meurt dans son atelier du 22, rue Monsieur-le-Prince, d'un infarctus le 30 juin 1617; il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

On retient aujourd'hui de cet artiste ses portraits mondains, par exemple celui, en pied, de la danseuse et mécène Ida Rubinstein (1913), des vues de Paris et des natures mortes.

Quelques œuvres inhabituelles, comme Trois Don Quichotte et La Belle et la Bête, mais aussi les lithographies d'une grande délicatesse qu'il produisit vers 1895 et 1896 et qui attirèrent l'attention du public lors des expositions Art nouveau chez Bing.

Antonio de La Gandara illustra quelques ouvrages littéraires dont Les Danaïdes de Camille Mauclair et une rare édition des Chauves-souris du poète Robert de Montesquiou.

Il exposa à Bruxelles, à New York, à Boston, à Saragosse, à Barcelone, à Munich, à Berlin, à Dresde, villes où la critique souligna les qualités de ce peintre qui refusait de se plier aux courants artistiques à la mode de son temps. Mais de son temps il fut un témoin exceptionnel. Un acteur, aussi, pour Edmond de Goncourt, Jean Lorrain, Marcel Proust, André Rouveyre, Guillaume Apollinaire, ou pour le comte de Montesquiou qui le citent[réf. nécessaire] dans leurs œuvres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Badea-Päun, « Antonio de La Gandara (1861-1917), un portraitiste mondain oublié, un parcours, un réseau, une mode », dans Studii Şi Cercet. Ist. Art., ARTĂ PLASTICĂ, serie nouă, tom 2 (46), p. 87–119, Bucureşti, 2012 Texte intégral
  • Xavier Mathieu, Antonio de La Gandara - Un témoin de la Belle Époque, 308 pp, Édition Librairie des Musées, 2011
  • Gabriel Badea-Päun, « Les peintres whistlériens aux Salons de la Société Nationale des Beaux-Arts, 1890-1903 » , [conférence à la Société de l’Histoire de l’Art français, présentée à l’Institut National d’Histoire de l’Art, Paris], le 5 avril 2008 , dans le Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, p. 303-322
  • Gabriel Badea-Päun, « Entre mondanité et mécénat — les avatars d'une relation, Robert de Montesquiou et Antonio de La Gandara », dans la Revue de la Bibliothèque nationale no 25, 2007, p. 54-62
  • Gabriel Badea-Päun, « Antonio de La Gandara (1861-1917), naissance d'un portraitiste mondain. L'exposition chez Durand-Ruel, avril 1893, conférence à la Société de l'histoire de l'art français, présentée à l'Institut national d'histoire de l'art, Paris, le 18 novembre 2006 », dans le Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, 2007, p. 315-334 + planches XII-XVI
  • Gabriel Badea-Päun, « Un intermezzo lithographique — les estampes d'Antonio de La Gandara », dans les Nouvelles de l'estampe, no 207, juillet-septembre 2006, p. 23-36
  • Gabriel Badea-Päun, « De l'atelier de Gérôme au cabaret du Chat noir. Les années de formation d'Antonio de La Gandara (1861-1917) », dans Le Vieux Montmartre, nouvelle série, fascicule no 75, octobre 2005, p. 12-36
  • Gabriel Badea-Päun, Antonio de La Gandara, sa vie, son œuvre (1861-1917), catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné, thèse de doctorat sous la direction de Bruno Foucart, Paris-IV Sorbonne, 2005, 3 volumes, 881 pages, éditeur ?
  • Gabriel Badea-Päun, « Antonio de La Gandara », dans Allgemeines Künstlerlexikon, Leipzig-Munich, K.G.Saur Verlag, vol.49
  • Gabriel Badea-Päun, Portraits de Société, Paris, Citadelles et Mazenod, 2007[6]
  • (en) Gabriel Badea-Päun, The Society Portrait, Thames & Hudson, Londres et Vendôme Press, New York, 2007

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antonio de la Gandara dans le site (it) Marcel Proust
  2. Né Antoine Henri Pierre de La Gandara.
  3. Archives de l'état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 9/2989/1861, Texte en ligne (consulté le 12 mars 2014)
  4. Portrait de Robert de Montesquiou dans la collection du Musée des Beaux-Arts de Tours
  5. Antonio de la Gandara, le peintre gentilhomme
  6. Prix du cercle Montherlant de l'Académie des Beaux-Arts 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :