Roger de Moulins

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Roger de Molen (collection particulière)

Roger de Moulins ou Roger de Molins ou Molen est le 8e supérieur[1] de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1177 à sa mort en 1187, il succéda à Joubert de Syrie.

Ses premiers soins, après son installation en Terre sainte, furent d'exhorter le régent et les principaux seigneurs du royaume à continuer avec vigueur la guerre contre Saladin. Mais la jalousie et la concurrence entre les grands pour le gouvernement de l'État, pendant l'infirmité du roi ; les intelligences criminelles de quelques seigneurs avec les infidèles, et la division qui survint de son temps entre les deux ordres militaires des Hospitaliers et des Templiers (bien que le pape Alexandre III persuada Roger de Moulins de faire une trêve en 1179) ; tout cela ne contribua pas moins aux conquêtes de Saladin, que sa propre valeur et le courage de ses soldats.

En 1184, il visita l'Europe avec Arnaud de Toroge, grand maître des Templiers et Héraclius, patriarche latin de Jérusalem afin de plaider, auprès des rois et du pape, l'envoi d'une nouvelle croisade pour renforcer les États latins d'Orient qui sont à la merci de la puissance grandissante de Saladin, l'unificateur du monde musulman. Au cours de ce voyage, il établit l'ordre des Hospitaliers en Angleterre, en France et en Allemagne. Et durant son retour de voyage en 1185, il aida les Normands à attaquer la Thessalonique. En son temps, le grand maître des Hospitaliers devint plus impliqué dans la politique du Royaume de Jérusalem.

Roger de Molen s'opposa à Renaud de Châtillon et Guy de Lusignan et refusa d'ailleurs de rendre sa clé à la trésorerie royale quand Guy de Lusignan fut couronné roi de Jérusalem en 1186.

Il prit part à l'offensive contre Saladin à Cresson près de Nazareth le 1er mai 1187, où il fut tué par une blessure de lance.

Garnier de Naplouse, fidèle serviteur et ami de Roger de Molen fut pressenti pour être son héritier en 1187 et, en raison de son état de santé, c'est Hermangard d'Asp qui sera élu en 1188. Garnier de Naplouse sera finalement élu en 1190.

Les statuts de Roger des Moulins[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 1182, les nouveaux statuts de l'ordre des hospitaliers sous la maîtrise de Roger des Moulins marque sur plusieurs points un tournant essentiel pour l'ordre.

Si, dans le domaine spirituel, dès le 21 octobre 1154, une catégorie de frère prêtres ou chapelains est établie, accordée par le pape Anastase IV[2] ; pour le domaine hospitalier et militaire, il faut attendre ces statuts pour voir apparaître dans le personnel soignant de l'ordre, des médecins et des chirurgiens[3] et dans le champ militaire, des frères d'armes (noté pour la première fois dans un texte, même s'ils existaient déjà dans les faits) : « C'est à cette date donc que l'ordre est devenu, en droit, un ordre religieux-militaire[4]. »

Précision est fait, qu'à la mort d'un frère, une messe y sera dédiée en plus de la messe quotidienne[5] et que "les biers des freres, et soient couvert d'un drap rouge au croiz blanche".

Se sont les seuls statuts a mentionner la charité dans un texte normatif. Trois articles en font référence, tous portés sur l'accueil et le soin des malades[6] :

  • Accueillir à table chaque jour trente pauvres.
  • Faire l'aumône à tous ceux qui se présentent à la porte de l'établissement trois jours par semaine.
  • Laver les pieds de treize pauvres le samedi de Carême, et leur fournir des vêtements et des souliers neufs."

Ce sont également ceux qui donnent le plus de renseignement sur les soins. Que se soit sur le recrutement à temps complet (à l'hôpital ou au champs de bataille) et liés par serment des quatre médecins et des quatre chirurgiens employés par l'Ordre, « à cause de la carence scientifiques et pratiques des frères »[7]. Que sur les prescriptions sur la nutrition (de la viande à la boisson tout en rappelant les aliments déconseillés) qui repose sur deux principes, à savoir :«  une très grande variété d'aliments [...] l'alternance »[8].

Seuls textes normatifs (en excluant le témoignage de l'anonyme de Munich), qui rendent compte de l'accueil de toutes femmes enceintes dans une salle spécifique, et de l'avenir des enfants abandonnés, que l'hôpital doit alors "ressevoir et faire nourrir"[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. B. Galimard Flavigny (2006) p. 317-319
  2. Alain Demurger (2013) p. 101
  3. Alain Demurger (2013) p. 111
  4. Alain Demurger (2013) p. 103
  5. Alain Demurger (2013) p. 341
  6. Alain Demurger (2013) p. 347
  7. Alain Demurger (2013) p. 355
  8. Alain Demurger (2013) p. 356
  9. Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Paris, Tallandier,‎ 2013, 574 p., p.359

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (fr) Alain Demurger, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Tallandier, 2013, 574 p. (ISBN 979-10-210-0060-5)
  • (fr) Bertrand Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, Paris