Frère Gérard

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Gerard Tum, fondateur de l’ordre de Saint-Jean de Jerusalem, gravure par Laurent Cars, c. 1725

Frère Gérard ou Pierre-Gérard de Martigues (vers 1047 dans une famille de la région d'Amalfi (Italie)[1] – 3 septembre 1120) est le fondateur d'une congrégation qui deviendra par la suite l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Appelé souvent par erreur Gérard Tenque ou Tum, Tune, ou encore Thom. Cette confusion vient d'une erreur de traduction de Pierre-Joseph de Haitze qui traduit des textes latins, entre autres, pour l'écriture de son Histoire de la vie et du culte du bienheureux Gérard Tenque, fondateur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il aurait appelé le frère Gérard, Gérard Tenque : « Fr. Gerardus tunc Hospitalis praefectus cum a Christianis duce Godefredo Hyerusalem capta est anno domini MLXXXIX » où tunc doit se traduire par « à l'époque » : « Frère Gérard, à l'époque administrateur des Hospitaliers ... » et non « Frère Gérard Tenque, administrateur des Hospitaliers ... ». C'est Ferdinand de Hellwald qui a relevé l'erreur de traduction en 1885[2].

C'est comme oblat des moines bénédictins de Sainte-Marie-Latine qu'il soignait les malades au xenodochium (hôpital en grec) de Jérusalem que des marchands d'Amalfi avaient construit entre 1070 et 1080 et dédié au bienheureux Jean l'Aumônier. Lors du siège de Jérusalem par les croisés de Godefroy de Bouillon, suspecté d'entente avec l'ennemi, il sera torturé et à la prise de la ville il se met à la disposition des blessés croisés[1].

Suite à la conquête latine de la première croisade, le xenodochium et son recteur Gérard se sépare des moines bénédictins de Sainte-Marie-Latine, et change de patronage en le dédiant désormais à saint Jean-Baptiste[3]. Ses premiers compagnons dans la congrégation qu'il fonde seront les aides des malades, impressionnés par son engagement et sa foi[4]. C'est le pape Pascal II dans une bulle Pie postulatio voluntatis datant du 15 février 1113[4] qui fait ensuite de Gérard le fondateur, "instituteur et prévôt du xenodochion de Jérusalem"[5] et faisant de celui-ci, l'Hôpital, une institution, une sorte de congrégation[6], sous la tutelle et protection exclusive du pape.

"C'est la convergence entre la mise en place des premières structures administratives régionales et l'élaboration de la règle par le maître Raymond du Puy et son approbation par le pape Eugène III au milieu du XIIe siècle qui permettent de dire que, alors et alors seulement, l'Hôpital est devenu un ordre."[6]

La bulle précise également qu'à la mort de frère Gérard, les frères éliront entre eux son successeur[7].

Frère Gérard est considéré comme bienheureux par l’Église catholique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alain Beltjens, « Gérard », dans Nicole Bériou (dir. et rédacteur), Philippe Josserand (dir.) et al. (préf. Anthony Luttrel & Alain Demurger), Prier et combattre : Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Fayard,‎ 2009, 1029 p. (ISBN 978-2-2136-2720-5, présentation en ligne), p. 386
  2. B. Galimard Flavigny (2006) p. 20
  3. Alain DEMURGER, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Paris, Tallandier,‎ 2013, 574 p. (ISBN 979-10-210-0060-5), p.50-53
  4. a et b Eugène Harot, Essai d'armorial des Grands-Maîtres de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, Rome, Collegio Araldico, 1911 (disponible sur Wikisource).
  5. Alain Beltjens, Aux origines de l'ordre de Malte. De la fondation de l'Hôpital de Jérusalem à sa transformation en ordre militaire, Alain Beltjens éditeur,‎ 1995, p.192-193
  6. a et b Alain DEMURGER, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Paris, Tallandier,‎ 2013, 574 p. (ISBN 979-10-210-0060-5), p.61
  7. Alain DEMURGER, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Paris, Tallandier,‎ 2013, 574 p. (ISBN 979-10-210-0060-5), p.58

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain DEMURGER, Les Hospitaliers, de Jérusalem à Rhodes, 1050-1317, Tallandier, Paris, 2013, 574 p. (ISBN 979-10-210-0060-5)
  • Bernard Galimard Flavigny (2006) Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, Paris
  • Alain Beltjens, « Trois questions à propos de l'hospitalier Gérard : les reliques, qui ont reposé pendant plusieurs siècles dans la chapelle du château de Manosque, appartenaient-elles au premier chef de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ? Dans la négative, de qui étaient-elles et sommes nous encore en droit de décerner à l'hospitalier Gérard le titre de bienheureux ? », Revue de la société de l'histoire et du patrimoine de l'ordre de Malte, no 19 et 20,‎ 2008 et 2009 (ISSN 1252_9893) (extraits en ligne : [1] [2])