Boris Ier de Bulgarie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Boris Ier)
Aller à : navigation, rechercher
Boris Ier
Boris Ier de Bulgarie
Boris Ier de Bulgarie
Titre
khan puis tsar de Bulgarie
852 – 889
Prédécesseur Pressian Ier
Successeur Vladimir-Rassaté
Siméon Ier
Biographie
Nom de naissance Boris
Lieu de naissance Bulgarie
Date de décès 2 mai 907
Lieu de décès Bulgarie
Père Pressian Ier
Enfant(s) Vladimir-Rassaté
Gavril
Siméon Ier
Yakov
Evpraksiya
Anna
Souverains de Bulgarie

Tsar Boris Ier aussi appelé Boris-Mihail (Michel), en bulgare: Борис I (Михаил), ou Bogoris (mort le 2 mai, 907) fut le souverain de la Bulgarie de 852 à 889 et son premier monarque chrétien. Lors de son baptême en 864, Boris fut baptisé Michel en l'honneur de son parrain, l'empereur byzantin Michel III.

Début de règne[modifier | modifier le code]

Boris I était le fils et successeur de Pressian Ier de Bulgarie. Au moment de son accession au trône, Boris est en campagne en Macédoine, et la Bulgarie fait l'objet d'une invasion par les Francs orientaux, victorieux contre Boris et ses alliés Slaves en 853. La paix avec les Francs est restaurée en 855, et Boris retourne son attention vers les tensions sur la frontière Bulgaro-Byzantine, posant un ultimatum au gouvernement impérial de Constantinople. La crise est évitée et Boris s'allie avec le roi Louis le Germanique des Francs orientaux contre le Prince Rastislav du royaume slave de Grande Moravie et le souverain de la Croatie. Les alliés obtiennent quelques succès en 863, mais Boris est battu lors de son invasion de la Serbie de Mutimir, ce qui amène le monarque à signer la paix à la fois avec la Croatie et la Serbie. Malgré ces revers, Boris parvient à maintenir l'intégrité territoriale de son royaume.

Baptême[modifier | modifier le code]

Désirant pour des raisons diverses se convertir au Christianisme, Boris s'enquiert dans ce but auprès de Louis le Germanique en 863. Toutefois, la Bulgarie est envahie la même année par l'Empire byzantin pendant une période de famine et de catastrophes naturelles. Pris par surprise, Boris est forcé de parlementer et accepte de se convertir au Christianisme selon le rite oriental, obtenant en contrepartie la paix et des concessions territoriales en Thrace. Au début de l'année 864 Boris est baptisé en secret à Pliska par une ambassade de prêtres byzantins, avec sa famille et certains membres de la notabilité bulgare. L'empereur Michel III étant son parrain, Boris prend Michel comme nom de baptême. Sa conversion provoque un soulèvement de ses sujets, dont certains notables. La révolte est réprimée dans le sang en 865, avec l'exécution de 52 boyards et leurs familles.

Conversion de la Bulgarie au christianisme[modifier | modifier le code]

Boris s'enquiert également auprès du Patriarche Byzantin Photios Ier pour des enseignements sur la manière de suivre une vie de chrétien, et également la possibilité d'établir une église bulgare autocéphale. Déçu par la réponse de Photios, il se tourne vers Rome et le pape Nicolas Ier, auquel il envoie des émissaires avec une longue liste de questions en août 866. Le pape lui fait parvenir 106 réponses détaillées concernant la religion, les lois, la politique et la foi, mais évite le sujet du statut autocéphale désiré par Boris. Des missionnaires romains sont également envoyés pour poursuivre la conversion de la Bulgarie suivant le rite occidental. Furieux du rattachement de la Bulgarie à la papauté, le patriarche publie en 867 une encyclique dénonçant les pratiques du rite occidental et l'intervention ecclésiastique de Rome en Bulgarie. Ceci provoque le Schisme de Photios qui constitue un pas majeur vers la séparation des églises d'orient et d'occident.

Toutefois la nomination par Boris du légat du pape, l'évêque Formose (qui deviendra le pape Formose en 891) au titre d'archevêque de Bulgarie est rejetée par le pape. Le pape Adrien II qui succède à Nicolas Ier rejette également la nomination par Boris soit de Formose, soit du diacre Marin (qui deviendra le pape Marin Ier en 881) au même poste. Suite à ces refus, la Bulgarie se retourne vers Constantinople. Au quatrième concile de Constantinople de 870, l'Église orthodoxe bulgare est rattachée au patriarcat de Constantinople et obtient le titre d'église autocéphale. Au cours des années 870 elle est rendue à la papauté, mais ce transfert purement nominal n'affecte pas le statut de l'église bulgare autocéphale.

En 886, les disciples de Saint Cyrille et Saint Méthode sont accueillis par le gouverneur de Boris à Belgrade après que ceux-ci eurent été exilés de Grande-Moravie, et sont envoyés auprès de Boris à Pliska. Deux de ces disciples, Clément d'Okhrid et Naum de Preslav, fondent des écoles à Pliska et Ohride destinées à développer la littérature et la liturgie slavonique, utilisant l'alphabet glagolitique développé par Cyrille et Méthode. Parallèlement à ce développement de la liturgie, Boris poursuit également à la construction d'églises et de monastères dans son royaume.

Abdication et mort[modifier | modifier le code]

En 889, Boris abdique et se fait moine. Son fils et successeur, Vladimir, tente une restauration du culte païen, amenant Boris à revenir au pouvoir en 893. Après avoir vaincu et fait aveugler Vladimir, Boris place son troisième fils, Siméon Ier sur le trône, le menaçant du même sort en cas d'apostasie. Boris retourne à son monastère, mais reprend les armes en 895 pour aider Siméon à vaincre les Magyars qui avaient envahi la Bulgarie alliés aux Byzantins. Il reprend ensuite sa vie monastique et meurt en 907.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Jordan Andreev, Ivan Lazarov, Plamen Pavlov, Koj koj e v srednovekovna Bălgarija, Sofia 1999.
  • John V.A. Fine Jr., The Early Medieval Balkans, Ann Arbor, 1983. (en anglais)