Théodora (femme de Théophile)

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Théodora (v. 805/810 - 867), est une impératrice de Byzance, épouse de Théophile. et mère de Michel III, pour le compte duquel elle assura la régence de l'empire byzantin du 21 janvier 842 au 15 mars 856.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théodora sur un solidus de son fils Michel III, représentée avec sa fille Thecla sur l’envers.

Théodora était la fille de Marinos, drongaire en Paphlagonie, d'origine arménienne, et de Théoctista Phlorina, noble de Paphlagonie.

Quelques généalogistes, comme N. Adontz et C. Toumanoff, ont avancé l'hypothese que Théodora et sa famille soient issus de la grande famille arménienne des Mamikonian[1], mais selon l'historienne de l'Arménie médiévale, Nina Garsoïan, la thèse de la descendance de Bardanès et d'autres nobles armeno-byzantines des Mamikonian "attrayante qu'elle soit [...] ne peut être prouvée, faute de sources"[2].

Théodora fut impératrice byzantine par son mariage avec l'empereur Théophile. Elle fut choisie par Euphrosyne, la veuve de Michel II l'Amorien à la suite d'un concours de beauté.

Elle donna cinq filles et deux garçons de son mari, le plus jeune de ces derniers deviendra le futur Michel III. Théodora était iconophile, ce qui entraîna des conflits avec son mari. Après la mort de ce dernier en 842, elle devient le 21 janvier 842 régente au nom de son fils Michel III, âgé de trois ans. Très pieuse, elle dispose du soutien des moines. Durant sa régence, sa politique ferme et judicieuse remplit les caisses du trésor ; elle dissuada aussi les Bulgares d’une tentative d’invasion.

Contrairement à la volonté de son mari Théophile, elle convoque un concile qui met fin à l'iconoclasme en février 843. Une cérémonie officielle rétablit le culte des images à Sainte-Sophie le 11 mars 843, le premier dimanche du Grand Carême, date qui demeure une des grandes fêtes de l'Église orthodoxe, la « fête de l'Orthodoxie ». La cérémonie était présidée par le patriarche Méthode qui venait d'être intronisé patriarche à la place de l'iconoclaste Jean VII.

En revanche, elle lutte contre les hérétiques, persécutant les Pauliciens d'Asie Mineure. Cette politique entraîne une alliance avec les musulmans, ce qui affaiblit la défense de l'Empire. Pourtant, elle fait tout pour affaiblir les positions de l'Islam, mais ne peut sauver la Sicile qui est conquise entre 842 et 847.

Elle débute la pacification et la conversion des Slaves du Péloponnèse vers 847. Son frère Bardas, soutenu par Michel III, fait assassiner son conseiller Théoctiste le 20 novembre 855. Elle doit alors abandonner le pouvoir le 15 mars 856.

Théodora et ses quatre filles aînées furent tondues moniales sur l'ordre de Michel III et enfermées d'abord au monastère du Carien, où elles vécurent misérablement puis transférées au monastère de Sainte-Euphrosyne; Finalement les trois survivantes ; Thékla, Anastasia et Pulchéria furent ensevelies par Basile Ier avec leur mère Théodora et leur grand-mère Théoctista au monastère de Gastria.

Théodora meurt le 11 février 867. Canonisée, elle est fêtée ce même jour. Ses reliques ont été transférées de Constantinople à Corfou, où elles sont toujours vénérées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, Paris, de Boccard,‎ 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 158 émet l'hypothèse qu'il était issu des Mamikonian et un descendant du naxarar Himayeak connu vers 690/705
  2. Nina Garsoïan, "Mamikonean" dans Alexander Kazhdan, Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press, 1991, p. 1278–1279

Bibliographie[modifier | modifier le code]