Bataille de Hondschoote

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Bataille de Hondschoote
Battle of Hondschoote.jpg
Informations générales
Date 8 septembre 1793
Lieu Hondschoote Sud-Est de Dunkerque
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Drapeau de l'Électorat de Hanovre Électorat de Hanovre
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Jean Nicolas Houchard
Jean-Baptiste Jourdan
Heinrich Wilhelm von Freytag (en)
Frederick, duc d'York et Albany
Forces en présence
40 000 hommes 24 000 hommes
Pertes
3 000 morts ou blessés 4 000 morts ou blessés
Première Coalition
Batailles
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Coordonnées 50° 58′ 49″ N 2° 35′ 10″ E / 50.980277777778, 2.586111111111150° 58′ 49″ Nord 2° 35′ 10″ Est / 50.980277777778, 2.5861111111111  

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Hondschoote.

La Bataille de Hondschoote (ou bataille d'Hondschoote) oppose les troupes de la République française à celles de la première Coalition le 8 septembre 1793. Le général Houchard bat le duc d’York et Albany et libère Dunkerque.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au mois d'août 1793, le prince de Cobourg occupe Condé, Valenciennes, Le Cateau. À Dunkerque, le général Souham, secondé par Hoche résiste vaillamment au siège mené par les troupes britanniques de Frederick d'York. Hondschoote est occupée par les troupes de Hanovre commandées par le maréchal Freytag. Carnot ordonne au général Houchard de libérer Dunkerque.

Le 6 septembre à la tête d'une armée de 40 000 hommes, Houchard marche sur Rexpoëde, Bambecque, Oost-Cappel. Le 8 septembre, après un assaut à la baïonnette des gendarmes à pied de Paris, il prend Hondschoote.

Le duc d’York et Albany lève précipitamment le siège de Dunkerque pour se réfugier à Furnes où il rejoint le reste des troupes de Freytag.

Accueilli en triomphe à Dunkerque, Houchard est cependant accusé de lâcheté pour avoir laissé s'enfuir les armées de la coalition. Destitué de ses fonctions, au profit de Jourdan, par le ministre de la Guerre Bouchotte, le tribunal révolutionnaire le condamne à mort. Il est guillotiné le 16 novembre 1793.

Un récit de la bataille de Hondshoote[modifier | modifier le code]

Carte du siège de Dunkerque et de la bataille de Hondschoote

La journée du 7 septembre 1793 fut employée par le général en chef à reconnaître la position des alliés, retranchés d'une manière formidable dans Hondschoote. L'armée républicaine réoccupa les postes abandonnés la veille. Houchard commit encore une faute pareille à celle qui venait de lui être fatale, en détachant la division Landrin pour contenir l'armée de siège de Dunkerque, tandis que le point décisif se trouvait à Hondschoote.

Sa précaution fut utile. On a dit pour l'excuser qu'il eut été imprudent de livrer la bataille de Hondschoote sans faire observer le camp de 20 000 Britanniques campés à une lieue derrière lui, sous les ordres du duc d’York et Albany et d'Alvincy. La position de cette armée devant Dunkerque ne semblait cependant nullement à craindre pour les derrières de l'armée de Houchard, à cause de la diversion suffisante que l'on devait toujours attendre de l'artillerie de la place et d'une sortie de la garnison.

Le 8 au matin, l'armée française s'ébranla pour l'attaque du village de Hondschoote. La droite aux ordres de Hédouville et de Collaud, prit position entre Killem et Beveren, la gauche entre le canal de Furnes et Killem et le centre, en avant de ce dernier village, était commandé par Jourdan. Les deux armées se trouvaient engagées de front, à l'exception, pour l'armée française du corps de Leclaire, qui avait été détaché pour se glisser le long du Lang-Moor, sur le Flanc droit de l'ennemi. Nous verrons plus tard l'importance capitale de ce choix stratégique. Jourdan en s'avançant contre Hondschoote, rencontra dans un taillis les tirailleurs hanovriens couvrant la position. Toutes les troupes de l'ennemi se trouvaient concentrées sur une même ligne aux ordres du général allemand Walmoden, car Freytag se trouvait, par ses blessures, hors d'état de commander. L'ennemi, plein de confiance dans sa position, défendue par des batteries rasantes, attendit les Français. Le combat s'engagea bientôt avec la plus grande vivacité, et les deux partis envoyèrent successivement le gros de leur forces pour soutenir les corps avancés.

La résistance anima de part et d'autre les combattants. Les fossés, les haies, dont le pays est couvert, furent attaqués et défendues par une sorte de rage. Ce n'était pas un combat, disent les témoins oculaires de cette action, ce n'était plus qu'une boucherie, un massacre au corps à corps. Cependant le régiment de Brentano et une brigade hessoise, avaient été en quelques sorte hachés par nos soldats, et le général Conhenhausen, ayant été mortellement blessé, la position resta au pouvoir des Français. Mais les redoutes qui entouraient le village de Hondschoote étaient encore occupées par 15 000 Britanniques ou Hanovriens qui ne cessaient de foudroyer les armées françaises.

La résistance avait été si opiniâtre, que Houchard désespérant de la victoire refusa à Jourdan l'autorisation d'assaillir ces redoutes avec un corps de 10 000 hommes qu'il pouvait rassembler en un instant. Mais celui-ci, voyant ses tirailleurs se retirer en désordre et sentant la nécessité de porter un coup décisif, sollicita et obtint du représentant Delbrel la permission que le général en chef lui refusait. Alors, formant une colonne de trois bataillons qu'il conservait encore auprès de lui, il s'avança vers les formidables batteries.

Son exemple et celui du conventionnel Pierre Delbrel, qui voulut partager sa gloire et ses dangers, électrisèrent les généraux et les soldats et les troupes réunis sur ce point. Blessé à cinquante pas des redoutes, Jourdan n'en continua pas moins d'avancer au pas de charge. Des soldats chantaient avec gaieté le refrain vulgaire de La Carmagnole, qu'un vieux grenadier français, Georges, dont le bras venait d'être mutilé, faisait retentir d'une voix de tonnerre alors même que d'autres entonnaient La Marseillaise.

Monument de la victoire d'Hondschoote,
inauguré le 15 juin 1890 sur la place d'Hondschoote

Bientôt un cri de victoire se fit entendre à la droite des retranchements. Le colonel Leclaire, qui commandait la gendarmerie et qui, ainsi que nous l'avons dit, avait été détaché sur la droite, prenait les retranchements à revers, après avoir fait, avec ses soldats, deux lieues au pas de course, en longeant les marais de la Moere .

Le corps de gendarmerie à pied de Paris, aussi remarquable par son indiscipline que par son courage, était composé des anciennes Gardes-Françaises ; il seconda vigoureusement Leclaire, et emporta les redoutes, après avoir été repoussé dans un premier assaut, dans lequel il se fit un grand massacre de Britanniques et de Hanovriens. Les soldats qui suivaient Jourdan, enivrés encore par l'exemple de leurs camarades, renversèrent tout ce qu'ils trouvaient devant eux, ils emportèrent en outre le village de Hondschoote défendu par les Hanovriens de Walmoden, par une attaque menée d'une main de maître à la baïonnette. L'armée britannique fut enfoncée sur toute la ligne et s'enfuit en désordre sur Furnes, abandonnant aux vainqueurs 6 drapeaux britanniques et hanovriens, ses canons et ses bagages.

Walmoden, parvenu avec peine à rallier ses troupes à quelque distance du champ de bataille, introduisit un peu d'ordre dans la retraite, qui s'exécuta, la droite par Houtem sur Furnes, la gauche par Hoogstade, en longeant le canal de Loo. Walmoden fit ensuite prendre position en potence, la droite appuyée à Bulscamps, et la gauche à Steinkerque (aujourd'hui Steenkerque), pour couvrir, autant qu'il était possible, la retraite du corps de siège. Dans ces trois journées, où la perte fut à peu près égale de chaque côté, l'ennemi eut 4 000 hommes tués, blessés ou prisonniers.

La conduite des troupes britanniques et hanovriennes mérita des éloges ; elles montrèrent du sang-froid, du courage et de la ténacité, et si elles furent vaincues, ce fut parce qu'elles eurent à combattre des Français qu'animait l'exaltation d'un récent et fervent républicanisme et le sentiment des dangers de la patrie.

Séquelles de guerre et autres conséquences[modifier | modifier le code]

Selon l'ingénieur en chef des ponts et chaussées (et Membre de la légion d'honneur) Joseph Louis Étienne Cordier (1775-1849), « les deux tiers de l'arrondissement de Dunkerque, se trouvant au-dessous du niveau de la mer, ainsi que la Hollande, furent inondés en 1793 par mesure de défense. Les sept années suivantes, le sol imprégné de sel fut presque stérile et le peuple devint très-malheureux. On lui accorda, par cette raison, le privilège de se régir. Les propriétaires de terres des Watteringues ont, depuis cette époque, le droit de se réunir, de nommer des commissaires, et de les revêtir d'un grand pouvoir. Ces commissaires, ou administrateurs , choisis parmi les propriétaires les plus éclairés, établissent des impôts, en règlent l'emploi »[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cordier Joseph Louis Etienne (1820) De la navigation intérieure du département du Nord et particulièrement du canal de la Sensée, exemplaire numérisé par Google Livres, Hopwood chez Goeury, Libraire des Ponts et Chausées ; Quai des Augustins, n. 41; A Lille, 1820 -voir pages 11 et suivantes (sur 118)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]