Jean Nicolas Houchard

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Jean Nicolas Houchard
Image illustrative de l'article Jean Nicolas Houchard

Naissance 24 janvier 1739
Forbach
Décès 17 novembre 1793 (à 54 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Flag of Royalist France.svg Royaume de France
Flag of France 1790-1794.PNG Royaume des Français
France Première République
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17551793
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerre de l'indépendance américaine
Guerres de la Révolution
Commandement Armée de la Moselle
Armée du Nord
Faits d'armes Bataille de Ponte Novu
Bataille d'Hondschoote
Bataille de Menin
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 3e colonne.

Jean Nicolas Houchard, né le 24 janvier 1739 à Forbach et guillotiné le 17 novembre 1793 à Paris, est un général de la Révolution française.

Carrière militaire sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Jean Nicolas Houchard débute à 16 ans sa carrière militaire au Régiment de Royal-Allemand. Mais c'est dans le régiment de Bourbon-Dragons, avec lequel il combat en Corse, qu'il devient capitaine. C'est dans l'Ile de Beauté à Ponte Novu, qu'il est blessé à la joue par un coup de sabre au cours du combat contre les insurgés corses commandés par Pascal Paoli.

Général de la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1792, il est colonel d'un régiment de chasseurs à cheval dans l'armée de Custine, puis est nommé commandant en chef de l'armée de la Moselle le 11 avril 1793.

À l'armée du Nord[modifier | modifier le code]

Houchard remplace ensuite le général Custine, qui vient d'être destitué et guillotiné et son successeur le général Jennings de Kilmaine, commandant provisoire du 4 juillet au 4 août. Le 11 août 1793, il prend ainsi le commandement suprême de l'armée du Nord.

Le 24 août 1793, les Britanniques de Frederick, duc d'York et Albany se joignent aux coalisés et marchent vers la France par le nord. C'est avec une armée britanno-hanovrienne d'environ 40 000 hommes qu'ils assiègent la ville de Dunkerque. Cette armée est protégée à l'est par deux corps commandés par le maréchal Freytag (16 000 hommes) à Oost-Cappel et par le Prince d'Orange à Menin. Dunkerque est défendue par le général Souham.

Le député Carnot charge le général Houchard de délivrer la ville. Pour cela, celui-ci reçoit 15 000 hommes supplémentaires de l’armée du Rhin et ainsi, à la tête de 40 000 hommes, s'avance vers Dunkerque et Hondschoote.

La bataille d'Hondschoote[modifier | modifier le code]

Le 8 septembre, aidé de Collot, Jourdan, Vandamme et du représentant en mission Levasseur, il remporte la bataille d'Hondschoote. Au début de la bataille une colonne britannique arrive sur les Français, mais elle est mise en déroute par la cavalerie que Houchard guide en personne.

Les Français passent ensuite à l’offensive, la bataille se déroule surtout au corps à corps, deux régiments britanniques sont d'abord hachés et exterminés à la baïonnette, puis les colonnes françaises marchent sur Hondschoote où sont retranchés les corps d'armées britanniques.

Le général Leclaire attaque de flanc et emporte après deux assauts les premières redoutes de la ville en infligeant de lourdes pertes à l'ennemi.

Jourdan et Vandamme parachèvent la victoire en prenant les redoutes du centre et le village d’Hondschoote à la baïonnette. Les soldats français expulsent les mercenaires Hanovriens du village. L’armée britannique est en déroute, elle n’est ralliée qu’à 10 km du champ de bataille par le général allemand Walmoden qui remplace le maréchal Freytag blessé.

Les Hanovriens se replient alors vers Furnes et le duc d’York, qui assistait à la bataille, s’empresse de rejoindre Dunkerque et d’en lever le siège : la ville est sauvée.

Houchard commet alors l'erreur de ne pas poursuivre l’armée britannique. Il attaque les Hollandais dans le village de Menin, il les repousse mais ses soldats sont épuisés et il décide de les laisser se reposer.

Le procès[modifier | modifier le code]

Jean Nicolas Houchard

Accusé de ne pas avoir tiré parti de la victoire de Hondschoote, il est destitué et arrêté à Lille, le 24 septembre 1793, par le député Nicolas Hentz. Il est convoqué par le tribunal révolutionnaire pour répondre de ses actes. C'est le commissaire du peuple René-François Dumas qui préside le procès le 15 novembre 1793.

Jacques Beugnot (ministre de l'Intérieur) qui assiste au procès dira ceci dans ses mémoires : « Houchard, un vieux soldat de cinquante-trois ans qui avait conquis tous ses grades dans l'armée républicaine, parut à l'audience d'une taille colossale, la démarche sauvage, le regard terrible ; un coup de feu avait déplacé sa bouche en la renvoyant vers l'oreille gauche ; sa lèvre supérieure était partagée en deux par un coup de sabre ; deux balafres parallèles coupaient sa joue droite. À ce guerrier, Dumas le Rouge adressa entre autres cette stupide question : “Pourquoi n'avez vous pas fait prisonnière toute l'armée anglaise et autrichienne ?” Et comme l'accusé bougonnait, le président le traita de lâche. Houchard poussa un rugissement ; il déchira ses vêtements, présenta sa poitrine labourée de cicatrices : “Citoyens jurés, lisez ma réponse, c'est là qu'elle est écrite !” Et il retomba sur son banc, “abîmé dans ses larmes…” les premières peut-être qui s'échappaient de ses yeux. Il n'apercevait plus ce qui se passait autour de lui ; il n'avait plus qu'un mot à la bouche : “Le misérable ! Il m'a traité de lâche  !” Lorsque, en descendant, on lui demanda le résultat de son affaire, il répétait : “Il m'a traité de lâche !” Tout le reste n'était rien pour lui. Il en écuma jusqu'à l'échafaud. »

Houchard fut guillotiné le dimanche 17 novembre 1793 (26 brumaire an II).

États de service[modifier | modifier le code]

Mémoire[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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