Diététicien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Diététicien
Appellation Diététicien (France et Belgique), Diététiste (Québec)
Secteur d'activité Paramédical
Compétences requises Ecoute active, patience, rigueur, bonne mémoire, affinités pour les différentes disciplines en biologie
Niveau de formation Drapeau : France — 2 ans
Drapeau : Belgique — 3 ans
Code ROME (France) J1402

Un diététicien est un professionnel spécialiste de l'alimentation et de la diététique.

Présentation[modifier | modifier le code]

Professionnel de santé, le diététicien est expert de la nutrition. Malheureusement le taux de chômage dans cette profession est élevé[réf. nécessaire], les places en hôpitaux et autres institutions sont rares, quant à l'exercice en libéral il reste de plus en plus convoité malgré des revenus plutôt faibles ne permettant pas de vivre pleinement de cette entreprise [réf. nécessaire].

En France[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un professionnel de santé reconnu et diplômé. Son rôle est de préserver et/ou améliorer la santé à travers l'hygiène alimentaire[1]. Le diététicien va donc agir dans deux grands domaines :

  1. Le respect des réglementations française et européenne en matière d'hygiène (Paquet Hygiène, Plan de Maitrise Sanitaire, HACCP, Guide des Bonnes Pratiques d'Hygiène, etc.) et en matière de nutrition (GEMRCN)
  2. L'éducation nutritionnelle des individus. Elle peut s'effectuer auprès :
    • De patients malades : diabète, obésité, dénutrition, maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, maladies hépatiques, pancréatiques, rénales, allergies/intolérances alimentaires, adaptation en fonction du traitement médicamenteux, etc.
    • De bien-portants : enfants, adolescents, adultes, femmes enceintes, sportifs, végétariens/végétaliens, personnes âgées.

L'éducation peut se faire en groupe ou en individuel. Dans le cadre d'une éducation individuelle, le diététicien se fonde entre autres sur une évaluation personnalisée à l'aide des informations médicales, d'un enquête alimentaire ainsi que du mode de vie, des goûts, et des croyances (au sens large) du patient [2]. Ces informations lui permettent d'établir un diagnostic diététique puis des objectifs en partenariat avec le patient qui serviront de base lors du suivi.

Exercice de la profession[modifier | modifier le code]

Il peut exercer dans diverses situations :

  • Structures thérapeutiques publiques ou privées : hôpitaux, cliniques, instituts, structures de soins de suite et de réadaptation, EHPAD, etc.
  • Restauration collective : cantines scolaires, restaurants d'entreprise, restaurants universitaires, cuisines centrales, etc.
  • Prestaires de santé à domicile
  • Collectivités : écoles, maisons de retraite, PMI, etc.
  • Industries agroalimentaires
  • Cabinet libéral
  • Clubs et centres sportifs : au sein d'une fédération ou dans une salle de sport
  • Autres

Conformément à l'article L. 4371-2 du Code de la Santé Publique, "seules peuvent exercer la profession de diététicien et porter le titre de diététicien, accompagné ou non d'un qualificatif, les personnes titulaires du diplôme d’État mentionné" [3] .

Toutefois, ce diplôme n'a toujours pas été créé. Le Code de Santé Publique a donc fixé une dérogation pour les titulaires du BTS Diététique et du DUT génie biologique option diététique [4] .

Sans ces deux diplômes, l'exercice de la profession de diététicien est donc illégale. Ainsi, selon l'article L 4372-1 du Code de la Santé Publique, "l’exercice illégal de la profession de diététicien est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende." Cela vaut aussi bien pour l'usage du titre que les activités effectuées [5],[6] .

Pour exercer, il est également obligatoire de se déclarer auprès de l'Agence Régionale de Santé afin d'être inscrit dans le fichier ADELI [7] .

Études[modifier | modifier le code]

Deux voies actuelles existent en France :

  • Le BTS Diététique
  • Le DUT génie biologique option diététique

Bien que certaines modalités diffèrent, les deux diplôment offrent tous deux le statut bac+2, enseignent les mêmes connaissances, forment aux mêmes compétences et permettent donc de prétendre aux mêmes emplois.

Lors de ces deux années, le futur diététicien étudie les matières suivantes :

  • Biochimie structurale
  • Biochimie métabolique
  • Physiologie
  • Microbiologie
  • Besoins nutritionnels
  • Connaissances des aliments
  • Droit alimentaire
  • Pathologies
  • Régimes (au sens médical du terme)
  • Techniques culinaires
  • Économie-Gestion

À cet enseignement s'ajoutent plusieurs semaines de stages (20 semaines fixes en BTS, 17 semaines minimum en DUT) en restauration collective, en structures thérapeutiques ainsi que dans un lieu au choix de l'étudiant. À l'issue de ses études, le futur diététicien devra soumettre un mémoire et le soutenir face à un jury composés d'enseignants et de professionnels.

La dénomination D.E (Diplôme d’État) n’est pas applicable pour ces deux diplômes. La mention "Diététicien Diplômé d'État" n'a donc aucune valeur légale actuellement.

Après l'obtention d'un de ces deux diplômes, le diététicien est apte à exercer. Il est toutefois possible de poursuivre ses études en licence générale ou professionnelle après examen d'un dossier. Il arrive également que certains diététiciens poursuivent jusqu'en Master (après avoir acquis une licence ou avoir effectué une VAE), et plus rarement, en Doctorat.

Le qualificatif de « Nutritionniste »[modifier | modifier le code]

Le terme de « Nutritionniste » est à l'origine d'une confusion pour l'ensemble de la population et même de la profession. Classiquement attribué aux médecins, ce terme n'est cependant pas protégé légalement et peut donc être utilisé par tout un chacun. Il demeure utilisé la plupart du temps par un médecin titulaire du diplôme d'étude spécialisée complémentaire (DESC). Au même titre que les DESC d'addictologie ou de médecine d'urgence, le DESC "Nutrition" est de type I et donc non qualifiant en tant que spécialité pour l'Ordre des médecins (contrairement aux DESC de type II). Ce type de diplôme offre une compétence supplémentaire ou un champ d'exercice plus large, mais ne modifie pas la qualification officielle de leurs titulaires auprès de l'Ordre. L’appellation correcte est donc "médecin nutritionniste" au même titre par exemple que "médecin urgentiste" et non simplement "nutritionniste", qui peut prêter à confusion.

L'AFDN (Association Française des Diététiciens Nutritionnistes) a d'ailleurs choisi son acronyme afin d'insister sur le possibilité pour les diététiciens titulaires du BTS ou du DUT d'utiliser eux-aussi le terme "nutritionniste". Afin d'éviter toute confusion sur la qualification exacte du praticien, il convient donc d'utiliser les qualifications de "médecin nutritionniste" et "diététicien nutritionniste". A noter l’existence - heureusement peu nombreuse - de "nutritionnistes" n'étant ni médecin ni diététicien, qui peuvent exercer sans diplôme ni formation dans l'état actuel de la réglementation.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

En Belgique, cette profession est du type paramédical. L'exercice de la profession et sa place dans l'organisation des soins de la santé est prévu par l'arrêté royal du 19 février 1997, relatif au titre professionnel et aux conditions de qualification requises pour l'exercice de la profession de diététicien et portant fixation de la liste des prestations techniques et de la liste des actes dont le diététicien peut être chargé par un médecin.

Les diététiciens peuvent accomplir les prestations techniques suivantes en application de l'article 23, § 1er, alinéa 1er, de l'arrêté royal n° 78 du 10 novembre 1967, ce qui signifie en autonomie.

  • Évaluations diététiques et un rapport technique écrit des observations effectuées, adressé au médecin prescripteur. Ces évaluations consistent en :
    • la détermination des exigences qualitatives et quantitatives en termes de nutriments et non-nutriments, de manière générale pour certaines pathologies et de manière individuelle, chez certains patients;
    • la détermination de consommations alimentaires, sur base d'enquêtes alimentaires.
  • Interventions diététiques et un rapport technique intermédiaire, adressé au médecin prescripteur, concernant l'évolution du patient sous ces interventions prescrites. Ces interventions consistent en :
    • la traduction en termes d'aliments de la prescription diététique établie par le médecin, sur base de données nutritionnelles;
    • l'émission d'avis en matière de diététique et d'alimentation, après évaluation des habitudes alimentaires et diététiques du patient ainsi que de son savoir-faire relatif aux conseils donnés;
    • la préparation, l'exécution et l'évaluation des alimentations pauvres en germes;
    • la préparation et la vente des aliments destinés à l'alimentation particulière.

Par ailleurs, les diététiciens peuvent aussi être chargés d'actes préparatoires au diagnostic ou relatifs à l'application du traitement ou à l'exécution de mesures de médecine préventive :

  • Prévention et dépistage de troubles concernant des produits nutritifs ou des aliments y compris l'application des règles d'hygiène alimentaire.
  • Information en matière de diététique et d'alimentation.
  • La partie technique des prestations suivantes :
  • mesurer les paramètres anthropométriques et collectionner des données permettant d'évaluer la composition corporelle;
  • mesurer et évaluer la dépense énergétique individuelle par des méthodes directes ou indirectes.
  • Veiller à l'application correcte des prescriptions diététiques et des alimentations particulières destinées à des groupes de patients.
  • Veiller à l'évaluation nutritionnelle de groupes d' impatients et aux interactions aliments-médicaments.

Le titre diététicien est un titre réservé équivalent aux termes nutritionniste et diététiste. Il représente des professionnels de la nutrition détenant un baccalauréat et étant membre de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec. Pour en connaître davantage sur les fonctions du diététiste québécois, visitez le site web de l'OPDQ.

Etudes[modifier | modifier le code]

La profession de diététicien ne peut être exercée que par les personnes remplissant les conditions suivantes :

1° être détenteur d'un diplôme sanctionnant une formation, répondant à une formation d'au moins trois ans dans le cadre d'un enseignement supérieur de plein exercice dans le domaine de l'alimentation et de la diététique, dont le programme d'étude comporte au moins :

a) une formation théorique en

  • Chimie générale, organique et analytique;
  • Biochimie;
  • Biologie;
  • Anatomie;
  • Physiopathologie générale et digestive;
  • Hygiène;
  • Législation des denrées alimentaires;
  • Physique;
  • Mathématique et statistique;
  • Déontologie du diététicien;
  • Psychologie;
  • Gestion économique et administrative;

b) une formation théorique et pratique orientée vers l'application de la connaissance des aliments en :

  • Nutrition et diététique;
  • Microbiologie;
  • Technologie et analyse des denrées alimentaires;
  • Technique culinaire;
  • Toxicologie et pharmacodynamique;
  • Communication et éducation à la santé;
  • Informatique;
  • Épidémiologie nutritionnelle;

c) effectuer un travail en rapport avec la formation dont il ressort que l'intéressé est capable de déployer une activité analytique et synthétique dans la branche professionnelle et qu'il peut travailler de manière autonome;

2° avoir effectué avec fruit un stage d'au moins 600 heures en diététique clinique et diététique en collectivités, attesté par un carnet de stage que le candidat doit tenir à jour;

3° entretenir et mettre à jour leurs connaissances et compétences professionnelles par une formation continue, permettant un exercice de la profession d'un niveau de qualité optimal.

La formation continue visée ci-dessus doit consister en études personnelles et en participation à des activités de formation.

Exercice de la profession[modifier | modifier le code]

En Belgique, le diététicien doit être agréé par le Ministre fédéral qui a la Santé publique dans ses attributions, lequel doit vérifier que les critères de formation et de formation continue soient remplis, et sanctionner ce contrôle par une autorisation d'exercice. Toutefois, dans les faits cette disposition n'est pas encore entrée en application. Il est prévu que ce soit le cas dans le courant de l'année 2009.

Au Québec[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Au Québec, un ou une diététiste est considéré(e) comme un professionnel ou une professionnelle du secteur de la nutrition qui, par ses connaissances des aliments, de la nutrition et de l'être humain sous ses aspects physiologiques, psychologiques et socio-économiques, est apte à informer et à conseiller les individus et les groupes, malades ou bien-portants, en matière d'alimentation dans une perspective de promotion de la santé. Il est aussi connu sous le nom de nutritionniste.

Le diététiste peut travailler pour divers employeurs :

  • À son compte
  • Cafétérias
  • Centres d'accueil
  • Centres de conditionnement physique
  • Centres hospitaliers
  • Centres hospitaliers de soins de longue durée
  • Centres locaux de services communautaires (CLSC)
  • Cliniques médicales
  • Établissements d'enseignement
  • Forces canadiennes
  • Gouvernement fédéral ou provincial
  • Industrie des aliments et des boissons
  • Industrie des produits pharmaceutiques et des médicaments
  • Magasins d'alimentation

Les tâches d'un diététiste sont multiples. Le diététiste procède à l'étude des besoins des diverses clientèles et évalue l'alimentation et l'état nutritionnel de ses clients. Puis il détermine et assure le plan de traitement nutritionnel et surveille les effets de la stratégie d'intervention privilégiée chez la personne. Il formule aussi des objectifs, à court et à long terme, en vue d'assurer une alimentation saine à des coûts acceptables pour les clientèles visées et détermine les programmes d'action pour les atteindre. Il peut également élaborer des menus pour diverses collectivités de malades et de bien-portants et en fait le marketing. Il planifie et contrôle la qualité des repas et coordonne le fonctionnement de services d'alimentation collective. Le diététiste planifie, organise et dirige des programmes de nutrition, seuls ou en collaboration avec une équipe multidisciplinaire et élabore des politiques alimentaires. Il met sur pied des programmes de sensibilisation à une bonne alimentation et évalue des nouveaux produits alimentaires, des systèmes de production et de distribution des repas et des programmes d'intervention en nutrition. Il peut également planifier et organiser des programmes de recherche.

De ce fait, le diététiste agit dans un large champ d'action: Nutrition clinique, gestion de services d'alimentation, nutrition communautaire, consultation, recherche, enseignement, communications, relations publiques, journalisme, publicité, marketing et représentation.

Le terme "diététicien" est considéré désuet au Québec. Les deux titres réservés et contrôlés par L'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) sont plutôt "nutritionniste" et "diététiste" et sont considérés comme des synonymes. Ils permettent de différencier un professionnel ayant suivi (et réussi) le programme universitaire rigoureux en vigueur et maintenant ses connaissances à jour via des moyens reconnus par l'Ordre d'une personne proclamant son savoir sans détenir la formation adéquate ("coach en nutrition", etc.).

Etudes[modifier | modifier le code]

Une formation en diététique et nutrition est nécessaire pour l'obtention un baccalauréat. La durée des études est habituellement de 3,5 ans et peut aller jusqu'à 5 ans, dans le cas d'études en science de la nutrition notamment. Pour porter le titre et exercer les activités prévues par la loi, le diététiste doit être membre de l'Ordre des diététistes du Québec. Les perspective dans ce domaine sont prévues favorable d'ici à 2014.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Deux Hautes Écoles Spécialisées (Genève, Berne) offrent la formation reconnue de diététicien/nne ES/HES après 3 années d'études supérieures à plein temps. La formation se base sur des connaissances scientifiques rigoureuses, elle donne également une large place à la valorisation des compétences sociales et à la communication. Si elles sont prescrites par un médecin et à certaines conditions, les consultations chez un diététicien diplômé sont prises en charge par les caisses maladie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Code de Santé Publique - Article L4371-1 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)
  2. Association Française des Diététicien Nutritionnistes, Haute Autorité de Santé, « La consultation diététique réalisée par un diéticien », sur HAS-Santé,‎ 2006
  3. « Code de Santé Publique - Article L4371-2 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)
  4. « Code de Santé Publique - Article L4371-6 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)
  5. « Code de Santé Publique - Article L4372-1 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)
  6. « Code de Santé Publique - Article L4372-2 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)
  7. « Code de la Santé Pubique - Article 4371-5 », sur Legifrance (consulté le 23 janvier 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]