Montmélian

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Montmélian
Vue aérienne de la ville depuis le Rocher de Manettaz.
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Blason de Montmélian
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Chambéry
Canton Montmélian
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Montmélian
Maire
Mandat
Béatrice Santais
2008-2014
Code postal 73800
Code commune 73171
Démographie
Gentilé Montmélianais
Population
municipale
4 015 hab. (2011)
Densité 706 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 30′ 12″ N 6° 03′ 15″ E / 45.5033333333, 6.05416666667 ()45° 30′ 12″ Nord 6° 03′ 15″ Est / 45.5033333333, 6.05416666667 ()  
Altitude Min. 256 m – Max. 1 200 m
Superficie 5,69 km2
Localisation

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Montmélian

Montmélian (prononcé [mɔ̃.me.ˈljɑ̃]) est une commune française située dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Montmélian est une commune de la Combe de Savoie, située à 10 km au sud-est de Chambéry, sur la rive droite de l'Isère.

Nord de la commune dans la cluse de Chambéry au pied de La Savoyarde.

Transports[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village est attesté sous les formes Monmelianum et Mons Emelianus au XIIe siècle[1].

Il s'agit d'un nom de lieu gallo-roman ou médiéval en Mont-, dont l'explication du second élément ne fait pas l'unanimité chez les toponymistes.

L'élément -mélian est peut-être issu du gaulois Mediolanum « centre sacré » [2] confondu plus tard avec un nom de personne roman Emilianius.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Montmélian

"De gueules, au chef aussi de gueules chargé d'une croix d'argent"

Histoire du bourg[modifier | modifier le code]

Rue du Parapet.

Sous l'antiquité, l'Augusta prætoria, de Mediolanum (Milan) à Vienna (Vienne) passe à proximité, ainsi que la voie la reliant à la ville de Lemnicum (Chambéry)[3]. Certains historiens pensaient que la station Mantala, située à égale distince entre Lemnicum et Ad publicanos (Conflans), correspondait au site de Montmélian, mais Grillet a démontré qu'il s'agissait d'une erreur (p.111).

Dans la deuxième moitié du Ve siècle, les Burgondes occupent la Sapaudia, puis ce sont les Francs qui s'y installent. La Sapaudia se divise en pagi dont celui qui nous intéresse ici la pagi Savogensis (futur Savoie Propre). Montmélian en devient rapidement, de par sa situation, le chef-lieu. En effet, le site accueille une citadelle moyenâgeuse, point stratégique dans la Combe de Savoie, entre les marches dauphinoises, la cluse chambérienne, et en aval des vallées intra-alpines de Maurienne et de Tarentaise, et au-delà l'Italie. L'importance qu'il revêt s'illustre par les tentatives dauphinoises de 1142 et 1154 de prendre la citadelle, mais repoussées par les Savoyards.

D'après Michèle Brocard, le premier châtelain fut un certain « seigneur Aymon de Pierre-Forte, qui parait être un neveu de Humbert aux Blanches Mains »[4], officier de Bourgogne.

Les comtes Amédée III de Savoie et Amédée IV, tout comme son frère Thomas II de Piémont, y sont nés. Amédée IV confirme d'ailleurs les franchises obtenues par la ville et lui donne un code municipal en 1223[5],[6]. Possession de la famille de Bertrand qui cède les droits et la juridiction le 5 avril et 7 mai 1272. Entre temps, le comte Pierre II de Savoie a consolidé les fortifications.

Montmélian en ruine après sa prise par les Français en 1691.

Il faut attendre 1553, pour que les troupes françaises de François Ier prennent la cité à la suite de la soumission rapide de son gouverneur[7]. Henri II fortifie encore le site, craignant l'arrivée par les hautes-vallées des troupes espagnoles.

Le duc de Savoie récupère ce territoires en 1563 et dès 1578 il modernise la citadelle et protège la ville. Henri IV envahit la Savoie en 1600 et fait assiéger la ville par Sully. Il dira qu'elle est « une merveilleusement forte place et la meilleure qu'il vit jamais. »[8]. Le comte de Baudis capitule rapidement au grand dam du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, venu aider la citadelle. La chute de la citadelle de Montmélian oblige le duc à repasser le val d'Aoste et à abandonner cette partie des Alpes. Après la chute de Chambéry, quelque temps après, on signe le traité de Lyon, du 17 janvier 1601, par lequel le duc de Savoie gagne le marquisat de Saluces, mais perd le contrôle du Rhône et les terres allant jusqu'à Lyon, principalement la Bresse, le Valromey, le Bugey et le pays de Gex.

Les conflits entre la Savoie et la France perdurent. En 1630, Louis XIII et Richelieu prennent Chambéry le 17 mai et assiègent Montmélian. Malgré un siège de 13 mois, la citadelle commandée par Jaffré de Bens de Cavour ne capitule pas. Louis XIV l'assiège lui aussi en 1691 et en 1701. Prise, la citadelle est détruite en 1706, sur ordre du roi de France et le conseil de Vauban[9]. La colline qui l'accueillait est aujourd'hui nue et elle est devenue un belvédère.

    • Selon la Gazette (Renaudot) du 11 août 1691, la tranchée fut ouverte la nuit du 17 au 18 juillet 1691, devant la ville de Montmélian, à cinquante pas de la muraille, et on commença de la battre avec douze pièces de canon. Le 2 août, le Marquis d'Hoquincourt étant de jour, fut commandé avec deux cents hommes pour aller se retrancher dans une Eglise qui sert de clôture à la ville; mais les ennemis s'y trouvèrent en si grand nombre, et firent un si grand feu, qu'il ne fut pas possible d'y réussir. Le 3 août, on mit deux pièces en batterie à la portée du pistolet du mur de cette Eglise. Le 5 août, la ville se rendit par capitulation... Gazette du 18 août 1691: La ville de Montmélian, après s'être défendue durant sept jours de tranchée ouverte, fit battre la chamade le 4 août, sur les quatre heures du soir, et se rendit suivant la capitulation réglée par le sieur de la Hoguette, Maréchal de camp qui en avait fait le siège. Il fut réglé que le lendemain 5 août, les habitants remettraient les portes de la ville aux troupes du Roy; qu'ils auraient une trève de quatre jours, durant laquelle toutes hostilités cesseraient, et que les habitants pourraient sortir avec leurs femmes et enfants, meubles et effets, pour se rendre en tel lieu qu'ils voudraient, de l'obéissance du Duc de Savoie, sans aucun empêchement... On a perdu à ce siège environ soixante hommes... La nuit du 9 août 1691, on fit sauter les murailles et toutes les maisons de la ville. La garnison du château fit grand feu, mais sans effet. Source www.sagapresse.com Jean-Pierre Boudet.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

La ville de Montmélian est une ville ancrée à gauche. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville a élu trois maires, tous socialistes. De plus, lors des autres élections, qu'elles soient nationales ou locales, la ville a toujours choisi le candidat socialiste.

À l'élection présidentielle de 2007, l'abstention a été de 13,21 %. Lors du premier tour, la candidate socialiste Ségolène Royal a été placée en tête avec 29,56 %, suivie de Nicolas Sarkozy avec 25,22 % des suffrages. Au second tour, Ségolène Royal obtint 54,53 % des suffrages et Nicolas Sarkozy 45,47 %

Alors que la gauche et particulièrement le parti socialiste était en situation très défavorable au niveau national, ce ne sera pas le cas à Montmélian. En effet, lors des élections européennes de 2009, l'UMP a obtenu 27,88 % et le PS 16,48 % au niveau national. Or, pour ce scrutin, la ville n'a pas suivi la tendance nationale : le candidat socialiste de la circonscription Sud-Est, Vincent Peillon, a obtenu 32,08 % contre la candidate UMP Françoise Grossetête qui a obtenu 17,55 %.

En conclusion, il s'agit d'une tendance politique très paradoxale par rapport au département de la Savoie.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860 1874 François Bel    
... ... ... ... ..;
1878 1888 François Bel Union républicaine Conseiller général, Député
1910 1929 Dr Francis Veyrat ... ..;
1929 1940 Dr. Chevron ... ..;
1940 1944 Alexandre Ailloud ... ..;
1947 1973 Albert Serraz UDSR Conseiller général
1973 2008 Roger Rinchet PS Sénateur
2008 en cours Béatrice Santais PS Députée
Les données manquantes sont à compléter.

Ville jumelée[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne  Höchst im Odenwald  (Allemagne) depuis 1966

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 015 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
985 1 165 1 259 1 200 1 325 1 302 1 192 1 540 1 159
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 141 1 117 1 274 1 270 1 358 969 1 093 1 156 1 084
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
845 977 1 034 1 065 1 084 1 233 1 583 2 517 3 585
1982 1990 1999 2006 2007 2011 - - -
4 016 3 930 3 926 3 933 3 933 4 015 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11])
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École maternelle publique Jean Rostand
  • École maternelle publique Amélie Gex
  • École élémentaire publique Jean Moulin
  • École élémentaire publique Pillet Will
  • Collège public Pierre et Marie Curie

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Boutique, rue du Parapet.

Activités[modifier | modifier le code]

  • Édition La Fontaine de Siloé

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église de Montmélian.
Article détaillé : Château de Montmélian.
Ancien château fort du XIe siècle, siège du bailliage de Savoie puis d'une châtellenie, transformé en forteresse au XVIe siècle, dont il ne subsiste que de maigres vestiges. Situé à 80 m de hauteur, au-dessus du bourg. La citadelle, garante du passage entre le Val du Bourget et le Dauphiné et les vallées intra-alpines de Maurienne et de Tarentaise, fut assiégée par les troupes françaises en 1600 (voir Siège de Montmélian (1600)), en 1630 puis en 1690-91. Elle fut détruite, par ordre du roi de France Louis XIV, en 1706[15],[16].
  • Château de la Pérouse
Article détaillé : Château de la Pérouse.
Ancienne maison forte du XIIIe siècle, au Moyen Âge, centre de la seigneurie de La Pérouse et de Chamousset, qui a laissé place à une maison d'habitation du XIXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Grillet (1807), Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry: Librairie J.F. Puthod, p. 310
  2. Site des Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs
  3. D 'après l'itinéraire d'Antonin et la table de Théodose cité par J.-J. Vernier, 1896, Études historiques et géographiques sur la Savoie, pp.33-43, édition 1993, Res Universis
  4. Michèle Brocard, Châteaux de Savoie, Cabédita, 2000, pp.185-186.
  5. Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry : Librairie J.F. Puthod, (1807), p. 310.
  6. Léon Ménabréa, Article « De la marche des études historiques en Savoie et en Piémont, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours, et des développements dont ces études seraient encore susceptibles », Mémoires (n°1, IX), Académie de Savoie,‎ 1839, p. 354. Voir aussi Article de Ruth Mariotte-Löber « Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie: fin XIIe siècle-1343 », Mémoires et Documents (Vol. 4), Académie florimontane - Librairie Droz,‎ 1973.
  7. Grillet, op. cit., p 310
  8. Grillet, op. cit., p 113
  9. Robert Bornecque, « Par monts et par Vauban », in L’Alpe, Citadelles d’altitude, no 37, juin 2007, p 16
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  12. Jean-Marie Mayeur, Christian Sorrel et Yves-Marie Hilaire, La Savoie, Paris, Éditions Beauchesne, coll. Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, t. 8,‎ 1996, 2003 (ISBN 2-7010-1330-5, 9782701013305), p. 336-337.
  13. André Perret, L'abbé Félix Bernard et son oeuvre historique, Association des amis de Montmélian et de ses environs, n°1-9 (1976-1978), pp. 33-47.
  14. Association des Amis de Montmélian et de ses environs, n°42 mai 1989, « Les conseillers généraux du canton de Montmélian, de 1860 à nos jours » par Georges Bouvet.
  15. Bruno Berthier et Robert Bornecque, Pierres fortes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 2001, 255 p. (ISBN 978-2-84206-179-1), p. 176-185.
  16. Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, La Découvrance. Collection L'amateur Averti,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 193-198.
  17. « Mairie », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie. Éditions Amboise. 1989. 2e édition, p.264.
  19. « Pont Morens (également sur commune de La Chavanne) », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chevalier Léon Ménabréa (1804-1857), conseiller à la Cour d'Appel de Chambéry, historien de Les Alpes historiques. T.I - Montmélian et les Alpes. Étude historique accompagnée de documents inédits, 1841, imp. Puthod, Chambéry.
  • M. de Chamousset, auteur en 1692 d'un journal manuscrit sur le siège de Montmélian par le Maréchal de Catinat (reproduit par Léon Ménabréa dans son étude historique).
  • M. Moreau : Journal de la campagne du Piémont, en 1690, sous le commandement de M. de Catinat, et du siège de Montmélian, Paris 1692.
  • Mémoires d'un officier breton à M. de Louvois où l'on trouve la description de Montmélian et des travaux de l'armée française sous le maréchal de Catinat, Paris 1698.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]