Barrage du Chevril

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Barrage du Chevril ou de Tignes
Image illustrative de l'article Barrage du Chevril
Le barrage de Tignes et la fresque du Géant
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Savoie
Coordonnées 45° 29′ 42″ N 6° 55′ 56″ E / 45.494882625368, 6.93220138549845° 29′ 42″ Nord 6° 55′ 56″ Est / 45.494882625368, 6.932201385498  
Cours d'eau Isère
Objectifs et impacts
Vocation Énergie
Date du début des travaux 1947
Date de mise en service 1953
Barrage
Type Barrage voûte
Hauteur du barrage (fondation barrage) 180 m
Longueur du barrage 296 m
Épaisseur du barrage (au sommet) 10 m
Épaisseur du barrage (à la base) 43,57 m
Réservoir
Altitude du réservoir 1 790 m
Volume du réservoir 230 millions de m3
Surface du réservoir 320 ha
Centrale hydroélectrique
Puissance installée 400 MW
Production annuelle 900 GWh/an

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Barrage du Chevril ou de Tignes

Le barrage du Chevril, également appelé barrage de Tignes, est situé en Tarentaise (Savoie), dans la haute vallée de l'Isère, près de la station de sport d'hiver de Tignes. Il permet la formation d'un lac artificiel de 235 millions de  m3 : le lac du Chevril et fait partie de l’Unité de Production Alpes du groupe EDF qui comprend 132 autres barrages dont celui du Mont-Cenis, mais aussi des stations de pompage comme la STEP de Grand’Maison, ou encore des centrales électriques à l’instar des installations situées à Malgovert. Au total, cette UP Alpes représente un tiers de la production hydraulique française, soit 16 000 GWh par an, elle emploie plus de 1000 agents quotidiennement, et bénéficie de la certification ISO14001. Ses fondations font 20 mètres de profondeur, sa longueur approche les 300 mètres, son épaisseur les 50 mètres ; il retient les 235 millions de mètres cubes d’eau du lac artificiel du Chevril. Il s’agit du plus haut barrage de France qui culmine à 180 mètres de hauteur[1].

Fierté française d'après guerre, mais ayant entraîné en 1952 la douloureuse expulsion des habitants du village originel de Tignes, sa destruction puis son engloutissement, le barrage a été conçu par le grand ingénieur André Coyne. Il était le plus haut barrage-voûte d'Europe (181 m de haut) au moment de sa construction (il reste aujourd'hui le plus haut de France). Son tablier est recouvert d'une fresque (la plus grande du monde) de Jean-Marie Pierret de 18 000 m2 peinte à la fin des années 1980, représentant Hercule et qui s'est progressivement effacée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Envisagée dès 1930, au terme de l'intense spéculation boursière des années 1920 sur l'hydroélectricité, la construction du barrage commence en 1947.

Après-guerre, les besoins en énergie sont énormes et la cuvette du Chevril se prête particulièrement bien à la construction d'un « grand barrage ».

Très vite, les 387 habitants menacés d'expulsion tentent d'empêcher le déroulement des travaux en raison d'un manque d'information sur leur avenir ou d'un manque de clarté quant au rachat de leur maison et de leurs terrains[2].

Différentes actions sont menées afin d'empêcher, si ce n'est de ralentir la construction du barrage. Quelques incendies de baraques sont faits provoquant l'arrivée de la Garde mobile, puis plus tard de la surveillance du chantier par les CRS[2]. La commune de Tignes assigne EDF en justice afin d'obtenir des réparations et notamment des dédommagements considérés comme acceptable[2]. La voix des habitants arrivent à se faire entendre dans la presse nationale[2] (Paris Match)... Cependant les travaux se poursuivent.

Après déménagement du cimetière, expulsion manu-militari des réfractaires et dynamitage de l'église et des maisons, le village du « vieux Tignes » est finalement englouti en 1952. Et le 4 juillet 1953, le Président de la République Vincent Auriol peut inaugurer le barrage[2].

Quelques années plus tard (en 1956) et grâce aux subventions de l'État, quelques Tignards donneront naissance à une station de sport d'hiver Tignes, 6 km au-dessus du barrage.

Tous les dix ans lors de l'inspection décennale, le barrage est vidangé afin de permettre une inspection de la paroi du barrage, haute de 180 m. La dernière vidange a eu lieu en mars 2000.

Il semble qu'il n'y aura plus de vidange décennale car désormais les inspections se font grâce à des robots subaquatiques, limitant l'interruption de service. Le barrage fait tout de même l’objet de travaux pendant la période 2013-2015. L’objectif est d’assurer la maintenance du complexe hydroélectrique qui produit près de 900 millions de kWh/an. Au total, entre 80 et 100 millions d’euros seront investis, et plus de 200 intervenants seront mobilisés sur le chantier, dont 60 % d’entreprises locales. D’après les prévisions en cours, on évalue à « 12 millions d’euros les retombées directes du chantier sur la région Rhône-Alpes, dont près de 70 % sur la Savoie » [3].


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Apparitions dans les médias[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Unité de Production Alpes EDF, consulté en septembre 2014
  2. a, b, c, d et e Faure 2008, p. 27-28.
  3. [PDF] Chantier Tignes-Malgovert 2013-2015 EDF, février 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armelle Faure, « Le barrage de Tignes, questions sociales » (p. 27-29), dans Nathalie Blanc et Sophie Bonin, Grands barrages et habitants. Les risques sociaux du développement, Éditions Quæ, coll. « Natures sociales »,‎ 2008, 336 p. (ISBN 978-2-75920-071-9).
  • Denis Varaschin, Tignes: La naissance d'un géant, Artois Presses Université, coll. « Histoire »,‎ 2001, 230 p. (ISBN 978-2-91066-372-8).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]