Vélingara

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Vélingara Ferlo.
Vélingara
Administration
Pays Sénégal Sénégal
Région Kolda
Département Vélingara
Maire
Mandat
Mamadou Wouri Baïlo Diallo
2009-2014
Démographie
Gentilé Vélingarois
Population 23 775 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 13° 09′ 00″ N 14° 07′ 00″ O / 13.15, -14.1166713° 09′ 00″ Nord 14° 07′ 00″ Ouest / 13.15, -14.11667  
Altitude 48 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Sénégal (administrative)

Voir la carte administrative du Sénégal
City locator 14.svg
Vélingara

Géolocalisation sur la carte : Sénégal (relief)

Voir la carte topographique du Sénégal
City locator 14.svg
Vélingara

Vélingara est une ville de Casamance (Sénégal), située à 123 km de Kolda et à 311 km de Ziguinchor. Elle est située dans la région historique du Fouladou?

Histoire[modifier | modifier le code]

De la fondation aux années 1940 

Vélingara signifie en Peul « il fait bon vivre, viens ». Les atouts naturels de ce site amenèrent certainement Ali Niana Baldé, fondateur du village à s’y établir. Comme toute la région du Fouladou cette partie était giboyeuse et avait des terres fertiles permettant la pratique de l’agriculture. Ce premier village serait fondé vers 1900. Selon Elhadji Diao, né à Vélingara Fulbé vers 1927, sa fondation remonterait à une date plus ancienne sans doute vers 1870. En effet, sur une carte du Fouladou de 1880 est mentionnée une localité du nom de Wélingara qui se situe dans une zone proche de l’emplacement du premier village. Est-ce le village qui donna par la suite naissance à la ville ?
En 1903, les Français annexent le Fouladou après la fuite de Moussa Molo en Gambie. Vélingara fut alors rattaché au nouveau canton de Patim Kandiaye. Celui-ci était dirigé pendant une grande partie de la période qui nous intéresse par Yéro Moulaye Baldé dont le père, Alanso Koumbiry, était déjà sous Moussa Molo à la tête d’une province du Fouladou.
Sous la domination française, Vélingara se développa progressivement. Il devint subdivision en 1924. L'un des premiers chef de subdivision, Poussy, fut installé en 1931. Auparavant, les infrastructures sanitaire et scolaire furent mises en place. La première école est ouverte en 1924, le premier dispensaire construit en 1930. Plus tard, des sociétés commerciales entre autres le Saloum, la Compagnie française d’Afrique occidentale (CFAO) s’y installèrent pour la collecte de l’arachide de plus en plus cultivée par les Peulhs.
Le développement du village attira à Vélingara des populations de diverses origines.
Les premiers habitants, comme nous l’avons vu, étaient des Peulhs. Ils constituaient alors l’un des groupes majoritaires de la population. Ils se concentraient à Fulbé, un village à deux kilomètres à peine au Nord-Est de Vélingara Escale, siège de l’administration coloniale. Ces Peulhs, premiers habitants du pays, étaient animistes, selon toutes les personnes interrogées. Ce faible développement de l’islam s’explique. En effet, le Fouladou était le refuge des Peulhs réfractaires à l’islam. Nombre d’entre eux s’y installèrent suite aux révolutions musulmanes au Bundu, Macina et au Fouta-Toro qui y permirent la constitution de théocraties musulmanes. Cependant, sous Alpha Molo, l’islam connut des progrès surtout au niveau de l’élite. Cette révolution, menée par des esclaves, ce sont eux qui embrassèrent en plus grand nombre l’islam pendant que les nobles demeuraient fidèles à leurs anciennes croyances.
Ces Peulhs furent rejoints plus tard par des Mandingues du Gaabu. L’islam se développa au début du XXe siècle avec l’arrivée massive de ces Gaabunke sous la direction du marabout toucouleur Al Hajj Aali Caam. Les habitants du Gaabu fuyaient alors le régime colonial portugais, plus dur que celui des Français. Le marabout mentionné fonda avec ses talibés beaucoup de villages parmi lesquels Madina Gounass. Mais les musulmans du Gaabu présents à Vélingara étaient des Mandingues originaires de Bijini. C’était un Moricounda, c'est-à-dire un village de marabouts sous domination du Gaabu. Parmi ces Mandingues de Vélingara la tradition a retenu deux noms celui de Sagna Ba samang et d’Abou Samang. Le premier fut choisi par la suite comme imam de la mosquée de Vélingara par Chérif Bécaye, père de Chérif Samsidine AÏdara.
D’autres minorités musulmanes étrangères vivaient à Vélingara. Il s’agissait de Sarakolés, notamment les Soumboundou et Peulhs du Fouta-Djalon, entre autres Ceerno Moustapha Barry et Ceerno Mouminy Ba. Ces derniers se consacraient surtout à l’enseignement du Coran à ces débuts à Vélingara.
Parmi les membres de cette communauté certains venaient du Fouta–Toro. C’est le cas de Racine Djiguo et de Ceerno Mouminy Bâ. Ce petit groupe de musulmans au milieu de Peuls animistes va augmenter lentement avec l’arrivée de nouveaux travailleurs pour le compte des compagnies françaises présentes sur place.
De ce fait, la communauté musulmane commençait à s’organiser sous la conduite de Chérif Bécaye AÏdara. Il nomma le premier imam Sagna Ba Samang, qui choisit l’emplacement de la première mosquée et la délimita.

Administration[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le département de Vélingara dans la région de Kolda.

Géographie[modifier | modifier le code]

À vol d'oiseau, les localités les plus proches sont Diourourou, Kadialin, Badimbour, Kampoto, Bounkiling, Kouadi Bainouk, Kandialon et Maniora Mandingue.

Dakar, la capitale, se trouve à 570 km[1].

Physique géologique[modifier | modifier le code]

Cratère : impact de météorite dans les environs de Vélingara (document NASA)

À une douzaine de kilomètres au sud de Vélingara on peut observer un cratère d'un diamètre de 48 km, probablement dû à un impact de météorite.

Ce phénomène n'a été connu qu'en 1999. Il a été découvert grâce aux images satellites de la NASA.

Population[modifier | modifier le code]

La population est principalement composée de Peuls, de Soninkés, de Wolofs et de Mandingues.

Lors des recensements de 1988 et 2002, Vélingara comptait respectivement 14 068 et 20 806 habitants. En 2007, selon les estimations officielles, la population serait de 23 775 habitants.

Économie[modifier | modifier le code]

C'est une ville rurale qui vit principalement du commerce des produits agricoles locaux.

Culture[modifier | modifier le code]

En 2007, Vélingara a organisé pour la première fois des journées interculturelles, le Festival international du Carrefour (FESICAR). Dans cette lancée, un grand Week-end culturel sera organisé par le lycée Chérif SAMSIDINE AIDARA ET LE CONSEIL Departemental de Vélingara les 15,16 et 17 Mai 2015.A cette occasion deux conférences sur le panafricanisme et sur la vie de Nelson Mandela Seront animées par de fins connaisseurs de questions.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Belgique Huy (Belgique) depuis 1993

Personnalités nées à Vélingara[modifier | modifier le code]

Vie et œuvre de Chérif Samsidine

Le cadre familial a certainement influé sur la conception que Chérif Samsidine avait de son rôle de chérif. D’autre part, la politique coloniale détermina l’orientation de sa vie. Aussi présenterons-nous dans ce chapitre le cadre qui a façonné Chérif Samsidine AÏdara. Comme nous l’avons déjà dit, la famille de Chérif Samsidine AÏdara est originaire de Mauritanie. Son grand père Chérif Abdallah quitta walata pour le « pays des noirs » à la recherche de son frère qu’il trouva en Guinée Bissau. Selon Chérif Samsidine, il fut retenu par les populations locales qui appréciaient sa maitrise du coran. Il s’y maria avec une Mandingue du nom de Tamarta Dabo .Ce patronyme était porté en général par les marabouts Mandingues. Par conséquent, Tamarta Dabo était certainement issue d’une famille maraboutique. Cette alliance permit la « Mandinguisation » de la famille .En effet, Tamarta mit au monde un fils qui reçut le nom de Bécaye. Celui ci grandit donc en milieu Mandingue une ethnie islamisée depuis longtemps et réputée prosélyte. Dés le XVème les portugais avaient constaté ce souci des Mandingues, notamment les dioulas, de propager l’islam. A ce propos Da Mosta écrit que « les plus gros marchands qu’il y a en Guinée sont les Mandingas, spécialement, les Bixirenxis qui sont les prêtres. Aussi bien pour le profit qu’il en tire que répandre la maudite secte de Mafoma parmi les populations barbares. » Ce prosélytisme atteint son apogée sous Samori Touré fondateur d’un empire très étendu qui dominait une partie de la guinée Bissau. En Casamance, ce furent aussi les Mandingues « les véritables agents de la propagation de l’islam ». Né dans ce groupe défenseur de l’islam partout en Sénégambie, Chérif Bécaye développa sans doute très tôt un esprit prosélyte d’autant plus qu’il aurait passé une partie de son enfance Chez Alfa Ibrahima du Fouta DJalon alors en guerre contre le Gaabu. S’installant par hasard à Nioro Chérif situé à 12km au nord de Vélingara non loin de la Gambie, Chérif Bécaye animé par ce souci de défendre et propager l’islam effectuait des visites périodiques à Vélingara pour aider la jeune communauté musulmane à s’organiser. Son exemple fut suivi plus tard par son fils. D’autre part, Chérif Bécaye semble avoir reçu une solide formation intellectuelle. Il fit ses études en Mauritanie. A cette époque, s’y trouvaient de grands foyers coraniques notamment Kaédi. Il pu aussi approfondir ses connaissances à Walata, ville d’origine de son père, qui demeurait alors un carrefour intellectuel. La science acquise dans ces grandes écoles fut sans doute transmise à son fils dont il assura lui-même la formation. Chérif Bécaye aimait bien Bijini où il passa une partie de son enfance. E n effet, ce ne fut que par hasard qu’il s’installa à Nioro Chérif où naquit Chérif Samsidine. Celui-ci comprit sans doute à l’école de son père qu’un chérif devait se doter d’une solide culture et œuvrer à propager l’islam surtout dans un contexte marqué par le développement de l’influence française au Fouladou. Alors, la politique des français vis-à-vis des marabouts locaux dépendait de leur comportement et du contexte. Durant les deux guerres mondiales, les autorités coloniales ont exercé une surveillance stricte sur les marabouts comme le montre les différents rapports politiques de cette période. Dans une lettre adressée aux administrateurs de cercle le gouverneur général du Sénégal les exhorte à la vigilance « je vous prie de prendre toutes les dispositions pour exercer la surveillance la plus discrète mais aussi la plus attentive sur toutes les correspondances arabes non seulement pour la poste…. mais pour les voyageurs extérieurs » De telles dispositions s’expliquaient par la crainte d’une alliance des marabouts avec l’empire ottoman et l’Allemagne. Cette surveillance reprit avec la seconde guerre. L’administrateur de Casamance rappelle en 1937 «la nécessité de tenir à jour le fichier qui doit contenir les renseignements les plus détaillés sur les personnages islamiques » En temps de paix, les marabouts « tranquilles » et ceux qui contribuaient au développement des cultures de rentes étaient récompensés. Les administrateurs ne tarissaient jamais d’éloges pour eux. C’est le cas Elhadji Ali Thiam un marabout toucouleur qui s’est installé au fouladou vers 1916 et y a fondé plusieurs villages. Il était alors considéré par les administrateurs coloniaux comme « un marabout exemplaire qui s’investit dans des activités de développement ». Il permit en effet l’essor de la culture de l’arachide dans les villages qu’il fonda. Par contre, les marabouts perturbateurs de l’ordre colonial subissaient diverses sanctions dont l’emprisonnement. Dans la subdivision de Kolda un Marabout du nom de Mohamed ben Hamed fut arrêté et condamné à 4ans de prison pour extorsion des biens des populations indigènes. Ainsi, les marabouts du Fouladou ne disposaient pas d’une large marge de manœuvre pour éviter des démêlés avec les autorités coloniales ils devaient se plier à leurs dispositions. Homme de caractère Chérif Samsidine tint tête aux autorités coloniales ce qui le contraignit à s’installer à Bijini en Guinée Bissau

Biographie de Chérif Samsidine AÏdara

Chérif Samsidine AÏdara a eu une vie mouvementée. Né à Nioro Chérif, il parcourut une grande partie de la Sénégambie. Il séjourna longtemps au Fouta Toro, vécu pour un temps à Vélingara, puis se remit en route pour Bijini où il mourût. Nous disposons de quelques dates repères plus ou moins précises sur les étapes de sa vie. Excepté sa date de naissance et de décès, les autres dates proposées par Moussa Traoré semblent exactes. Par exemple l’année de son départ pour le Fouta est fixée à 1920 puisqu’il y serait parti une année après la naissance de son fils ainé, chérif Bécaye qui, selon la famille, a vu le jour sans l’ombre d’un doute en 1919. Il serait revenu 15ans après comme l’affirme les deux sources familiales : celle de Nioro et chérif Samsidine dans son autobiographie. Partant de ce fait, nous situons son retour et son installation à Vélingara vers 1935.Il repartit de nouveau l’année du recrutement de son fils dans l’armée pour les besoins de la seconde guerre mondiale en 1939. Chérif Samsidine AÏdara est né vers 1884 de l’union de Chérif Bécaye et de Mame Marie Diop, fille d’un riche commerçant de Bassé en Gambie. Son père, comme nous l’avons dit, s’occupa de sa formation intellectuelle « Chérif Samsidine resta disciple de son père pendant des années. Il apprit à lire, à écrire et traduire le coran. Il compléta sans doute sa formation au Fouta ce qui lui permit par la suite maitriser de toutes les branches « du droit islamique, de la morale et de l’histoire.

   Plus tard, Chérif Samsidine mena une vie très mouvementée. Sa première destination a été le Fouta-Toro. Ce premier voyage est considéré par Moussa Traoré comme  un exil. Celui-ci ne s’effectue qu’en cas  d’impossibilité de pratiquer l’islam dans son lieu de résidence. C’était le cas des premiers musulmans de la Mecque qui persécutés s’exilèrent à Médine. L’appel à l’émigration d’Elh Omar correspondait à un contexte de domination d’une terre musulmane par des chrétiens. Au Fouladou dans les années 1920, les musulmans ne semblaient pas persécutés, seuls les marabouts étaient soumis alors à une surveillance stricte comme nous l’avons déjà dit.

Donc, les raisons de ce départ furent autres .Partant des principaux actes qu’il posa au Fouta, nous dégageons deux motifs. Le premier était d’enrichir ses connaissances ce qui le poussa à rencontrer les érudits de l’époque « sa quête de connaissances l’amena à rencontrer les grands érudits tels que : Imam Adramé Ly de Saldé, Elhadji Ismaïla Ly, Cheikh Souleymane Dia, Thierno Boussir Kane et d’autres ». La deuxième raison était probablement la recherche de prestige. Très ambitieux, Chérif Samsidine aspirait à un statut très élevé dans la société. Il ne pouvait alors l’obtenir parce que son père était encore le chef de la Communauté. Comme il le dit lui-même, il revint à Nioro que pour le remplacer à la direction de la communauté musulmane. Son attitude par la suite confirme cette quête de haute fonction. De retour à Vélingara, il chercha à obtenir la direction du canton ce qui ne fut pas accepté par le Chef de subdivision qui l’expulsa de la ville. Désireux d’être honoré, il chercha dès lors à s’imposer au Fouta. Ce qui le poussa non à l’islamisation des peules encore animistes, mais à s’installer dans le grand foyer musulman d’alors. Au Fouta, Samsidine reçut la consécration en tant que Chérif. Une fois reconnut comme Chérif authentique, il fut honoré de diverses manières. D’abord, les chérifiens cherchèrent à étaler ses limites intellectuelles en le soumettant à deux épreuves qu’il surmonta. En effet, il parvint à lire le coran à l’envers, puis à faire cuir un morceau de viande enroulé à son bras sans utiliser du feu. Ces épreuves ont du être brodées par la suite au récit de sa vie, car Chérif Samsidine ne les mentionnent pas. Une fois ses capacités intellectuelles prouvées, il fut honoré partout sur son passage. Il devint Imam de la mosquée de Ridiaw SiIa, fut reçu par les grandes personnalités religieuses et politiques du Fouta alors qu’il parcourait les lieux significatifs de l’histoire de l’Almammiyat notamment le Bosseya, Mboumba, Saldé et d’autres localités du Fouta. A Saldé, puis à Mboumba, il reçut sa deuxième et troisième épouse nommée respectivement Boya Ali Demba et Raby Amadou Wane. Son séjour fut plus riche d’honneurs que d’œuvres, il marque ainsi sa consécration en tant que Chérif. Après 15ans, Chérif Samsidine revint à Nioro Chérif qu’il quitta de nouveau pour Vélingara où il fit bâtir une maison. Quatre ans plus tard, il fut contraint de repartir cette fois pour Bijini village de naissance de son père. Ce départ forcé s’explique par des démêlés avec le chef de subdivision d’alors. Pour la famille, il l’aurait giflé après que ce dernier lui eut demandé d’arrêter son prosélytisme tandis que Moustapha Sow qui se base sur les explications des rapports d’archives de l’époque affirme que Chérif Samsidine fut expulsé pour ses prétentions aux postes de chef de canton. Ces deux sources s’accordent sur un point ce furent des problèmes avec les autorités locales qui le poussèrent à quitter Vélingara. Il sillonna alors la Guinée Bissau et y entreprit de rédiger son autobiographie. Il mourut certainement des suites d’une maladie deux ans après le départ de son fils pour l’armée donc en 1941. Ainsi durant sa vie Chérif Samsidine se déplaçait sans cesse souvent de façon volontaire des fois par contrainte. Ces voyages lui permirent d’approfondir ces connaissances mais aussi de démontrer son statut de chérif savant. Il nous est très difficile d’analyser sa vie au Fouta et en Guinée, les informateurs rencontrés n’ont pu nous fournir assez d’éléments pour le faire. Certains rapportent la version de la famille sans pouvoir l’approfondir tandis que d’autres avouent tout ignorer sur Chérif Samsidine. Ces lacunes expliquent l’aspect descriptif de cette partie.

œuvre de Chérif Samsidine AÏdara à Vélingara

Chérif Samsidine réalisa une modeste œuvre sur le plan littéraire et religieux. A Bijini en Guinée Bissau, il rédigea son autobiographie. Son ouvrage conservé à l’IFAN constitue une importante source de connaissance de l’histoire des Jihad D’Alpha Ibrahima de Labé mais aussi celle des AÏdara de Vélingara. Son œuvre religieuse à Vélingara fut aussi modeste pendant les quatre ans qu’il y passa. Il ne réussit qu’à mettre en place les conditions d’une bonne pratique de l’islam. Une fois installé à Vélingara vers 1935, la communauté musulmane respectueuse de la tradition lui remit le pouvoir religieux. Il construisit une mosquée ronde en hutte à l’emplacement délimité par son père. Ce fut la première mosquée de Vélingara. Le site était un lieu de regroupement des musulmans depuis Chérif Bécaye AÏdara. Mais cette mosquée du fait de la faible présence des musulmans ne semble pas avoir été fréquentée par beaucoup de personnes. Elhadji Diao déclare «  Ceux qui priait alors ne dépassaient pas cent personnes ». Après avoir construit cette mosquée, il choisit un nouvel Imam. Sagna Ba Sama nommé par son père était devenu vieux et donc incapable d’assumer sa fonction. Il porta son choix sur Thierno Moustapha Barry de Labé pour sa droiture et sa science. Il semble lui avoir délégué l’enseignement du coran. II assura en effet l’initiation Coranique de beaucoup de jeunes avec le développement de l’islam à partir des années 1950. Avec Thierno Diop, disciple du marabout de Gounass, il était les deux maitres coraniques de la ville. Du fait de ses ambitions politiques, Chérif Samsidine s’embrouilla, comme nous l’avons vu, avec le chef de Subdivision Poussy. De ce fait, il fut contraint de s’exiler en Guinée Bissau notamment à Bijini. Ce départ précoce explique l’inachèvement de l’œuvre de Chérif Samsidine à Vélingara. Il ne fut pas en effet le déclencheur d’une conversion massive. L’islamisation a surtout été l’œuvre des peules du Fouta Djalon et du Marabout de Médina Gounass. Toutefois, Chérif Samsidine jeta les bases du développement d’une bonne pratique religieuse à Vélingara.


Chapitre III : Les continuateurs de l’œuvre Thierno Moustapha Barry et Chérif Bécaye AÏDARA La ville s’agrandit au lendemain de la seconde guerre. En 1948 fut réalisé le premier lotissement puis un second en 1965 pour accueillir les nouveaux arrivants. Outre les agents de l’administration, Vélingara enregistra une arrivée massive de guinéens fuyant le régime dictatorial de Sékou Touré et par la suite la guerre de libération dans les colonies portugaises. La petite mosquée en hutte devint alors trop étroite pour accueillir les membres de la communauté musulmane. En1955, sous l’imamat de Thierno Moustapha Barry fut alors construite une Mosquée en dure. A cette époque, de jeunes peules comme Elhadji Diao se convertirent « Je me suis converti parce que je me suis rendu compte d’un vide dans ma vie. C’est ce qui me poussa à embrasser l’islam en 1949 » .Son exemple fut suivit par ses classes d’âge. Avec la construction de cette mosquée fut complétée l’œuvre de construction de lieu de culte adéquat pour la population musulmane. En 1971, Thierno Moustapha Barry mourut. Il fut remplacé par Thierno Amar qui n’occupa l’imamat que trois ans. Alors Chérif Bécaye, fils ainé de Chérif Samsidine, fut nommé Imam en 1974. Ancien combattant, Chérif Bécaye pratiqua par la suite le commerce à son retour de l’armée. Homme très influent à Vélingara, il cumulait les charges d’imam et de chef de quartier. Comme son père, il fut animé par le souci de servir la communauté musulmane. Il réglait les différends entre les membres de la communauté, était ponctuel à la prière et présent à tous rendez-vous religieux. En 1985, les participants à la réunion sur le choix du parrain du nouveau collège parmi lesquels son fils, Ousmane Seydi député maire d’alors s’accordèrent sur le choix de chérif Samsidine sans doute en reconnaissance de son rôle dans l’organisation de la communauté musulmane de Vélingara.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dakar et ses environs, carte 1/16 000, édition 2007-2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) S. Wade, M. Barbieri et J. Lichtenegger, « The Velingara Circular Structure - A meteorite impact crater? », ESA Bulletin n° 106, juin 2001, p. 135-139. (les découvertes de l'ESA, l'Agence spatiale européenne)
  • (fr) Sammy Chaupin, « La fête du coton à Vélingara », Sénégal d'Aujourd'hui, n° 20, 1971, p. 23-25

Liens externes[modifier | modifier le code]