Arnold de Ville

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Arnold de Ville, gravure de 1708
Plaque commémorative sur le Pavillon du gouverneur de la machine

Arnold de Ville, né le 15 mai 1653 à Huy et mort en 1722 à Modave, est un bourgeois et entrepreneur liégeois. Il fut le promoteur, le maître d'œuvre du projet de la machine de Marly, pompe monumentale sur la Seine, conçue par le charpentier liégeois Rennequin Sualem.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du pays de Liège, il est issu d'une famille bourgeoise de marchands et de notables[1]. Son père, Winand de Ville fut le bourgmestre de Huy[1] et maitre de forges[2]. Il suit des études de droit à l'université de Louvain et en sort licencié en droit en 1674. Une fois sorti de l'université, le jeune juriste, âgé de 21 ans, est alors engagé auprès de son ami d'enfance, le comte de Marchin, un protégé du Prince de Condé[1] qui lui confie la gestion de son domaine et château de Modave, située sur la Meuse et non loin de Liège et sur lequel existe une machine hydraulique[1].

En 1678, il vient en France pour se mettre au service de Condé et construit une machine hydraulique à Saint-Maur pour laquelle il faut venir de Liège le charpentier Rennequin Sualem (1645-1708)[1].

Il présente au roi Louis XIV le 11 mai 1679 un projet de machine hydraulique pour le château du Val[1],[3]. La réussite du projet lui permit d'obtenir en 1681 la construction de la machine de Marly[1] destinée depuis la Seine à alimenter le parc du château de Versailles.

Machine de Marly[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Machine de Marly.

Il réalisa plusieurs plans de ce projet avec Paulus Sualem[4]frère ainé de Rennequin. Même si sa conception en revient à Paulus et Rennequin Sualem, avec une rivalité entre les frères Sualem et de Ville, ainsi que des discussions, poursuivies après leur mort, sur la paternité de la machine) il en dirige le chantier entre 1681 et 1685. Ce chantier assura sa fortune. Louis XIV lui accorda 6 000 livres de gratification par an. En 1686, une fois la machine achevée, le roi lui fit un don de 100 000 livres, une somme considérable pour l'époque[5], ainsi que de 6 000 livres de "pension extraordinaire" par an. En 1683, le roi lui avait construire un pavillon sur les hauteurs, le Pavillon du gouverneur, situé chemin de la Machine au village de Voisins à Louveciennes que de Ville, devenu gouverneur de la machine, occupera jusqu'à sa mort. En 1768, ce pavillon, agrandi, devient le château de Madame du Barry.

Par la suite, Louis XIV le charge de quelques négociations avec l'évêque de Liège afin de favoriser l'élection du cardinal de Furstenberg au siège épiscopal de Liège.

Par saisie hypothécaire sur les héritiers du cardinal de Furstenberg, Arnold de Ville acquiert en 1706, la seigneurie et le château de Modave[6].

Famille[modifier | modifier le code]

Bien que se présentant comme gentilhomme à la cour de Versailles, Arnold de Ville n'était pas noble[1]. Il fait l'acquisition, pour son père, du titre de baron libre du Saint-Empire[1],[7], titre dont il hérita à la mort de celui-ci en 1694.

De son mariage avec Anne Barbe de Courcelles naquit Anne-Marie Barbe de Ville (1713), laquelle épousa Anne-Léon Ier de Montmorency-Fosseux en 1730. Elle mourut en couches en donnant la vie à Anne Léon II de Montmorency-Fosseux. C'est lui qui hérita des biens des de Ville à Huy et à Modave.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bruno BENTZ et Éric SOULLARD, « Arnold de Ville (1653-1722) », Château de Versailles, de l'ancien régime à nos jours,‎ avril-mai-juin 2011, p. 74
  2. Frédéric Tiberghien, Versailles : le chantier de Louis XIV 1662-1715, Perrin,‎ avril 2002, 378 p. (ISBN 2-262-01926-6), p. 117-118
  3. Éric Soullard, Rennequin Sualem, ses parents et alliés, et la machine de Marly, actes du colloque international tenu au château de Versailles Les Wallons à Versailles, 2007, p. 153-181
  4. Lettre d'Arnold de Ville à son père Winand, 18 mai 1679, publié par Édouard Poncelet, Lettres inédites et mémoires du baron de Ville touchant la machine de Marly, Académie royale de Belgique, Bulletin de la Commission royale d'Histoire, t. XCVIII, 1934, p. 267
  5. Comptes des Bâtiments du roi, publiés par Jules Guiffrey, 1887, tome II, p. 912, paiement du 28 juillet 1686
  6. Sentence du tribunal du Châtelet de Paris du 17 juin 1702 et 4 janvier 1704, sentence du Tribunal des Échevins de Liège du 1er mars 1706, documents conservés aux Archives de l'État de Huy, archives du château de Modave n° 1475, 1482.
  7. BALAU, Histoire de la seigneurie de Modave, Liège, 1895, p. 118

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