Ivette de Huy

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Sainte Ivette de Huy (également connue sous le nom de Juette), née à Huy (Belgique) en 1157 et y décédée le 13 janvier 1228, était une veuve devenue recluse et mystique du XIIe siècle. Sa vie nous est connue grâce au chanoine prémontré Hugues de Floreffe. Elle est fêtée le 13 janvier[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Née dans une famille de la haute bourgeoisie - son père était administrateur des domaines de l’évêque (de Liège) dans la région de Huy - Ivette manifeste dès l’âge de 12 ans le désir de se vouer à Dieu. Malgré cela, et, selon une coutume répandue à l’époque, elle donnée en mariage à l’âge de 13 ans sans qu’elle puisse s’y opposer.

En rien préparée au mariage Ivette prend la vie conjugale en horreur et hait son mari. Elle en vient à souhaiter sa mort. Il lui faut du temps pour dépasser cette crise et revenir à des sentiments plus équilibrés. Elle accepte la légitimité des demandes de son mari, et parvient même à l’aimer. Ivette en a trois enfants dont un meurt en bas âge.

Veuve et consacrée à Dieu[modifier | modifier le code]

Son mari meurt cinq ans plus tard. À 18 ans Ivette est veuve avec deux enfants. Elle est encore belle et jeune et son père cherche à la remarier. Mais cette fois Ivette est adulte et bien déterminée de suivre la voie de la consécration à Dieu qui l’appelle. Elle ne cède pas. Son père, un familier de l’évêque de Liège, Raoul de Zähringen, lui amène la veuve obstinée. Intimidée devant la cour épiscopale Ivette se tait. L’évêque Rodolphe la prenant alors à l’écart, l’écoute dans un colloque particulier. Ivette plaide alors si bien sa cause et son désir d’être totalement donnée à Dieu, que l’évêque lui donne raison. Son père doit céder.

Ivette se consacre alors à l’éducation de ses fils et à des œuvres de charité. Sa générosité est connue : pauvres, pèlerins et voyageurs affluent. Elle leur ouvre sa maison. Elle annonce bientôt qu’elle va quitter le monde. Elle prend des dispositions pour assurer l’avenir de ses enfants et se retire dans une léproserie mal entretenue à Statte sur les hauteurs de la ville de Huy.

Au service des lépreux[modifier | modifier le code]

Poursuivant sur sa voie spirituelle, Ivette se met au service des lépreux. Aspirant à s’unir au Christ souffrant elle néglige toute précaution ; elle est même disposée à être frappée de la lèpre, pour être ainsi mieux identifiée au Christ.

Une vie si prodigieuse suscite l’admiration. On vient la voir et lui demander conseil. On demande son intercession. Un groupe de fidèles et disciples se rassemble autour d’elle.

Vers 1191 son père qui jusqu’alors a tout fait pour la détourner de cette voie extraordinaire, est touché par la grâce et se convertit. Il est veuf et se fait cistercien à l’abbaye de Villers-en-Brabant. On se souvient de lui comme du bienheureux Otton de Villers.

Recluse[modifier | modifier le code]

Poussant encore plus loin la pénitence Ivette, à 34 ans, devient recluse. Elle s’enferme dans une cellule, à Statte, dont elle ne sortira plus. Du haut de sa colline elle est comme l’ange gardien de Huy. On lui attribue des dons mystiques : elle lit dans les consciences, dit-on.

Les disciples augmentent et les aumônes affluent. Elle fait construire un hôpital, avec grande église, pour ses lépreux. De sa recluserie elle en dirige la construction.

Elle n’oublie pas ses deux fils. Le premier est entré à l’abbaye d'Orval dont il sera l’abbé. Le second mène une vie de désordre. Plusieurs fois Ivette le convoque pour le tancer et lui faire reprendre le droit chemin. Il promet de s’amender : promesses sans suite. Finalement Ivette lui enjoint de quitter la région car il est cause de grand scandale. Il se convertira plus tard et deviendra lui aussi moine cistercien, à l’abbaye de Trois-Fontaines.

Ivette meurt dans sa cellule le 13 janvier 1228 ; elle a 70 ans. Immédiatement une grande vénération entoure son corps et un culte se développe. Hugues de Floreffe, un témoin contemporain, nous en a laissé un récit d’où vient tout ce que nous savons de sa vie[2].

Elle est emblématique d'un mouvement mystique féminin florissant au Moyen Âge qui comptait déjà Marie d'Oignies, Hildegarde de Bingen ou encore Ida de Nivelles et qui sera perçu avec quelque méfiance par les autorités ecclésiastiques. Après elle, au XIIIe siècle siècle, viendront Marguerite Porete, Sybille de Gages et tant d'autres moins connues.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Omer Englebert, La fleur des saints, Paris, Albin Michel,‎ 1998, 469 p. (ISBN 9782226095428), p. 25
  2. La vie d'Ivette de Huy, par Hugues de Floreffe, a été publiée dans les Acta Sanctorum, 13 janvier

Liens externes[modifier | modifier le code]