Fexhe-le-Haut-Clocher

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Fexhe-le-Haut-Clocher
L'église Saint-Martin
L'église Saint-Martin
Blason de Fexhe-le-Haut-Clocher
Héraldique
Drapeau de Fexhe-le-Haut-Clocher
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Arrondissement Waremme
Bourgmestre Henri Christophe (MR)
Majorité Liste Mayeur
Sièges
Liste Mayeur
PS
Tous ensemble
13
10
2
1
Section Code postal
Fexhe-le-Haut-Clocher
Freloux
Noville
Roloux
Voroux-Goreux
4347
4347
4347
4347
4347
Code INS 64025
Zone téléphonique 04
Démographie
Gentilé Fexhois(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
3 226 (1er janvier 2014)
49,69 %
50,31 %
168 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
20,49 %
64,12 %
15,40 %
Étrangers 3,74 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 11,28 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 14 237 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 39′ N 5° 23′ E / 50.65, 5.383 ()50° 39′ Nord 5° 23′ Est / 50.65, 5.383 ()  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
19,25 km2 (2005)
87,15 %
0,27 %
12,06 %
0,52 %
Localisation
Situation de la commune dans l’arrondissement de Waremme et la province de Liège
Situation de la commune dans l’arrondissement de Waremme et la province de Liège

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Fexhe-le-Haut-Clocher

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Fexhe-le-Haut-Clocher
Liens
Site officiel fexhe-le-haut-clocher.be

Fexhe-le-Haut-Clocher [fɛksləoklɔʃe][1] (en wallon Fèhe-å-Hôt-Clokî [fɛx][1]) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège. S'étendant sur 1 876 ha, l'entité regroupe depuis les fusions de 1977 cinq villages : Fexhe(-le-Haut-Clocher), Freloux, Noville, Roloux et Voroux-Goreux.

En moins de trente ans sa vocation essentiellement rurale a évolué avec l'accroissement et la diversification de la population. La présence proche de l'aéroport de Liège, la proximité des autoroutes Liège-Bruxelles et Liège-Namur ainsi que le retour à la campagne, sont d'autres facteurs qui ont influencé la vie locale.

Au 31/12/2013, la commune comptait 3242 habitants (-33) (1 625 m - 1617 f) (densité de population : 175 habitants par km²), dont 1 107 à Fexhe (+15) (566 m - 541 f).

Mais Fexhe, dans l'histoire, c'est bien-sùr « la paix de Fexhe », signée le 18 juin 1316.

Bourgmestres et résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-après reprend les résultats électoraux depuis la fusion des communes.

Élections Bourgmestre Résultats
10-10-1976 François Thomas (PS) 6 PS >< 5 Intérêts communaux
10-10-1982 François Thomas (PS) 8 PS >< 3 Entente communale
09-10-1988 François Thomas (PS) 8 PS >< 3 Entente communale
09-10-1994 François Thomas (PS) 6 PS >< 5 Entente communale
23-09-1998 Francine Abeels (PS) (Retrait de F. Thomas)
08-10-2000 Jean-Marie Collette (NEC[2]) 5 NEC et 1 OPA[3] >< 5 PS
08-10-2006 Henri Christophe (MR) 6 MR et 5 CDH >< 1 PS et 1 PC
14-10-2012 Henri Christophe (MR) 10 Liste du Maïeur >< 2 PS et 1 Tous Ensemble

Photographies[modifier | modifier le code]

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La seconde guerre mondiale à Fexhe-le-Haut-Clocher.[modifier | modifier le code]

1940[modifier | modifier le code]

Le vendredi 10 mai 1940, un peu avant six heures du matin, nous fûmes réveillés par des bruits d’avions. nous nous précipitons à la fenêtre de la chambre et nous voyons passer dans un vrombissement assourdissant quatre avions qui volaient à basse altitude, la croix tracée sur la queue ne laissa aucun doute sur l’origine de ces machines. Nous sommes hâtivement descendus dans la cuisine pour allumer la radio. Soudain des explosions résonnèrent, nous sortons sur le pas de la porte. Mon voisin s’exclame : « On bombarde l’aérodrome de Bierset ou la gare de formation de Voroux ? » À 6h30, la radio (INR) nous informait : « L’Allemagne vient d’envahir la Belgique, la Hollande et le Luxembourg. » La seconde guerre mondiale commençait pour nous.

Le Collège de NOVILLE décide que mademoiselle SEHA, institutrice domiciliée à NOVILLE assurera les fonctions de secrétaire communal à titre intérimaire étant donné que monsieur Louis PIERRE est rappelé sous les drapeaux. Mademoiselle SEHA ne signa pas le procès-verbal de la séance du 28 juin 1940, bien qu’elle fût secrétaire ff.

Le samedi 11 mai 1940, vers 14 heures, l’aviation allemande attaque en piqué un train civil arrêté à hauteur de l’entrepôt du tram à FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER. Les « Stukas » lancèrent trois bombes qui ont explosé dans la prairie où monsieur Yves CUYPERS a fait bâtir. Mademoiselle DEHALU a été tuée, madame MIGUET qui sortait de sa maison a eu l’œil arraché, monsieur PIRLET a été atteint de dix-sept éclats, une main a été fortement touchée, il a perdu beaucoup de sang mais a pu rejoindre sa ferme qui se situait rue de Voroux. Les bâtiments furent abattus en 1978. Le train s’est remis en marche pour s’immobiliser en gare de FEXHE où il fut mitraillé une seconde fois.

Selon l’abbé NAVEAU, le bilan fut lourd, on dénombra 29 morts et 300 blessés. Parmi les victimes il y avait : madame Albert LACROIX, madame Lucie GROBET (63 ans), monsieur Albert DEFIZE, le soldat Lucien DEPREAY de La REID, monsieur Martin HELLINCX (28 ans), madame Marie-Hélène WERTZ (71 ans), monsieur Joseph COOLS, machiniste (30 ans), madame Rose DEWANDRE (49 ans), madame Julia FOSSION (67 ans), monsieur René MERNY de SERAING, monsieur Camille SCHETTER de LIEGE, monsieur Jean WEBER et Madame Lambertine SERVAIS décèdera le 13 juin. Un train militaire suivait ce convoi et c’est certainement ce second train que les « Stukas » voulaient attaquer. À la suite de l’attaque du train civil, le convoi militaire est resté bloqué entre VOROUX et FEXHE. Les « Stukas » le repérèrent et lancèrent une attaque en piqué accompagnée du sifflement lugubre de leur sirène. Les soldats belges se sauvèrent du train. Une bombe est tombée en face de la maison de la famille COUNE-HALIN, rue de la Dîme, 113, dans un pré où est construite la maison de la famille PONCELET FIASSE, un étang existait d’ailleurs à cet endroit. L’habitation de la famille COUNE HALIN subit des dégâts à la toiture, les vitres furent brisées Le calme revenu, Roger BRANS s’est approché du convoi abandonné par l’armée belge, il se rend compte que des chevaux étaient prisonniers des wagons. Des habitants du village visitèrent le train en emportant des souvenirs : des bottes, des souliers, des montres. Suite à la canicule, les aliments qui se trouvaient dans le train ne pouvaient plus être consommés. Les bêtes hurlaient dans les wagons, elles n’avaient ni eau, ni nourriture. Le 13 juin, Roger BRANS décida de libérer les chevaux qui se dispersèrent immédiatement dans les champs, à ce moment des Allemands arrivaient en side-car et Roger BRANS prit la poudre d’escampette. La gendarmerie de FEXHE ayant été avertie du pillage du train s’était rendue chez les habitants qui durent restituer les objets dérobés, des maisons furent fouillées.

Sur la Grand’route à Voroux-Goreux un véritable bouchon s’est formé. Les réfugiés et leurs véhicules, des chariots, ainsi que des autobus d’une compagnie de transport encombrent la chaussée à un tel point que des troupes françaises envisagent de foncer à travers champs pour pouvoir passer. De vives altercations opposent les réfugiés et les soldats français.

Le dimanche 12 mai 1940, vers 10 heures du matin, un avion est tombé à Voroux-Goreux, rue de Liège. En arrivant sur les lieux messieurs LAMISSE et JACOB découvrirent deux corps sans vie, il s’agissait de BERRIDGE L, ainsi que de MERRIT L tous deux de la R.A.F. ; les restes d’un troisième corps sont mélangés à ceux des deux premiers. Le mardi 14 mai, après une absoute dans l’église de Voroux, les trois braves furent inhumés dans le cimetière du village où ils reposent toujours. Le troisième occupant était le pilote KEEDWEEL, cette tombe est entretenue depuis bien des années par un habitant du village.

Sépulture
La sépulture au Cimetière de Voroux

Occupation[modifier | modifier le code]

Le mercredi 15 mai 1940, aux termes d’une décision de l’autorité occupante, toute activité des Conseils communaux est interdite pour la durée de la guerre, la défense des intérêts communaux doit jusqu’à nouvel ordre, être réservée aux Bourgmestres et Echevins des communes.

Le samedi 28 juin 1941, le bourgmestre de FEXHE Alphonse JACQUEMIN a démissionné. Il est remplacé par Ernest VOYEUX dont la désignation effective date d’octobre 1941.

Le samedi 28 février 1942, un arrêté désigne Joseph LEGROS échevin de la commune de FEXHE, il prêtera serment le 9 avril 1942.

Le lundi 20 avril 1942, on constate différents larcins à NOVILLE : 5 lapins chez Joseph LEFEBVRE, chez L MARECHAL, l’unique lapin destiné à agrémenter la communion solennelle du fils, chez Joseph PORTAL un lapin et une manne de lessive. La nuit suivante, il y aura une nouvelle intrusion chez PORTAL, mais une sonnerie donnera l’alarme.

Le mardi 21 avril 1942, vers 16 heures, on constate le vol du vélo d’Alexis SEHA. Le voleur a été pris en flagrant délit à Voroux-Goreux.

Le mercredi 6 mai 1942, retour à NOVILLE du prisonnier René SALON par train sanitaire.

Le jeudi 28 mai 1942, à NOVILLE, la vache de Louis GORDENNE, jardinier à la ferme STREEL, a été dépecée de nuit dans la prairie. Il n’en reste que les pattes et quelques os.

L’hiver 1942 est glacial, le vent hurle dans les cheminées, la température descend jusqu’à moins 12 degrés, dès 17 heures le soir tombe. Les Allemands donnent congé au personnel des usines, des ateliers et des bureaux du 24 décembre 1942 au 5 janvier 1943.

Le vendredi 5 novembre 1943, la grosse cloche de l’église de FEXHE, placée en 1843 a été enlevée par les Allemands.

Le mardi 28 décembre 1943, DENIS Marie, âgée de 57 ans ; épouse de DONNAY Hubert, se rendait à pied à la messe à l’église de Voroux-Goreux. Il était environ 7h50 quand un cycliste s’approcha en roulant de Marie DENIS, il lui tira une balle dans la nuque et poursuivit sa route vers FEXHE. Madame DENIS a été tuée sur le coup, son décès a été déclaré à la commune de Voroux-Goreux et acté par le bourgmestre Lucien DIEUDONNE. Selon Arthur DERWA qui commandait la Section Punitive de l’Armée Secrète, c’est un membre de son groupe habitant MOMALLE qui fut chargé d’exécuter cette collaboratrice. Nous avons contacté l’intéressé qui n’a pas voulu faire la moindre déclaration.

Libération[modifier | modifier le code]

1944 restera dans ma mémoire une année exceptionnelle, puisqu’elle allait marquer pour notre génération, le terme d’un cauchemar long de quatre années, durant lequel beaucoup d’entre nous furent confrontés à la perte d’un être aimé, à des carences alimentaires, à l’absence de liberté, à la crainte du lendemain.

En juin 1944, une femme demeurant à CROTTEUX, mendiait dans les fermes, elle a été abattue par un commando du groupe commandant MARTENS entre la Grand’route à NOVILLE et le vieux chemin de ROLOUX. Le décès n’a pas été enregistré à FEXHE. Selon nos informations, cette personne utilisait la mendicité pour s’introduire dans les fermes de la région afin de savoir si des résistants s’y cachaient. Un message venu de Londres exigeait son exécution.

Le mercredi 16 août 1944, vers midi, Jules et Emile PIRON ainsi qu’Irma DAENEN travaillaient dans un champ d’avoine à proximité du carrefour de NOVILLE. Sur la route circulait une camionnette du Service Electricité de Seraing Extension, conduite par Joseph LAMBERT. Soudain deux avions « Thunderbolt » effectuent un passage à basse altitude et prennent la camionnette pour cible. Le cabinier Joseph LAMBERT quitte son véhicule et plonge dans le fossé qui longe la route au moment où les pilotes américains ouvraient le feu. Les alliés tiraient sur les véhicules des services publics, car les Allemands les utilisaient pour protéger leur retraite La radio de Londres avait averti la population de ne pas rester dans les trains, trams, autos, camions lors de l’arrivée d’avions, ces derniers ayant comme mission d’attaquer tous les mouvements des troupes allemandes. Émile PIRON s’affaisse, tué sur le coup, Irma DAENEN pousse des cris stridents puis s’écroule. Jules PIRON qui n’a pas été touché se précipite vers les victimes, il trouve son frère sans vie, Irma a son tablier déchiqueté et le sang dégouline sur les jambes de la malheureuse. La camionnette brûle sous le regard stupéfait de Joseph LAMBERT qui a vie sauve grâce à son prompt réflexe. Le garde-champêtre Louis LANDENNE, arrive le premier sur les lieux, il prend immédiatement conscience de la situation, il arrête un camion du charbonnage « Patience et Beaujonc » qui circulait sur la grand’route Liège Hannut. On couvre le fond de la benne du véhicule de gerbes de paille, on y étend Irma qui est conduite à l’hôpital de Bavière à Liège.

La retraite allemande[modifier | modifier le code]

Dès le 1er septembre 1944, l’armée allemande bat en retraite, des colonnes ininterrompues traversent la Hesbaye avec difficulté étant pourchassées par les attaques aériennes répétées des alliés. Les boches ont pourtant bien camouflé leurs engins de guerre. La mine des soldats en dit long sur l’ampleur de leur débâcle. Des Waffen SS se regroupent dans notre région, ceux-ci donnent l’impression d’y croire encore. La BBC annonce « La jonquille jaune est en fleur », ce message invite nos Résistants à rallier les refuges en vue d’organiser la guérilla, en Hesbaye, les groupes « Marsouin », « Narval » et « Otarie » se rassemblent, s’organisent.

Le samedi 2 septembre 1944, le ciel est maussade, il fait pluvieux, on sent déjà l’approche de l’automne. Vers 9h30, les troupes américaines franchissent la frontière belge. On se réunit chez un ami qui possède un poste de TSF afin d’écouter l’INR, c’est ainsi que nous apprenons que le palais de justice de Bruxelles a été dynamité et qu’il est en feu.

Le dimanche 3 septembre, nous nous réveillons sous un ciel plombé. Dans l’après-midi, à la faveur du vent, le ciel s’est dégagé, le défilé ennemi continue dans une diversité de véhicules qui vont du camion à gaz ou à essence, suivis de charrettes tirées par des vaches, des motos, des chenillettes, de canons autotractés, de panzers, de limousines Mercedes. La grande armée de Führer est réduite à un troupeau en débandade, qui joue son sauve-qui-peut. Le panache, l’arrogance de l’armée allemande sont disparus, il n’y a plus que des hommes épuisés dont toutes les illusions sont envolées.

La journée du lundi 4 septembre baigne dans la douce chaleur d’un soleil de fin d’été. Des avions « Thunderbolt » alliés sillonnent le ciel bleu et harcèlent les troupes allemandes humiliées, atterrées par cette déroute.

Le mardi 5 septembre, les occupants quittent tous les postes fixes installés en Hesbaye. Un tank allemand, dont l’équipage était rompu à l’extrême, s’est réfugié à l’abri des regards des voisins et des curieux, dans la cour intérieure, bien fermée, du café MINSART, situé au coin de la Grand’route et de la rue de ROLOUX.

Pendant que les tankistes SS se reposaient et dormaient à poings fermés, l’Armée banche est avisée de la présence d’un tank allemand de la brigade von Ribbentrop, en cet endroit.

Que fallait-il faire : surprendre les Allemands dans leur sommeil ou attendre leur réveil ? L’hésitation de l’Armée blanche a duré très longtemps, trop longtemps sans doute ! La fin de la journée arrive, la nuit s’installe, rien ne se passe.

Au hameau de STREEL, la ferme ROBERTI est devenue le refuge central idéalement situé pour l’Armée secrète. Sa direction est confiée à Henri LINCHET, dit Alexandre. Celui-ci a posté ses hommes Antoine BOEKER dit Constant, Jean-Baptiste PEILLIEN dit Ramuntcho, Henry LITTLE dit Jim, Albert MASSART dit Max, Jean RORIVE dit Grincheux, Edmond DETHIER dit Benoit, Jérôme YOUNGBLOOD, et Laurent FRANKINET dans les fossés, de part et d’autre de la chaussée Tongres-Amay, à hauteur du lieu-dit « Le Cheval Blanc. Les convois militaires allemands refluent sur la Chaussée verte, en direction d’ODEUR, sur la Grand’route LIEGE-BRUXELLES. Trois véhicules militaires ennemis venant de NOVILLE en direction de KEMEXHE transportant le bureau d’une unité SS est intercepté par le groupe « Alexandre », Henri LINCHET se positionne au milieu de la chaussée et braque le convoi, le groupe Alexandre ouvre le feu, Un véhicule percute un poteau, un second verse dans le fossé. Les Allemands ripostent, plusieurs Fridolins sont tués au cours de l’attaque (une dizaine selon Arthur DERWA de BERGILERS qui dirigeait la Section punitive de l’Armée secrète, chargée de réprimer les collaborateurs). Un français qui s’est imprudemment levé est touché à la cuisse Hélas ! Dans l’escarmouche quatre militaires allemands, dont un officier, parviennent à s’échapper et rejoindre le reste de la troupe à ODEUR.

Les cadavres des soldats allemands sont en hâte hissés dans le camion et conduits à la ferme ROBERTI. Le matériel conquis est entreposé dans les vastes dépendances de l’exploitation les corps des allemands sont dissimulés dans le fumier situé dans la cour intérieure.

Alexandre désigne Antoine BOEKER, le chauffeur attitré du groupe, Albert MASSART et Henry LITTLE pour récupérer une voiture en panne dans le chemin du village à FRELOUX Antoine BOEKER exécute la réparation, les deux autres font le guet. Soudain, ils aperçoivent sur la Chaussée verte des véhicules blindés allemands, ce sont des Waffen SS qui reviennent en force à la ferme ROBERTI pour mener une action punitive. Les maquisards qui étaient postés dans les fossés tentent de se replier vers la ferme ROBERTI, leur chef Henri LINCHET couvre la retraite, il est fauché par une rafale en pleine poitrine, on retrouvera son corps dans la prairie de la ferme. Les Boches encerclent la ferme. Les SS sont déchaînés. À la suite du décès de Henri LINCHET, le refuge central est placé sous les ordres de Charles DELVIGNE. Albert MASSART blessé fut emmené par les SS et exécuté à OTRANGE quelques heures plus tard.

À l’état civil de la commune de FEXHE, on trouve la copie d’un jugement qui atteste que le nommé LINHET Henri, Félicien, Ghislain, photograveur de profession, né à Falwinne le 26 avril 1922, fils de Jules, Joseph, Ghislain et de CHANTRAINE Madeleine, Julia, Ghislaine est décédé à FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER le 5 septembre 1944. Dans le jugement on fait référence à un Henri LINHET et non Henri LINCHET, par contre la date de naissance te le lieu sont les mêmes. C’est le bourgmestre Ernest VOYEUX qui a signé l’acte de décès.

Des parachutistes U.S doivent sauter au-dessus de la campagne de FRELOUX. Le groupe ZORRO doit assurer la bonne marche de l’opération. Les Allemands prévenus arrivent en force sur les lieux et ouvrent immédiatement le feu. Quatre maquisards dont le Russe STUPAKOF Pierre perdirent la vie au cours de cette mission. Arthur DERWA dit ZORRO frôla la mort, il déclara « J’ai bien cru que c’était la fin, nous vivions l’enfer »

6 septembre 44[modifier | modifier le code]

Le lendemain, mercredi 6 septembre trois hommes Edmond DETHIER, Antoine BOEKER et Jean-Baptiste PEILLIEN sont envoyés à STREEL pour s’assurer que les Allemands ont bien quitté les lieux. Ils viennent de FEXHE, ils empruntent la Chaussée verte en direction de FRELOUX. Soudain, ils voient bondir devant eux des soldats allemands qui étaient dissimulés dans les fossés. Antoine BOEKER prend la poudre d’escampette à travers les champs de betteraves, il entend siffler les balles, mais n’est heureusement pas touché. Jean-Baptiste PEILLIEN, le Français né à Mauléon le 30 octobre 1913, dit Ramuntcho et Edmond DETHIER seront faits prisonniers et conduits à la ferme ROBERTI, ils seront interrogés et frappés puis exécutés Les Allemands bouteront le feu à la Ferme, ils jetteront le corps d’Edmond DETHIER dans l’incendie, ils quitteront la propriété ROBERTI quand ils crurent avoir exterminé le dernier maquisard. Léon LEONARD et Willy DESWYSEN tous deux de GRACE-BERLEUR retrouvèrent le corps affreusement mutilé de Jean-Baptiste PEILLIEN accroché par la ceinture au portail de la ferme, le cadavre de Henri LINCHET se trouvait dans la prairie, sans chaussures et sans bas, le corps du malheureux ayant été traîné à travers le pré. Ils chargèrent les deux cadavres dans leur camionnette et se rendirent à GRACE-BERLEUR auprès de commissaire Jean ROUSSELLE.

Selon le rapport écrit du commandant Edmond BODSON du groupe ZORRO, nous apprenons que Jean-Baptiste PEILLIEN est entré dans la section punitive dirigée par Arthur DERWA, dit ZORO, le 20 août 1944, il portait le numéro de matricule 402, il s’agissait d’un prisonnier de guerre évadé. Avant la guerre, il était cultivateur, marié et père d’un fils prénommé Jean. Son nom de résistant était Ramuntcho, il s’exprimait en français et en espagnol et était milicien de la classe 33, soldat de deuxième classe au 123e Régiment d’Infanterie.

Dans un pro-justitia daté du 7 septembre 1944, le commissaire de police de GRACE-BERLEUR, Jean ROUSSELLE écrit que ce sont les nommés Willy DESWYSEN, lancier dans l’armée belge et Léon LEONARD, domiciliés tous les deux à GRACE-BERLEUR qui ont ramené dans un camion, deux cadavres fusillés par les Allemands le mercredi 6 septembre 1944 à la ferme ROBERTI à STREEL-FEXHE. Les corps ont été enterrés dans un caveau provisoire le samedi 9 septembre 1944 dans le cimetière de GRACE-BERLEUR. Les cercueils furent rendus aux familles après les hostilités. Le docteur Rausin Jean a examiné la dépouille de Jean-Baptiste Peillien. Le commandant Edmond Bodson et Hayen Jean ont reconnu le premier cadavre comme étant celui du nommé Peillien.

Le docteur Jean Rausin effectué les constatations suivantes : « Il s’agit d’un homme de 1,58 m de taille, âgé d’environ trente ans, de corpulence moyenne, les cheveux sont châtains foncés, les yeux sont bruns, plusieurs dents sont cassées suite à la fusillade, la figure est triangulaire et large. Il est probable que celle-ci soit déformée car la partie frontale gauche n’a plus de forme par suite de bris des os, très probablement à la suite de coups de crosse. Le corps et la tête ont été traversés de plusieurs balles. »

Le commissaire Rousselle n’ayant pu contacter le Procureur de Roi, a fait photographier le cadavre par un photographe particulier.

Le 16 octobre 1944, le commissaire ROUSSELLE adresse un pro-justitia au bourgmestre de FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER où il explique que PEILLIEN Jean-Baptiste dit Ramuntcho a été fusillé à la ferme ROBERTI à STREEL (FEXHE), par les Allemands, le mardi 5 septembre 1944, la dépouille a été ramenée à GRACE-BERLEUR et y enterrée le samedi 9 septembre 1944. La photographie du cadavre est jointe, elle na pas été retrouvée à l’Administration communale de FEXHE, bien que le Garde-champêtre Richard LAMBERT se souvenait d’avoir vu ce document.

À l’état civil de la commune de FEXHE-Le-HAUT-CLOCHER on peut lire que le décès de PEILLIEN Jean-Baptiste a été déclaré le 16 novembre 1944 à quatre heures de relevée. L’intéressé était cultivateur, né à Mauléon, Saule, Basses Pyrénées, France le 30 octobre 1913, y domicilié, prisonnier de guerre Français, évadé d’Allemagne, milicien de la classe 1933, ayant appartenu au 123e Régiment d’Infanterie, premier Bataillon, première compagnie, est entré le 20 avril 1944 au sixième groupe de Choc, troisième Compagnie de la Section Punitive Belge sous le nom de Ramuntcho, matricule 402, décédé à FEXHE le 7 septembre 1944 à trois heures de relevée sur déclaration de GOFFIN Guillaume, rentier âgé de 64 ans, non parent, domicilié à FEXHE et de MELON Lambert, garde champêtre auxiliaire âgé de 50 ans, non parent, domicilié à FEXHE. L’acte de décès est signé par Ernest VOYEUX, bourgmestre ff. Selon l’état civil de FEXHE, PEILLIEN serait décédé le jeudi 7 septembre 1944, le commissaire ROUSSELLE écrit qu’il a été fusillé le mardi 5 septembre 1944. Le récit des faits d’Antoine BOEKER, qui participa à l’opération, atteste que Jean-Baptiste PEILLIEN a été fusillé le mercredi 6 septembre 1944.

Le second corps sans vie est celui de LINCHET Henri, dit Alexandre photograveur, né à FLAWINNE, le 26 avril 1922 y domicilié. Edmond DETHIER d’OLEYE, était célibataire, il exerçait la profession de phosphatier, son corps brûlé dans l’incendie de la ferme de STREEL n’a pas été retrouvé, il fut porté disparu et son acte de décès ne fut transcrit à FEXHE qu’en 1952. En 1955, on ajouta la mention « Mort pour la Belgique  »

Une croix de bois, plantée au bord de la Chaussée verte, côté de l’enclos, près du bassin d’orage actuel, rappelait la mémoire de ces trois résistants. Malheureusement, suite aux travaux lors de la suppression du passage à niveau de NOVILLE qui entraîna la construction d’un pont au-dessus de la ligne de chemin de fer no 36, la croix est disparue. On pouvait y lire « En ces lieux tombèrent, le mardi 5-9-1944 : LINCHET Henri de FLAWINNE, DETHIER Edmond d’OLEYE et PEILLIEN Jean-Baptiste dit Ramuntcho prisonnier de guerre ou politique français, évadé d’Allemagne, soldats de l’AS groupe Zoro » Saluons la mémoire de ces trois résistants tombés à FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER pour nous libérer de l’oppression nazie.

Le mercredi 6 septembre, une pluie tenace arrose le village. Au quartier de la Sucrerie, la situation évolue. Les tankistes SS ont récupéré leurs forces grâce à un long repos. Ils sont maintenant réveillés et se préparent à évacuer les lieux. Vers 16 heures, l’Armée blanche a tiré plusieurs coups de fusil, ou même une rafale, comme si elle voulait intimider les soldats allemands et exiger leur reddition. Ce n’était qu’un rêve car tout le contraire se produisit. Les SS, entendant les coups de feu, se sont emparés de leurs armes et ont sorti le tank qui s’est posté au coin de la Grand’route et de la rue de Roloux, tandis que les soldats. Prenaient position à la Sucrerie, le tank fit feu plusieurs fois et notamment dans la rue de Roloux en direction de la Gare, sans occasionner des dégâts fort heureusement. L’Armée blanche, ne pouvant faire face se repliait. Dans le bruit des armes et le désordre qui ont régné à ce moment, une balle a atteint Mademoiselle PORTAL, qui habitait chez sa sœur au café LANDRAIN, situé où est installé actuellement le funérarium François. Un projectile s’est aussi logé dans le mur de la maison WERY-PAQUAY, 21 rue de ROLOUX. Le calme revenu, mademoiselle PORTAL a été retrouvée morte exsangue. La peur des représailles s’est emparée des habitants du quartier, les massacres perpétrés en France, et notamment à Oradour-Sur-Glane, avaient été largement commentés par la BBC. C’est ainsi que les habitants du quartier se sont réfugiés dans le village ROLOUX, ce fut le cas pour madame WERY et ses trois filles, d’autres ont cru trouver un abri dans la cave du voisin. Hélas, ils ont dû sortir de leur refuge, les bras levés, sous la menace des armes nazies et ont été plus qu’heureux d’entendre une fexhoise s’exprimant en allemand, plaider leur défense auprès des SS. On raconte même, côté comique de cette triste aventure, qu’une personne d’un certain âge, se réfugiant à ROLOUX, en entendant la fusillade, s’est couchée dans la rigole bordant la route, offrant ainsi sa sphéricité aux balles boches. Cet événement aurait pu se transformer en un véritable drame pour les habitants du quartier de la Sucrerie, heureusement, il n’en fut rien.

Des groupes de soldats allemands continuent à passer sur la Grand’route Liège-Hannut. Une dizaine de militaires quittent le reste de la troupe et se dirigent à travers les champs vers le fond de NOVILLE, ils progressent en se cachant derrière les meulons. Ils arrivent chez Eva RENKIN où ils demandent des vêtements civils qu’elle refuse de donner. Ils se cachent dans une étable rue de WAREMME. Finalement des habitants fournissent des vêtements à ses hommes qui étaient ukrainiens. Une femme du village leur apporte de la tarte. Ils sont ensuite conduits à FEXHE à l’ancien entrepôt du tram afin de les cacher puisqu’ils étaient déserteurs de l’armée allemande. Les portes et les fenêtres de ce bâtiment avaient été murées avec des briques. Pour y pénétrer, les Russes ukrainiens utilisent une échelle car l’accès n’est possible que par la toiture. Monsieur PIRLET dont le père exploitait une ferme sise rue de Voroux, 77, abattue maintenant, se rend compte de la présence des Russes dans l’entrepôt désaffecté. Les soldats lui font comprendre qu’ils ont faim. Ils reçoivent des repas de la ferme notamment des pommes de terre et du lard. Monsieur PIRLET leur porte la pitance quotidienne. Il doit frapper trois fois sur le mur avec une brique. Alors, les soldats descendent l’échelle pour prendre leur nourriture. Durant trois journées, monsieur PIRLET Adrien assure cette mission. Un matin, entre 7 et 8 heures, il entend des coups de feu, on aurait dit un tir de mitraillette. En observant, il voit quatre hommes qui se sauvent en direction de la maison de madame LAMPROYE. Ils prennent place dans une voiture qui descend la route qui mène à FOOZ. Monsieur PIRLET se précipite à l’entrepôt et découvre les corps sans vie des soldats russes, la face contre terre, les mains sur la tête, ils sont criblés de balles, toutes au niveau de la tête, ils portent chemise et pantalon. Il est rapidement rejoint par le Garde champêtre qui récupère les montres et les papiers d’identité. Un ouvrier communal les a enterrés sur place en recouvrant les dépouilles de chaux. La guerre terminée, la comtesse de LEXHY qui présidait la Croix rouge fit déterrer les corps pour les faire inhumer dans le cimetière de FEXHE où l’on ne retrouva jamais la moindre trace de ces inhumations. Il n’existe non plus aucune déclaration de décès à la commune de FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER. Nous pensons que les restes des corps se trouvent toujours au-delà de l’ancien dépôt communal d’immondices. Il existait d’ailleurs à cet endroit une tombe. Nous n’avons pas retrouvé à la commune de FEXHE les objets trouvés sur les corps, ces pièces disparurent au cours du temps. Aucun procès-verbal stipulant l’inhumation n’a été retrouvé. Vu les circonstances exceptionnelles, personne n’a trouvé nécessaire de régulariser cette situation.

Le jour de l’exécution des Russes ukrainiens, vers 17 heures un motocycliste américain est passé rue de Voroux.

Selon une information de l’Armée secrète, les dix prisonniers russes qui portaient l’uniforme allemand ont été exécutés par les hommes du groupe LYCOPS, il s’agissait bien de Russes ukrainiens enrôlés dans l’armée ennemie.

Félix BORSU parle de six Russes, il explique que l’ouvrier communal qui enterra les Ukrainiens s’appelait Belotte, il est peu probable que les corps furent exhumés. Après la guerre on n’aimait pas beaucoup de parler de cette exécution. LYCOPS n’était pas l’unique exécuteur, il était accompagné de deux autres dont je n’ai pas a révélé les noms. Bien avant d’entendre Félix Borsu, j’avais rencontré une personne qui avait participé à l’exécution, elle a refusé que je révèle son nom mais à bien voulu me décrire comment ils tuèrent ces jeunes Ukrainiens. Je crois que cet épisode tragique a laissé des traces dans la conscience de ceux qui participèrent à cette exécution.

Nous apprenons la présence de troupes américaines à l’approche de SAINT-TROND. Deux groupes de Résistants sont signalés l’un à Velroux, l’autre à Momalle.

Libération[modifier | modifier le code]

À Voroux, un camion ennemi s’arrête rue de la Gare, le véhicule est immobilisé en face du numéro 15, pour raison de crevaison. Les Allemands ont repéré un garagiste installé au début de la rue. François DANS qui est jeune mécanicien dans le garage est réquisitionné pour réparer la chambre à air. Soudain des bruits d’avion se font entendre, des Thunderbolts survolent la rue, les Allemands se sauvent pour se protéger. Les pilotes ont repéré le véhicule, lors d’un second passage un avion ouvre le feu puis s’éloigne. Lors d’un troisième passage, les avions mitraillent, des projectiles atteignent le véhicule qui prend feu, les soldats allemands sont disparus, François Dans se sauve, il se réfugie chez sa tante à VELROUX. Des habitants du village éteignent le début d’incendie et ce faisant, ils constatent que le véhicule est chargé d’une cargaison bien intéressante : champagne, cognac. Sans hésiter, ils s’emparent des délicieux breuvages, sans doute pour fêter la libération toute proche. Mais soudain, les soldats allemands reviennent et reprennent possession du véhicule qu’ils déplacent rue de la Chapelle afin de mieux se protéger de l’aviation. Les boches ne sont intéressés que par le chargement qu’ils veulent récupérer. Hélas plus de champagne, plus de cognac ! Les Schleus mènent rapidement une enquête et les Voroutois qui ont emporté des bouteilles doivent les rendre. Les boches sont furieux, ils emmènent trois otages, Louis DANS, Marcel LONCELLE et Maurice FRANKINET qui sont embarqués pour la Citadelle à Liège. Tandis que le camion roule lentement rue de Bruxelles, les Voroutois sautent du véhicule, ils sont recueillis par des habitants de la rue Saint Séverin qui les cachent.

Elisabeth, la sœur de François DANS, rejoint à vélo son frère à VELROUX pour l’informer qu’il n’y avait plus d’Allemand à VOROUX. François est rassuré d’autant plus qu’il a vu des Américains à VELROUX. Il saisit le vélo de sa sœur qu’il embarque sur le porte-bagage et descend vers VOROUX en criant « Les Américains sont à VELROUX » Son enthousiasme fut rapidement étouffé, en débouchant sur la place à VOROUX il voit des Allemands qui quittent les lieux précipitamment.

Un tireur du groupe LYCOPS est posté dans une étable de la ferme DODION à FRELOUX, il attend deux SS qui viennent à pied de MOMALLE. Lorsque les deux Allemands qui portent des vêtements civils, sont à portée d’arme, le tireur ouvre le feu, les deux ennemis tombent sous les balles, les corps seront cachés à la ferme REGINSTER. Cette opération a été dirigée par le commandant MARTENS Joseph, dit Jean-Louis qui fut instituteur à Velroux.

La journée du jeudi 7 septembre débute dans la grisaille, le ciel est bas et le vent charrie de lourds nuages. Dès l’après-midi, le long défilé des libérateurs s’amorce sur la chaussée verte. Les habitants accourent pour voir passer les colonnes de camions à l’étoile blanche, on découvre les fameuses Jeeps, les véhicules blindés. Les GI sont applaudis, on crie, on commente, on rit, on pleure, une joie indescriptible éclate, des petits drapeaux belges sont ressortis et agités au passage des soldats qui dans un premier temps sont surpris de se voir assaillis par cette meute en liesse mais, rapidement, des échanges se font, des bouquets de fleurs sont accrochés aux véhicules, des GI offrent des cigarettes, chewing-gum, chocolat. On commence à entendre fredonner « It’s a long way to Tipperary » On respire ! C’est enfin fini ! Ou presque…..

Le 13 septembre 1944, le premier train d’après la libération passe en gare de FEXHE.

En octobre, les vrombissements étranges des V1 sèment la panique dans la population. L’arme secrète du Führer existe réellement, des fusées autoguidées, dont l’arrière crache une flamme rouge traversent le ciel. Leur comportement est inattendu, subitement le moteur s’arrête, dès lors l’engin peut changer de cap, ou poursuivre sa course un moment pour finalement capoter.

Un V1 est tombé près de la pharmacie BOLLE à Fexhe, un autre finissait sa course dans un pré, rue de la Gare à Voroux, madame DECERF a été blessée, un troisième s’écrasait près des Quatre chemins à FEXHE, un quatrième explose près de la gendarmerie. La maison de la famille COUNE HALIN est à nouveau sinistrée, une partie de la toiture est arrachée et les vitres des fenêtres sont brisées. Victor COUNE n’arrêtait plus de réparer sa maison. Bientôt, un nouvel engin destructeur apparaît, le V2 qui vole lors de sa chute plus vite que le son, une véritable psychose de cette arme infernale sévit dans la population car on ne l’entend qu’au moment où il explose. C’est la préfiguration des fusées spatiales, le V 2 montait à 120 km et tombait à une vitesse de 3 500 km/h, ce qui le rendait indétectable et indestructible à cette époque.

Le samedi 16 décembre à 5h30 Hitler déclenche la bataille des Ardennes et c’est à Noël que l’offensive allemande est bloquée le long de l’Amblève.

Références[modifier | modifier le code]

Un grand merci à toutes les personnes qui ont bien voulu m’aider dans ce travail, soit en acceptant l’interview ; soit en me fournissant des documents photographiques. THOMAS François, avec la collaboration de l’abbé NAVEAU, de mesdames LAMISSE Yvonne, REGIMONT Monique, PAQUAY Marie-Thérèse, de messieurs LAMBERT Richard, PIRLET Adrien, JEROME Charles, PIERRE Louis ancien Secrétaire communal, MOES Yvan ancien Bourgmestre, DERWA Arthur, Roger BRANS, DANS François, HUBERT Octave, LANDENNE Louis., ancien Garde champêtre. Des informations ont été recueillies dans Hannut Waremme dans la tourmente de la 2e guerre mondiale de Florent-Pierre ISTA.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994 (lire en ligne), p. 105.
  2. La Nouvelle Entente Communale était un cartel entre l'Entente communale (CDH) de Jean-Marie Colette et le MR de Henri Christophe.
  3. Organisation participation active, dissidence du PS