Crisnée

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Crisnée
La maison communale
La maison communale
Blason de Crisnée
Héraldique
Drapeau de Crisnée
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Arrondissement Waremme
Bourgmestre Philippe GOFFIN (MR)
Majorité Maïeur
Sièges
Maïeur - Plurielle
8-5
Section Code postal
Crisnée
Fize-le-Marsal
Kemexhe
Odeur
Thys
4367
4367
4367
4367
4367
Code INS 64021
Zone téléphonique 04 et 019
Démographie
Gentilé Crisnéen(ne)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
3 094 (1er janvier 2014)
48,51 %
51,49 %
184 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
22,02 %
63,11 %
14,87 %
Étrangers 2,82 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 8,83 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 15 046 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 43′ N 5° 23′ E / 50.717, 5.38350° 43′ Nord 5° 23′ Est / 50.717, 5.383  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
16,83 km2 (2005)
85,21 %
0,37 %
13,83 %
0,59 %
Localisation
Situation de la commune dans l’arrondissement de Waremme et la province de Liège
Situation de la commune dans l’arrondissement de Waremme et la province de Liège

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Crisnée
Liens
Site officiel crisnee.be
L'église.

Crisnée [kʁisne][1] (en wallon Crusnêye) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège.

Géographie[modifier | modifier le code]

Crisnée n'est pas, comme tant d'autres villages, implanté au carrefour de deux chemins, ou allongé interminablement le long d'une route, ou encore dispersé en poussières de hameaux. Trois chemins, venant de Kemexhe, Fize-le-Marsal et Oreye descendent de la grand-route et se rejoignent au "Crucifix"; les trois autres, venant de Thys, Lowaige et Odeur, se rencontrent au "Pont"; et ces six voies ramassées en deux axes convergent vers le centre du village : "so l' vêye". Sur la Ville, sur la place de l'église au seuil de laquelle l'altitude est de 117,81 mètres. De cet endroit, vous êtes à 16 km de Liège, chef-lieu de province et d'arrondissement judiciaire ; à 11 km de Waremme, chef-lieu d'arrondissement administratif, et à moins de deux heures de marche de Tongres : excellente situation au centre de ces trois pôles d'attraction.

Crisnée n'a pas de véritables et nettes frontières naturelles. Grosso modo, on peut dire cependant quelles sont ses limites géographiques. Du sud à l'ouest: la grand-route (li pavêye...qui est macadamisée) que longeaient les trams vicinaux et électriques et que parcourent les autobus, une artère qui a perdu de l'importance depuis la mise en service de la proche autoroute E 40. Du sud à l'est s'étend la Chaussée-Verte (li Tchâssîe) qui, menant d'Amay à Tongres, nous sépare plus ou moins d'Odeur. Enfin, l'ancienne route de Liège à Saint-Trond (li vôye di Sint-Trond), appelée jadis "Voie Royale", qui passe au nord de la localité.

Le territoire de Crisnée, d'une superficie de 280 hectares, est aux marches de la Wallonie car il est contigu aux flandriennes communes limbourgeoises de Lowaige (Lauw) et de Herstappe. Crisnée confine à quatre autres villages: Odeur, Kemexhe, Fize-le-Marsal et Thys, avec lesquels il forme, depuis la fusion du 1er janvier 1965, l'entité Crisnée qui s'étend sur 1.674 hectares où vit une population de 2 906 habitants. (fin déc.1988)

Le point culminant du village, à environ 134 mètres d'altitude, se trouve à l'extrême nord-est, près de la "Tombe"(dite de Herstappe, et qui se trouve en fait sur le territoire de Lowaige), et du haut de laquelle, on aperçoit un quarteron de clochers, les tours de la Basilique Notre-Dame de Tongres et, par temps clair, les terrils des charbonnages de la Campine, sans préjudice de ceux de la région liégeoise. Crisnée, Ce sont aussi ses "rouâs" (anciens ruisseaux), ses "pazês" (anciens sentiers) et ses "havêyes" (chemins creux). C'est l'église, et les "cinses" (fermes), et les maisons, mais surtout ses habitants, Crisnéennes et Crisnéens. (CHR)

Localités[modifier | modifier le code]

L'entité est constituée de Crisnée, Fize-le-Marsal, Kemexhe, Odeur (village) et Thys.

Histoire[modifier | modifier le code]

En résumé[modifier | modifier le code]

Sur Internet, le site de la commune de Crisnée (http://crisnee.be/temps-libre/histoire-de-crisnee) ; vous lirez l'historique qui lui est consacré et complété jour après jour.

L'entité est née de Crisnée, Fize-le-Marsal, Kemexhe, Odeur et Thys (ordre alphabétique) ; cinq villages que des siècles d'avatars communs ont souvent divisés, parfois opposés et enfin rapprochés jusqu'à leur fusion le 1er janvier 1965.

De la préhistoire locale, on ne sait rien. Des traces de Néandertaliens trouvées récemment ici et là font penser qu'il en résidait dans notre région il y a environ 100 000 ans. Une villa romaine, découverte en 1935 dans la campagne de Crisnée par le doyen Fréson de Villers, situerait là, selon Eugène Dethier de Kemexhe, l'antique Atuatuca.

Remarquable, la commune est ceinturée de tumulus qui, à l'époque de leur érection, avaient dit-on la raison stratégique de s'entr'apercevoir: il s'agit de ceux de Herstappe, d'Otrange, de Fize-le-Marsal, de Noville et de Lamine, peut-être aussi celui d'Othée.

Saint Materne, évêque de Tongres, et ses successeurs apportent l'évangélisation dès avant le Ve siècle, ils instituent nos paroisses avec chacune sa chapelle et une masure-presbytère. Passent les Vandales, Huns et Normands. Sous le Prince-évêque Notger, Kemexhe est l'église-mère de Thys; de Fize-le-Marsal dépendaient les curés de Crisnée et d'Otrange ; Odeur relevait d'Othée. Tous devaient chaque année, le mardi de la Pentecôte, en procession et grande solennité, porter la redevance paroissiale au chanoine-costre de Tongres. Des cent curés qui depuis lors se sont dévoués chez nous, on épinglera les services remarqués des RRdd. Bouket à Thys, Thisquen à Odeur, Schyns à Kemexhe, Coopmans à Crisnée et Thonon à Fize-le-Marsal. Aujourd'hui, succédant au Rd Gilissen et à l'abbé Lambotte, le curé Heinz Schneider administre les dix paroisses des entités Oreye et Crisnée.

Vers 1300 à Kemexhe, les nobles Beaurieu (burelé d'argent et d'azur de dix pièces au lion de gueules sur tout) et les Pénilh (au lion d'or) s'entre-tuaient au service des Awans et Waroux ; Thys avait son château de Louis, écuyer, seigneur de Thys et de Wotrenge, le "singneur d'Odoir" résidait à Villers-l'Évêque ; Fize-le-Marsal avait ses échevins, et Crisnée son seigneur à l'écu "d'argent à cinq fusées de gueules, accolées en fasce, au franc-quartier d'or au sautoir de gueules", promu depuis quelques années au rang d'armoiries de la commune de Crisnée.

Parmi les guerres innombrables, on mettra en exergue les évènements du XVIIe siècle, dit "Siècle des malheurs", quand la commune et ses habitants subirent les dégâts collatéraux, conséquences de l'occupation des armées françaises-18 ; cinq militaires, dont trois de Thys, furent victimes de la guerre 1940-44.

Dans nos villages, le passage d'occupants était sporadique car il y était attaqué : "Qui entre en Hesbain est combattu l'endemain" par exemple, la dernière fois par les résistants des Groupes Otarie et Zorro de l'Armée Secrète. Les villages de la future entité échappèrent par miracle aux représailles nazies même après l'affrontement de Thys en avril 1944, après la grange incendiée à Fize-le-Marsal où s'étaient réfugiés des résistants, lors de la prise d'otages à Kemexhe à la veille de la libération et le suicide accidentel à Crisnée d'un jeune soldat allemand en pleine retraite. Des deux chutes de robots V1, l'une occasionna quelques blessés et des dégâts à Crisnée, mais l'autre affecta plus sérieusement le centre de Fize où un G.I. se sacrifia pour sauver la vie d'un garçonnet.

Les bourgmestres démocratiquement élus conservèrent leur écharpe durant les hostilités sauf à Crisnée où Jules Jacquemotte fut désigné en remplacement d'Émile Denomerenge et à Kemexhe où Oscar Driesmans fut limogé au bénéfice de Lucien Dechamps, les déchus n'ayant aucunement démérité ni les nouveaux venus collaboré d'aucune façon. À l'époque, le maïorat était assuré soit par un fermier, tels Defalle puis Prosmans à Thys, Royer à Fize-le-Marsal et Leduc à Odeur, soit par un tenant de la gauche comme Panis puis Gilon à Crisnée, Daniels à Kemexhe.

Après 1960, on dut convertir à l'idée de fusion les édiles des anciens villages de Crestegneis, Tyl, Fies, Odoir et Comegh, tous farouchement attachés à l'indépendance de leur territoire. Au-delà des rivalités de personnes et des antagonismes sportifs, les oppositions invoquèrent divers arguments d'incompatibilité telles que différences d'infrastructure, de caractères et de modes de vie des habitants, des lacunes vicinales et budgétaires communales et, last but not least, une forte aversion pour tel voisin. Ainsi raisonnait-on alors. Heureusement, on transcenda les anciens spots qui brocardaient réciproquement les autres et s'accordèrent enfin les mocrês di Cruch'gnêye, lès vês di Fîze, les platês di K'mèh', les tchèts d' Thys, et les flaheûs d'Odeur.

La fusion, une des premières du pays, aboutit dans nos villages où l'éclairage électrique datait seulement de 1929 et la distribution d'eau alimentaire de 1953. La sagesse l'emportant sur toutes les susceptibilités, les édiles choisirent à l'unanimité de baptiser "Crisnée" la nouvelle entité et, pour une question d'hectomètres, d'y installer le centre administratif. La composition des conseils communaux d'après guerre demeurée longtemps politiquement stable et généralement conservatrice changea d'allure dès l'heure de la fusion. Seule ou en alliance avec la liste I.C., la gauche prit aussitôt le pouvoir sous les bourgmestres Daniels de Kemexhe, Jean Stassart de Fize-le-Marsal, puis Joseph Vanmal de Kemexhe encore. Les élections du 8 octobre 2000 ont bouleversé la donne : la majorité PRL-EPC est conduite par un bourgmestre libéral, Philippe Goffin, de Kemexhe, aux dépens de l'opposition P.S.

Pour éclairer l'histoire de l'entité, des documents peuvent être consultés aux Archives de l'État à Cointe, à la Bibliothèque Chiroux ainsi qu'à l'Évêché de Liège. En outre, plusieurs ex-citoyens de Crisnée ont publié le fruit de leurs recherches. Jules Herbillon avait consacré à chaque village un fascicule de Toponymie. Eugène Dethier, chercheur et écrivain de Kemexhe, dans son essai "2000 ans de vie en Hesbaye, d'Atuatuca à l'E3" a esquissé une histoire de la région et de son village. Deux Thysois, feu Joseph Fraipont et Louis Tihon ont respectivement rassemblé des notes historiques sur l'ancien village de Thys et traduit des textes anciens allant du XIIe siècle à l'indépendance de 1830. Pour sa part, J.C. Vanhove a réuni une inestimable collection de 440 photos qui rappellent la vie d'antan à Thys. Enfin, depuis 1986, Louis Marneffe a consacré ses loisirs à écrire la monographie des cinq villages en autant de « Chroniques des gens et des choses ». Tous ces ouvrages constituent une synergie que les curieux du patrimoine local crisnéen peuvent consulter à la Bibliothèque communale et à la Bibliothèque Chiroux à Liège. (CHR.LM)

Armoiries[modifier | modifier le code]

Ses armoiries qui personnalisent le sceau communal et les documents officiels de l'Administration, on les doit à un Liégeois, feu Paul de Borman, qui fit paraître en mai-juin 1985 dans le Bulletin de l'Office généalogique et héraldique de Belgique une étude sur la pierre tombale du seigneur de Crisnée, Jean le Vilhain, pierre découverte lors de la démolition en 1983 d'un autel latéral dans la vieille église de Tohogne (Durbuy). En héraldique, elles se lisent : "D'argent à cinq fusées de gueules, accolées en fasce, au franc-quartier d'or au sautoir de gueules". Ce quartier est celui de Bertheline, fille de Jacques de Crisgnée, élu bourgmestre de Liège en 1485, époux de Bertheline de Boubais, fille de Gilles, voué de Huy. ( Ces armoiries ont été adoptées par l'entité Crisnée à la suite des recherches du chroniqueur local. (CHR)

La vouerie de Crisnée[modifier | modifier le code]

Le lignage de Lexhy dit de Crisgnée "de vair à la croix de gueules" (Extrait de Le Fort, par P.de Borman.)

1. Henri de Lexhy dit de Crisgnée, chevalier, voué de Crisgnée, troisième fils de Hugues de Lexhy, chevalier.

2. Eustache de Crisgnée, chevalier, fils de Henri.

3. Guillaume de Crisgnée, fils d'Eustache, voué de Crisgnée, époux de Nicolas de Hemptinne.

4. Eustache de Crisgnée, fils de Guillaume, échevin de Liège, voué de Crisgnée. Mort en 1334. Gît aux Frères Mineurs, à Liège. Il épousa Ide de Velroux, de la famille de Velroux, fille de Jean de Velroux dit Mostard, bourgmestre de Liège en 1309. Ide vivait encore en viduité en 1350.

5. Jean, fils d'Eustache de Crisgnée, écuyer, voué de Crisgnée bourgmestre de la cité de Liège en 1370. Loyens le nomme "noble damoiseau Jean de Crissegnée, dit le Moine, écuyer, maître de la cité en 1370". Le même blasonne de vair à la croix de gueules comme de Hemricourt dans le Miroir... Il meurt en 1375 et gît aux Val Notre-Dame lez Moha. Sa femme était Aigletine (Hemricourt), alias Engletine (LF) tout simplement Elisabeth (Loyens) de Scarpenberg,aujourd' hui Scherpenberg, près de Tongres.

Note. Le frère de Jean, Guillaume de Crisgnée, mort le 25 novembre 1399, gît à Crisgnée, près de sa femme Marie de Hannut dit Delle Porte, morte le 5 juin 1379, fille de Guillaume, voué de Fologne.

6. Jean de Crisgnée, écuyer, voué de Crisgnée, fils de Jean qui précède, vivait en 1397, époux de Cath.de Pas de Wonck.Il s'agit ici d'une première race du nom de Crisgnée (cri: Lexhy).

Une seconde race, très répandue, serait issue de Henri de Brialmont (fin du XIVe siècle) et d'Yde de Crisgnée remariée à Willem de Rouveroy, puis Lambert Delle Vaux. Cette dernière pourrait être de la première race. Cette seconde race portait "d'argent à cinq fusées de gueules accolées en fasce, au franc-quartier d'or au sautoir de gueules". (XVe-XVIIIe) (HER)

Crisnée dans l'Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du village est celle de la vie quotidienne de ses habitants au long des siècles ; elle se fond dans l'histoire générale de l'humanité tout comme elle est liée avec les destinées, au cours du temps, de l'Occident et de notre région. "Depuis quand Crisnée existe-t-il?" Réponse impossible, même approximative. Attribuer une date à un fait du passé signifierait que le village y préexistait et que ses surcéants, même n'aynt laissé aucune trace de leur existence, vivaient en ce lieu lequel, de surcroît, portait peut-être un autre nom.

Au temps des Néandertaliens[modifier | modifier le code]

On ne trouve aucune ancienne grotte dans l'entité ; Est-ce à dire que la région était déserte ? Qui oserait affirmer qu'il ne vivait pas dans notre région il y a 100 000 ans une tribu parente de cet enfant de 10-12 ans dont on a trouvé à Sclayn (Andenne) une mâchoire et des dents ? (www.scladina.be)

"2000 ans de vie en Hesbaye" du chercheur kemexhois Eugène DETHIER (1976) recèle une mine précieuse, de renseignements au village et aux coutumes de ses habitants de l'époque romaine jusqu'à ce jour. Ce travail, basé sur "les documents authentiques et matériaux sérieux puisés dans les archives et bibliothèques", conduit l'auteur "à redresser quelques erreurs et fantaisies répétées dans l'Histoire officielle, à remettre un peu d'ordre dans certain fatras d'incongruités proposées par certains historiens désinvoltes". (ED)

L'évangélisation[modifier | modifier le code]

Selon Jean d'Outremeuse, les localités de Waremme, Pousset, Bleret, Oleye, Fooz, Bierset, Kemexhe, Slins, Fexhe-le-Haut-Clocher, Glons, Othée, Roclenge, Bassenge, Boirs,... auraient été fondées en l'an 124 par saint Materne, premier évêque de Tongres... Le chroniqueur ne cite pas Crisnée mais il est vraisemblable que ce grand missionnaire soit aussi passé par ici qui n'était pas fort peuplé mais qui devait déjà exister et se trouvait sur son chemin.

Histoire légendaire[modifier | modifier le code]

D'après Jean d'Outremeuse, Crisnée, comme Odeur et Kemexhe, aurait été fondé en l'an 77 par CORNULO, roi de Tongres ; ou en l'an 581, par LOTRINGE, autre roi de Tongres.

Les Romains[modifier | modifier le code]

L'histoire préhistorique de Crisnée se termine en 57 av. J.-C. avec l'arrivée du général romain César qui se heurte aux tribus belges, donc aux Eburons commandés par Ambiorix et Catuvolcus. Les Crisnéens d'Eburonie, paisibles agriculteurs, voient avec curiosité et admiration[réf. nécessaire] défiler chez eux - par leurs étroits chemins de terre - les cohortes romaines en direction de Tongres. Trois ou quatre ans plus tard, ils assisteront à la révolte contre Rome et l'année suivante subiront la vengeance de Jules César.

Débute l'occupation romaine : construction des fortifications de Tongres ; l'installation du camp d'ATUATUCA, en pleine campagne, sur l'actuel lieu-dit "la grande Place" à Crisnée, à l'endroit approximatif où en 1935 le Doyen Fréson de Villers-l'Évêque découvrira les vestiges d'une villa gallo-romaine, à deux pas d'Odeur ! Eugène DETHIER qui a étudié "De Bello Gallico", mémoires de guerre de César, réfute l'opinion d'auteurs situant Atuatuca à Tongres, Embourg, Gembloux ou Aix-la-Chapelle. ATUATUCA n'était ni un oppidum, ni un camp retranché, mais un castellum ou simple position fortifiée mais idéalement située au centre du quadrilatère formé par les tumulus de Lamine, Fize, Oreye (Otrange) et Herstappe, et à proximité du nœud routier de Kemexhe, carrefour d'où partaient cinq chemins vers les grandes destinations de l'époque, dont la rue appelée naguère la "Voye des Rominnes"... Odeur est tout près de tout ça. Dès lors, pendant des siècles d'occupation, tous les Crisnéens, inévitablement en contact avec les soldats romains vont profiter de cette proximité et de leur fréquentation pour apprendre une autre civilisation, d'autres habitudes et le latin, base de notre futur wallon, et plus tard du français.

Les Vandales[modifier | modifier le code]

Conséquence du déclin des occupants, les Vandales débordent en 406 les défenses romaines du Nord (affaiblies puisque plusieurs légions ont été rappelées à Rome menacée par les Wisigoths), déferlent sur nos campagnes (Tongres toujours et ses environs) et saccagent tout sur leur passage. Ils iront loin et s'établiront finalement en Espagne où ils fonderont la "Vandalousie", l'actuelle Andalousie.

Les Francs[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux Huns, les Francs vont conquérir le pays plus pacifiquement et pendant plus longtemps. Au sud de la ligne Tournai-Tongres, ils adoptent la langue et les usages des Gallo-Romains: c'est de cette époque que daterait l'actuelle frontière linguistique. Des contacts fréquents et amicaux avec eux, notre wallon s'enrichit de nombreux mots et expressions que nous utilisons encore : hiner, hèrer, stitchi, spritchl al copète, piète sès hozètes, plat'ké ... Nous leur devons aussi notre nom de "Wallons", mot dérivé de "Walen" par lequel ils désignaient les Gaulois. Des mariages ont dû sceller cette cohabitation après que l'union se fit contre le péril commun qui les menaçait.

Les Huns[modifier | modifier le code]

D'après Jean d'Outremeuse (tome B), Thys comme les villages voisins aurait été détruit par les Huns d'Attila - dit le Fléau de Dieu - vers les années 450; ces bandes sauvages qui incendient, violent, massacrent et pillent. Et si l'on parle de pillage, c'est que notre agglomération d, même modeste, en valait alors déjà la peine ! Les Huns ne font heureusement que passer. Plus tar, sous le règne de Clovis, le pouvoir est dans notre région aux mains de Boident (Baudouin?), neveu de Clovis, premier comte de Tongres et marquis de Hesbaye, qui décide de rebâtir les localités détruites par les Huns " (E.D.)

Les Normands[modifier | modifier le code]

Les incursions des Normands en Belgique s'étalent de 856 à 901. Dès 881, ils s'attaquent lrd contrées hesbignonnes et leurs riches campagnes. Venant de Norvège, Suède, Danemark, ils remontent la Meuse en été dans leurs drakkars et sévissent dans les villes et villages, parfois loin de leur site d'amarrage. C'est surtout vers 884 que Maastricht, Tongres, Visé, Herstal et environs sont ravagés, pillés. Le Prince-Évêque Francon, allié à Arnould de Carinthie, battit les Vikings à Louvain en 891. Une fois de plus, Crisnée n'aurait pas échappé à une autre destruction. C'est peut-être de ce temps-là que notre village se développa sur son site actuel.

La féodalité[modifier | modifier le code]

Après moult péripéties, guerres, traités, alliances et héritages, nos villages - dont Odeur - se retrouvent aux environs de l'an 1000 faisant partie de la Principauté de Liège, comté de Looz, administrée par un Prince-Évêque (à l'époque, NOTGER), lui-même vassal de l'empereur d'Allemagne. Une époque difficile, arriérée même. Le fer est devenu un métal très rare, et les outils sont faits de bois et d'os d'animaux. On ne répètera pas ici les notions apprises à l'école primaire à propos des châteaux-forts, des amusements des seigneurs (chasses et tournois), des serfs "taillables et corvéables à merci". Odeur et les villages de l'entité Crisnée avaient leur seigneur. (ED)

La "Paix de Fexhe"[modifier | modifier le code]

Pour le village d'Odeur et ses voisins, c'est l'époque des avoués, des seigneurs. Par la "Paix de Fexhe", en 1316, les Métiers sont arrivés à partager le pouvoir avec le Clergé et la Noblesse. Dorénavant, les villages ont pu nommer un maïeur. Officiellement, le châtelain devrait aider les plus déshérités par une sorte de Bureau des Pauvres, quand il y pense. Les gens du village (ils sont moins de 200) vivent dans les maisons en torchis de deux pièces avec toit de chaume, les vitres n'existent pas. On s'éclaire, le moins souvent possible, à la chandelle, un coffre en guise d'armoire, un tréteau pour table, des escabeaux sont sièges, une botte de paille fait matelas. Pas de poêle, parfois une cheminée à feu ouvert. On s'habille de bure, on se chausse de sandales en écorce et les mieux lotis de sabots. On se soigne de tisanes et remèdes improvisés. Le salaire des serfs, travailleurs de la terre, est maigre, qui utilisent la charrue avec soc en fer, la herse en bois et le rouleau de même. Le dimanche est le seul jour de repos et la pratique religieuse obligatoire. L'instruction n'existe pas; à part les gens d'Église, les villageois sont illettrés pour la plupart. Mais le seigneur d'Odeur a sa brasserie.., et des clients sans doute qui, lorsqu'ils ont abusé de la cervoise, en viennent aux mains, ou plutôt à coups de "warko" ou "mèspl", rixes qui entraînent quelquefois mort d'homme...! Après la Paix de Fexhe, c'en est terminé de la Justice expéditive et des jugements de Dieu chez le seigneur. (ED)

Awans et Waroux[modifier | modifier le code]

On sait le prétexte de cette guerre atroce qui dura quarante ans et causa 30 000 victimes. la jeune Adèle, riche orpheline d'Awans promise à un ami du seigneur de ce lieu, est enlevée par Hanechon, cousin du seigneur de Waroux. Bien que l'avoué d'Awans s'oppose au mariage, le sire de Waroux fait célébrer les noces. Dès le lendemain, le seigneur d'Awans, offensé, envoie Jean Brons de Fooz pour demander réparation de cette injure. Refus de Warouxet les Awans se mettent aussitôt à ravager les terres de Waroux, à brûler ses moulins et ses brasseries. Chaque parti recrute des alliés, les seigneurs voisins prenant fait et cause pour l'un ou l'autre parti selon leurs sympathies ou leurs intérêts, si bien que les escarmouches dégénèrent en vraies batailles. Jusqu'en 1335. Comme les autres villageois des environs, les Odeurois ont été embrigadés et subir les contrecoups.(HER) (ED)

Les Bourguignons[modifier | modifier le code]

En 1409, Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, appelé au secours du Prince-Evêque chassé par les Métiers de Liège, écrase ces derniers à Othée, et la Principauté devient une sorte de Protectorat bourguignon. Les Liégeois remettent ça en 1467 contre le duc Charles le Téméraire et sont encore battus, cette fois à Brustem. Le Duc revient à Liège l'année suivante avec son prisonnier le roi de France qui avait comploté en secret avec les Liégeois. C'est alors qu'a lieu l'épisode dit des "600 Franchimontois" (qui étaient moins de 600 et plutôt Hesbignons!) avec l'issue qu'on connaît. Louis XI dut assister au sac de la ville.

Après Liège, c'est la Hesbaye et les Hesbignons qui en pâtirent, qui furent pillés et ravagés sans pitié. Le Duc qui campait à Lowaige alla ensuite camper à Momalle dans le but de protéger le Prince-Évêque qui s'était réfugié au château de Fooz. Au passage, les troupes du Téméraire rasèrent le château de Crisnée et quelques autres. (ED)

Cas de sorcellerie[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, des affaires de sorcellerie troublent tout l'Occident, et Odeur comme les villages voisins. En 1581, Marie Bertrand, ayant avoué que depuis vingt ans elle a dansé XIII fois en cortil de la chalcie stessantte entre Odeur et Chrissengnée, sera exécutée aux confins de Crisnée et de Kemexhe, au lieu dit « Batch' dès Macrales ». Elle avait reconnu sous la torture avoir dansé avec Barbe Larsée, fille de la sage-femme d'Odeur, exécutée pour vaudoise quatre ou cinq ans auparavant; de même, elle dénonçait feu Clémence Tempier de Crisnée, Maroie, fille de ladite Clémence et la jeune Cécile. Témoin privilégié, le vesty de Crisnée, Jean Denis - curé de 1561 à 1579) - prétendait être devenu impotent des jambes par attouchement de la sorcière Clémence. De son côté, le vice-curé Gilles Piron - 581 à 1586) - devenu invalide des bras et des jambes par l'haleine de la sorcière, témoigné avoir été guéri à l'intervention d'icelle ! (C.J) En 1611, deux autres sorcières sont condamnées à mort. Le 5 juillet, c'est Martine, veuve de Gielet Pasque qui dénonce Gelette d'Odeur, la veuve de Godfrin de Herstappe, Govienne, la fille de feu François Havea, Isabea dite Sabikenne, la femme de Bertrand le berger, Marguerite de Fize aussi. Le 16 aoust, Agnès Gouverne (ou Govienne) est à son tour condamnée après avoir dénoncé Alide, la sœur de Martine, veuve de feu Libert Pasque, et exécutée pour sorcellerie (d'après Jules Herbillon, Toponymie de Kemexhe). La Libre Belgique du 20 février 1949, en page 4, rapporta les apparitions d'un fantôme à l'Abreuvoir aux Sorcières à Crisnée. Une ronde de gendarmes mit rapidement un terme aux déambulations nocturnes de ce plaisantin anachronique. Ce fameux Batch dès Macrales en forme d'auge a disparu lors de l'aménagement de la Chaussée-verte. Simple enfouissement par un ignorant pilote de bulldozer, ou détournement subreptice de ce monument non classé ? Depuis lors, il ne se manifeste plus là ni faits inexplicables, ni apparitions troublantes. On a beaucoup construit dans le quartier. (HER) (CHR.LM)

La Révolution[modifier | modifier le code]

"1789 a suscité en Belgique, principalement en Brabant et dans la Principauté de Liège, un mouvement de révolte contre l'ordre établi par les puissants et un désir de changement." Les heurs et malheurs résultant de la Révolution et les manifestations révolutionnaires des Liégeois, citadins et campagnards. Alors que Napoleone Buonaparte venait de piller et razzier l'Égypte, le Directoire, mis en appétit, envoya, par la plume de Carnot, ses instructions à Jourdan, le vainqueur de Fleurus : "En Belgique prenez tout, il faut vider le pays !" (ED)

Le territoire belge sera divisé en 9 départements coïncidant à peu près avec les limites de nos 9 "anciennes" provinces et que Odeur fera désormais partie du Département de l'Ourthe, divisé en 36 cantons notre canton de Hollogne-aux-Pierres comptant 17 communes. "Le fonctionnement de la justice est réorganisé. Une police représentée dans nos campagnes par la gendarmerie à cheval "lès Poyous bonèts" est chargée de faire respecter l'ordre et la sécurité de tous les habitants. Dans l'Administration, le nouveau calendrier républicain est de rigueur pour les actes officiels. Les gens détestant ces complications ne prétendront jamais vivre leur mois en quatre décades et appeler leurs jours primidi, octidi ou décadi... préférant conserver leur honnête année de douze mois et leur semaine de sept jours avec le repos du dimanche." (ED)

Poids et mesures. .Officiellement, on va devoir utiliser le nouveau système métrique et cette mesure-là est excellente, mieux, indispensable. En principe, c'en est fini de mesurer le tissu en aune, l'aune variant selon la longueur de l'avant-bras de l'acheteur; d'estimer les longueurs en pieds (de Saint-Lambert, ou en pas, de peser en livres qui s'allongent ou rétrécissent suivant le lieu où l'on mesure et pèse. En capacités pour les liquides, la cruche vaut 141/4 pots, la tonne 90 pots et l'aime 120 pots. Pour mesurer les céréales, on connaît le muid, le setier (voir la page "Memento du censier"). Le centiare, l'are et l'hectare devraient remplacer la verge. Mais partout, presque partout, la réforme sera sabotée par des réactionnaires, ou se heurtera à une résistance plutôt passive, mais, cent cinquante ans après, jusqu'avant la dernière guerre, les anciennes mesures étaient encore vivaces avec setiers, verges, bonniers. (ED)

L'habillement. Tous les hommes portent le sarrau bleu, plat et sans plis, qui descend jusqu'aux genoux une veste de laine grise, des bas de laine, une culotte de toile ou de coton, mais le pantalon n'est plus exceptionnel. Le chapeau rond est à la mode. On porte un mouchoir blanc ou de couleur comme cravate. Les souliers forts et les sabots sont la chaussure habituelle pour les travaux dans les écuries et autres travaux agricole; mais pour les dimanches, on porte des souliers, plus ou moins fins, selon l'état de fortune... "Les femmes sont assez grandes et fortes, mais elles ne se font pas remarquer par de beaux traits et des formes régulières. Elles ont comme les hommes un visage peu rempli, avec des os saillants, les yeux enfoncés et presque pas de gorge: l'usage de porter des fardeaux sur la tête ou sur le dos les fortifie".

L'agriculture. Les cultures sont l'épeautre, le froment, l'avoine, l'orge, le seigle. L'avoine, le trèfle et la luzerne sont la nourriture principale des chevaux.Sont aussi cultivés . la pomme de terre, le chanvre, le colza et les fèverolles. L'assolement triennal ou quadriennal a remplacé le système de mise en jachère. Vesces, fumier et marne sont les engrais. Peu de changements dans les instruments agricoles. En remplacement progressif de l'antique araire apparaît la charrue à tourne-oreille et avant-train sur roues qui permet de labourer dans les deux sens. Les semailles se font à la main au moyen d'un linceul en toile suspendu autour du cou et qu'on torsade autour du bras gauche ; tout l'art, difficile, du semeur consiste à remplir la main droite et à laisser filer les grains suivant un éparpillement convenable tout en avançant d'un pas régulier. On échenille, échardonne, arrache le rené.

Le costume des femmes consiste ordinairement en une capote et une jupe d'étoffe de laine désignée ici sous le nom de moutonne. Elles ont une cornette de toile de coton et leurs cheveux, retroussés par derrière, forment un chignon très saillant. En tout temps, leur tête est enveloppée par un mouchoir de couleur plié diagonalement et noué sous le menton. Elles portent des bas de laine et, outre les sabots qui sont leur chaussure ordinaire et pour tous les travaux de la campagne, elles ont presque toutes, pour les jours de fêtes et les voyages, des souliers avec de grandes boucles d'argent qui leur couvre tout l'avant pied " (J.Naveau, d'ap. Thomassin)

La moisson commence à se faire à la faucille et au crochet de préférence à la grande faux. Les gerbes sont liées avec la paille tressée du seigle et dressées en dizeaux. Les gerbes sont rentrées par chariots ou charrettes aux roues cerclées de fer. Le battage s'effectue au fléau par groupe de deux hommes frappant en cadence et on sépare les grains des balles au moyen du van, panier en osier muni d'anses latérales, et du vent, métier très fatigant et peu salubre à cause de la poussière et des courants d'air. Un peu partout, on voit apparaître les moulins à vent, à Othée, Fexhe, celui de Momalle (en 1850). À la maison, depuis la fin du XVIe siècle, la ménagère dispose maintenant de savon et bientôt elle aura sa "planche à lessiver" à rayures utilisée jusqu'en 1930. (ED)

Les Hollandais[modifier | modifier le code]

L'Empire s'était écroulé en 1814. Puis il y eut Waterloo en 1815, un autre Régime arrivait. "Les libérateurs, Prussiens et Russes, sont reçus dans l'indifférence populaire. "Aucun enthousiasme ne saluait la marche en avant des Alliés" est bien obligé décrire notre historien Henri Pirenne qui ajoute sans pudeur quelques lignes plus loin : "La populace s'amuse de la bonhomie et de l'étrangeté des Cosaques"... dont cependant les exactions et violences ne faisaient qu'aviver dans le peuple le regret d'un passé proche. Voilà qu'on retournait à l'Ancien Régime, sous un Roi qu'on ne connaissait pas et qui parlait "le flamand"; et les hobereaux de campagne, les curés et les "gros" recommençaient de plus belle à imposer leur loi aux petites gens. L'agriculture piétine à nouveau dans des méthodes primitives, la culture de la betterave sucrière semble profiter uniquement aux porcs et aux bestiaux : aucune sucrerie dans la région sans doute à cause de la faible teneur en sucre des betteraves et les réticences des cultivateurs à se risquer dans l'aventure. Une innovation: la conscription par tirage au sort, déjà pratiquée sous Louis XIV. Uun gros progrès: la mise en chantier de l'Université de Liège (1817) grâce à quoi certains villages auront bientôt leur vrai médecin et leur vrai pharmacien. (E.D)

L'Indépendance de 1830[modifier | modifier le code]

En septembre 1830, des Odeurois se sont précipités jusqu'à la grand-route au passage de Charlier-Jambe-de-Bois avec son canon en route avec sa troupe vers l'insurrection de Bruxelles? Le 4 octobre, une fois les Hollandais chassés, l'indépendance est proclamée sans apporter guère d'améliorations dans la vie quotidienne des Odeurois. "..comme disait mon arrière-grand-mère maternelle (1826-1926) quand elle parlait de son enfance lointaine, "Ça n'alève ni mi dispôye li dépendance!" Cela n'était pas un jeu de mots; le terme était trop nouveau et trop savant pour eux. Une crise agricole terrible sévit dans le pays. La famine épargne la Hesbaye. Les premières lignes de chemins de fer sont créées, dont la Ans-Bruxelles en 1838 qu n'intéresse guère notre village avec ses arrêts à Momalle et Fexhe (nulle allusion dans les registres communaux). On invente le timbre-poste en 1849, mais Odeur n'en usera guère. Et 1860 voit la suppression officielle des "barrières" ou octrois: sorte de contributions indirectes sur les denrées alimentaires, boissons et vivres, fourrages, matériaux de construction, combustibles et produits divers, que des préposés de l'État perçoivent à l'entrée de chaque commune, entrave singulière au commerce dont la suppression engendrera la reprise économique sous le règne de Léopold II (1865-1909) ". À Odeur, il n'existe aucune barrière d'octroi. (E.D)


D'où vient le nom de Crisnée?[modifier | modifier le code]

La forme "Crestengneis" est souvent citée comme datant des années 1100, mais rien n'est moins sûr. Le certain, c'est que sa graphie a longtemps évolué. Au XIIIe siècle, on trouve : Cristignies, Cristingheis, Cristenheis, Cristeingheis. Au XIVe siècle, on peut lire : Crissenges, Cristengis, Criscengnees, Crissegneez, Crisgneis, Criscengneez, Cressegnees, Crestigneies. Au XVe siècle, voici : Crissegnees, Crisgnee (déjà!), Cressengney, Cresgney. Ouvrant le registre paroissial n°1 de 1517, on lira que le curé Jehan Leaul (Jean Loyal) écrivait à l'occasion: "Crissinenge" Aux siècles suivants : Crisegne en 1576, Crisney en 1577, Crusney en 1646 Chrisnaye en 1734, au Registre des Pauvres ; et encore Chrisgnée dans les années 1725 et 1746. Pour une graphie définitivement fixée, l faudra attendre la seconde moitié du XVIIIe siècle, où l'on trouve la forme "Crisnée" enfin stabilisée.

Formes flamandes: La bonne traduction thioise moderne est "Gerstekoven", répudiant la prononciation de Lowaige (Lauw) qui en fait "Gyôstekoven". Citons, pour mémoire, quelques graphies rencontrées jadis, en néerlandais : Gherstenhoven en 1334, Gerstinchoven en 1345, Gherstecoven en 1359, Gherenshoven en 1450. Mais en 1660, on écrivait déjà : Gerstecoven. (HER)


Étymologie[modifier | modifier le code]

Les formes wallonnes et flamandes remontent, selon toute vraisemblance, à un prototype commun. Mais l'étymologie de Crisnée pose tant de problèmes que linguistes et historiens (Kurth, Petri, Gamillscheg, Devleeschouwer et autres) n'ont pu se mettre d'accord. Une possibilité: "Le prototype gallo-romain Cristianica postulerait un gentilice Cristinius que nous ne savons pas attesté, mais une formation ultérieure en -iaca sur un nom de personne CRISTINUS (le chrétien) est vraisemblable." (HER)


Le nom wallon de Crisnée[modifier | modifier le code]

La traduction wallonne et la graphie (actuelles) du nom des autres covillages de l’entité ne posent aucun problème ; c’est Tis, Fise, K’mèh’ et Ôdeû, sans discussion. Pour ce qui concerne Crisnée, il en va autrement. Le panneau apposé sur la façade de l’administration communale semble avoir tranché la question en faveur de CRUS’NÊYE. Ce qui interpelle, c’est que cette forme ne fait pas l’unanimité parmi tous ceux qui, jadis, l’ont nommé et/ou écrit, et aujourd’hui, le prononcent et/ou l’orthographient en wallon : la toponymie et les toponymistes, les dictionnaires, les habitants des villages circonvoisins et surtout les anciens Crisnéens intéressés au premier chef. Si les villages voisins sont généralement d’accord pour se nommer réciproquement comme indiqué ci-dessus, ils sont divisés sur la prononciation wallonne de Crisnée ; on y entend toutes les variantes imaginables.

Dans son «Dictionnaire français-liégeois» (édit. 1948, p.125), Jean HAUST, professeur de dialectologie à l’ULG, présente trois possibilités de traduction : Crus’nêye - forme choisie pour le susdit panneau - mais également Cruch’nêye et aussi Cruch’gnêye. Ce CH se lit déjà en faveur de la graphie préconisée, mais on peut lire Crus’gnêye (dans Kemexhe), Crichgnêye (dans Odeur). Dans ses fascicules consacrés, de 1937 à 1962, aux cinq villages de notre entité, Jules HERBILLON, le célèbre philologue et toponymiste hesbignon, ne se prononce pas clairement en son «Dictionnaire liégeois» (édit 1933, p.186).

Le G comme le CH ne sont pas exceptionnels. Ce CH et ce G surtout, on les trouve, six siècles durant, dans les plus anciennes graphies du village. Ainsi, la forme «Crestengneis» est souvent citée comme datant de circa 1100 ; par exemple, on le nomme Crissengné en l’an 1242 dans une charte du comte de Looz ; puis encore Cristegees en 1310, Criscengnees en 1371, Cristengnées en 1379, Crissengneez en 1450, Crisgnée en 1476 et 1496, Crissignée en 1606, Crisseignée en 1618, Chrisgnée en 1746, etc… Absolument partout on retrouve le même G dans le nom du village.

Et surtout, la forme « Cruch’gnêye » semble la plus valable car elle était couramment prononcée avant la dernière guerre par tous les anciens wallons du village. Il en survit heureusement plusieurs témoins. D’ailleurs J. Herbillon l’admet dans sa « Toponymie de Crisnée » (édit ;1949, p.759) quand il écrit, en note 2° : « cruch’gnêye paraît avoir subi l’influence de la forme francisée locale ». (HER)


Fusion de communes[modifier | modifier le code]

Ou comment Crisnée, Fize-le-Marsal, Kemexhe, Thys et Odeur deviennent "Crisnée". La division de la Belgique en 2 492 communes ayant chacune la même base administrative et une égale autonomie datait de l'indépendance dans un paysage qui consacrait l'héritage de Napoléon. L'annexion des cantons de l'Est et la création de communes encerclant les grandes villes porta ce nombre à 2 675 en 1928. Dans les sphères gouvernementales, l'idée était dans l'air de procéder à des regroupements.

Dès 1965, un premier "dégraissage" auquel Crisnée contribue grandement ramène le total à 2 663. Six ans plus tard, le carnage de 1971 réduit ce nombre à 596. Un dernier effort et la Belgique se contentera des 589 communes actuelles.

Crisnée, Fize-le-Marsal, Kemexhe, Thys et Odeur furent parmi les premiers villages du pays invités à se orononcer sur une éventuelle fusion. Une fusion qui ne se fit pas sans mal. Si Crisnée et Odeur furent d'emblée favorables à la proposition, des objections s'élevèrent ailleurs contre le projet initial. Rappelons-en certaines. Thys, amputé une fois de plus, accepta de céder son Broeck mais, pour son compte, il jugea Oreye trop éloigné et préférait l'association aux villages du Groupe Crisnée avec qui il considérait avoir, entre communautés essentiellement agricoles, les mêmes goûts, les mêmes besoins et la même psychologie.

Fize-le-Marsal qui pourtant avait reçu les mêmes renseignements hésitait, estimant comme prétexte qu'elle ne disposait pas de suffisamment de données quant à l'organisation et au fonctionnement de la fusion. Fize en savait autant que les autres mais ses édiles ne voulaient pas avoir l'air d'accepter trop vite pour éviter de donner aux éventuels partenaires l'impression qu'ils faisaient une bonne affaire.

Kemexhe, à l'inverse de ses voisins, disposant d'un nouveau réseau routier, d'une belle et bonne école et jouissant enfin d'une situation financière saine, était des cinq villages le plus réticent. Le Conseil communal justifiait ainsi ses craintes et ses restrictions: "Odeur ne dispose encore que d'un réseau routier rudimentaire et sa place centralen'est pas un modèle d'hygiène, ni un lieu agréable. Fize n'est pas mieux loti sous ce rapport. Crisnée avec une partie de ses rues améliorées se trouve dans une situation financière difficile. En cas de fusion, Kemexhe devrait combler les lacunes vicinales et budgétaires des communes qu'on veut lui associer." Mais par ailleurs, Kemexhe opposait au projet l'incompatibilité de caractère avec ses voisins; "Les habitants de ces communes ne présentent pas le même caractère, ni la même mentalité. Chacune a ses coutumes, son mode de vie et,souvent, éprouve une forte aversion pour les localités voisines. De plus, ces villages diffèrent presque tous au point de vue politique." (ED) Ainsi raisonnait-on ici et là en 1963-64.

Devant l'inanité de ces oppositions de principe et l'idée de fusion d'abord et ensuite au choix des partenaires, chaque village de la future entité - les édiles surtout qui pendaient à leur situation - dut se résoudre à admettre l'inévitable et penser à s'en tirer au moindre compte.

Restaient deux problèmes essentiels à régler: désigner l'emplacement du centre administratif et se mettre d'accord sur le nom de l'entité nouvelle. Pour la future mairie commune aux cinq villages, tout se limita à une question de distances. Comme, à terme, les administrés seraient tenus à fréquenter la même maison communale pour toutes les formalités (naissance, mariage, décès, CPAS, chômage, certificats, etc...), il fallait prendre en compte le bien-être des électeurs, donc la longueur des déplacements. Dès lors, Crisnée, par sa situation centrale, finit par réunir l'unanimité des suffrages... une simple question d'hectomètres.

Quant au nom de la nouvelle entité, la sagesse une fois de plus l'emporta. On aurait pu disputer longtemps, se rendre ridicule comme dans d'autres lieux où aucun élément ne voulait céder au risque de voir disparaître son nom (Scherpenheuvel-Zichem), ou encore en créant un tout nouveau nom qui mettrait tout le monde d'accord sans léser personne (Viroinval), sinon composer un agglomérat qui susciterait l'hilarité nationale (Keficrot). Dépassant leurs particularités ancestrales, les édiles furent sages de choisir l'appellation de "Crisnée", tout simplement.

Moins de cinquante années plus tard, ces divergences d'opinion sont oubliées depuis longtemps et l'idée est si bien admise que tous les habitants de l'entité, quel que soit leur village d'origine, se disent citoyens de Crisnée et Crisnéens. (CHR)

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le village de Crisnée appartient au bassin hydrographique de la Meuse par le Geer où vont se déverser ses eaux, après la traversée de Thys. Ses "rouâs" (on ne peut pas les appeler ruisseaux puisqu'ils ne portent pas de nom) qui découpent le territoire, mis en parallèle avec le réseau routier original, ceinturent sur leurs versants les vergers rajeunis que fleurissent les printemps. Toutes les eaux ruissellent et affluent des points culminants de la commune que sont le carrefour d'Odeur, la 'gare" de Thys et les lointains confins de la "Tombe". Entre ces hauteurs se sont creusées, au cours des siècles, deux vallées principales parcourues par autant de "grands rouâs".

Le premier, venant de Villers-l'Évêque par Odeur, se noie dans le bassin d'orage qui jouxte la Chaussée ; mais il en sort, se reprend en Charlevaux, traverse la rue d'Odeur « â Pont » devant la chapelle et, parvenu en Sart, se jette dans l'autre « rouâ » son grand frère. Celui-ci vient de Fexhe-le-Haut-Clocher, par Freloux et Kemexhe, entre à Crisnée près de la râperie, longe la rue Sylvain-Panis dans les prairies, passe en contrebas de l'église, s'engouffre « int' lès treûs cot'hès », et parvient dans le Sart où il reçoit son affluent. Ensuite,les deux « rouâs » réunis suivent la « vôye dè Bwè » (le chemin du Bois) et quittent Crisnée, par 104 m d'altitude, vers le village de Thys, le Broeck, le Geer et la Meuse.

Du côté Sud, deux petites vallées secondaires se rattachent à ce dernier "grand rouâ". "L'une,venant de Fize-le-Marsal, traverse la vôye di Favray c'est le Rôyetê, (ou petit "rouâ"), dit jadis "riweteau des beghinnes" ; l'autre vient également des limites de Fize, passe au lieu-dit "âs bômes" et gagne Thys."(HER) Les dépressions de terrain existent bien, mais, s'il y eut là des petits rouas, ils ont tari depuis longtemps.

Tous ces débouchés, pour les eaux de ruissellement, n'empêchent pas l'existence de "bouchons" dans trois endroits bien précis. Que surviennent deux grosses averses, un orage trop généreux, ou une fonte de neiges trop brutale, et aussitôt "à Pont, int' lès trëûs cot'hês et è Sârt", l'exubérance des flots a tôt étranglé les conduites, raviné les chemins, submergé les carrefours; elle transforme les cours en mares à canards, et le spoiler des voitures en étraves de porte-avions. Au temps de la "fabrication" à la râperie, l'eau de lavage des betteraves chantonnait en écume sa course ocrée où les écoliers lançaient leurs bateaux de papier à qui accomplirait au plus vite le trajet allant du "pont da Henri Bolland" jusqu'à la sortie du pré Deltour, en face de chez Djîles da Mélanie... Les bourgmestres ont eu beau faire curer les rigoles et nettoyer les "rouâs", la météo n'a pas renoncé à ses blâmables facéties. (CHR)

Un rouâ appelé "Kemexhe"[modifier | modifier le code]

Ce renseignement se trouve dans "Le Geer, rivière hesbignonne" de François Mahiels. Cet auteur complète son travail en présentant le fruit des recherches d'un autre historien. En effet : en 1923, A. de Rijckel publiait "Rivières et ruisseaux de la Province de Liège". Étudiant d'anciennes cartes militaires, compulsant d'anciens registres, il a découvert les traces de cours d'eau disparus et a abouti à la conclusion que ceux-ci portent, pour la plupart le nom d'un des villages qu'ils traversent.

On sait pourquoi des ruisseaux et rivières de Belgique s'appellent la Salm, l'Amblève, l'Hermeton, d'autres Le Piéton, le Burnot, la Magne, le Bolland,... C'est le même phénomène qui explique le nom du "Kemexhe".

Le Kemexhe, puisqu'il faut l'appeler ainsi, prenait sa source à Roloux, se dirigeait vers Fexhe-le-Haut-Clocher, Freloux, puis Kemexhe ; il traversait Crisnée et Thys pour se jeter dans le Geer au lieu-dit "Nomerange". Le Kemexhe est cité dans des actes datés de 1294, 1301,1342,1348 et 1586.

Depuis des décennies, sa source a tari, de même que l'appoint des eaux boueuses qu'y déversaient les râperies de Fexhe et de Crisnée. Seules l'alimentent occasionnellement aujourd'hui les eaux de ruissellement. Le roua du Tchâlvâ n'est pas repris dans l'ouvrage mentionné ci-dessus. Sans doute ne roula-t-il jamais que les eaux accumulées par les pluies et la fonte des neiges dans le fond de la Chaussée-Verte. Son débit est maintenant régularisé par le bassin d'orage, cette réalisation du remembrement. (FMA)(CHR)

D'autres ruisseaux dans notre région[modifier | modifier le code]

Voici ce que le même auteur mentionne à propos de quelques-uns. Le Wihogne prenait sa source près du château de Waroux, et se dirigeait par Xhendremael et Wihogne vers Freeren et le Geer. Le Russon prenait sa source à Bierset, passait Awans, longeait Hognoul, traversait la campagne de Xhendremael, descendait vers Othée et après Russon se dirigeait vers le Geer. Son affluent, le Hognoul, débutait à Velroux, se dirigeait par Voroux, Fooz et Villers-l'Évêque jusqu'au confluent, à Russon. L'Yerne prend sa source à Verlaine, non loin de Yernawe, hameau de Saint-Georges. Il traverse Haneffe, Donceel et Limont, et il passe à Remicourt, Lamine et Hodeige avant de courir au Geer à Lens-sur-Geer. Son affluent, le Jeneffe qui passait par Momalle et Fize, revevait lui-même la Berwinne à Momelette (actes de 1348, 1478). La liste de ces ruisseaux n'est pas close. Pour en savoir plus long, il faut consulter à la bibliothèque de Crisnée: "Rivières et ruisseaux de la Province de Liège" (A.de Ryckel) c'est le dernier chapitre de l'ouvrage "Le Geer, rivière hesbignonne" de François Mahiels. (FMA)

Population[modifier | modifier le code]

Quelques chiffres

En 1712, Crisnée compte 42 familles et 180 communiants. Par comparaison, et pour avoir une idée, voici à la même époque, les chiffres attribués aux villages voisins : à Kemexhe, il y a 43 ménages et 160 communiants ; à Fize, ils sont 40 ménages et 160 communiants ; à Otrange, il y a 44 ménages et 135 communiants ; à Thys, on trouve 34 ménages et 90 communiants ; à Odeur, il y a 13 ménages et 60 communiants.

Evolution dans le temps

De 1806 à 1811, Crisnée passe de 302 à 308 habitants. L'indépendance de la Belgique est fêtée par 336 habitants logés dans 64 demeures réparties comme suit : 9 fermes dont 4 grandes; 10 maisons particulières, 20 habitations rurales et 25 cabanes construites en bois et en argile, et couvertes de paille. Dix ans plus tard, les Crisnéens sont 380, logés dans 77 maisons dont 5 forment le hameau "Aux Croix" sur la grand-route. En 1860, les habitants sont au nombre de 425. En 1890, on comptera 488 habitants dans 104 maisons. Recensée à 539, en l'année 1910, la population s'élève jusqu'à son plus haut niveau de 573 âmes en 1926 dans 120 maisons. Elle redescendra ensuite à 512 habitants en 1940, tombera à 514 en 1954 pour enfin remonter.

Le Grand Crisnée Au moment de la fusion des cinq communes au 1er janvier 1965, l'entité compte 2 211 habitants, mais ce nombre tombe à 2 091 à la fin de 1970. Au 31 décembre 1985, le "Grand Crisnée" comptait 2 258 habitants et le village seul 569 pour 188 maisons. Dernier recensement au 1er janvier 2008 : 2 906 hab. et le nombre de maisons s'accroît chaque année dans les cinq villages de l'entité. (RC) (CHR) La population belge passe de 10 239 850 en 2000 à 10 666 866 en 2008, dont 917 centenaires en 2000 et 1 381 en 2008 La population de Wallonie passe de 3 339 516 en 2000 à 3 456 775 en 2008. Le nombre de Wallons de + de 65 ans est porté de 1 715 093 à 1 819 726. (MEU)

Anthroponymie[modifier | modifier le code]

D'après les noms relevés dans la liste des contribuables de 1794, au début du XVIIIe s., des Crisnéens se nommaient déjà comme aujourd'hui Bage, Bolland, Bure, Defalle, Hubert, Lahaye, Jacquemotte, Kerstenne, Leduc, Melet, Renotte,... Le patronyme Nomerenge n'avait pas encore sa tête qui en fera plus tard Denomerenge, et Louette cherchait encore son W. Des documents très anciens - registres paroissiaux et carnets - retrouvés par hasard au fond d'une forge en 2005 ont apporté précisions et onfirmations. (CHR)

Bourgmestres de Crisnée[modifier | modifier le code]

1371 Copiens de Crissengnees

1372 Johan Picavet de Villeir-l'Evesque

1372 Colars Borars d'Odour, maieur por le temps

1381 Lowys de Kemexhe

1416 Allixsandre Sandron

1417 Libertus Bottair

1456 Jehan de Trynar, submaïeur de Liège

1462 Bodechon de Crissengnée

1480 Collar le cherpentier, maieur substitué

1485 Gilet d'Orrey, souverain maieur

1502 Gilet Dorey

1539 Jacques Obrecht

1542 Collar de Nomerenge, sergent, maieur substitué

1546 Lynart le Thourier, souverain maieur

1553 Johan d'Odeur

1558 Renier Humblet, maieur de Kemexhe

1564 Dirick Rosenkranke, citain de Liège

1579 Jaspar de Jozé, citain de Liège

1590 Johan de Haling

1594-1616 Guillaume Hannossett

1618-1631 Jean Wathier

1647 Jean de France, maleur

1652-1667 Cristiane de France

1709-1732 Erasme Jamolet, lieutenant bailli de Hesbaye.

1734 Devivier

anVI-anIX François Bodson, agent élu par la commune,

Nicolas Kerstenne du 30 pluv. an IX - 6 sept.1822

Médard Jacquemotte de novembre de 1822 - à mai 1823

Charles Lamarche de mai 1823 - à septembre 1825

Nicolas Depaive de septembre l825 - à janvier 1850

Denis Denomerenge du 12 janv. 1850 - au 3 sept. 1864

Vincent Coheur du 4 sept. 1864 - à déc. 1878

Louis Kerstenne de janvier 1879 - à juillet 1892

Jacques Kerstenne de juillet 1892 - au 26 mai 1904

Nicolas Marneffe du 27 mai 1904 - au 16 janvier 1911

Nicolas Louwette du 17 janv.1911 - à juillet 1921

Emile Denomerenge d'août l921 à octobre 1941, époque à laquelle il fut démis de ses fonctions par les Autorités allemandes d'occupation. Ce poste difficile, vu les circonstances, fut repris honorablement jusqu'à la libération de Crisnée, par Jules Jacquemotte de novembre 1941 à fin août 1944.

Emile Denomerenge de septembre 1944 - au 31 décembre 1952

Sylvain Panis de janvier 1953 - au 1er octobre 1959

Joseph Gilon du 2 octobre 1959 - au 31 décembre 1964

Le maïorat de l'entité Crisnée (pour les communes de Crisnée, Thys, Odeur, Fize-le-Marsal et Kemexhe) sera assuré successivement par :

Henri Daniels, de Kemexhe : du 1er janvier 1965 - au 31 août 1974 (démission)

Jean Stassart, de Fize : du 15 septembre 1974 - au 28 octobre 1991 (décès)

Vannmal Joseph de Kemexhe : du 6 septembre 1992 - au 5 juillet 2000 (décès)

Goffin Philippe de Kemexhe : à partir du 1er janvier 2001 (HER)(CHR)

La paroisse[modifier | modifier le code]

L'église de 1902[modifier | modifier le code]

1er dimanche d'octobre 1895. Le Conseil de Fabrique considère que l'église est trop petite pour la population et que la tour très ancienne est en très mauvais état. 2 janvier 1898. Le Conseil constate que cette église n'est qu'une grange avec des fenêtres et qu'elle ne saurait être agrandie ou restaurée ; qu'il est impossible d'en ajouter à ses 22 bancs : 11 de chaque côté, pour un total de 106 places ; que les habitants réclament une église plus spacieuse car l'ancienne n'a qu'une nef. 2 juillet 1898. Approbation des plan, devis et cahier des charges, dressés par Henri Froment, architecte à Liège.

Financement : Commune de Crisnée (15 000 F), Fabrique (6 000 F), Apport de 400 000 briques (5 000 F), Don à recevoir de l'Évêque ( ?), dépôt fait par le crisnéen Chanoine Kinet (5 000 F), valeur des vieux matériaux (2 000 F), subside de l'État (6 000 F), soit au total 41 000 F. Des Conseillers cherchent un modèle : le genre de l'église de Goffontaine (Verviers) sera retenu. Le 2 juillet 1899, exposition du plan à l'église dans l'enthousiasme général : l'église sera de style neo-roman à trois nefs de cinq travées avec deux chapelles latérales et olafond plat. 2 décembre 1899 :Les plans sont approuvés par la Commission royale des Monuments et des Sites. à condition que la partie extérieure des murs sera en pierre de grès. Le subside de l'État à 1/5 du prix est accepté avec l'appui du chef de Cabinet de Léopold II, le comte Paul de Borghrave d'Alténa… Les adjudications. Celle de Grevesse, de Chapon-Seraing (55 900 F) sera acceptée. Entretemps, le subside de l'État est passé à 11 180 F et la contribution de la Fabrique à 13 000 F…

Les travaux. La démolition de l'ancienne église est commencée par Grevesse le mardi de Pâques, 17 avril 1900. Une chapelle provisoire a été élevée "Au Pont" devant la chapelle N-D de Lourdes qui servira de chœur. La 1re messe y sera célébrée le 25 avril. Ce baraquement provisoire pouvait accueillir 200 personnes. Le creusement des fondations commence à la fin du mois de mai. Découverte d'une pierre tumulaire du XIVe siècle portant les inscriptions : "Chi gîst Wilhealme de Cresgnée ki trepasat l'an MCCC le XIX le jour de sainte Kateline. Chi gîst damoiselle Maroie de Hanut fille Monsengnour Vilheame del porte, chevalier, sa femme qui trépasat l'an MCCCLXIII le V jour de fenal mois"

Première pierre. Elle fut posée le 7 juin 1900 par le doyen de Hozémont. Le 8 décembre 1900 fut célébrée la première messe dans l'église inachevée dont on avait muré les fenêtres, parce que le froid rendait impossible le séjour dans la chapelle provisoire. Consécration de l'église. La date en fut fixée au 7 juillet 1902. La voiture de l'Évêque fut escortée par 32 cavaliers jusqu'à Crisnée où "cinq mille" personnes s'étaient rassemblées. La Fanfare de Russon et l'Harmonie d'Oreye jouaient des Pas-Redoublés. Discours d'accueil par le Bourgmestre et réponse de l'Évêque, et pour clôturer un chant de circonstance. Le lendemain, Mgr le Chanoine de Gréban Saint-Germain célébra la messe dans la chapelle N-D où les reliques avaient été déposées. Le jour suivant, l'Évêque confirma les enfants de Crisnée, Thys, Fize, Momalle, Kemexhe, Fooz, Loncin, Odeur, Hognoul et Villers-l'Évêque. Mgr repartit à 16 h 30 toujours escorté jusqu'à Momalle où il allait prendre le train.

Le Chemin de Croix a été placé et consacré le 25 mai 1901 (2 300 F) Les reliques de saint Maurice ont été offertes par Mgr Corneliusvan Bommel le 27 mai 1815. L'achèvement du bâtiment, vingt ans plus tard, fut l'œuvre du curé Coopmans. Il se distingue des églises de la région par ses murs en pierre de grès, un chœur à chevet plat et surtout par un ciborium au-dessus de l'autel. (RP. Crisnée) Des 6 registres paroissiaux, cinq ont, par miracle, été retrouvés à Thys. - Registre N°6 : reliefs, stuits, etc de 1775 à 1783. - Registre du Conseil de Fabrique de 1834 à 1925 - Baptêmes 1788-1906 ; Confirmations de 1805 à 1905 - Mariages 1796 à 1906 ; Décès de 1796 à 1906 - Baptêmes, mariages et décès : de 1907 à 1925. (CHR)

Curés de la paroisse St-Maurice[modifier | modifier le code]

1351

1458 Fastré  ?

1485 Henri Buikin 26 ans

1512 ?  ?

1517 Jehan Leaule (Jean Loyal), de Crisnée 43 ans

1561 Jehan Denixhe (Denis), de Villers-l'Évêque 18 ans

1580 Jehan Julinet, et Gilles Piron, vice-curé 6 ans

1586 Gilles Nicolaï Piron, de Crisnée 23 ans

1609 Arnould Fresneau (Fresnay), d'Ans (+ en 1624) 15 ans

1624 Mathias de Thierce (Dethier) 13 ans

1637 Etienne Happart, de Thys (+ en 1676) 40 ans

1677 Gilles Hannosset, de Crisnée 15 ans

1692 Melchior Clément 2 ans

1694 Wathieu Renwart (Walthère Renoir), de Fize 50 ans

1744 Henri Collette, de Bertrix (+ en 1786) 42 ans

1786 Hubert Coheur, de Crisnée (1755-1811) 25 ans et Kerstenne Chrétien, de Crisnée (1746-1822) intérim

1811 Henri Drisket, d'Othée (1752-1833) 23 ans

1834 G.Vanderbemden, de Brusthem (1801-1870) 2 ans

1836 Nicolas Louis Joseph Hurard, d'Olne 3 ans

1839 Jean Joseph Velaerts, de Goyer (1801-1886) 17 ans

1856 Remi Joseph Labeye, de Housse (1809-1870) 9 ans

1865 Egidius Janssen, de Fouron St-Pierre (+1882) 15 ans

1880 François Degageur, de Hozémont (1833-1893) 12 ans

1892 Guillaume Pirenne, d'Aubel (1837-1899) 6 ans

1898 Joseph Simonet, de Hamoir (1854-1921) 7 ans

1905 Willem Coopmans,de Waltwilder (1864-1936) 18 ans

1923 Christian Stals, de Neeroeteren (1872-1945) 13 ans

1936 Joseph Rigo, de Villers-l'Évêque (1876-1965) 18 ans

1954 Albert L'Ortye, de Liège (1898-15.12.1971) 17 ans

1971 Joseph Cabay, d'Ans; au presbytère de Crisnée 2 ans

1973 André Materne, de Seilles, pour les paroisses de Crisnée et de Thys où il choisit de résider 4 ans

1977 Théo Ceyssens,de Houthalen,pour les paroisses de Crisnée, et Thys où il résida également 7 ans

1984 Joseph Otte,d'Alleur, pour les paroisses de Crisnée, Thys, Odeur, et Fize où il résidait 4 ans

1988 François Gilissen, né à Hollogne-aux-Pierres en 1947, curé pour les 5 villages de Crisnée; il résidait à Fize où il se suicida le 24 septembre 2002.

2002 Jacques Lambotte, ancien aumônier des prisons de Huy et de Marneffe. Il résida à Fize.

2007 Heinz Schneider, est responsable de 10 paroisses, celles d'Oreye et de Crisnée.

(CH)(CLE)(HER)(CHR)


"Au IVe siècle, la Légion Thébaine est campée sur le Haut-Rhône quand elle reçoit l'ordre d'aller exécuter des chrétiens en Gaule. Parce qu'elle est composée en majorité de chrétiens, à l'appel de ses chefs, elle refusera d'obéir. Décimée par deux fois, elle persévère dans sa mutinerie et est enfin anéantie entièrement dans le village qui porte le nom de l'un de ses chefs, Saint--Maurice,dans le Valais". (Daniel-Rops)

Un Monseigneur de Crisnée[modifier | modifier le code]

Hubert-Joseph JACQUEMOTTE naquit à Crisnée le mardi 3 novembre 1795, de •Médard Jacquemotte, notaire, et d'Anne-Marie Germeau. Ordonné prêtre à Malines le 16 mai 1818, il est vicaire à Saint-Nicolas (Liège) dès le 30 octobre, et curé de la paroisse Sainte-Foi (Liège)le 10 octobre 1820. Il fut à cette époque le premier rédacteur du « Courrier de la Meuse », journal fondé le 1er juillet 1820, et il le resta pendant 4 ans, jusqu'à sa nomination au Principalat du Collège Royal de Liège le 21 septembre 1825. Il sera curé et doyen à Glons à partir du 25 septembre 1828, puis appelé aux mêmes fonctions à Spa trois ans plus tard.

Le 15 juin 1838, Monseigneur Van Bommel le nomme Vicaire-Général, et le lendemain, chanoine honoraire de la Cathédrale. I1 en sera chanoine titulaire le 25 février suivant. Il est fait archidiacre le 12 mars 1841 et Camérier d'honneur de Sa Sainteté Grégoire XVI, le 10 mai 1845. Le 13 mars 1852, lors de la cérémonie du Saint-Viatique à l'évêque Van Bommel, c'est Mgr Jacquemotte qui est chargé devant l'assemblée de « lire à haute voix le texte de la profession de foi que les évêques prononcent le jour de leur sacre ». (DE -I) Le 7 avril suivant, il était présent quand mourut Mgr Corneille Van Bommel et, le 14 avril, il est membre du groupe des 23 signataires de l'acte d'inhumation. Puis, pendant 9 ans encore, il sera Vicaire-Général de Monseigneur de Montpellier.

Son portrait, peint en 1B47 par N. Nisen se trouve chez Albert Denomerenge-Depas. Sa croix pastorale est accrochée à l'ostensoir de l'église paroissiale. Mgr Jacquemotte fut enterré à Crisnée. Sa pierre funéraire est visible à droite de la façade de notre église. (HJ)(CHR).

Crisnée dans la guerre[modifier | modifier le code]

Faits de guerre du XIVe au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1325, Crisnée et les villages voisins logeaient les soldats du Prince-Évêque Adolphe de la Marck qui avait son quartier général à Momalle, en compagnie du roi de Bohême, Jean l'Aveugle, de douze comtes et du Duc de Brabant, Jean III.

Vers le ler octobre 1325, les troupes du Prince et celles des villes s'étant trouvées en présence dans la plaine de Crisnée allaient en venir aux mains lorsque l'attitude équivoque de Jean l'Aveugle contraignit le Prince-Évêque à se retirer. Selon la "Chronique de Saint-Trond", c'est à Crisnée que le châtelain de Waremme se réconcilia avec l'Évêque.

Le 20 octobre 1468, Crisnée et d'autres villages voisins furent pillés et brûlés par les troupes bourguignonnes de Philippe de Savoie. Le lendemain, les Liégeois, croyant que l'ennemi allait se retirer avec son butin, résolurent d'aller à sa poursuite...

En 1673 et 1677, les troupes françaises du Roi-Soleil, commandées par Turenne et Condé dans leur Guerre de Hollande, se signalent surtout chez nous par les dégâts qu'elles occasionnent !

Les évènements du début du XVIIIe siècle, guerre entre alliés Anglais et Hollandais contre les Français, ont été notés comme suit par notre curé Renoir : "L' an 1703, nostre village a esté campé depuis le 30 mai qui estoit le mercredi après la Pentecôte, jusqu'au neufvième jour ensuivant, par l'armée d' Angleterre et d'Hollande fort de 50 à 55 000 hommes. Le généralissime des Anglais, nommé Marboroug, aiant son logement au chasteau de Thys, et celui des Hollandais, nommé Annerquerque, dans notre maison pastorale (ex-maison Élise Louwette, rue de la Ville). La ligne droite s'extendoit jusqu'au village de Russon et la gauche jusqu'à Hodeige. Depuis, au mois d'aoust, nostre village a esté fourragé 2 foy à la campagne, dans le peu de marsage qui estoit resté, par les trouppes de ladite armée pendant le siège de Huy. Au mois de septembre de la ditte année, nostre village a esté derecheff campé par un détachement fait hors de la ditte armée campée à Saintrond, pour aller faire le siège de Limbourgue. Ledit général Marbouroug s'estant encore logé au chasteau de Thys, et le Prince Héréditaire de Hesse Cassel dans nostre pauvre maison, et une partie de ses domestiques dans la ferme Lowet, jondante à la coemitière.

L'an 1705, nous avons encor esté campé par l'armée d'Hollande, commandée par le général Annerquerque; le 2 et 3 mille qui se logeat encore chez nous, et les députés des Estats au chasteau de Thys. Ainsi les froments ont derechefe esté tout fouragé, et les marsages foulé et ruiné. Milor Marbourougue aiant rejoint l'armée d'Hollande avec les Anglois, ils ont repris le chasteau de Huy aux François, qui at esté un commencement pour délivrer la Hesbaye des campements des armées. Le 2 septembre 1706, les soldats campés à Haneffe ont battu et enlevé les grains à Crisnée. En octobre, ces mêmes soldats campés pour lors à Looz sont revenus à Crisnée et y ont fourragé." (JH)(HER)

Combattants 1914-1918[modifier | modifier le code]

Bure Gilles (1880-1954)

Bure Ferdinand (1887-1953)

Defalle Walthère (1890-1953)

Depas Albert (1890-1940)... qui sera tué par bombardement de Stuka le 10 mai 1940

Vincent Leduc (1881-1973) Titulaire de la Croix de Guerre avec palme, de la Médaille de l'Yser, de la Médaille commémorative de la Victoire, de la Médaille de Liège et de 8 chevrons de front.

François Gilon (1890-1918) C'est le seul combattant de notre commune à perdre la vie. (CHR)

Combattants et prisonniers 1914-18[modifier | modifier le code]

BURE Gilles - BURE Ferdinand - SACRE Joseph - BURE Joseph - LEDUC Vincent - LAHAYE Joseph - LAHAYE Jules - DENONERENGE Joseph - DEFALLE Walthère - HENNEMANN Léon - LAHAYE Henri - LAHAYE Henri - DEPAS Albert - GILON François - BURE Émile.

Combattants et prisonniers 1940-1945[modifier | modifier le code]

BOLLAND Mathieu / LAHAYE Fernand / PASQUET Henri /BOLLAND Nicolas / LAHAYE Florent / PIERRIN Joseph / BRAHAM Joseph / CHABOT Séraphin LAHAYE Georges / RAYMACKERS Célestin / BURE Armand / LAHAYE Henri / RENOTTE Rémi / BURE Constant / LAHAYE Hubert / RENOTTE Jean / BURE Henri / LAHAYE René / RIJKMANS Alphonse / BURE Marcel / LAPIERRE Albert / SACRE Nicolas / BURE Nicolas / LAPIERRE Jules / STASSART Florent / BURE Roger / LAPIERRE Léopold / STASSART Joseph / DARDENNE Armand / LEDUC Albert / / THIRY Armand / DEGROS Henri / LEDUC Nicolas / THYS Alphonse / DELAERE Georges / LEDUC Urbain / TILKIN Mathieu / DELTOUR Albert / LOOS Albert / TRUILLET Louis / DEMOULIN Joseph / LOUWET Nicolas / VAES Edgard / DENOMERENGE Arthur / MAUNAERTS Emile / DENOMERENGE Dieudonné / MARNEFFE Léon / MELET Julien / DUPUIS Marcel / MELET Paul / DERWA Joseph / PARENT Pierre / HAPPART Fernand / MELON Joseph / DENOMERENGE Gilbert / JONETTE Fernand / MUSICK Joseph / LAHAYE Emile / FIACRE René / HANSOEL Raymond / GILON Joseph / RAYMACKERS Sylvain / LEDUC Léon / LAPIERRE Léopold /

Déportés et réfractaires[modifier | modifier le code]

BUDENAERS François - BURE Nicolas - CROES Joseph - GRAINDOR Jean-Pierre - HANSOEL Victor - LAMPROYE Raymond - DENOMERENGE Pierre.

Résistants armés[modifier | modifier le code]

(CHR)

Bombes volantes ou Robots[modifier | modifier le code]

Plus de 1000 V1 (Vergeltungswaffe ou arme de représailles), vulgairement dénommés "robots" , s'écrasèrent dans la région liégeoise. Un seul percuta en plein le village de Crisnée : c'était dans la nuit du 21 décembre 1944. Sous la déflagration, des vitres un peu partout volent en éclats, et sur tous les toits, les tuiles sursautent : le V1 ne s'était manifesté que par l'explosion de sa tonne de TNT.

Dans les quinze secondes, tout le monde est sur pied ! Où est-"il" tombé ? On cherche, dans l'obscurité. Après d'incroyables détours, combien de haies traversées, que de clôtures escaladées pour parvenir sur les lieux, on trouva le point d'impact dans un potager, au coin des rues de Thys et des Vergers, entre les maisons Meuwis, Schoenaers et Renotte : cratère de 3 mètres de profondeur et de 7 mètres de diamètre dans la terre meuble.

Un des premiers à arriver sur les lieux du drame raconte les fils électriques rompus dans lesquels tout le monde trébuche, la poussière et le plâtras des murs écroulés sur les victimes assommées, et geignantes ; Jules Meuwis, en chemise de nuit et chapeau boule, hébété, au milieu de la rue ; Emile, le maïeur, qui réclame en jurant ses pantalons à Maria, suffoquée, qui lui recommande de plutôt "dire sès pâtèrs" en telle occurrence.

Dix minutes plus tard, on pouvait dresser un premier bilan : des dégâts matériels très importants, mais aucune issue fatale, quelque blessure pas trop grave par chance. À part Lambert sous la poutre qui le coince, et dont on met trop d'énergique enthousiasme à lui délivrer la jambe. Les blessés, cinq ou six, dont au moins deux tout simplement choqués, sont bientôt installés dans le salon d'une ferme, où tout le monde et chacun vient tour à tour les plaindre, croyant ainsi les réconforter. Heureusement, Louis, gardant son sang-froid, conseille à des badauds de se rendre utiles en aveuglant les fenêtres pulvérisées par le souffle de l'explosion au moyen de couvertures clouées sur les murs; d'en faire chercher d'autres pour en couvrir les blessés transis et grelottants; de demander à Jeannette de bouillir de l'eau pour débarbouiller les visages alors que, tous les "visiteurs" s'étant éclipsés, le docteur Garin arrive qui commence à prodiguer ses soins, calme et efficace.

Quand un logement est assuré aux sinistrés blessés et indemnes, chacun gagne son lit. Au petit matin, on revient sur place mesurer les dégâts, quand une pétarade jette tout le monde à plat ventre dans les fossés : un robot plane à basse altitude, qui va s'écraser dans la prairie du château de Thys, au coin du terrain de football. On voit nettement en l'air s'élargir l'onde de choc avant d'entendre l'éclat. À cette heure, il y a un bricoleur crisnéen sur chaque toit...

Cinq années plus tard, les trois maisons sinistrées sont reconstruites, améliorées bien entendu, selon le plan d'alignement adopté par le Conseil communal en 1947. (CHR)

Résistances[modifier | modifier le code]

On les appelait les "Blancs", ou "ceux de l'Armée Blanche", de son vrai nom, 1'A.S, ou l'"Armée Secrète", la plus importante organisation belge de Résistance et l'une des premières à renouer avec la tradition de 1914-18. Parmi les membres qui la composaient, comme dans n'importe quelle société humaine, se mêlaient le moins bon et le meilleur ; mais tous avaient un dénominateur commun: le refus, au risque de leur peau, de s'installer les bras croisés dans la défaite, dans l'attente. Que certains parmi eux aient commis des bavures, d'autres quelque peu profité de la situation, personne ne l'a jamais nié. Leurs (trop) nombreux détracteurs et accusateurs auraient-ils mieux agi en l'occurrence ? Ces mêmes juges, ont-ils condamné aussi vigoureusement les profiteurs et autres collaborateurs ? Simple question.

Ce n'est pas un plaidoyer pro domo, ils étaient nombreux dans la résistance, les "illégaux", réfractaires au travail en Allemagne, obligés de quitter leur domicile, et dès lors sans ressources ; des volontaires aux papiers en règle, agissant par pur idéal; pas mal de gendarmes en première ligne pour aider l'armée de l'ombre et ne s'en privant pas avant de rejoindre officiellement ses rangs, en uniforme, au moment opportun. Pour vivre, et se loger surtout, beaucoup ne pouvaient compter que sur l'habitant des villages-refuges qui allait partager les mêmes risques gratuits. On n'a pas assez rappelé l'action de ces résistants "civils" au courage tranquille, et qui ne s'en vantèrent jamais. Il y en eut quelques-uns à Crisnée.

Dans le silence des archives est le détail des actions du Groupe Zorro, mais on ne peut pas ne pas évoquer encore : la récupération des armes parachutées la nuit à Fize-le-Marsal et ailleurs, l'aide à la famille du réfractaire, la chaîne d'évasion des pilotes alliés, tel agent infiltré à la Kommandantur ou à la Werbestelle, les faux papiers, le renseignement, les sabotages, l'affrontement direct avec la Wehrmacht et la Gestapo, la punition (parfois maladroite) de quelque traître, le soutien aux Alliés à l'époque de la libération. (CHR)

Ruralités[modifier | modifier le code]

Météo des moissons[modifier | modifier le code]

"Vola qu'i rataque à ploûre " (Voilà qu'il recommence à pleuvoir) Jadis, avant le temps des Romains, les Anciens Belges, en hiver, dans leur climat froid et humide, se terraient, paraît-il, dans des abris creusés dans le sol et recouverts de fumier... Plus tard, et pendant des siècles, la coutume se transmit d'accoler les écuries et étables aux pièces d'habitation, les résidents les plus favorisés étant les varlets et herdiers qui, couchant près du gros bétail, profitaient au maximum de la chaleur que les bêtes irradiaient... Faute de prévisions météorologiques à la radio, puis télévisées, plus ou moins fiables, les gens s'en remettaient à leur expérience personnelle la saison, les nuages, quelques animaux particulièrement sensibles aux variations climatiques : le chat, l'hirondelle... (ED)

Les chroniques ont perpétué le souvenir de certaines années marquées d'événements extraordinaires. Nous en avons retrouvé des traces... Les froids, les étés torrides, les pluies et les sécheresses ne sont pas des phénomènes exclusivement récents.

711 Première inondation connue pour nos régions toucha la Meuse. 763 Il a gelé du premier octobre jusqu'à la fin de février 764. 858 La gelée a sévi de la Toussaint jusqu'à la mi-Carême... La Légia déborde, entraînant les maisons riveraines dans la Meuse. 874 La saison hivernale trop douce sera la cause dans le pays d'une foule de maladies. 981 D'abondantes chutes de neige sur toute l'Europe.

1125 L'hiver dure jusqu'au mois de mai ; les loups affamés sortent des bois et attaquent. Femmes et enfants meurent de froid et de privations, l'été suivant ayant été très pluvieux, la récolte est avortée. Mortalité parmi le bétail manquant de fourrage.

1172 L'hiver est si clément que les feuilles poussent dès la fin de janvier. En février, les oiseaux font leurs nids et couvent.

1247 Il gèle littéralement à pierre (et arbres) fendre.

1289 Les mois d'hiver ont été presque aussi chauds que juin !

1374 Grosses pluies: à Liège, le quartier de l'Ile est sous eau !

1408 À la suite des pluies, tous les ponts de la Meuse sont emportés de Huy à Maestrich ! Puis il gèle si fort que l'armée liégeoise revenant du siège de Maestricht traverse la Meuse sur la glace avec armes et bagages. Il gèle de la St-Martin à la Chandeleur de 1409..

1435 Gelée pendant 5 mois consécutifs : dès le 30 novembre, le froid persistera jusqu'au 30 juin. Pas de récolte. Donc la famine.

1487 L'hiver a été si rigoureux que ce froid a été considéré comme envoyé du Ciel en châtiment des iniquités des hommes...

1498 Noël : la neige tombe si dru pendant la Messe de Minuit que les fidèles éprouvent mille difficultés à rentrer chez eux

1506 "Il n'y eut pas d'hiver car la grêle, le givre, la neige et la glace furent cette année entièrement inconnus." Malheureusement, cette précocité du beau temps était d'ordinaire néfaste aux récoltes, comme cela se passera en 1577...

1512 La Meuse est prise par la glace du 14 novembre au 18 février ; les transports de voyageurs vers Maastricht se font en voiture.., sur le fleuve

1564 14 semaines consécutives de gel et de neiges entravent la circulation. Pour économiser l'orge, on interdit "de brasser de la bière, nourrir chiens et autres bêtes inutiles". 1571 Il y a 81 cm d'eau à l'intérieur de l'ancienne collégiale Saint-Paul à Liège.

1593 juin. "Visitation des dégastes et domaiges faits par la tempeste et fout e tombé lundy dernier I4e du présent moix." Les récoltes et vergers sont ruinés à Thys, sauf une partie entre la voie de Lens et le ",r sec cette Chevel'otte".

1603 La stérilités est générale en Hesbaye, on ne récolte rien, ni fruits, ni légumes.

1608 L'hiver est si tardif que les cerisiers refleurissent en novembre. Par contre, l'hiver suivant, on pourra voyager sur la Meuse, en traîneau, de Namur à Rotterdam.

1643 Hiver est vif et prolongé, on va pouvoir traverser la Meuse à pied sec pendant trois mois. Bien obligé car une crue de la Meuse a emporté le pont des Arches !

1692 Le 18 septembre, séisme en Belgique de 6,5 Richter, victimes surtout à Verviers. 1697 il pleuvra de la mi-mai jusqu'à la mi-novembre, Imaginez !...

1708-1709 Première indication exacte de l'histoire avec le thermomètre de Réaumur ; la température descend cet hiver-là à - 20 °C. Louis XV grelotte dans son Versailles !

1739-1740 D'abord, les pluies de la mi-décembre provoquent de telles inondations qu'elles emportent les terres arables, et un curé écrit "Les eaux noient les Bburons" ! Puis, le froid persistant, rigoureux, gèle le pain et les boissons dans les habitations, et les animaux manquent de fourrage. A Liège, Bavière est noyée.

1759 Il gèle pendant 157 jours consécutifs.

1772 Par endroits, la neige atteint "six pieds de haut"

1795 Le thermomètre descend jusqu'à -22,50 °C.

1806-1807 : Cet hiver est extraordinairement clément. Les alouettes chantent en janvier. Le bétail est mis au vert au mois de mars.

Dès 1830 les observations météorologiques sont faites de manière régulière en Belgique. 1836 L'hiver a été précoce et très long : 169 jours de gelées.

1845 Autre hiver rigoureux. Le printemps froid et l'été pluvieux sont néfastes aux récoltes : le gel a détruit la récolte de colza, la rouille se met dans le seigle, le mildiou réduit fortement la production de la pomme de terre. Détresse des paysans et famine.

1876 Incroyable : on récolte des fraises à la Noël ! (noté par un curé dans son registre). 1880 Les flots s'élèvent jusqu'à un mètre dans la rue Sainte-Véronique à Liège.

1888 Mois de juillet sombre : 100 heures d'insolation, ce sera le record jusqu'en l'an 2000 !

1903 Il pleut du 23 juillet au ler octobre et la moisson se fait dans la pluie car on voyait rarement le soleil, Contraste : l'étè 1904 sera si clément que la moisson sera accomplie (à la faux) en un temps record.

1917 Gel à -20 °C, les betteraves des silos sont impropres à la consommation des animaux. 1921 Première grande sécheresse du XXe siècle,

1926-1927 : Les anciens se souviennent des inondations. Le 29 décembre, le terrain du Standard est sous eau. Rue Ste-Véronique et dans la cathédrale, les eaux montent à 1,80 m. 1928-1929 L'hiver est si rigoureux que les grains ont gelé, les travaux à la campagne ne pourront reprendre qu'en fin mars.

1930-1940 : Décennie remarquable par les pertes de bétail dues à la brucellose. Le Gouvernement vote des crédits pour la lutte contre le doryphore des pommes de terre. 1932 Saison des betteraves abominable : boue, ornières, véhicules enlisés, etc.

1937 Il fait +10 °C le 15 décembre ; brutalement -22 °C le 19 décembre : les grains sont gelés

1941 Le 25 décembre marque le début d'une période de froid; jusqu'en mars 1942, le thermomètre ne montera pas au-dessus de 0 degré, avec un minimum un jour de -18 °C !

1947 : L'hiver est si dur du 15 décembre au 27 février que les froments et escourgeons sont resemés en mars. Par contre, l'étè sera un des plus chauds du siècle et 243h d'insolation, avec un record de 37,4 °C le 15 août. Betteraves sucrières déficitaires. 1953 Tempête historique le 1er février à la côte (11 t). Inondations en Hollande (1372 t)

1956 Trois semaines glaciales en janvier-février mortelles pour la moitié des froments et escourgeons. Il neige à Rome ! La neige, en 1962, protègera les emblavures.

1974 La récolte des betteraves doit être momentanément suspendue à cause des terres détrempées. Période pluvieuse de septembre à décembre. L'hiver suivant sera doux.

1976 Grande sécheresse de mai à novembre, avec des températures élevées (plus de 30 °C), on doit abattre pas mal de bestiaux (manque de fourrage) d'où diminution des prix, mais la moisson est correcte. Fin juin-début juillet, 15 j avec des max. de + de 30 °C.

1978 Le thermomètre descend à —18 °C et la neige tient plusieurs semaines.

1986 Il fait 34 °C le 4 août, peu en comparaison des 38°4 °C dans le bassin mosan le 9 juillet 1959...

1988 Dans la soirée du 16 mai, les orages tournent en rond sur la région, causant des dommages dans les champs de jeunes betteraves...

1989 L'année la plus clémente du siècle : beau temps de la mi-avril à la mi-novembre. Et l'hiver suivant sera doux et la température moyenne annuelle s'établira à 11,3 °C.

1990 En février, quatre tempêtes avec des vents dépassant 150 km/h. Suivront six semaines de chaleur et sécheresse de juillet à la mi-août.

1991 En mars, gelées catastrophiques pour les arbres fruitiers, Le 25 mars, "pluie" de sable du Sahara, comme le 8 mai 88. Le 3 juin, le thermomètre ne dépasse pas 9,6 °C : autre record ! Le 31 décembre, "Monsieur Météo" Jules Metz (avec ses dictons bien choisis) prend sa pension de la RTBF. Dorénavant la météo, donnée après le JT, est sponsorisée.

1992 mai : en trois jours, la température monte de 12 °C à 30 °C. En été, 43 jours d'orages (localisés), en 3 mois, apportent 363 mm d'eau ! Le record était de 360 mm en 1850. Le 13 avril : un séisme (5,8 Richter) dont l'épicentre est situé au nord de Roermond.

1993 Temps excellent pour les cultures fruitières, ainsi que pour les céréales et les betteraves sucrières. À la fin de l'année, décembre n'aura que 15h d'ensoleillement et battra tous les records de pluviosité : il tombe 170 mm d'eau provoquant, vers la Noël, inondations, catastrophiques (de l'Ourthe, par ex.). À Lixhe, la Meuse charrie, le 22 décembre, 3 850 m³ par seconde, soit 13 fois son débit normal. Comme en 1926.

1994 Le 2 mars, La Meuse titre : "L'hiver le plus moche du siècle" ! Le 13 avril : "Jamais vu une météo pareille" ! En quatre mois (de décembre à mars) : 403,8 mm d'eau et 96 jours de pluie. Été est sec et torride. Insolation record et chaleurs dépassant plusieurs fois les 301. Maximum enregistré : 34,7 °C ! Avec une température moyenne de 10,4 °C, le mois de novembre le plus chaud depuis 1830.

1995 Le record de pluies de janvier 1938 (137, mm d'eau en 28 jours) est battu : 143,6 mm d'eau en 24 jours ! Paradoxe : viendront en été sept semaines de grandes chaleurs et de sécheresse. Les moissons commencées vers le 20 juillet ont été rapidement terminées bonne qualité, mais le rendement a chuté de 10 % par rapport à l'an dernier. Cette année a été bonne aussi pour les pommes de terre, le maïs, les betteraves, fruits et légumes. Toussaint : températures minimales les plus élevées depuis 1900. En octobre, plus de 10 °C de moyenne à Uccle. La chute des feuilles en est retardée de deux-trois semaines. Cette année, la hausse de la température moyenne de la planète Terre continue : l'augmentation est minime, mais constante : 14,84 °C contre 14,80 °C.

1996 L'hiver n'a pas été dur, long et trop sec. De juillet 1995 à juillet 1996, le total pluviometrique n'a atteint que 526,S mm pour une normale de 854,4 mm. Soirée du samedi 9 juin : un orage trop généreux et ruissellements. Léger séisme (3,5 sur Richter) le 25 juillet à 0h30. Temps parfait pour la moisson, récoltes excellentes, En quelques jours, il tombe 229 litres/m² : record absolu ! Le beau temps revient début septembre.

1997 L'hiver fut assez doux, mais les gelées d'avril ont compromis toutes les récoltes fruitières. Une saison d'été peu agréable : juillet quelconque, août trop chaud, trop sec... mais la dernière décade connaît un véritable déluge !

1998 Hiver doux, puis printemps bien arrosé. Une première quinzaine de mai quasi hivernale.. Juin sombre et humide Juillet pluvieux, la récolte normale se fait en bonnes conditions. Canicule en août, inondations en septembre. Octobre le moins ensoleillé du XXe siècle : moins de 50 heures d'insolation, mais pluviosité supérieure à 250 litres / m² = 25 cm ! Récoltes tardives des betteraves, 10 i 30 % de pommes de terre gelées en terre.

1998, année record en catastrophes naturelles : inondations en Chine du fleuve Yangtsé, au Bangladesh par le Gange et le Brahmapoutre, l'Amérique Centrale ravagée par l'ouragan Mitch, gigantesques feux de forêts en Indonésie et au Brésil...

Biaises = 32,3 cm d'eau (soit 4 fois plus que la normale, 88 cm, calculée sur les 30 dernières années!). Insolation minimum : 93 h contre une moyenne de 195h, l'ancien record datait de 1888: 100 h 1 Par contre, selon l'IRM, l'année 2000 a été l'année la plus chaude (après 1989 et 1990) depuis 1833, avec une température moyenne annuelle de 11,2 °C. La récolte de l'orge et du froment n'a commencé qu'en août, contrariée par verse et germination. Rapport diminué de 20 %. Récolte fruitière bonne: couleur, calibre, goût, rapport sucre-acidité, mais... tonnes de fruits vont aux fabricants d'aliments pour bétail afin de bénéficier l'intervention de l'Europe 3,86 F/kg pour détruire les fruits et soutenir les cours.

XXIe siècle

2001 L'hiver n'a pas été dur : peu de neige. En avril : 28 jours de pluie (134 litres/m²) d'où retard pour les semis de betteraves, chicorées et pommes de terre. Mai trop sec et trop chaud. La moisson se termine le 15 août baisse de ± 10 % du revenu agricole due au marasme du marché de la viande et au rendement moyen des récoltes céréalières et betteravières. Septembre pourri pour les pommes de terre : 200 mm de pluie (moy. 70 mm), 23 jours pluvieux (moy. 15 jours), peu ensoleillé 68 heures (moy. 154h), temp. moyenne 16,3 °C (moy. 19,1 °C)'...

2002 février, anormalement doux, bat tous les records de pluviosité : 159 litres/m². Léger tremblement de terre (4,7) le lundi 22 juillet vers 7h45. Première décade d'août pluvieuse retardant la moisson, mais la récolte de froment est bonne. Pommes de terre et betteraves promettent... Dimanche, 27 octobre : tempête avec rafales de plus de 140 km/h. L'année des records de pluviosité et de faible ensoleillement. Neiges au Nouvel An.

2002 Année noire pour les froment et orge d'hiver touchés par les gels en janvier.

2003 février, mars et avril connaîtront un déficit d'eau tandis que le printemps est exceptionnellement chaud (11,1 °C soit +2 °C) juin atteint un record historique : 19,4 °C. Suit la canicule de la première quinzaine d'août (38,6 °C à Aubange le 8 août) et ses pics d'ozone. Au total, une année avec beaucoup de soleil et peu d'humidité... en Belgique. À l'étranger, on a vu d'incroyables incendies de forêts et des inondations catastrophiques. Le rendement en céréales est très bon, jusqu'à 10 T/l'ha. Celui du maïs est très bon et celui des betteraves a été exceptionnel : jusqu'à 70 T/l'ha et une teneur en sucre jusqu'à 20°, bien supérieure à la moyenne. Les pommes de terre sont moins grosses et moins nombreuses : 45 T au lieu d'une moyenne de 55. Les conditions de plantation de froment et orge d'hiver ont été excellentes, Et tombe la première neige en octobre...

2004 Des mini-tornades ici et là, les céréales versées. Le mois d'août (surtout la deuxième moitié) a connu des pluies à, répétition (122,7 litres d'eau/m² en 21 jours) qui interrompent ± 25 % de la moisson. Le froment . vocation boulangère récolté risquait de perdre en qualité et de se voir déclassé en fourrager.. Heureusement l'embellie de début septembre a vu la sortie des moissonneuses... La récolte record au niveau mondial influencera le prix à 86€/T contre 130E l'an passé. Une chute des prix de vente risque de pénaliser les rendements trop prometteurs en pommes de terre et fruits. Belle récolte des chicorées et des betteraves sucrières.. 2008 Inondations locales à la suite de pluies diluviennes. Moissons normales. Première neige le 22 novembre. À la Conférence internationale de Kyoto, on attribue les causes du réchauffement de la terre aux milliards de tonnes/an de dioxyde de carbone (CO2). Effet de serre : augmentation de la température moyenne, recul de 30 % de certains glaciers, baisse des réserves d'eau potable, ici sécheresse et là inondations, là tempêtes, ouragans et ici canicule... Depuis 1833, la température a subi une hausse de 1,9 °C surtout depuis 1987 ! La Conférence de Rio a préconisé des restrictions de 5 ou 10 % de rejet de CO2, mais les pays industrialisés rechignent.

"Autrefois, nous avions des saisons bien marquées. Ce sont toutes ces inventions modernes et les bombes atomiques qui ont fini par détraquer le temps!" (Les gens) (I.R.M)(CHR)

La râperie de Crisnée[modifier | modifier le code]

Le ruisseau provenant de Freloux, traversait Fexhe et Kemexhe, charriait à travers ces villages et vers Crisnée, Thys et le Geer ses eaux ocre et boueuses, ainsi que l'épaisse couche de boue grasse et collante que déposaient en chemin les roues des charrettes et chariots. Les cultivateurs de betteraves sucrières n'étaient qu'à un jet de pierre de la râperie de Crisnée pour écouler leur production.

Du côté des producteurs, on s'inquiétait d'abord du pesage à la bascule, de la tare qu'on calculerait, du déchargement plus ou moins rapide, de la qualité des pulpes qu'on entasserait à la ferme dans un silo, mais essentiellement de la teneur en sucre et du prix unitaire, tous paramètres qui détermineraient le niveau de réussite de la saison.

La râperie de Crisnée fut opérationnelle le 10 octobre 1924, aux confins des communes de Fize-le-Marsl, Kemexhe et Crisnée. C'est sur ce dernier territoire que s'élevaient les bureaux et le réfectoire du personnel, au droit de la rue de Kemexhe, d'abord sous la forme d'un baraquement en bois avec des matériaux récupérés à la Caserne des Lanciers de Liège. Le gros œuvre de l'usine fut exécuté par la firme Lambotte de Bas-Oha, la grosse menuiserie par les ateliers Rolet de Liège, la huisserie par Henri Bolland de Crisnée.

Administrativement, la râperie était une succursale de la Raffinerie Tirlemontoise. Le jus des betteraves traitées était pompé dans une conduite de 15 cm de diamètre vers Ramkin à Oreye où elle rejoignait la conduite de Marlinne pour gagner finalement Waremme et la sucrerie de Wanze.

Chaque année, la râperie recrutait environ quatre-vingts saisonniers en sus desquels, faute de main-d'œuvre locale, on engageait une vingtaine de couples flandriens des environs d'Ypres qui travaillaient fort, ne rechignant pas à œuvrer leurs douze heures par jour. La fabrication de sucre c'était : lavage des betteraves, découpage en cossettes, la diffusion à l'eau chaude, chaulage et filtration du jus, puis évaporation et enfin cuite, cristallisation, centrifugeage et emballage, chaque opération étant surveillée par un chimiste et ses aides-chimistes occasionnels. Près de 300 agriculteurs des villages circonvoisins y livraient leur production de 1200 hectares par charrettes, chariots ou wagons du tram vicinal provenant des bascules extérieures de Xhendremael, Alleur, Paifve, Fooz, Donmartin et Lexhy. Suivant l'époque, selon la météo et l'évolution des techniques, les fournitures varièrent de 30 à 55 000 tonnes par saison, à raison de de 500 à 1000 T par jour, en pauses de huit heures. La fabrication n'était pas sans danger. Dans les premiers temps du fonctionnement de la râperie, on déplora un accident mortel.

La râperie de Crisnée cessa toute activité le 6 décembre 1968 après quarante années de travail. Dès lors, toute la production betteravière des environs fut traitée par la sucrerie Notre-Dame d'Oreye. Actuellement, le remembrement et la mécanisation ont tout changé. Le transport par camions de 20 tonnes est strictement programmé : Oreye n'accepte plus que les racines de chicorée, tandis que les betteraves sucrières sont traitées à Waremme et à Hollogne-sur-Geer.

À l'emplacement des immenses silos en béton, la firme Ronvodal a édifié une fabrique d'éléments en béton précontraint. L'ancien bâtiment administratif qui comportait aussi le service de pesage et de calcul de la tare des betteraves abrite depuis 1968 les bureaux de la firme Matagne. Dans la râperie est un énorme dépôt de matériaux et machines.

Amendement des sols Après la période de "fabrication", lorsque les eaux du bac de lavage des betteraves évacuées vers le champ d'épandage avaient eu le temps de décanter, on pouvait là s'y fournir de bonnes terres, par chariots ou charrettes, pour amender les terres de culture. C'était au temps où les engrais chimiques étaient rares et surtout chers à l'achat. Juste avant mais surtout pendant la dernière guerre, dans la campagne de Xhendremaal le long de la ligne du tram, on extrayait un engrais phosphaté. Non sans risque d'ailleurs car les puits et galeries étaient assez rudimentaires d'où l'on remontait les seaux au bout de la corde du treuil. À la surface s'élevaient des tas en forme de cônes. (CHR)

Collision de trams[modifier | modifier le code]

Dans les années 1910-1930, le voyage vers Liège en tram à vapeur était sinon un poème au moins une aventure, surtout en période hivernale, car dans les voitures à banquette en bois, un poêle alimenté en "boulettes" dégageait plus de fumée que de chaleur. À l'occasion, le tram de voyageurs croisait à une station, un convoi de marchandises, wagons transportant betteraves sucrières, pierrailles, charbon et même troupeau de veaux de boucherie.

La grosse locomotive verte, après l'arrêt de Crisnée, forçait sa vitesse dans la descente de la râperie pour parvenir, essoufflée, en haut de la grimpette vers la station d'Odeur. Heureux étaient les occupants si le convoi, après une averse de neige, réussissait toujours, entre Waroux et Alleur, à échapper au piège des congères. Un trajet non exempt de risques. Ainsi, le mercredi 19 septembre 1917, un peu avant huit heures du matin, deux trams vicinaux de cette ligne Ans-Oreye se télescopèrent à Crisnée au lieu-dit "Vers Kemexhe", à courte distance de la râperie.

Un convoi transportant des voyageurs liégeois descendait d'Odeur à toute vapeur vers la rue de Kemexhe avant d'aborder en face la côte vers les Croix, tandis que l'autre convoi descendant de Crisnée fonçait à toute allure pour remonter vers le moulin d'Odeur. Pour les deux chauffeurs, le fond de la vallée était masqué par les frondaisons des ormes bordant la grand-route et, lorsqu'ils s'entr'aperçurent, ils eurent beau freiner en catastrophe, siffler éperdument, le tamponnement était inévitable. Le choc frontal des deux locomotives, massives, fut effroyable et, dans les voitures enchevêtrées, disloquées, gisent les morts et hurlent les blessés ensanglantés. Un spectacle affreux pour les sauveteurs accourus d'Odeur, Kemexhe et Crisnée, aussitôt alertés par le bruit, tandis qu'arrivaient bientôt des ouvriers de la sucrerie d'Oreye. Sur place, Mère Jeanne et ses consœurs, Ursulines de l'école de Crisnée, s'affairent au secours des victimes, le curé Coopmans administre l'Extrême-onction aux blessés le plus gravement atteints, le docteur Garin, aidé par quelques volontaires, donne les premiers soins tandis que des voitures hippomobiles transportent les premières victimes vers Liège. Tout à l'heure, le Parquet descendra sur les lieux ; il ne retiendra aucune charge contre les machinistes, indemnes mais choqués, qui ont eu le réflexe de sauter en marche avant le choc fatal.

La majorité des passagers, originaires de Liège, Ans et Bressoux, venaient dans les campagnes hesbignonnes, munis de sacs et de houes, glaner quelque épi de froment ou fouiller les champs à la recherche de pommes de terre oubliées. En cette troisième année de guerre, les citadins avaient faim.

En plus des 75 blessés dont deux ne survécurent pas, on déplora 23 tués. L'acte de décès d'une quinzaine d'entre eux fut enregistré à l'administration communale de Crisnée par le secrétaire Tombeur et le bourgmestre Louwette et que Fernand Lahaye, étudiant en médecine vétérinaire, faisait office de témoin.

Des collectes au profit des familles des victimes furent organisées un peu partout dans la région, jusque dans les salles de spectacle de Liège, qui rapportèrent la coquette somme de 20 000 francs de l'époque, des millions de francs belges d'avant l'Euro. (d'ap. MEU)

Enseignement[modifier | modifier le code]

Premières écoles et titulaires[modifier | modifier le code]

Une école était tenue à Crisnée dès 1712 (Visitationes I,p.153). On n'en sait guère plus à ce sujet. L'enseignement a dû y continuer, du moins au profit de certaines familles, s'il faut en croire les sept signatures et les huit croix d'illettrés qui soulignent, en 1795, une délibération de manants de Crisnée.(RC1,P.28)

La dépêche du 26 novembre 1827 du Commissaire Royal (de Guillaume des Pays - Bas) autorisa 3,l'engagement de l'instituteur Jean-Joseph KINET, de Celles (1808-1877). Dès la fin de 1827, une école primaire située "Aux Trois Croix", sur la grand-route N3, derrière l'actuelle pharmacie Villé (ex-Chabot) accueille des garçons, et des filles, de Crisnée, Fize et Thys.

Le succès de cette école ne se démentira pas : le ler juin 1856, Jean-Pierre ROPPE, de Pousset, sera nommé sous-maître. L'inspecteur informe le Conseil qu'il manque à ce local un pavé à chaux (?) et deux colonnes pour soutenir les poutres du plafond dangereusement bombées par leur propre poids.

Le 8 décembre 1858,Henri-Joseph RUTTEN, d'Oreye, est nommé sous-instituteur en intérim de Jean-P. Roppe qui a donné sa démission (motif non signalé). En 1863, notre école de 2e catégorie reçoit une subvention de 500F (-or) pour l'instruction gratuite de septante enfants pauvres, y compris ceux de Thys; les enfants solvables payant 240F ensemble. Le Conseil obtient de lever 10 centimes additionnels extraordinaires pour couvrir les frais de construction d'une école, soit vingt mille francs. C'était le ler décembre 1869.

En 1871, on avait construit au carrefour des rues de Fize et de Favray, un bâtiment d'école contigu à la maison communale. Henri-Joseph RUTTEN, d'Oreye (1835-1908) inaugurera le nouveau local et, dès sa nomination d'instituteur, le 27 janvier 1871, il va habiter "à li scole", Il cumulait ses fonctions avec celles de receveur communal et organiste. Carrière achevée, il démissionna à Pâques de 1891.

Charles LAHAYE, de Crisnée (1859-1933), nommé le 23 avril 1891, lui succéda. Musicien et compositeur, il était organiste. Il fut aussi receveur du Bureau de Bienfaisance. De son temps, le Conseil communal fit renouveler le mobilier scolaire : bancs, poêle à charbon, grand tableau noir. On acquit les collections de mesures de système métrique, récipients en étain, volumes en bois.

Intérimaire depuis le 1er décembre 1918, Joseph TOMBAL, d'Otrange (1899-1955) fut élu le 14 juin 1919, avec la charge d'une classe approchant les 70 élèves. À la suite de l'intervention de l'inspecteur, cette situation s'améliora en 1921, quand les filles occupèrent leur propre classe. M. SAAL, de Jeneffe, en 1933, et Pascaline BOTTY, d'Otrange, en 1938, remplacèrent Joseph Tombal pour deux courts congés de récupération. Il était aussi secrétaire communal, membre du Conseil de Fabrique et organiste. Malade, il fut contraint de démissionner, le 1er septembre 1954 et mourut moins d'un an après.

Dès septembre 1938, l'école, à division unique jusque là, avait été dédoublée. Le Conseil communal désigna Nicolas BOLLAND, de Crisnée, afin d'y enseigner au degré inférieur. En février 1939, le Conseil emprunta une somme de 10 000 F destinée au pavage des cours de l'école. En 1953, on remplaça la toiture en ardoises par des tuiles Potelberg. Nicolas Bolland n'eut que trois intérimaires : Raymond COLLARD et Joseph DANS, tous deux de Kemexhe, pendant la mobilisation de 1939-40 et les Dix-HuitJours, et Louis MARNEFFE, pour une courte maladie. Instituteur en chef, au 20 octobre 1953, il lui revint de clore la porte de l'école primaire des garçons de Crisnée - en même temps que se fermait l'école des filles - au 1er septembre 1965, quand les élèves des communes fusionnées du Grand Crisnée furent regroupés à Fize-le-Marsal, à l'École Moyenne, rebaptisée plus tard Lycée d'Etat. Nicolas Bolland y termina sa carrière le 1er septembre 1974. (CHR)

La santé[modifier | modifier le code]

Du passé au présent[modifier | modifier le code]

La médecine et la pharmacie locales pratiquées par des Crisnéens ont été de tout temps totalement absentes. Pour tous soins, les gens recouraient aux praticiens d'ailleurs. Ceux-là qui faisant ce qu'ils pouvaient avec les moyens de l'époque ont quand même dû soulager pas mal de monde. On peut aujourd'hui considérer avec amusement les miracles qu'ils faisaient en comparaison avec les médecins du XIIIe siècle qui, pour réduire une fracture, ordonnaient la récitation d'un Pater pendant qu'on usait d'une poudre composée de gingembre et de cannelle ; qu'on attachait un cochon au lit d'un léthargique ; qu'à un apoplectique on faisait avaler la chair de lion, l'huile de scorpions et des œufs de fourmis.

À la même époque, un Guide de la santé - ça existait déjà - après la description des propriétés des choses dont on se nourrissait (céréales, légumes, produits laitiers, viandes, poissons, vin, cervoise) ajoutait quelques conseils pour rester en bonne santé : "Entretenez-vous en gaieté à écouter des poèmes amusants. Recherchez les conversations aimables et fuyez les querelles, donnez-vous le plaisir de renouveler vos vêtements, ou trouver une amie blonde et dodue. Ne donnez pas dans la gourmandise ; vivez honnêtement et fuyez la corruption, chantez parfois de la musique. Soyez confiants dans le bonheur: dédaignez les ennuis, ne soyez ni envieux ni irascible ; ne vous laissez pas aller aux bas propos ; soyez maîtres de vos gestes qui doivent être mesurés. Respectez les choses sacrées. N'agissez jamais qu'en pleine lumière, franchement, sans dissimulation. Ainsi vivrez-vous une longue vie." (ED) D'excellents conseils qui restent valables sept siècles plus tard.

Année après année, jour après jour, les techniques innovent, les inventions se bousculent et les chercheurs repoussent toujours plus loin les limites du possible. Si hier on soignait la maladie, puis le malade, aujourd'hui on intervient sur le vivant, sur la cellule, on incrimine les gènes. Les grandes découvertes de la médecine depuis la première intervention à cœur ouvert de Barnard, ne cessent plus : les membres recousus, la locomotion rétablie avec des prothèses étonnantes, la chirurgie non invasive, l'usage du laser pour soigner les yeux, la correction de l'audition, l'asepsie, la douleur maitrisée, la complexe machinerie chirurgicale, le scanner, la vidéochirurgie, etc.

Sans vouloir entrer dans le détail de la pharmacopée locale, on rappellera pour le passé l'usage de la teinture d'iode et du bleu de méthylène, les ventouses et les sangsues, la purgation et les enveloppements à la farine de moutarde ou à la ouate thermogène, l'aspirine et les thés, la graisse de chameau et l'huile de foie de morue, les potions à la codéine et les pilules que le pharmacien composait sous vos yeux, vous faisant, au moment de l'addition, cadeau d'un jujube.

Suivirent plus tard quelques spécialités, par exemple le Dagénan contre la pneumonie et autres qui coûtaient trop cher pour le commun des villageois, les cures de soleil en Suisse contre la tuberculose, les premières vaccinations contre la variole par le médecin scolaire. Le miracle survint après la guerre, en 1945, avec la pénicilline laquelle précédait les antibiotiques dont on utilise chaque jour, parce que sans compter, des variétés de plus en plus fortes car les bactéries s'y habituent, résistent.

Pour mémoire, rappelez-vous, voici une liste des médicaments les plus fréquemment utilisés en cette fin de XXe siècle : 1.Perdolan (a), 2. Dafalgan (a), 3. Aspirine (a), 4. Augmentin (i), 5. Nerofen (a), 6.. Motilium(g), 7.Temestat (c), 8. Lipanthyl (h), 9. Sedergine (a), 10. Actifed (a), Ii Amior (d), 12. Clamoxyl (i), 13. Aspegic (a), 14. Aspro (a), 15. Lexotan (c), 16. Otrivine (n), 17. IsoBétadine, 18. Panadol (a), 19. Ventolin (histaminique), 20. Lysomucil (e) (analgésiques (a), anti-infectieux (r), calmants (c). expectorant (e), gastroprocinétlque (g). hypolipidémiant (Ev) antagoniste du calcium (d). préparation nasale (n), refroidissement (r) (CHR)

La qualité de l'air à Crisnée[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'enquête organisée parmi les Crisnéens par l'Administration communale, les citoyens de la commune ont suggéré les recommandations suivantes concernant la qualité de l'air que respirent les Crisnéens et Crisnéennes en 2002.

Sont particulièrement dénoncés les feux de jardin et l'incinération sauvage (52 %), l'utilisation des véhicules à moteur (28 %), le chauffage au mazout (12,5 %), les pesticides agricoles (7,7 %) et, dans une moindre mesure, les pesticides, le fumier, l'électricité, les tondeuses à essence, les barbecues.

Sont encouragés: le triage des déchets, le compostage avec utilisation d'un broyeur, les emballages réutilisables, le respect de l'environnement par réglementation de l'épandage de lisier, la limitation en durée du dépôt de fumier sur les terres avant charruage, le réglage et l'entretien des appareils de chauffage, imposer l'équipement de protection sur les machines d'épandage de pesticides/herbicides, privilégier les transports en commun et le covoiturage, la plantation d'arbres et de haies dans jardins et pâtures, le long des routes et même des chemins de remembrement, l'emploi de produits de nettoyage écologiques, la promotion de la marche par l'aménagement de sentiers pédestres, l'interdiction de stationnement sauvage de camions (sur la Place d'Odeur par exemple), sans préjudice du nettoyage des voiries afin d'éviter les écoulements d'eaux usées et les mauvaises odeurs. Certains votants vont jusqu'à préconiser l'entretien des appareils à moteur par l'instauration d'un carnet, l'information, la sensibilisation et l'éducation des citoyens et des enfants pour économiser l'énergie.

Sur un plan plus général, les gens vont plus fort et plus loin : agir contre la nuisance sonore des avions alors que Crisnée n'en souffre guère ; promouvoir l'utilisation du vélo par l'aménagement de pistes cyclables ; imposer aux éleveurs-agriculteurs des mesures de prévention contre les mouches; créer, comme s'il en manquait, des espaces verts dans les communes, effectuer des contrôles de vitesse et d'émissions de CO2 des véhicules.

Certains font dans le détail : ils conseillent de couper le moteur à l'arrêt, ils accusent le barbecue et ses produits d'allumage, ils préconisent un renforcement des mesures préventives contre le tabagisme. Les deux plus raisonnables de notre société estiment que les mesures actuelles sont suffisantes et qu'il faut en ces domaines faire confiance aux édiles. (Site de Crisnée)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 105.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annales Soc. Arch. Bruxelles XVII (1903), page 127.
  • Inventaire analytique des chartes Collégiale Ste-Croix, à Liège. (Poncelet, tome I, 1911)
  • Ernest Godefroid : Liège 1930, Touring Club de Belgique, Société royale 1930.
  • Dictionnaire des communes belges (édition 1933).
  • Jean Haust : Dictionnaire de wallon liégeois (1933) (1938).
  • Jules Herbillon, "Bulletin de la Commission royale de Toponymie de la Hesbaye Liégeoisee Vol XIII Crisnée", Edit. Wetteren De Meester 1949.
  • Daniel-Rops : L'Église de la Cathédrale et de la Croisade (Arthème Fayard, 1952)
  • Dieudonné Boverie : Histoire de Liège (Simonis 1975)
  • Eugène Dethier ; 2000 ans de vie en Hesbaye "D'attuatuca à l'E5" 1976.
  • Jean Lejeune : La Principauté de Liège, Eugène Wahle éditeur 1980.
  • Histoire des Tramways au Pays de Liège (GTF 1985).
  • Henri Bernard : L'Armée Secrète 1940-1944 (Duculot 1986).
  • Fl.P. ISTA . Hannut-Waremme dans la tourmente de la 2e guerre mondiale vol III 1988.
  • Louis Marneffe : Chronique des gens et des choses de Crisnée 1989 (2e édit).
  • Louis Marneffe ; Chronique du groupe Zorro. AS Liège-Ouest. (1995).
  • Pierre Henrion, "Crisnée - église Saint-Maurice", dans Bulletin de la Commission royale des monuments, sites et fouilles, tome 18, 2004-2005, pp. 68-69.
  • Registres communaux d'état-civil et de population de la commune de Crisnée
  • Daris : Histoire du diocèse et de la Principauté de Liège aux XVe et XVIIIe siècles
  • Cour de Justice de Crisnée
  • Jeannine PAYE-BOURGEOIS : Hesbaye, terre méconnue
  • Joseph Demartèau : Liégeois d'il y a cent ans
  • Chronique du XXe siècle (Elsevier)
  • Répertoire du mobilier des sanctuaires de Belgique
  • Province de Liège : Jean Jacques Bolly.
  • Clergé du diocèse de Liège 1825-1967
  • Jules Herbillon : Les curés de Crisnée (Leodium XXXIV)
  • Thimister : Nécrologe du clergé du diocèse de Liège
  • Paquay : Visitationes archidiaconales 1613-1673, tome I.
  • Mercier : Vingt siècles d'histoire de l'Église
  • Al.de Marneffe : Table des dignitaires du chapitre de St-Lambert (Seigneurs de Crisnée)
  • R.de Mayer : Overblijfselen der Romeinsche Villa's
  • François Hahiels : Le Geer, rivière hesbignonne.
  • Doyen Fréson : Chronique archéologique du Pays de Liège
  • Bull. comm. Art. Arch. XXXVIII,XL,XLII,XLVI,XLIII
  • Bull. Soc. Art. Hist. XVIII
  • ASBL Le Grand Liège : Art mosan et arts anciens
  • A.Moors--Schoefs : Li tram à wapeûr
  • Jean Lefèvre : Traditions de Wallonie (Marabout)
  • Moniteur Belge de 1939 à 1975
  • Delvaux : Dictionnaire II
  • Emile Bouvier : Miroir de la Hesbaye.
  • François Mahiels: Le Geer,une rivière hesbignonne,
  • les quotidiens La Meuse (MEU)), la Libre Belgique (LLB), Le Soir (LS) et l'hebdomadaire "Patriote Illustré" (PI) (1926-1965),

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