FA-MAS

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FAMAS Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne
Image illustrative de l'article FA-MAS
FAMAS F1 équipé du chargeur PCL (Pour Cartouche de Lancement)
Présentation
Pays Drapeau de la France France
Type fusil d'assaut, semi-automatique
rafale de trois coups
automatique
Munitions 5,56 x 45 mm (version F1)
5,56 × 45 mm OTAN (uniquement version G2)
Fabricant Manufacture d'armes de Saint-Étienne puis GIAT Industries
Période d'utilisation 1973
Poids et dimensions
Masse (non chargé) 3,780 kg (F1)
3,747 kg (G2)
Masse (chargé) 4,370 kg (F1)
4,170kg (G2)
Longueur(s) 757 mm
Longueur du canon 488 mm
Caractéristiques techniques
Architecture Bullpup
Mode d'action arme à culasse non calée à masse additionnelle
levier amplificateur d'inertie
Portée maximale 3 200 m
Portée pratique 300 m
Cadence de tir 1 000 coups/min (F1)
1 100 coups/min (G2)
Vitesse initiale 960 m/s (F1)
925 m/s (G2)
Capacité 25 coups (F1)
30 coups (G2)
Variantes FAMAS F1
FAMAS G1
FAMAS G2
FAMAS FÉLIN
FAMAS commando
FAMAS civil
FAMAS export

Le FAMAS (pour « fusil d'assaut de la manufacture d'armes de Saint-Étienne »), dont la dénomination officielle (Fusil d'assaut de 5,56 mm modèle F1 MAS) est souvent simplifiée en FAMAS, est un fusil d'assaut français.

Il a été commandé et mis en service par l'armée française qui voulait une arme tactique puissante et d'encombrement réduit qui soit également facile à utiliser et entretenir. Le FAMAS a remplacé le fusil FSA MAS 1949-56 en calibre 7,5 mm et le pistolet mitrailleur MAT 49 en calibre 9 × 19 mm Parabellum, supprimant ainsi l'ancienne organisation binôme.

Une étude, sorte de phase préparatoire au remplacement de cette arme à partir, éventuellement, de 2015, a été lancée fin 2009[1].

Description[modifier | modifier le code]

FA-MAS F1

1 : Partie plate = talon de crosse / Partie anguleuse = bec de crosse

2 : Crosse amovible du FA-MAS

3 : Appuie-joue mobile (permet de passer d'un FA-MAS pour droitier à un FA-MAS pour gaucher)

4 : Ensemble mobile. Fenêtre d'éjection des étuis selon le montage de l'extracteur (ici à droite)

5 : Goupilles à démontage rapide

6 : Branche de bipied

7 : Poignée garde-main

8 : Levier d'armement

9 : Alidade de visée pour les tirs de grenade (on lui attribue plusieurs noms: alidade de tir courbe, alidade de tir vertical).

10 : Bague d'enfoncement de grenade

11 : Manchon cache-flamme

12 : Canon

13 : sélecteur de tir 3 positions : tir coup par coup/rafale/sécurité

14 : Queue de détente

15 : Crochet de chargeur

16 : Chargeur (ici, chargeur PCL (Pour Cartouche de lancement) appelé aussi « chargeur feuillette »)

17 : Numéro de série de l'arme

18 : Boîtier de mécanisme 2 positions : rafale 3 coups/Automatique

Le FA-MAS coûte environ 1 500 € en version F1 et 3 000 € en version G2.

Son architecture bullpup explique sa compacité malgré une longueur de canon (488 mm) lui assurant puissance et précision. La position très reculée de la culasse d'un fusil bullpup place l'éjection des étuis à la hauteur de la joue du tireur, ce qui impose de l'épauler toujours du même côté. Le FA-MAS peut être utilisé aussi bien par les gauchers que par les droitiers en changeant la configuration de la fenêtre d'éjection; cela implique une inversion de l'appui-joue ainsi qu'un démontage de l'arme afin d'inverser l'extracteur et l'obturateur se situant de part et d'autre de la tête amovible dans la culasse[2]. Dans le jargon militaire, l'ensemble tête amovible + obturateur + extracteur est surnommé la « tête de Mickey » car, vu de face, il évoque les trois cercles (tête et oreilles) permettant de dessiner la tête de Mickey Mouse. Le sélecteur de tir rafale/coup par coup est situé dans l'arcade de pontet, devant la queue de détente, donc accessible par les droitiers comme par les gauchers et le limiteur de rafale se situe sous la crosse sur le boîtier de mécanisme. La sécurité de l'arme est assurée par le boîtier de mécanisme sur le F1.
En raison de son aspect (faible longueur et poignée garde-main), il fut surnommé « le clairon » par certains militaires français, bien que cette appellation non réglementaire soit tombée en désuétude[3].

Tir[modifier | modifier le code]

Le FA-MAS est chambré en 5,56 mm OTAN. Les versions F1 et G1 possèdent un chargeur propriétaire de 25 cartouches tandis que la version G2 à 30 cartouches, est compatible avec la norme OTAN STANAG[2]. Le coût unitaire d'une cartouche, selon les fabricants retenus pour l'approvisionnement, est de 0,20 € à 0,25 €. Son mécanisme assure deux modes de tir : semi-automatique et rafale. Le limiteur de rafale situé derrière le puits de chargeur permet d'opter entre des rafales libres ou limitées à trois coups. La cadence de tir théorique, élevée pour un fusil d'assaut, est d'environ 1 000 coups par minute en mode rafale illimitée.

Pour l'entraînement avec munitions à blanc, un bouchon de tir à blanc (BTB) peut être vissé au bout du canon. Il permet le réarmement de l'arme en freinant les gaz de combustion. Lors d'un tir à munitions avec balles, si le BTB est monté, le BTB et le manchon cache-flamme cassent. L'espérance de vie minimale théorique du canon est de 30 000 cartouches tirées.

Le FA-MAS est aussi capable de tirer des grenades mixtes antipersonnelles/antivéhicules (APAV40 notamment) ou antichars (comme l'AC58) au moyen de cartouches spéciales (cartouches feuilletées pour grenades modèle F1) ou de cartouches ordinaires F1 (grenades modèle F2, où la grenade est dotée d'un piège à balle). Les grenades tirées de cette manière peuvent peser un poids maximal de 500 g. On peut aussi adjoindre au FA-MAS un lance-grenade (M203 américain), qui se place sous le canon, ou une baïonnette.

Visée[modifier | modifier le code]

L'alidade de tir courbe du FA-MAS est conçue pour employer les grenades à une portée de 120 à 340 m (par incréments de 20 m) en tir courbe à 45° (tir antipersonnel) ou 60 à 170 m (par incréments de 10 m) à 74°. Le tir avec une alidade de 74° n'est théoriquement pas utilisé en entraînement. Malgré la suppression de l'alidade de tir tendu, ce dernier reste possible grâce à un dispositif amovible livré avec les grenades. La poignée garde-main du FA-MAS F1 est échangée sur le G2 contre une version équipée d'un rail dit OTAN pour recevoir de nombreux types de lunettes de visée de tir (avec ou sans amplification de lumière). La lunette OB 50 A ou B (terre, air) est directement montée sur la poignée garde-main renforcée.

Le FA-MAS possède un bipied pour le tir couché. Sa version équipée d'une Poignée Garde-Main Polyvalente (PGMP) permet de monter une lunette Scrome J4, un viseur clair (point rouge) Aimpoint ou encore un dispositif d'aide à la visée de nuit « Pirat ».

Concernant la visée de nuit, il était doté à l'origine d'un coulisseau avec pastille fluorescente monté sur le support guidon et de deux autres pastilles fluo sur le support de l'alidade de tir tendu, lui-même installé sur la PGM. De nuit, aligner correctement ces trois pastilles permettait de prendre une visée approximative, à corriger grâce aux cartouches à balle traçante. Ces pastilles fluorescentes ont été jugées dangereuses pour la santé de l'utilisateur et retirée avant le début de l'année 2010, d'où notamment la suppression de l'alidade de tir tendu qui comportait sur son support deux des trois pastilles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, la présence croissante de la célèbre Kalachnikov AK-47 sur les théâtres d'opérations (Liban, Zaïre...) tend à ringardiser les armes françaises en service à l'époque et issues des guerres de décolonisation des années 1950 : le fusil semi-automatique MAS Mle.49/56, le pistolet mitrailleur MAT 49 et le fusil mitrailleur MAC Mle.29. Pour se tenir à armes égales avec les armées ennemies, la France dut ainsi avoir recours plusieurs fois aux fusils d’assaut SIG 540 suisses. En vue de mettre un terme à ce retard technologique de plus en plus inquiétant, le gouvernement français réunit alors une équipe d'experts et d'ingénieurs pour élaborer en laboratoire une arme moderne qui serait un bijou de technologie, dont la fabrication est laissée aux soins de la manufacture d'armes de Saint-Étienne. Conçu afin d'équiper l'armée française, le FA-MAS a été présenté pour la première fois en 1973 et commandé en 1979, et l'armée française en est finalement dotée en 1983[4].

La version initiale du FA-MAS, nommée F1, a été vendue à plus de 400 000 exemplaires en France et dans quelques pays étrangers (Djibouti, Gabon, Sénégal, les Émirats arabes unis)[2], parfois donnée comme cadeau à des pays alliés[4].
Giat Industries a ensuite produit une variante G1 qui servit de transition vers le G2. Cette dernière est conforme à la norme de standardisation STANAG 4719 de l'OTAN. En France, il est en service dans la Marine nationale.

Arme conçue en laboratoire pour être la plus moderne et technologique de son temps, le FA-MAS fut largement décrié pour son manque de réalisme sur le terrain. Arme lourde, d'entretien complexe, parfaitement irréparable si endommagée, le FA-MAS ne récolta qu'un succès d'estime, mais ne fut jamais acheté massivement par aucun autre pays, les armées lui préférant bien souvent les armes américaines ou surtout l'éternelle Kalachnikov, et ce jusqu'en 2013 à l'occasion du conflit au Mali[4].

La production du FA-MAS a cessé en 2000 avec la fermeture du site de la manufacture d'armes de Saint-Étienne[5]. Sa maintenance est aujourd'hui assurée par l'usine Nexter Mechanics de Tulle, anciennement Manufacture d'Armes de Tulle, où fut produit le pistolet-mitrailleur MAT 49.

Variantes[modifier | modifier le code]

Une copie du FA-MAS a été produite en 22LR par la société UNIQUE : il s'agit d'une carabine X51 bis carénée dans une crosse en matière plastique comportant une tringle de renvoi de la détente vers la détente originelle, toujours en place. Cette copie n'a jamais été règlementaire dans l'armée française. La MAS a également travaillé et proposé une version en 4,5 à air comprimé. Le projet était de proposer une arme d'entrainement et de familiarisation aux armées possédant le FAMAS. L’armée française ne l'a pas adoptée.

FA-MAS F1[modifier | modifier le code]

Première version mise en service à partir de 1978.

FA-MAS civil[modifier | modifier le code]

Afin de pouvoir être vendu sur le marché français, le canon du MAS 222 est allongé à 570 mm et est chambré en .222 Remington. Il tire au coup par coup et la bague pour fixer les grenades a été supprimée. Il n'est plus produit depuis 1992.

FA-MAS commando[modifier | modifier le code]

Le canon du FA-MAS Commando a été raccourci à 405 mm afin de l'adapter aux usages des forces spéciales. La possibilité de lancer des grenades a aussi été supprimée. Cette variante n'a pas été produite en grande quantité.

FA-MAS export[modifier | modifier le code]

Conçu pour les tir extérieurs, le famas Export peut seulement tirer au coup par coup et n'est pas capable de lancer des grenades.

FA-MAS G1[modifier | modifier le code]

Dérivé du F1, le FA-MAS G1 était une version de transition entre le F1 et le G2 et fut le premier modèle produit par GIAT industrie. Il utilisait toujours le chargeur de 25 coups du F1, mais possédait une poignée similaire au G2 (pour l'utilisation de gants).

FA-MAS G2[modifier | modifier le code]

Photographie d'un FAMAS G2.
Schéma Comparatif des deux versions du FAMAS.

Le G2 est identique au F1 d'un point de vue mécanique. Les rayures du canon sont de dimensions différentes (pas de 1/9 contre 1/12 pour le F1) et le G2 peut ainsi tirer indifféremment les munitions de type M193 (M16A1) ou SS109. Extérieurement, cette dernière se distingue par la suppression de l'arcade de pontet, remplacée par une large garde partant de la base de la poignée et qui finit à la moitié du fût, ainsi que par un chargeur courbe de 30 cartouches aux normes STANAG. La fibre de verre utilisée pour la poignée garde-main et le fût est remplacée par du plastique, le reste de l'arme est réalisé en acier. La suppression de l'arcade de pontet, mobile sur le F1, a été apportée pour permettre l'usage du FA-MAS en milieu arctique (avec des gants).Le FAMAS G2 a été développé vers 1994 pour être conforme aux normes de l'OTAN. Plusieurs autres améliorations ont été prises à partir du modèle G1, tels que le pontet élargi et protège-mains améliorée faite de fibre de verre, plutôt que de plastique comme sur les F1.

La marine française a acheté le FAMAS G2 en 1995, et a commencé à le distribuer aux Marins Commandos Marine et aux fusiliers, mais l'Armée de Terre française n'a jamais acheté cette arme et le FAMAS F1 reste son principal fusil d'assaut.

FA-MAS FÉLIN[modifier | modifier le code]

La version FÉLIN du FA-MAS G2

Le FA-MAS FÉLIN a été mis au point à partir du G2 dans le cadre du programme FÉLIN (fantassin à équipements et liaisons intégrés). Il comprend une lunette optronique fonctionnant en voie thermique permettant le tir de nuit et de jour. Le fantassin pourra par exemple, grâce au système de visée déportée, traiter des objectifs sans s'exposer aux tirs ennemis, en restant à l'abri alors qu'il observe ou surveille la zone ou effectue une visée. Afin de faciliter la manipulation de l'arme, celle-ci est dotée d'une seconde poignée verticale à l'avant et d'un carénage entre les deux poignées. Cette poignée intègre un pad de commande permettant de piloter toutes les fonctions de la lunette mais également l'émission du poste radio porté par le fantassin.

L'arme présente une silhouette surbaissée, permettant de maintenir une ligne de visée la plus proche possible de l'axe du canon ; celui-ci, par rapport à la version F1, a été remplacé par un canon de marque BERETTA au pas de 7 pouces compatibles avec les munitions SS109 OTAN ou F5.

Les modifications apportées grâce aux optiques du FELIN et du canon sont une portée de 600 mètres jour/ nuit pour l'optique dit « FIL ». En mode nuit vision thermique. Détection 900 mètres, reconnaissance 700 mètres, identification 600 mètres et juste une portée de 600 mètres de jour et 280 mètres de nuit pour l'optique dit « FIL » (fonctionnant en Intensification de lumière).

Sur le rail Picatinny, peut être mis en place un viseur clair EOTECH, autorisant une visée reflex permettant de faire but immédiatement à 300 m, voire à 400 mètres moyennant une légère contre visée. L'EOTECH présente 15 niveaux d'intensité d'éclairage du red dot en mode diurne et 10 niveaux de réglage en mode nocturne (uniquement visible dans les jumelles de vision nocturne).

FA-MAS valorisé[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un FA-MAS F1 dont la PGM a été remplacée par la nouvelle version destinée au FA-MAS FELIN, rabaissée et équipée d'origine de 2 rails Picatinny. En outre, l'articulation du bipied a été reculée d'une dizaine de centimètres et chaque pied est désormais courbé en 2 points vers l'avant, afin qu'en position repliée, ils ne gênent pas l'éjection des étuis vides (ils sont ainsi déportés vers le bas). La confusion est souvent faite entre le FA-MAS valorisé et le FELIN, bien que les deux soient facilement identifiables: Le FELIN possède une poignée avant équipée de commandes électroniques, alors que le FA-MAS valorisé possède un fût classique de F1.

Remplacement[modifier | modifier le code]

Le général Bertrand Ract-Madoux, CEMAT a annoncé, en 2012, que l'armée française lancera un appel d'offre en 2013 suivi d'un choix en 2015[6] pour son "Arme Individuelle du Futur"[7] qui doit équiper l'Armée de Terre.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Soldat du 2e régiment étranger de parachutistes épaulant un FA-MAS.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le FAMAS fait une apparition dans certains jeux vidéo :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Étude technico-opérationnelle de la Trame Armements Antipersonnels de l'Infanterie (TAAPI), salle d'acquisition dématérialisée, Ministère français de la défense
  2. a, b et c (en) Jane's Infantry Weapons 2008-2009, Coulsdon, Jane's Information Group,‎ 27 janvier 2008, 34e éd., 943 p. (ISBN 978-0-7106-2834-3)
  3. http://www.defense.gouv.fr/terre/equipements/armement-individuel-et-collectif/famas
  4. a, b et c Georges Moréas, « Kalachnikov : géopolitique au bout du canon », sur http://Moreas.blog.LeMonde.fr,‎ 26 décembre 2013 (consulté le 26 décembre 2013)
  5. (fr) Manufacture nationale d'armes sur archives.saint-etienne.fr
  6. http://www.thefirearmblog.com/blog/2011/11/23/french-army-to-replace-the-famas-rifle/
  7. http://www.rtbf.be/info/regions/detail_fn-herstal-la-direction-a-presente-aux-syndicats-son-plan-a-moyen-terme?id=7858611
  8. Jones, Richard D. Jane's Infantry Weapons 2009/2010. Jane's Information Group; 35 edition (27 January 2009). ISBN 978-0-7106-2869-5.
  9. Bishop, Chris. Guns in Combat. Chartwell Books, Inc (1998). ISBN 0-7858-0844-2.
  10. http://www.youtube.com/watch?v=Kiix11Ja_q4

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]