5,56 × 45 mm Otan

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Différentes cartouches de 5,56 mm OTAN.

Le 5,56 mm OTAN ou 5,56 × 45 mm (5.56 × 45 mm NATO en anglais), normalisé dans le STANAG 4172, est un type de cartouche pour fusil d'assauts. Il s'agit d'un calibre standard parmi les forces armées de l'Otan ainsi que celles d'autres pays non membres. Le terme « 5,56 OTAN » est l’appellation militaire normalisée de la munition civile de .223 Remington : elles ne sont pas interchangeables. La 5.56x45 a une pression de 430 MPa (62,366 psi) et la 223 Remington a une pression de 380 MPa (55,000 psi). Aussi la gorge de la 5.56x45 est plus longue que la 223 Rem. Tirer une 5.56x45 dans une arme chambrée pour la 223 aura comme effet d'augmenter la pression à des niveaux dangereux mais on peut tirer de la cartouche de 223 dans une arme chambrée pour la 5.56x45 OTAN mais la précision ne sera pas au rendez-vous. Les longues gorges sont utilisées pour les hautes pression au-dessus de 430 MPa (62,000 psi) comme les calibres magnum de la compagnie Weatherby. Ceci a pour effet de contrôler la pression. (Voir le même article en anglais pour la confirmation de ces écrits). Il existe des variantes de poids et de longueur d'ogives, et de poids et de type de poudre existent en fonction des pays fabricants, mais les munitions « civile » et « militaire » peuvent être tirées indifféremment dans toutes les armes chambrées dans ce calibre.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1980, l'Otan la substitua au 7,62 mm Otan comme munition standard pour ses fusils d'assaut. Cette nouvelle version a été conçue par la branche cartoucherie de la FN Herstal. Le 5,56 × 45 mm est tiré par quelques mitrailleuses et fusils mitrailleurs. Le 5,56 mm OTAN fut utilisé la première fois dans le FN FNC puis dans le M16A2 de l'US Army, le FAMAS G2 français, le HK G41 allemand, le L85A1 britannique, les CETME L/LC espagnol ou le Beretta AR70/90 italien au cours des années 1980 et 1990.

Développement[modifier | modifier le code]

Étui de 5,56 mm Otan vu en plongée
Étui de 5,56 mm Otan vu de face

Face à la puissance excessive de la 7,62 mm OTAN qui provoque un recul important pour une arme légère, nécessite plus de matières premières, et, de par son poids et son volume, limite le nombre de cartouches qu'un soldat peut emmener en opération, l'idée d'une munition légère et rapide, adaptée aux distances de combat courantes (soit environ 300 mètres) a vu le jour dans les services de recherche de l'armée américaine.

Dans le milieu des années 1950, trois cartouches de calibre .224 furent sélectionnées pour succéder au 7,62 mm OTAN en tant que principale cartouche militaire des forces armées américaines : le .222 Winchester, le .224 Springfield et le .222 Special. Cette dernière fut développée par Eugene Stoner, d'Armalite. Toutes furent des versions améliorées de la cartouche .222 Remington. Le .222 Special fut choisi parmi les autres et bientôt devint connu sous le nom de .223 Remington.

Le .223 Remington apparut pour la première fois en 1957 en tant que cartouche expérimentale militaire dans la carabine d'assaut Armalite AR-15. En 1964, il fut officiellement adopté par l'armée américaine sous la désignation 5,6 mm Ball M193. Elle est utilisée dans la carabine à tir sélectif M16 qui est fondée sur le design original de l'AR-15. Cette cartouche fut le travail de Robert Hutton, qui était éditeur technicien pour le magazine Guns & Ammo et qui possédait un champ de tir à la carabine en Californie. Une des exigences pour la cartouche était que le projectile possédât, à 450 mètres, une vitesse supérieure à celle du son (environ 340 m/s soit 1 225 km/h au niveau de la mer), quelque chose qu'on ne pouvait pas obtenir avec la .222 Remington. Travaillant avec Eugene Stoner, Bob Hutton dessina une cartouche légèrement plus longue que la .222 et demanda à Sierra de créer un projectile de 55 grains boattail, c'est-à-dire à la silhouette profilée comme l'arrière d'un bateau. Cette forme présente une meilleure pénétration dans l'air et perd ainsi moins rapidement sa vitesse initiale. Cette combinaison permit de satisfaire aux exigences.

À la fin des années 1970, la FN Herstal proposa, pour la mitrailleuse légère FN Minimi, une version améliorée de la 5,56 OTAN nommée SS109 (adoptée sous le nom de M855 dans l'armée américaine), qui est aujourd'hui le standard de l'OTAN et dont le corps contient de l'acier afin d'améliorer certaines de ses caractéristiques balistiques ainsi que son pouvoir perforant. Elle rend toutefois nécessaire un pas de rayures de canon différent (1 tour tous les 7 pouces) de celui utilisé pour la .223 Remington (1 tour tous les 12 pouces). Certains constructeurs ont pris le parti de rayer les canons à raison de 1 tour pour 9 pouces afin d'offrir une précision décente avec les deux versions de la munition.

Efficacité du 5,56 OTAN[modifier | modifier le code]

Bien que d'un calibre et d'une puissance inférieures à d'autres munitions de fusil, le 5,56 OTAN présente une capacité de destruction considérable. Trois raisons sont avancées pour expliquer cette efficacité :

  • en raison de sa forme longue et équilibrée sur l'arrière, elle bascule souvent sur son axe en pénétrant une cible. Elle la traverse en tournoyant provoquant ainsi plus de dégâts que ne le ferait une arme de poing. Ce phénomène se retrouve sur de nombreuses munitions militaires, notamment la 5,45 × 39 mm M74, concurrente soviétique au 5,56 OTAN, qui est optimisée pour basculer sur son axe à l'impact. Son efficacité est néanmoins contestée ;
  • sa haute vitesse provoque une onde de choc suffisamment rapide pour dépasser les capacités d'élasticité des tissus et provoquer une cavité définitive dont le diamètre est largement supérieur à son calibre, le phénomène s'atténuant quand la balle perd de la vitesse. Cette explication demeure contestée car la vitesse du son dans l'eau (composant le corps humain à 70 %) est de 1 480 m/s, la balle est donc largement subsonique dans les tissus ;
  • à une distance inférieure à 100 mètres, les contraintes que la balle subit à l'impact sont suffisamment importantes pour provoquer son éclatement, ce qui provoque des dégâts considérables. Un phénomène analogue survient lorsqu'elle heurte un os qui éclate alors en petits fragments. Les balles se fragmentant ou se déformant à l'impact sont interdites depuis la Première conférence de La Haye en 1899. Cette conclusion est défendue par Martin Fackler, ancien chirurgien militaire de l'armée américaine et a donné lieu pour les troupes américaines utilisant le Colt M4 à une balle plus fragile afin de conserver la capacité de fragmentation en dépit de la vitesse initiale plus faible induite par la longueur réduite du canon.

Fiche technique 5,56 mm militaire US M855 (balle ordinaire, pointe verte) ou Canada C77 (balle ordinaire, pointe grise)[modifier | modifier le code]

  • Diamètre réel du projectile : 5,56 mm
  • Longueur étui : 44,70 mm
  • Longueur Cartouche : 57,40 mm
  • Masse projectile : 4 g
  • Masse cartouche : 11,20 g
  • Vitesse initiale : 1 005 m/s soit 3 618 km/h
  • Variantes courantes : M856 Tracer (traçante, pointe orange), correspondant à la L110 de la FN Herstal

Performances balistiques[modifier | modifier le code]

Pénétration[modifier | modifier le code]

Une balle de 5,56 OTAN (désignation US : M855) peut transpercer 3 mm d'acier, la variante perforante (Désignation US : M995) peut en revanche transpercer 6 mm d'acier à 550 mètres.

En 2010, on indique que la M855 perce 10 mm d’acier à 160 mètres et la M855A1 perce la même épaisseur à une distance de 320 mètres[1].

Portée effective[modifier | modifier le code]

250m et 400m en fonction de la position de la hausse

Comparaison entre 5,56 OTAN et 7,62 OTAN[modifier | modifier le code]

Munition Longueur cartouche Masse projectile Vitesse Énergie
5,56 OTAN 5,56 x 45 mm 3,95–5,18 g 930–772 m/s 1700–1830 J
7,62 OTAN 7,62 x 51 mm 9,33 g 838 m/s 3275 J

Origines des munitions 5,56 pour l'armée française[modifier | modifier le code]

La France a fabriqué des SS109 sous la référence F4 balle à insert.

Suite à l'arrêt de la production de munitions légères par l'industrie de l'armement française, les forces armées françaises importent celles-ci.

En 2009, le ministère de la Défense achète environ 32 millions de cartouches chez cinq fournisseurs. Ses 5,56 SS109 (dénomination américaine M855 et dénomination française F5) chez ATK (États-Unis) et Fiocchi (Italie), pour les panacher avec des traçantes fournies par Metallwerk Elisenhütte GmbH (Allemagne), chez Israel Military Industries (Israël) pour les 5,56 à balle ordinaire et les munitions à blanc. L'armée de Terre s'était fourni chez ADCOM (Émirats arabes unis) pour les 5,56 M193 (dénomination française F3) mais avait dû abandonner ce fournisseur, suite à des défaillances[2].

En 2014, il doit recevoir environ 100 millions de cartouches de 5,56 de trois fournisseurs, chacun apportant un tiers du volume : Companhia Brasileira de Cartuchos (Brésil, maison mère depuis 2007 de Metallwerk Elisenhütte GmbH), BAE Systems (Royaume-Uni) et ATK (Royaume-Uni)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AUSA 2010 article, États-Major des Armées, 10 décembre 2010
  2. Jean-Marc Tanguy, « D'où viennent nos 5,56 mm ? », sur http://lemamouth.blogspot.com,‎ 29 octobre 2009 (consulté le 29 octobre 2009)
  3. Jean-Marc Tanguy, « L'armée française ne tire pas français (suite) », sur http://lemamouth.blogspot.com,‎ 29 janvier 2014 (consulté le 30 janvier 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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