Opération Manta

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Zone contrôlé par le GUNT au Tchad en 1986/1987 (vert clair), "ligne rouge" au 15e et 16e latitude (1983 et 1984) et la bande d'Aouzo occupé par la Libye (vert foncé)

L'opération Manta est une opération militaire française qui s'est déroulée au Tchad entre 1983 et 1984 dans le cadre du conflit tchado-libyen.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1983, les forces coalisées du GUNT, précédant d'importantes unités des forces armées libyennes, franchirent la frontière tchadienne et se lancent à travers le désert. Leur objectif ? N'Djamena, la capitale d'un État déchiré par vingt années de guerre civile.

L'opération Manta débute le 10 août 1983, par l’envoi de 314 parachutistes français à N'Djamena, à la demande du président Hissène Habré, après l'intervention des forces libyennes aux côtés des partisans de Goukouni Weddeye dans le nord du Tchad. Elle a pour vocation à empêcher l’ingérence libyenne.

Cette opération mène au partage du pays en deux, à hauteur du 16e parallèle afin de séparer les belligérants tchadiens et libyens. Le 8e RPIMa intervient de chaque côté du 16e parallèle face au Gouvernement d'union nationale de transition.

Cinquante jours plus tard, après que la France et les États-Unis eurent commencé de fournir à l'armée d'Hissène Habré un soutien logistique, une compagnie de parachutiste d'infanterie de marine franchit à son tour la frontière. Officiellement pour instruire les FANT (forces armées nationales tchadiennes), trop peu nombreuses et trop peu armées pour arrêter l'envahisseur. Ce faible effectif se transforme, en deux mois, en un groupement de près de 3 000 hommes, appuyés par une vingtaine d'hélicoptères de combat et une trentaine d'appareils de l'armée de l'air et de l'aéronautique navale, soutenus par les éléments d'assistance opérationnelle de République centrafricaine où s'était installée la base arrière.

La force d'intervention "Manta", la plus importante que la France ait envoyé outre-mer depuis la fin de la guerre d'Algérie, a mis en place un important dispositif dissuasif auquel, jusqu'à maintenant, les forces en présence ont évité de s'affronter. Marsouins, bigors, légionnaires, parachutistes qu'accompagnaient des spécialistes venus de dizaines de régiments « montaient la garde dans un décor fascinant où la beauté des paysages le dispute à la nostalgie des grands anciens (sic). Les images rapportées par les reporters photographiques des armées sont un vivant témoignage de leur présence. »

Elle sera suivie de l'opération Épervier qui perdurera jusqu'au 1er août 2014 avant d'intégrer l'opération Barkhane, toujours en cours.

Avec 158 militaires français morts au cours d'Opex dans ce pays dont 93 « morts pour la France » entre 1968 et 2011, le Tchad est, à égalité avec le Liban, au premier rang des pertes militaires françaises en opérations extérieures depuis 1963.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colonel Spartacus (pseudonyme), Opération Manta - Les documents secrets - Tchad 1983-1984, Paris, Plon, 1985