Opération Épervier (Tchad)

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L'opération Épervier au Tchad, a été déclenchée début février 1986 à l'initiative de la France après le franchissement du 16e parallèle par les forces armées libyennes venues soutenir Goukouni Oueddei qui avait été renversé fin 1981 par Hissène Habré avec le soutien de la France et des États-Unis. Elle succède à l'opération Manta qui en 1983-1984 avait été déclenchée pour les mêmes raisons (voir conflit tchado-libyen).

Missions[modifier | modifier le code]

Les éléments français au Tchad (EFT) de la force Épervier assurent deux missions permanentes :

  • ils garantissent la protection des intérêts français et, tout particulièrement, la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad. En 2004, l'opération Dorca est venue se greffer sur l'opération Épervier.
  • conformément à l’accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad, ils apportent un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation) ainsi qu’un appui renseignement aux forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes.

Les éléments français au Tchad peuvent également être amenés à apporter leur soutien à des contingents internationaux. Ainsi, de mars 2008 à mars 2010, les EFT ont pleinement participé à la mission européenne EUFOR Tchad/RCA puis à la mission de l’ONU, la MINURCAT, pour contribuer au soutien de la paix entre les deux pays, assurer la protection des populations civiles et favoriser le travail des ONG dans les camps de réfugiés et de déplacés situés à l’est du Tchad et au nord-est de la RCA.

Dans le cadre d’accords bilatéraux, les contingents engagés ont bénéficié de prestations de soutien logistique (campement, habillement, eau, transports intra et extra-théâtre…) et sanitaire.

En outre, sur une base volontaire, les EFT apportent une aide médicale à la population et réalisent des actions civilo-militaires, essentiellement dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Intervention sur d'autres théâtres d'opérations[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : opération Serval et opération Sangaris.

Parallèlement à leurs missions, la force Épervier peut être amenée à appuyer les opérations françaises se déroulant dans la région.

Le , un sous-groupement de près de 200 militaires appartenant au groupement terre de la force Épervier a été projeté par Hercule C 130 et Transall de N’Djamena vers la Bamako, lors de l’opération Serval au Mali[1].

Le , la force Épervier a mis à disposition un C130 Hercules, un CN 235 CASA et leurs équipages, pour assurer un pont aérien entre Libreville, au Gabon, et Bangui, en Centrafrique, dans le cadre du renforcement de la force Sangaris[2].

Le , conformément à la décision du Président de la république de renforcer l'opération Sangaris, une partie du groupement terre de la force Epervier a entamé son déploiement depuis N’Djaména vers la République Centrafricaine[3].

Dispositif[modifier | modifier le code]

Le dispositif Épervier compte, fin 2013, près de 950 militaires, commandés par le colonel Paul Peugnet depuis le .

Le dispositif français au Tchad est adossé à deux bases principales : la plus importante est la base aérienne 172 sergent-chef Adji Kosseï à N’Djamena, au nord-ouest de l’aéroport, et la seconde est le camp capitaine Michel Croci à Abéché, dans l’est du pays. Un détachement est également stationné à Faya, au nord du Tchad.

Il comprend[4] :

  • un état-major interarmées,
  • un groupement Terre : environ 350 militaires et 70 véhicules (14 véhicules blindés légers ERC-90 Sagaie, 23 véhicules d’avant blindés et divers véhicules légers) répartis entre une compagnie motorisée et un escadron blindé à N’Djamena et une unité élémentaire de protection terrestre à Abéché,
  • un groupement Air : environ 150 militaires et 12 aéronefs stationnés sur la base de N’Djamena et assurant des missions de chasse et de reconnaissance (2 Rafale, 3 Mirage 2000D), de transport tactique (1 Transall C160, 1 Hercules C130 et 4 Puma SA 330) et de ravitaillement en vol (1 C135 FR),
  • une base de soutien à vocation interarmées (BSVIA) assurant le support opérationnel, technique et personnel des unités stationnées sur les différents sites ; elle dispose notamment d’un groupement Santé de près de 40 militaires.

L'armée de l'air dans l'opération[modifier | modifier le code]

Le premier détachement d'intervention et de protection de la base « Sergent-chef Adji Kosseï » a été mis en place le . Il était composé de 101 fusiliers commandos parachutistes de l'air du Groupement des fusiliers commandos de l'air GFCA de Nîmes, placé sous les ordres du capitaine Xavier Masson-Regnault.

Le colonel Hector Pissochet de la Force aérienne tactique (FATAC) ayant commandé la base aérienne de Colmar est désigné pour assurer le commandement de l'opération. Le détachement de la Légion étrangère est installé au camp Dubut proche de la base aérienne. Plusieurs appareils de combat avec tout leur soutien technico-logistique, viennent armer le dispositif. La défense aérienne de la base et de l'aéroport de Ndjamena est assurée par des éléments des Escadrons de défense aérienne (EDSA) de l'armée de l'air.

Les opérations aériennes comprennent notamment un raid sur la base aérienne libyenne d'Ouadi-Doum le depuis Bangui (Centrafrique) et un autre contre les installations anti-aériennes de cette même base le [5].

Depuis l'opération Épervier se poursuit avec des formats différents en fonction de la situation politique du Tchad.

L'armée de terre dans l'opération[modifier | modifier le code]

Le dispositif de mise en place de détachement d’assistance militaire d’instruction (DAMI) au Tchad permettant de maintenir une sécurité conforme aux accords signés entre la France et le Tchad. Ce sont des hommes du DAO du 2° Rima arrivée le 06 février 1986 pour repartir le 4 juin 1986. Leur mission former les FANT (Force Armée Nationale Tchadienne) au centre d'instruction de Koundoul. Ce détachement de 40 hommes a pris une part active à la mise sur pied d'unités opérationnelles tchadiennes. Ils ont reçu un témoignage de satisfaction pour leur travail par le Colonel D. Monti Attaché des Forces Armées près l'Ambassade de France au Tchad, Chef de la mission d'Assistance Militaire.

Des éléments du 21e régiment d'infanterie de marine furent parmi les premiers déployés au Tchad. En septembre 1987, la destruction de la base de Maaten es-Sara, lors d’un rezzous tchadien provoque la riposte des forces libyennes qui tentent de bombarder les aérodromes de N’Djamena et Abéché grâce à deux avions Tupolev Tu-22 dont l’un est abattu au-dessus de N’Djamena par une batterie Hawk du 403e régiment d'artillerie à la suite d'une action coordonnée par la cellule tactique de l'armée de l'air. Le second à Abéché échappe aux batteries Crotale de l'Aviation mais doit abandonner sa mission pour ne pas être détruit par les missiles lancés contre lui. Les parachutistes du 8 RPIMa ont également participé aux divers opérations sur Abéché et N'Djamena[6].

La Légion[modifier | modifier le code]

En 1986, les 3e et 4e compagnies du 2e REP, puis un EMT à 4 compagnies, commandé par le colonel Wabinski, chef de corps prend la relève en 1987. Les légionnaires s’installent à Kalait, Biltine et Abéché. Le détachement assure l’encadrement d’un détachement d’assistance technique à Pandzangue au sud, non loin des frontières du Cameroun et de la République centrafricaine et le poste de commandement et 2 compagnies s’installent à Ndjamena. Le 8 août, les Tchadiens s’emparent d’Aouzou, repris par les Libyens, 20 jours plus tard. En juillet, la compagnie d’éclairage et d’appuis rentre à Calvi, remplacée par une autre compagnie. Le 2e REP laisse la place à d’autres unités au début de 1988.

De 1990 à 1991, les 2e, 3e, 4e compagnies, et les CRAP du 2e REP, sont dirigés sur Ndjamena afin de protéger l’aérodrome et les installations militaires.

Matériel engagé[modifier | modifier le code]

En 2011, on comptabilise les matériels suivant engagé dans l'opération Épervier[7] :

Pertes globales[modifier | modifier le code]

Avec 158 militaires français morts au cours des différentes Opex dans ce pays depuis 1968 dont 93 « morts pour la France » depuis la fin des années 1960, le Tchad est, à égalité avec le Liban, au premier rang des pertes militaires françaises en opérations extérieures depuis 1963.

Représailles[modifier | modifier le code]

L'attentat du vol 772 UTA a fait 170 morts en 1989. Il a été organisé par la Libye, en représailles contre l'État français (comme celui du vol 103 Pan Am contre les États-Unis).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]