Histoire ecclésiastique du peuple anglais

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Folio 3v du Codex Beda Petersburgiensis (avant 746).

L'Histoire ecclésiastique du peuple anglais (Historia ecclesiastica gentis Anglorum en latin) est un ouvrage de Bède le Vénérable écrit vers 731.

L'Histoire laisse une large part aux légendes répandues à l'époque au sujet de l'Angleterre. Ce n'en est pas moins une œuvre remarquable et atypique dans son contexte, en raison du travail de recherche entrepris par l'auteur. Plus loin, elle se distingue par sa rigueur, sa précision - en particulier dans le système de datation - et la clarté de sa langue. L'ouvrage, entre hagiographie, martyrologe et histoire nationale, défend la thèse d'un christianisme fédérateur qui permet de dépasser les différences régionales et qui fonde la natio anglaise. La question du monachisme celtique et de l'histoire de la Northumbrie occupe ainsi une grande place.

Inspirée par la méthode d'Eusèbe de Césarée - comme son titre l'indique en référence à l'ouvrage de l'historien d'orient - cette œuvre d'une grande modernité se montre soucieuse de questions du siècle, des difficultés de l'Église d'Angleterre et de sa relation avec Rome.

L'ouvrage a été écrit à la demande de l'abbé Albin[1], un disciple d'Adrien de Canterbury et de saint Théodore, archevêque de Cantorbéry[2]. Ce dernier semble avoir fourni à Bède de nombreux matériaux pour mener à bien la rédaction de son ouvrage, notamment de nombreux mémoires écrits par les premiers prédicateurs chrétiens en Angleterre. Il envoya même un prêtre de l'Église de Londres nommé Nothelm[2] en voyage à Rome pour y consulter des archives, en particulier des lettres du pape Grégoire le Grand (qui avait envoyé de nombreux missionnaires sur l'île). Bède reçut également des documents envoyés par Daniel, évêque des Saxons occidentaux[2], et par l'abbé Esi, d'Angleterre orientale.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'Histoire est composée d’une préface à l’adresse du roi Ceolwulf de Northumbrie[3] et de cinq livres organisés selon l’ordre chronologique.
Une des particularité de cette Histoire, c'est le choix de Bède le Vénérable d'utiliser pour la première fois une chronologie partant de la naissance du Christ, Anno Domini.

Premier livre[modifier | modifier le code]

Le premier livre (34 chapitres) s’ouvre sur une description de la Bretagne[4]et de ses anciens habitants. Il couvre la période depuis l’origine jusqu’à la fin du VIe siècle.

Saint Petersburg, Bibliothèque Nationale de Russie, lat. Q. v. I. 18. Manuscrit enluminé tardif du VIIIe siècle.

Deuxième livre[modifier | modifier le code]

Le deuxième livre (20 chapitres) couvre la période s’étendant de l’an 605 jusqu'à la mort du roi Edwin de Northumbrie, en 633.

Troisième livre[modifier | modifier le code]

Le troisième livre (30 chapitres) couvre la période s’étendant de la mort d’Edwin jusqu’à la campagne de reconversion des Saxons de l’Est organisée par Jaruman, l’évêque de Mercie dans les années 660.

Quatrième livre[modifier | modifier le code]

Le quatrième livre (30 chapitres) commence en 664 et se termine dans années 680. Il est agrémenté de nombreux développements : miracles et anecdotes religieuses.

Cinquième livre[modifier | modifier le code]

Le cinquième livre (24 chapitres) commence en 687 et s’étend jusqu’en 731. L’ouvrage se conclut par une brève chronologie récapitulative de l’histoire de l’Angleterre depuis Jules César, une présentation autobiographique de Bède le Vénérable ainsi qu’un inventaire de sa production littéraire[5].

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Deux des plus anciens manuscrits de l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais sont le Bède de Saint-Pétersbourg, conservé comme son nom l'indique à la Bibliothèque nationale russe de Saint-Pétersbourg, et le Bède de Moore, conservé à la bibliothèque de l'université de Cambridge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albin (Albinus) succède en 710 à Adrien de Cantorbéry comme abbé du monastère « saint Pierre et saint Paul de Cantorbéry. Albin est mort 732-734.
  2. a, b et c Histoire ecclésiastique du peuple anglais, préface.
  3. Histoire ecclésiastique du peuple anglais, tome I, Les Belles Lettres, p. 3.
  4. La description de l'île de Grande-Bretagne se rapproche de celle donnée par Tacite dans La Vie d'Agricola, Chapitre X, 7. L'édition des Belles Lettres donne d'autres sources en note : Paul Orose, Pline l'Ancien, Gildas et Isidore de Séville...
  5. Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre V, chapitre 24, tome 2, Les Belles Lettres, p. 153.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le texte et ses traductions[modifier | modifier le code]

  • Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, traduit et présenté par Philippe Delaveau. L'aube des peuples. Gallimard, 1995 ;
  • Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, 3 tomes, intro. et notes par André Crépin, texte critique par Michael Lapidge, trad. par Pierre Monat et Philippe Robin. Sources chrétiennes n° 489, 490, 491. Paris : Cerf, 2005. Bilingue latin français. (fiche auteur).

Analyses[modifier | modifier le code]

  • Georges Tugène, L’image de la nation anglaise dans l’Histoire ecclésiastique de Bède le Vénérable, Presses universitaires de Strasbourg, Strasbourg, 2001.
  • Olivier Szerwiniack, « Les relations entre l’Irlande et l’Angleterre dans l’Histoire ecclésiastique de Bède le Vénérable », dans Un espace colonial et ses avatars : naissance d’identités nationales : Angleterre, France, Irlande (Ve-XVe siècles), p. 19-39, dir. Florence Bourgne, Leo Carruthers et Arlette Sancery, Presses universitaires Paris-Sorbonne, Paris, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]