Étobon

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Étobon
Mairie d'Étobon
Mairie d'Étobon
Blason de Étobon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Haute-Saône
Arrondissement Lure
Canton Héricourt-Ouest
Intercommunalité Communauté de communes du pays d'Héricourt
Maire
Mandat
Daniel Cousseau
2014-2020
Code postal 70400
Code commune 70221
Démographie
Population
municipale
306 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 38′ 38″ N 6° 40′ 37″ E / 47.6438888889, 6.6769444444447° 38′ 38″ Nord 6° 40′ 37″ Est / 47.6438888889, 6.67694444444  
Altitude Min. 343 m – Max. 585 m
Superficie 12,26 km2
Localisation

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Étobon est une commune française, située dans le département de la Haute-Saône en région Franche-Comté. Au cœur d'une région boisée et au relief accidenté, la commune s'étend sur 1 226 hectares à une altitude de 441 mètres. Son histoire remonte au Moyen Âge. Un château féodal dominait les lieux jusqu'en 1519 où il fut incendié et détruit. Aujourd'hui Étobon est un village de 301 habitants, riche d'une forte vie associative.

Géographie[modifier | modifier le code]

Étobon vu de la forêt.
Le territoire communal dans son contexte local.

Étobon est un village situé dans le département de la Haute-Saône en Franche-Comté qui s'étend sur 1 226 hectares à une altitude de 441 mètres. Avec ses 286 habitants en 2005, soit 23,3 habitants par km², Étobon est la 184e ville du département et la 22 920e ville de France.

La commune est proche du parc naturel régional des Ballons des Vosges à environ 5 km. La grande ville la plus proche est Belfort à 13 km; les villages limitrophes à la commune sont Belverne, Frédéric-Fontaine et Chenebier[1].

Communes limitrophes de Étobon
Clairegoutte Champagney
Étobon Chenebier
Belverne Luze

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune est attesté sous différentes formes depuis le XIIIe siècle : Estobon en 1256, puis Estoboin en 1275, puis Etaubon en 1343[2]. La commune prend finalement le nom d'Étobon en 1588.

Il existe plusieurs étymologies fantaisistes du nom de la commune. Estobon (d'après sa première graphie), serait construit de la façon suivante : "es", "to", "bon", ce qui doit se comprendre comme "près des deux fontaines". L'élément "es" a valeur d'article-préposition près, "to", "zwo" voulant dire deux et "bon" en vieux patois signifiant fontaine et qu'il faut rapprocher ici du terme d'origine teutonique brunn, bren qui a la même signification. Une autre explication consiste à interpréter le "to", comme une altération de tectum ou de dach "toit" (en latin et en allemand) : Etobon signifierait alors "près de la fontaine couverte, munie d'un toit"[3].

Selon Ernest Nègre, Etobon provient simplement d'un nom de personne germanique, Stoppo[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis l'époque médiévale, le village d'Étobon est intimement lié à l'histoire du comté de Montbéliard, puis à celle de la Principauté.

Le Chastel-Thierry[modifier | modifier le code]

Sur la hauteur du village, il existait une importante forteresse, dont l'existence est attestée dès 1256, qui appartenait aux sires de Chalon. Une charte datée du 20 juin 1280 le nomme Chastel-Thierry en hommage au comte de Montbéliard[5]. Hugues, seigneur de Montbrison et d'Aspremont et fils d'Hugues de Bourgogne en était le suzerain en 1287. En 1407, par l'avènement du mariage de la princesse Henriette d'Orbe, petite-fille d'Étienne de Montfaucon, la terre d'Étobon et son château passent dans la Maison de Wurtemberg. Le château était fort d'une part par sa position et de l'autre par les travaux considérables qui avaient été réalisés. Il était situé à 167 m au-dessus du village et mesurait 220 m dans sa plus grande longueur et 60 m de large. Incendié et détruit en 1519 par le comte Guillaume de Furstenberg, seigneur d'Héricourt, alors en guerre contre le duc Ulric Ier de Wurtemberg, comte de Montbéliard, pour une affaire de succession. Ulric Ier, qui recouvra le château, ne crut pas devoir le remettre en état. Il tomba dès lors en ruine. Dès le XVIIe siècle, après le désastre de la guerre de Trente Ans, les habitants du village, avec la permission du prince de Montbéliard, en prirent une grande quantité de pierres pour la construction de maisons. Leurs descendants les imitèrent dans cette destruction. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de ce château[6].

En 1580, Jean Ulrich de Steinek vend la seigneurie comprenant les villages de Magny-Danigon, Clairegoutte, Belverne et Étobon à son suzerain, Frédéric de Würtemberg[7].

En 1587, le village est de nouveau dévasté et incendié par l'armée des Guise et les habitants massacrés. La guerre de Dix Ans qui s'ensuivit, n'apporta au village que peste et famine. On ne comptait alors plus que 22 habitants dans le village. La recolonisation du village se fit en 1662 et en 1715 par des éléments suisses francophones et protestants. En 1748, après la perte des Quatre Terres dépendantes (Clémont, Châtelot, Blamont, Héricourt), la Principauté redevient comté. En 1755, un certain nombre d'habitants émigre en Nouvelle-Écosse (Canada) à cause de la surpopulation et de l'interdiction de défricher la forêt de Chagey. Étobon fut réuni à la France le 10 octobre 1793 et intégré au département de la Haute-Saône[8].

Franabie[modifier | modifier le code]

Franabie ou Frénebie est un hameau situé entre Étobon, Belverne et Chenebier dont l'existence est avérée dès le XIIe siècle par une charte de 1152 où Guy et Hugues de Granges donnent à l'abbaye de Bithaine tout ce qu'ils possèdent à "Franabit et Genubit". Leur exemple sera suivi par Guy de Traves, chevalier, qui avec l'accord de sa femme Eluys ou Illiette de Faucogney et de leurs fils Étienne et Rainaud, renonce aux biens qu'il tient dans ses deux localités en faveur du même monastère. Un document de décembre 1287 fait état de la cession de la jouissance viagère du château d'Étobon et de la châtellenie par Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, en faveur de son frère Hugues. Par ce document Renaud se réserve la "grange de Franabie" et une portion du territoire ainsi décrite : "Par devers Etobon, dès la goutte Estevenon au chemin que va de Chenebie à Belverne, jusqu'à chemin que va d'Etobon à Montbéliart, et tout celluy chemin de Montbéliart en amont, jusques ès bois de Vas (Vaux) par les bouesnes que mises y sont". Franabie semble avoir cessé d'exister vers le début du XIIIe siècle[5].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Étobon se convertit au protestantisme en même temps que le reste de la principauté de Montbéliard, au cours du XVIe siècle, conversion imposée par le prince. Pour enseigner la foi selon la formule de concorde de Wittemberg relevant du luthéranisme, le village est doté d’une école dès la fin du XVIe siècle. La scolarisation est alors obligatoire de 6 à 12 ou 13 ans (et l’absentéisme puni d’amende à partir de 1724). L’école était aussi pourvue d’une bibliothèque[9].

Du XVIe siècle au XVIIe siècle, le bois de la forêt du Chérimont était exploité et transporté par flottage sur la Luzine[10].

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Après le creusement d'un sondage positif à Lomont, une concession de 2 336 ha, incluant le territoire communale, est accordée à la société de recherche de houille entre Montbéliard et Villersexel en 1904 pour l'exploitation d'un gisement de houille se prolongeant au sud du puits Arthur-de-Buyer, exploité par les houillères de Ronchamp. Mais il n'y eut aucune extraction de charbon. Un autre sondage est établis sur la commune, il n'as pas rencontré ce gisement[11],[12].

Dans l'histoire plus récente du village, on peut citer le terrible accident du 31 octobre 1933 dans lequel l'avion postal « l'Étoile d'Argent » percute la butte d'Étobon et s'y écrase avec tous ses passagers. La Seconde Guerre mondiale n'a pas plus épargné Étobon puisque le 27 septembre 1944, trente-neuf hommes du village sont fusillés par les troupes allemandes contre l'église protestante de Chenebier et vingt-sept autres emmenés comme prisonniers ; neuf de ces derniers sont fusillés près de Belfort et les autres, dont le pasteur du village, qui avait demandé à plusieurs reprises à mourir pour tous, sont déportés dans les camps de la mort, d'où plusieurs ne devaient pas revenir.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Étobon

Parti : au premier de gueules aux deux bars adossés d'or, au second mi-parti d'or à l'aigle bicéphale de sable accompagnée, en pointe, de quatre trèfles de sinople ordonnés en chevron renversé [13].

Population et société[modifier | modifier le code]

Le village se dépeuple, car les différents conseils municipaux n'ont pas voulu lotir. C'est un village dortoir où la plupart des actifs travaillent à l'extérieur[réf. nécessaire]. Étobon est malgré cela un village actif avec de nombreuses associations de loisirs[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
2001 2008 Daniel Cousseau    
2008 en cours Bernard Jacoutot[15]    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune d’Étobon comptait 306 habitants. À partir du XXIe siècle siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres « recensements » sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
375 471 503 507 648 660 715 692 646
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
622 663 718 624 583 505 501 479 417
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
405 385 340 332 268 254 266 267 252
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
212 213 210 230 218 264 279 281 307
2011 - - - - - - - -
306 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

De manière générale, Étobon dépend de l'Académie de Besançon, l'école la plus proche est le Pôle Educatif des Vosges Saônoises, co-géré par le Communauté de communes Rahin et Chérimont et la Communauté de communes du Pays de Lure[18].

Pour les niveau de scolarisation des collégiens et des lycéens, le Collège Victor Schœlcher de Champagney et le Lycée G.Colomb de Lure seront les établissements privilégiés.

Santé[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucune infrastructure de santé ou de médecins au sein du village, ni dans les communes limitrophes. L'hôpital le plus proche étant celui de Lure, de plus en plus désinvestis par les services publiques au profit de celui de Vesoul, il n'est pas exclu qu'à moyen terme,nÉtobon se trouve dans un désert médical, contraignant à la fréquentation des hôpitaux de Belfort, Montbéliard, accessible en moins de 30 minutes. Par ailleurs, ces hôpitaux sont appelés à fusionner en 2015 au profit de la nouvelle infrastructure commune du Centre hospitalier de Belfort-Montbéliard, à mi chemin entre les deux villes, à Trévenans.

Services[modifier | modifier le code]

Hormis les services assurés par la mairie, la commune n'a aucun service public sur son territoire. L'ensemble des services publics sont disponibles à Lure, qui concentre le Pôle emploi, EDF, les impôts, la justice ou la bibliothèque, médiathèque et espace culturels.

Économie[modifier | modifier le code]

Le village dépendant économiquement des deux centres urbains de Lure et de l'agglomération d'Héricourt-Montbéliard (qui concentrent l'emploi) grâce à une bretelle sur la voie expresse passant au sud de la commune. Ces deux pôles offrent de nombreux emplois et sont rapidement accessibles par une voie expresse passant dans ces axes à proximité d'Étobon.

L'INSEE rattache le village au bassin de vie de Champagney - Ronchamp[19].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église d'Étobon.

L'église actuelle d'Étobon fut édifiée de 1854 à 1858 grâce au pasteur Pierre-Frédéric Beurlin. Son clocher de tuiles jaunes et brunes se voit de partout à la ronde. Les sculptures de la chaire, de la table de communion et des bancs sont remarquables. L'église d'Étobon possède deux cloches. Sur l'une d'elles on peut lire "Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée". Le toit de ce sanctuaire possède 9138 tuiles. La première pierre du presbytère fut posée le 27 août 1828 et la charpente le 6 juin 1829. Il ne fut achevé qu'en novembre suivant[14].

La commune est aussi dotée de nombreux étangs et de plusieurs fontaines, dont celle de la comtesse[20].

Folklore[modifier | modifier le code]

Au 1er mai, les filles du village reçoivent du charmille si elles sont jolies, du sapin pour celles qui sont enceintes, des branches si elles sont laides[14].

Des habitants d'Étobon, partis faire fortune en Amérique, sont revenus au pays sans avoir réussi. C'est pourquoi certains terrains d'Étobon portent le nom "d'Amérique"[14].

À Étobon, la Tante Arie remplace le Père Noël. Cette légende est née grâce à la Comtesse Henriette qui était très bonne pour les gens de la Seigneurie[14].

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les villages ruinés du comté de Montbéliard, avec quelques autres d'origine moderne, Charles Duvernoy, 1847, p.  23 à 24. Google livres

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Village d'Étobon », sur Annuaire-mairie.fr (consulté le 6 septembre 2010)
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 2 : Formations non-romanes ; formations dialectales, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 194),‎ 1996, 676 p. (ISBN 978-2-600-00133-5, lire en ligne)
  3. Dr. Etienne Muston, Histoire d'un village. Beaucourt : Supplément aux volume I et II, vol. 3, Le Livre d'histoire,‎ 1882 (ISBN 978-2-7586-0075-6)
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. Formations non romanes
  5. a et b Les villages ruinés du comté de Montbéliard
  6. D. Seigneur, Le Roman d'une Principauté, Besançon, Cêtre
  7. « Histoire de Magny Danigon ».
  8. « Étobon », sur Encyclopédie Larousse (consulté le 7 septembre 2010)
  9. Élisabeth Berlioz, « Enseignement, protestantisme et modernité. Les écoles du pays de Montbéliard (1724-1833) », Histoire de l’éducation, 110 | 2006, mis en ligne le 01 janvier 2011, consulté le 03 novembre 2013.
  10. André Gibert, « Notes au sujet de l'ancien flottage du bois sur le Doubs », Revue de géographie alpine, 1933, Tome 21, no 2, p. 434.
  11. « Le bassin houiller », sur http://www.abamm.org/
  12. Carilian-Goeury et Vor Dalmont, Annales des mines, partie administrative, ou Recueil de lois, décrets, arrètés et autres actes concernant les mines et usines,‎ 1904 (lire en ligne), p. 162-164.
  13. « Étobon sur la Banque du Blason », sur GASO (consulté le 6 septembre 2010)
  14. a, b, c, d et e « Étobon », sur Paroisse du Mont Vaudois (consulté le 7 septembre 2010)
  15. Préfecture de Haute-Saône, Liste des communes de Haute-Saône, consultée le 18 juillet 2013
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  18. « Peri- et extrascolaire », sur communauté de communes Rahin et Chérimont
  19. « Bassin de vie 2012 de Champagney - Ronchamp (70120) », sur INSEE
  20. « Le village », sur Etobon Rencontres & Loisirs (consulté le 7 septembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]