Magny-Danigon

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Magny-Danigon
Image illustrative de l'article Magny-Danigon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Haute-Saône
Arrondissement Lure
Canton Lure-Sud
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Lure
Maire
Mandat
Bernard Richard
2014-2020
Code postal 70200
Code commune 70318
Démographie
Population
municipale
459 hab. (2011)
Densité 61 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 40′ 32″ N 6° 36′ 12″ E / 47.6756, 6.6033 ()47° 40′ 32″ Nord 6° 36′ 12″ Est / 47.6756, 6.6033 ()  
Altitude Min. 302 m – Max. 463 m
Superficie 7,52 km2
Localisation

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Magny-Danigon est une commune française, située dans le département de la Haute-Saône en région Franche-Comté. Elle fait partie de la Communauté de communes du Pays de Lure et du bassin minier de Ronchamp et Champagney. Le puits Arthur-de-Buyer, puits de mine le plus profond de France au début du XXe siècle est implanté sur le territoire de la commune.

Magny-Danigon a été marquée par le protestantisme.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la bourgade est attestée sous différentes formes : Meingni Dannegon en 1350, Maingny Dannegon en 1553, Du Magny d'Anagon en 1427, Magny Danagon en 1502, Magny Damphugon en 1622, et bien d'autres encore.

Les attestations sont trop récentes pour être bien caractérisées, cependant il ne s'agit apparemment pas d'un Magniacum ou Maniacum comme la plupart des Magny qui date de l'époque romaine ou du tout début de l'époque mérovingienne.

Le nom est plutôt composé à l'origine de Mansionile (demeure), terme bas latin qui a donné les Mesnil, Ménil et Maisnil du nord de la France, accolé à Dam (Seigneur, Monsieur) et Hugon, cas régime de Hugues[1].

Le nom remonte probablement à la fin du XIIe siècle, lorsque la bourgade fut fondée par Hugues de Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Magny-Danigon est située dans le nord-est de la Franche-Comté. Dans le département de la Haute-Saône, non loin du Territoire de Belfort et du Doubs.

La localité fait partie du Canton de Lure-Sud et appartient à la communauté de communes du pays de Lure. La superficie totale de 752 hectares est boisée de 414 hectares dont 276 communaux.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Ronchamp Champagney Rose des vents
La Côte N Clairegoutte
O    Magny-Danigon    E
S
Palante Andornay

Topographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal dans son contexte local.

Deux vallées l'une venant de l'est l'autre du nord se rejoignent au centre du village. Mais il ne s'agit en aucun cas de relief escarpés ou montagnard. Les bois se trouvent à l'est qui est vallonné.

Géologie[modifier | modifier le code]

Magny-Danigon est construite sur le plateau de Haute-Saône dans la dépression sous-vosgienne[2] et s'appuie sur le versant méridional du massif des Vosges[3].

Elle fait partie du bassin minier de Ronchamp et Champagney qui est composé de deux couches de charbon (dont l'épaisseur varie de quelques centimètres à trois mètres) s'étendant sur une surface de cinq kilomètres de longueur sur deux kilomètres de largeur[4]. Ce gisement est recouvert par du grès rouge et divers types d'argile[5].

Le charbon a débuté sa formation il y a 300 millions d'années, pendant le carbonifère. La transformation des débris végétaux a eu lieu sur une période de 20 millions d'années pour former de la houille. Pendant cette phase, les sédiments organiques se rassemblent dans une cuvette et sont recouvert par des alluvions. Ces sédiments perdent ensuite leur oxygène et leur hydrogène, phénomène provoqué par une élévation de température et de pression[6].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Entrée en pierre fermée par une petite porte métallique noyée dans la végétation.
L'entrée du tunnel du puits Arthur-de-Buyer, où se trouve le captage.

Deux sources marquent le commencement de deux ruisseaux. Deux étangs sont sur le terrain communal.

La commune utilise l'ancien tunnel fermé du puits Arthur-de-Buyer pour le captage d'eau potable[7],[8],[i 1].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat dans la région de Ronchamp est un climat semi-continental : chaud et lourd en été, froid et sec en hiver, avec des températures pouvant descendre régulièrement à -10 °C. La pluviométrie, d'au moins 1 000 mm/an, s'élève avec l'altitude[9].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Magny-Danigon est un village rural, ce qui implique une faible connexion aux réseaux de transport. Cependant, la proximité de Lure, et de la conurbation de Belfort-Montbéliard permet une offre de transport hors de la commune plutôt bonne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan matérialisant les villages situés à proximité de Magny Danigon ainsi que les routes entre-eux.
Magny-Danigon sur l'Atlas cantonal des communes de Haute-Saône.

Origine et seigneurie[modifier | modifier le code]

Dessein de chevalier.
Eudes IV de Bourgogne.

Les fondations remonteraient à la création d'un château par Hugues de Bourgogne en 1284, pour mieux défendre les terres de Lure dont il est un gardien. Il n'en reste absolument rien depuis 1419. Le fief changea plusieurs fois de propriétaire[10]. En 1304, la seigneurie appartient au comte Renaud de Bavans, elle inclut Clairegoutte et Couthenans. Elle est ensuite perdue par ses héritiers au profit d'Eudes IV de Bourgogne. En 1349, les héritiers d'Eudes IV rendent le fief aux deux filles du comte Renaud de Bavans. En 1374, il devient la propriété de Jacques de Franquemont, descendant du cote, il meurt en 1482. Un château fort est mentionné à cette époque[11].

En 1537, Magny-Danigon intègre la seigneurie souveraine d'Étobon, gouverné par la maison de Wurtemberg[11], le village se convertit alors au protestantisme en même temps que le reste de la principauté de Montbéliard, au cours du XVIe siècle, conversion imposée par le prince. Pour enseigner la foi selon la formule de concorde de Wittemberg relevant du luthéranisme. Le village est doté d’une école dès 1565, le maître est Philippe Mairot. La scolarisation est alors obligatoire de 6 à 12 ou 13 ans (et l’absentéisme puni d’amende à partir de 1724)[11],[12].

En 1580, Jean Ulrich de Steinek vend la seigneurie comprenant les villages de Magny-Danigon, Clairegoutte, Belverne et Étobon à son suzerain, Frédéric de Würtemberg. Le 4 novembre 1583, Frédéric affranchit les habitants de la mainmorte qui en faisait des « locataires perpétuels » pour leur seigneur. Cinq ans plus tard, c'est un réfugié protestant, le colonel de Villevineux, qui occupe le rôle de châtelain[11].

Du XVIe siècle au XVIIe siècle, le bois de la forêt du Chérimont était exploité et transporté par flottage sur la Luzine[13].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le château est rasé pendant la Révolution française, la dernière tour du château est démonté en 1790, mais le village n'est rattaché à la France que le 12 octobre 1792 lorsqu'il est envahi par la Garde nationale qui forcent les habitant à planter le drapeau tricolore. Le village est placé sous l'autorité du district de Lure le 11 octobre 1793[11].

La bourgade pouvait s'enorgueillir de sa puissante économie au XVIIIe siècle. Il y avait évidemment des cultures, mais il faut noter la présence d'une tannerie, de deux taillanderies, de quatre clouteries, de dix fabriques de sabots et de treize fabriques de poteries utilisant les ressources naturelles du sol, exploitations de carrière de gypse et même une distillerie de kirsch. Le village est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 pour la résistance du maquis du Chérimont[11].

Les mines[modifier | modifier le code]

Trois bâtiment en ruines et une cheminée tronquée dépassent des arbres au dessus de la collines surplombant le village.
Les ruines du puits Arthur dominant la commune.
Article détaillé : Houillères de Ronchamp.

Les houillères de Ronchamp sont exploitées pendant plus de deux siècles, du milieu du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle. Leur exploitation a profondément marqué le paysage avec ses terrils, cités minières et puits de mine, mais aussi l'économie et la population locale (immigration polonaise et traditions minières notamment).

L'exploitation a démarré dans des galeries à flanc de coteaux avant que ne soit creusé le puits Saint-Louis en 1810. Il est le premier véritable puits d'extraction du bassin minier. Les couches de charbon s'enfonçant de plus en plus, les puits se succèdent et sont de plus en plus profonds jusqu’à ce que la compagnie finisse par creuser deux fois de suite le puits le plus profond de France ; le puits du Magny (694 mètres) en 1878 et le puits Arthur-de-Buyer (1 010 mètres) en 1900. À la nationalisation des mines en 1946, les puits en activité et la centrale thermique sont confiés à Électricité de France.

Après la fermeture en 1958, les sites miniers sont mis en sécurité, les infrastructures sont pour la plupart démolies et les ouvriers sont convertis à d'autres activités. Plus tard, un musée et deux associations sont créés pour préserver la mémoire de ce passé minier ; plusieurs sites sont réaménagés pour devenir visitables.

La Société des Houillères de Ronchamp possède ses installations de triage-cokerie sur la commune de Magny-Danigon. Elle extraie dans les deux puits de mine qu'elle entreprendra sur la commune de 1878 à 1958. C'était d'ailleurs ici que son puits le plus profond, le puits Arthur-de-Buyer (1 010 mètres) était implanté. Les bâtiments ruinés sont toujours sur place. La plupart des habitants avaient leur travail dans le village. Comme pour beaucoup d'autres villages, les habitants travaillent dans les entreprises du voisinage. Toutefois, une fabrique de poterie d'art comtois et de céramique existe encore.

En 1931, le village compte 233 mineurs pour 700 habitants[14]. Ces derniers logent dans leur maison familiale, dans une ancienne fabrique transformé en logement par les houillères[15] ou encore dans la cité minière du puits du Magny[16] pouvant accueillir jusqu’à 300 mineurs[15].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 1989 réélu en 2014[17] Bernard Richard[18]    

Population et société[modifier | modifier le code]

Évolutions démographiques[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 459 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
404 460 488 547 570 589 615 582 553
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
540 543 605 587 535 543 516 503 486
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
475 540 482 535 655 705 482 425 477
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
430 386 357 378 344 403 435 459 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2004[20].)
Histogramme de l'évolution démographique


Dix-sept habitants figurent parmi les victimes de la Première Guerre mondiale, quatre pour la Deuxième Guerre mondiale.

Enseignement[modifier | modifier le code]

De manière générale, Magny-Danigon dépend de l'Académie de Besançon, elle ne dispose que d'une école primaire.

Pour les niveaux de scolarisation des collégiens et des lycéens, le Collège Victor Schœlcher de Champagney et le Lycée G.Colomb de Lure seront les établissements privilégiés.

Santé[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucune infrastructure de santé ou de médecins au sein du village, ni dans les communes limitrophes. L'hôpital le plus proche étant celui de Lure, de plus en plus désinvestis par les services publics au profit de celui de Vesoul, il n'est pas exclu qu'à moyen terme, Magny-Danigon se trouve dans un désert médical, contraignant à la fréquentation des hôpitaux de Belfort, Montbéliard ou Vesoul, accessible entre 30 minutes et une heure en voiture. Par ailleurs, ces hôpitaux sont appelés à fusionner en 2015 au profit de la nouvelle infrastructure commune du Centre hospitalier de Belfort-Montbéliard, à mi-chemin entre les deux villes, à Trévenans.

Services[modifier | modifier le code]

Hormis les services assurés par la mairie, la commune n'a aucun service public sur son territoire. L'ensemble des services publics sont disponibles à Lure, qui concentre le Pôle emploi, EDF, les impôts, la justice ou la bibliothèque, médiathèque et espace culturels.

La commune possède une salle des fêtes, ainsi qu'un terrain de football utilisé conjointement avec le village voisin, Clairegoutte.

Cultes[modifier | modifier le code]

Un temple protestant avec cloché classique au centre d'un village.
Le temple.

Le village a connu une activité protestante plutôt marquée dans son passé. En effet, un presbytère existe depuis bien longtemps dans le centre historique du village.

Économie[modifier | modifier le code]

Le passé économique de la commune a été très influencée par les houillères de Ronchamp qui attirent de nombreux travailleurs grâce à ses emplois dans les deux puits des environs, le puits Arthur-de-Buyer et le puits du Magny.

Au début du XXIe siècle, un atelier de poterie est la seule activité présente dans la commune, la plupart des habitants travaillant dans les villes alentours[21]. L'INSEE rattache le village au bassin de vie de Champagney - Ronchamp[22].

Le village dépendant économiquement des deux centres urbains de Lure et de l'agglomération d'Héricourt-Montbéliard. Ces deux pôles offrent de nombreux emplois et sont rapidement accessibles par un voie expresse passant dans ces axes à proximité de Magny-Danigon.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires historiques sur l'Abbaye et la ville de Lure, L.Besson, p. 124
  2. « La dépression sous-vosgienne », sur http://www.caue-franche-comte.fr/
  3. [PDF] « Carte du massif des Vosges », sur http://www.massif-des-vosges.com/
  4. Parietti 2001, p. 80
  5. « Le bassin houiller de Ronchamp et les concessions », sur Les Amis du Musée de la Mine (consulté le 12 juillet 2012)
  6. PNRBV, p. 5
  7. PNRBV, p. 6
  8. « Service d'eau potable de Magny-Danigon », sur http://eaucourante.fr/
  9. « Climat de Ronchamp »
  10. [PDF]Lucienne Piquard, « Magny-Danigon, les deux églises ».
  11. a, b, c, d, e et f « Histoire de Magny-Danigon ».
  12. Élisabeth Berlioz, « Enseignement, protestantisme et modernité. Les écoles du pays de Montbéliard (1724-1833) », Histoire de l’éducation, 110 | 2006, mis en ligne le 01 janvier 2011, consulté le 03 novembre 2013.
  13. André Gibert, « Notes au sujet de l'ancien flottage du bois sur le Doubs », Revue de géographie alpine, 1933, Tome 21, no 2, p. 434.
  14. Parietti 1999, p. 21
  15. a et b Parietti 2001, p. 101.
  16. Parietti 2010, p. 26.
  17. « Cinq mandats de suite », sur L'Est républicain.
  18. Préfecture de Haute-Saône, Liste des communes de Haute-Saône, consultée le 18 juillet 2013
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  21. « Activité à Magny-Danigon », sur pays-de-lure.fr
  22. « Bassin de vie 2012 de Champagney - Ronchamp (70120) », sur INSEE

Illustrations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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