Renaud de Bourgogne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Renaud de Bourgogne fut comte de Montbéliard de 1282 à 1321. Il était fils de Hugues de Chalon (de la Maison d'Ivrée), sire de Salins et d'Adélaïde ou Alix de Méranie. Il est la tige des Comtes de Montbéliard de la maison de Bourgogne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Affranchissement de Montbéliard[modifier | modifier le code]

En mai 1283, il accorda une charte d'affranchissement à la ville de Montbéliard. Cette charte des franchises, dont la cérémonie s'est déroulée au bourg Saint-Martin, fixe le nouveau statut des Montbéliardais. Elle proclame la fin des servitudes, instaure une notion inédite de liberté individuelle assez avancée pour l'époque. Les habitants de Montbéliard paieront 1 000 livres estèvenantes (monnaie de Besançon) leur affranchissement collectif. Dans la charte de 1283, Renaud fonde également une administration urbaine qui perdurera jusqu'à la Révolution française. Ce partage du pouvoir entre le seigneur (car souvent absent) et la bourgeoisie constitue un élan vers une conception nouvelle de vie publique. Montbéliard devient ainsi une ville médiévale « moderne ». L'administration de la cité est confiée au Conseil des IX, composé de neuf francs-bourgeois (chacun d'eux est chef d'un des neuf « guets » ou quartiers formant la ville). Ils ont à leur tête deux maîtres-bourgeois et un maire. Ce dernier est le représentant auprès du comte. Tous sont élus annuellement par tirage au sort. L'ensemble forme le « Magistrat », ou Conseil de ville, organe d'administration et de juridiction de celle-ci ; la plupart sont des commerçants, des artisans. Ils se réunissent pour exercer la justice en un tribunal municipal, c’est-à-dire, qu'ils exercent la Basse Justice et jugent les causes ordinaires. Toutefois, le comte souverain reste le suprême arbitre. Ayant toujours besoin d'argent pour mener sa guerre contre l'Empereur Rodolphe Ier du Saint-Empire, il affranchira encore la ville de Belfort en 1307, moyennant 1 000 livres estèvenantes, somme qu'il avait exigée 24 ans plus tôt des bourgeois de Montbéliard.

Après que le duc Eudes IV de Bourgogne eut rattaché la Comté de Bourgogne au Duché de Bourgogne, il avait été nommé lieutenant-général de la Comté.

Descendance[modifier | modifier le code]

Avant le 15 mai 1282, il épouse Guillemette de Neufchâtel comtesse de Montbéliard, son épouse, fille d'Amédée Ier de Neuchâtel et Jordane de Grandson-La Sarraz, lui donne un garçon et quatre filles :

  • Othein, ou Othenin de Montbéliard, un garçon handicapé mental, décédé en 1339
  • Agnès (Agnès de Montbéliard), qui épousa Henri de Montfaucon (décédée en 1367)
  • Jeanne, qui épousa Ulrich III, comte de Ferrette, puis Rodolphe-Hesso de Zähringen, margrave de Bade, et en 3e noces, le comte Guillaume de Katzenelnbogen (elle décède en 1349).
  • Marguerite, qui épousa Guillaume d'Antigny, sire de Sainte-Croix.
  • Alix, qui épousa Jean II de Chalon-Auxerre (décédée 1363).

Héritage du comté[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1314, Renaud rédige un testament qui prévoit la succession de ses biens au profit de son épouse, mais elle décède quelques années plus tard. En 1321, peu avant sa mort, il modifie son testament ; ses biens iront cette fois au profit de ses enfants. Par ailleurs, Othenin, handicapé mental, sera mis sous tutelle en cas d'incapacité de celui-ci à lui succéder. Ce sera Hugues de Bourgogne, le plus jeune frère de Renaud, qui en sera le tuteur et devient pendant 5 ans le régent du comté. Car si cinq ans après le décès de Renaud, Othenin est toujours incapable de gérer les affaires du comté (ce qui fut le cas), alors, le patrimoine sera définitivement partagé entre les enfants, mais le comté de Montbéliard subviendra aux besoins de son fils jusqu'à la fin de ses jours. Othenin meurt 17 ans après son père. Au décès d'Hugues de Bourgogne (vers 1330), Agnès, troisième fille de Renaud et mariée à Henri de Montfaucon hérite du comté de Montbéliard. Jeanne, l'aînée de l'hoirie, reçoit Belfort. Ce fut le début du démembrement du comté de Montbéliard, car Belfort tomba d'abord dans l'escarcelle des comtes de Ferrette, puis, vers 1360, dans le domaine autrichien des Habsbourg.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Le Roman d'une Principauté, D. Seigneur. - Éditions : Cêtre (Besançon).
  • Les comtes Palatins de Bourgogne, T. Le Hête. - 1995

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]