Jerry Brown

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Jerry Brown
Jerry Brown, en 2009.
Jerry Brown, en 2009.
Fonctions
34 e et 39e gouverneur de Californie
En fonction depuis le
Prédécesseur Arnold Schwarzenegger
Prédécesseur Ronald Reagan
Successeur George Deukmejian
31e procureur général de Californie
Prédécesseur Bill Lockyer
Successeur Kamala Harris
44e maire d'Oakland
Prédécesseur Elihu Harris
Successeur Ron Dellums
24e secrétaire d'État de Californie
Prédécesseur H. P. Sullivan
Successeur March Fong Eu
Biographie
Nom de naissance Edmund Gerald Brown Jr.
Date de naissance (76 ans)
Lieu de naissance San Francisco, Californie (États-Unis)
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Anne Gust
Diplômé de Université de Berkeley
Yale Law School
Religion Catholique

Jerry Brown
Gouverneurs de Californie

Edmund Gerald « Jerry » Brown, Junior (né le ), est un homme politique démocrate et un avocat américain.

Gouverneur de Californie de 1975 à 1983, il est candidat malheureux aux primaires du Parti démocrate pour les élections présidentielles de 1976, 1980 et 1992. Il est maire de la ville d'Oakland de 1998 à 2006 et Attorney General de Californie de janvier 2007 à , quand il redevient gouverneur de Californie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et scolarité[modifier | modifier le code]

Jerry Brown, né à San Francisco, est le fils de Bernice et Pat Brown, 32e Gouverneur de Californie (1959-1967). Après des études à l'université de Santa Clara, il entre dans un séminaire jésuite avec l'intention de devenir prêtre[1]. Il quitte cependant le séminaire en 1960, 6 jours avant son ordination[2], et reprend des études à l'université de Californie à Berkeley avant d'être diplômé en droit à l'université Yale en 1964.

Carrière juridique et entrée en politique[modifier | modifier le code]

Après ses études, Jerry Brown s'installe à Los Angeles et rejoint le cabinet Tuttle & Taylor[1].Ses premières actions politiques eurent lieu en 1968 à l'occasion d'un manifestation contre la Guerre du Viêt Nam, puis l'année suivant à l'occasion d'une brève participation à une action de Cesar Chavez en faveur des travailleurs immigrés[2]. Mais son entrée en politique s'effectua réellement avec son élection, essentiellement due à son nom, au sein du Los Angeles Community College Board of Trustees[2].

En 1970, il est élu Secretary of State de l'État de Californie, ce qui en fait le responsable du bureau des élections et des archives de l'État. Brown utilise cette position, dont le pouvoir est traditionnellement limité, pour engager des poursuites à l'encontre de grandes compagnies (Standard Oil of California [Actuelle Chevron],International Telephone and Telegraph,Gulf Oil et Mobil) pour violation de la loi sur le financement des campagnes politiques.

Jerry Brown fit aussi appliquer des lois exigeant des membres de la Législature de l'État de Californie qu'ils révèlent les sources de financement de leurs campagnes et enquêta sur des documents notariés ayant permis à Richard Nixon d'obtenir une importante réduction d'impôts.

Ces actions fortement médiatisées furent fort populaire dans l'état, ce qui lui ouvrit l'accès au poste de gouverneur.

Premier mandat de gouverneur de Californie[modifier | modifier le code]

En janvier 1975, Jerry Brown succéda au poste de gouverneur à Ronald Reagan qui se retirait à l'issue de deux mandats et qui avait lui-même succédé à son père, Pat Brown.

Fortement opposé à la Guerre du Viêt Nam, Brown disposait d'un large soutien parmi les jeunes libéraux qui dominaient alors la scène politique, ce qui ne l'empêcha pas d'adopter des positions conservatrices. Ainsi, concernant la loi et l'ordre, il déclara : Revenons à la bonne vieille idée qu'un individu est responsable de ses actes[2].

Au lendemain de son élection, il refusa nombre de privilèges et de signes extérieurs liés à sa fonction, renonçant par exemple à la résidence des gouverneurs, la California Governor's Mansion, en faveur d'un appartement plus modeste. Il s'interdit aussi de se faire conduire en limousine comme ses prédécesseurs et se rendait au travail par lui-même dans une voiture de l'État.

Au cours de ses huit ans de mandat, Jerry Brown montra un intérêt particulier pour les questions environnementales. Il réforma par ailleurs la politique culturelle de l'État en augmentant son budget de 1 300 %, permettant par exemple l'appointement d'un artiste comme Gary Snyder. En 1975, il obtient la suppression d'une réduction d'impôt profitant aux compagnies pétrolières de Californie. Il nomma à la Cour suprême de Californie le premier afro-américain (Wiley Manuel), la première femme (Rose Bird) et le premier latino (Cruz Reynoso).

Comme son père, Jerry Brown est fortement opposé à la peine de mort et comme gouverneur, nomma des juges opposés à la peine capitale, notamment Rose Bird à la Cour Suprême de l'État. Il mit son véto au rétablissement de la peine de mort en 1977 que le congrès de l'État passa outre par une majorité qualifiée. Quant au juge Rose Bird et deux autres juges nommés par Brown, ils furent démis de leurs fonctions à la suite d'un référendum révocatoire en 1986[3].

Les primaires démocrates de 1976[modifier | modifier le code]

Jerry Brown se présenta assez tardivement aux primaires démocrates de 1976 pour essayer de faire obstacle à la nomination de Jimmy Carter. Mettant en avant qu'il avait freiné les dépenses de son État et équilibré le budget tout en améliorant la protection sociale, la politique de l'emploi et la protection des consommateurs et de l'environnement, il annonça sa conviction d'un désaveu prochain des politiques gouvernementales dépensières et coûteuses.

Il remporta la primaire du Maryland (où il reçut le soutien de Sargent Shriver, qui venait de renoncer à concourir) et celles du Nevada et de Californie. Largement devancé par Carter, Brown finit troisième de la course à la nomination.

Les primaires démocrates de 1980[modifier | modifier le code]

Jerry Brown se présenta une seconde fois aux primaires démocrates de 1980 comme concurrent du président sortant Jimmy Carter.

Au cours de cette campagne, il mit en avant trois points principaux : un appel à une assemblée constitutionnelle pour ratifier un amendement portant sur l'équilibre budgétaire, la promesse d'augmenter le budget du programme spatial, et à la suite de l'accident nucléaire de Three Mile Island, une opposition claire au programme nucléaire.

En réponse au choc pétrolier de 1979, il se déclara favorable à un accroissement conséquent des fonds destinés à la recherche sur l'énergie solaire. Par ailleurs il a soutenu l'idée d'un service civil obligatoire et s'est montré favorable à un système de sécurité sociale universelle basé sur le marché.

Si sa candidature reçut le soutien d'activistes comme Jane Fonda et Jesse Jackson, le résultat électoral fut peu brillant et il ne recueillit de 2,92 % des voix lors des primaires.

Défaite électorale et retour en politique[modifier | modifier le code]

En 1982, Jerry Brown renonça à se présenter une troisième fois au poste de gouverneur de Californie alors que la loi le lui permettait et choisit de se présenter au Sénat des États-Unis. Il fut battu par le républicain Pete Wilson et à la suite de cet échec on considéra sa carrière politique comme terminée.

En fait, il effectua son retour en politique en 1989 en prenant la tête du Parti démocrate en Californie face à Steve Westly, futur vice-président d'eBay.

Primaire démocrate de 1992[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il annonça sa décision de participer aux élections primaires de 1992, les commentateurs politiques et des membres de son parti dénoncèrent sa candidature comme une question d'ego ayant aucune chance d'aboutir. En fait, sur la base d'un discours anti-élite, il va se révéler capable de rassembler un beau capital électoral au sein du Parti démocrate.

Au lancement de sa campagne, il indiqua qu'il n'accepterait que les contributions financières individuelles à condition qu'elles ne dépassent pas 100 $. Il se déclara favorable à une limitation du nombre de mandats au Congrès des États-Unis et, s'appuyant sur plusieurs scandales récents, déclara vouloir mettre fin à l'influence des lobbies à Washington.

Bien qu'il défendit différents thèmes au cours de la campagne, dont son opposition à l'Accord de libre-échange nord-américain, c'est sa politique fiscale qui fut au cœur de sa campagne. Il proposa une réforme fiscale supprimant l'impôt progressif sur le revenu et prôna son remplacement par deux taxes : l'une à taux fixe sur les revenus et l'autre sur la valeur ajoutée (les deux taux étant fixés à 13 %)[4] . Cette proposition fut dénoncée comme une régression par ses opposants, mais combinée à une proposition d'augmentation des impôts sur les entreprises et à la suppression des biais d'exonération fiscale, elle rencontra un certain public convaincu que le système d'imposition en place était biaisé en faveur des plus riches.

Après des débuts difficiles lors du Caucus de l'Iowa (1,6 %) et de la primaire Primaire du New Hampshire, il reporta des victoires étroites dans le Maine, le Colorado, le Nevada, l'Alaska et le Vermont. Après le Super Mardi, il s'imposa comme le principal concurrent de Bill Clinton. Au final, il recueillit 20,2 % des voix et finit second de cette course à l'investiture.

Maire d'Oakland[modifier | modifier le code]

En 1998, Jerry Brown fut élu maire[5] de Oakland après avoir fait campagne et obtenu le vote d'un renforcement de la structure municipale de la ville à l'image de ce qui se pratique à San Francisco. Il fut réélu avec plus de 60 % des voix en 2002.

Attorney General de Californie[modifier | modifier le code]

En 2006, Jerry Brown fut élu Attorney General de Californie, ce qui en fait le chef de la justice de l'État, succédant à Bill Lockyer, lui-même élu Trésorier de Californie. Il autorise en avril 2008 les recherches familiales sur la base de données génétique de l'État, substantiellement agrandie par la Proposition 69[6].

Deuxième mandat de gouverneur[modifier | modifier le code]

En février 2009, il annonce qu'il est de nouveau candidat à l'investiture démocrate pour le poste de gouverneur de Californie[7]. Il remporte l'élection du et redevient gouverneur de Californie le [8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie de Jerry Brown sur son site de campagne pour l'élection au poste d'Attornay Général de Californie en 2010. http://www.jerrybrown.org/about
  2. a, b, c et d « Now the Candid Sell », Time, 21 octobre 1974, http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,944990-1,00.html
  3. Rose Bird, Once California's Chief Justice, Is Dead at 63, New York Times, 6 décembre 1999
  4. « How To Simplify the Crazy Tax Code », Time, Dan Goodgame Washington, 20 avril 1992, http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,975330,00.html
  5. Jerry Brown will heal Oakland, Examiner, William Wong, 4 juin 1998, http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/e/a/1998/06/04/EDITORIAL1810.dtl&hw=Jerry+brown&sn=002&sc=953
  6. Jeffrey Rosen (en) (professeur à la faculté de droit de l'Université George Washington), Genetic Surveillance for All?, Slate, 17 mars 2009
  7. Trente-quatre ans plus tard, Jerry Brown est de nouveau candidat au poste de gouverneur sur le site du Los Angeles Times
  8. http://www.romandie.com/ats/news/101103051114.onjllxno.asp

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]