Élection présidentielle américaine de 1800

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Élection présidentielle américaine de 1800
Thomas Jefferson by Rembrandt Peale, 1800.jpg
Thomas Jefferson – Parti républicain-démocrate
Colistier : Aaron Burr
Voix 41 330
Grands électeurs 73
  
61,4 %
US Navy 031029-N-6236G-001 A painting of President John Adams (1735-1826), 2nd president of the United States, by Asher B. Durand (1767-1845)-crop.jpg
John Adams – Parti fédéraliste
Colistier : Charles Cotesworth Pinckney
Voix 25 952
Grands électeurs 65
  
38,6 %
Le collège électoral en 1800
Carte
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle américaine de 1800 est parfois appelée la "révolution de 1800" par les historiens nord-américains. En effet, la défaite du président sortant, John Adams, et la victoire de Thomas Jefferson marqua un tournant dans l'histoire politique des États-Unis, ouvrant une période de domination politique des démocrates-républicains, et le déclin inexorable du parti fédéraliste.

Désignation des Grands électeurs[modifier | modifier le code]

Les seize États de l'Union participèrent à la désignation des grands électeurs.

La grande majorité d'entre eux (neuf) choisirent de faire désigner les Grands électeurs par la législature de l'État, c'est-à-dire plus que lors des élections précédentes.

Les six autres firent intervenir un vote direct des citoyens : au niveau de l'État (Rhode Island et Virginie), ou dans le cadre de circonscriptions spécifiques (Kentucky, Maryland, Caroline du Nord). Le Tennessee, pour sa part, mit en place un système mixte.

Dans tous les États qui firent appel au vote direct des citoyens, des dispositions restrictives avaient été mises en place pour limiter le nombre de votants.

138 grands électeurs participèrent au vote.

La date de désignation des grands électeurs n'était pas la même pour tous les États. Le scrutin étant très serré, le dernier à se prononcer, la Caroline du Sud, fit donc la différence en faveur des démocrates-républicains.

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

La campagne de 1800 fut une réplique de celle de 1796, avec les mêmes arguments et les mêmes attaques extrêmement vives de part et d'autre, le débat ayant été encore envenimé par la rivalité entre le Président Adams et son vice-président, Jefferson, pendant toute la durée du mandat précédent.

Les deux partis souhaitèrent éviter absolument l'éparpillement des voix qui avait marqué le scrutin de 1796, ils définirent donc des "tickets" et firent passer des consignes de vote strict.

Du côté fédéraliste, John Adams se représentait, avec Charles Cotesworth Pinckney comme colistier.

Chez les démocrates-républicains, les mêmes candidats qu'en 1796 se représentèrent : Thomas Jefferson pour la présidence, soutenu par le parti français à Washington et le sénateur de New York Aaron Burr à la vice-présidence.

Vote du collège électoral[modifier | modifier le code]

La Constitution alors en vigueur, avant l'adoption du XIIème amendement, ne distinguait pas l'élection du Président de celui du Vice-Président. Une fois les candidatures déclarées, chaque électeur disposait de deux voix, le candidat arrivé en tête, s'il avait obtenu la majorité absolue, était élu Président, et celui arrivé en deuxième position était élu Vice-Président.

Afin d'éviter une égalité, chacun des deux partis avait décidé de demander à un de ses électeurs de voter pour un autre candidat que celui désigné à la vice-présidence. C'est ainsi qu'un électeur fédéraliste vota pour le gouverneur de New York, John Jay. En revanche, côté démocrate-républicain, la consigne ne passa pas, et les deux candidats arrivèrent à égalité :

Thomas Jefferson (Démocrate-Républicain), vice-président sortant : 73

Aaron Burr (Démocrate-Républicain), sénateur de New York : 73

John Adams (Fédéraliste), Président sortant : 65

Charles Cotesworth Pinckney : 64

John Jay (Fédéraliste) gouverneur de New York : 1

L'élection fut donc déclarée nulle, et, conformément à la Constitution, la Chambre des Représentants eut à départager Jefferson et Burr.

Vote de la Chambre des représentants[modifier | modifier le code]

Aucun candidat n'étant arrivé en tête dans le collège électoral, l'élection du Président fut donc transférée à la Chambre des représentants. L'élection se fait par délégation d'État : les représentants se réunissent par État, et chaque délégation dispose d'une seule voix. Il faut une majorité absolue, et donc neuf voix, pour être élu.

La majorité de la Chambre étant fédéraliste, l'issue du scrutin, qui devait départager deux démocrates-républicains, n'était pas évidente. Jefferson était certes haï des fédéralistes, mais cela ne suffisait pas à faire voter tous les fédéralistes pour Burr.

Lors du premier tour de scrutin, les délégations à majorité démocrate-républicaine votèrent pour Jefferson, ainsi que la Georgie, ce qui lui permit d'obtenir 8 voix. Six États à majorité fédéraliste votèrent pour Burr. Le Vermont ne put départager les deux candidats, et il en fut de même du Maryland, pourtant à majorité fédéraliste. Burr eut donc six voix, et deux voix ne furent pas comptées.

Il fallut 35 tours de scrutin, du 11 au 17 février 1801, avant de départager les deux candidats. Ce fut finalement une intervention du fédéraliste Alexander Hamilton, pourtant peu suspect de sympathie pour Jefferson, qui détermina l'issue du vote. Il indiqua publiquement que, comme personne, celui-ci serait un meilleur président que Burr.

Jefferson fut donc finalement élu par 10 voix contre 4 à Burr, deux délégations fédéralistes refusant finalement de se prononcer.

Parti Vote direct
Voix Pourcentage
Démocrates-républicains 41 330 61,4 %
Fédéralistes 25 952 38,6 %
Total 67 282 100,0 %